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Une plaie, qu'elle soit provoquée par un traumatisme ou un processus pathologique, est définie comme une interruption de la continuité et de l'intégrité du recouvrement cutané. Ces plaies peuvent être aiguës (chirurgicales, brûlures, radiodermites) ou chroniques (escarres, ulcères, pied diabétique). Lorsque la peau est lésée, une réparation tissulaire se met en place, suivant des étapes bien caractérisées.

Les plaies par armes à feu sont des urgences médico-chirurgicales jusqu’à preuve du contraire. Leur prise en charge implique une coordination de l’ensemble des acteurs de la chaîne de soins, du primo-intervenant jusqu’au chirurgien et doit bénéficier d’une orientation spécifique dans une filière des traumatisés graves.

Types de plaies

Les plaies se classifient en fonction de nombreux critères, notamment :

  • Plaies aiguës : Généralement définies selon la cause (agent pénétrant, écrasement, brûlure, etc.).
  • Plaies chroniques : Lorsque la cicatrisation n'a pas lieu après 6 semaines, souvent liées à une situation pathologique (escarre, ulcère, plaie tumorale).

Les plaies peuvent également être classifiées selon leur état ou leur évolution :

  • Infectée
  • Nécrotique
  • Fistuleuse
  • Exsudative
  • Fibrineuse

Plaies aiguës

On les définit généralement selon la cause de la plaie. Une plaie peut alors être :

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  • Une plaie par agent pénétrant (morceau de verre, morceau de bois, arme à feu...). Elle peut être parfois très profonde. On parle souvent de plaie balistique ou plaie par balle quand la cause est une arme à feu.
  • Une plaie par écrasement (provoquée par un écrasement de la peau sur une surface dure)
  • Une plaie franche
  • Une plaie superficielle
  • Une plaie profonde (généralement à la suite d'un traumatisme ou d'une chirurgie)
  • Une plaie chirurgicale ou plaie par section (avec un outil tranchant comme un couteau ou un bistouri)
  • Une plaie tangentielle (il s'agit de plaie par abrasion provoquées par une force de frottement)
  • Une plaie par morsure où le risque infectieux peut être élevé
  • Une plaie par brûlure (chimique, thermique, électrique, par radiothérapie...)
  • Une plaie par gelure
  • Une plaie par piqûre. Il peut s'agir d'une piqûre d'insecte qui a été excessivement grattée, d'une plaie professionnelle ou en cas de toxicomanie.

Plaies chroniques

On parle de plaie chronique lorsque la cicatrisation n'a pas eu lieu au bout de 6 semaines. Les plaies chroniques résulte d'une situation pathologique. Les plus fréquentes sont :

  • L'escarre
  • L'ulcère (veineux, artériel...)
  • La plaie tumorale

Évaluation d'une plaie

Face à une plaie, il est crucial d'observer et d'analyser différents éléments pour déterminer le type de soins à apporter :

  • Emplacement de la plaie
  • Taille (surface de la peau atteinte)
  • Apparence (couleur, profondeur)
  • Stade de cicatrisation (échelle colorimétrique)
  • Quantité d'exsudats
  • Antécédents médicaux et chirurgicaux du patient
  • Facteurs aggravants
  • Nutrition

Échelle colorimétrique

Une échelle colorimétrique (ou colorielle) est admise au niveau international et elle détermine le stade de cicatrisation de la plaie en fonction de la couleur dominante des tissus :

  • Rouge
  • Jaune
  • Noir

La planimétrie

Il s'agit d'un calque avec une échelle et une règle graduée pour évaluer la largeur, la longueur et le périmètre de la plaie.

Les images numériques

En prenant des photos et en les numérisant, il est possible d'évaluer l'évolution de la plaie au fil des jours. Il est important de prendre les photos dans les mêmes conditions à chaque prise, notamment à une distance et avec angle identiques.

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Prise en charge des plaies par arme à feu

La prise en charge des plaies par arme à feu est complexe et dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de projectile, la vitesse d'impact et la zone du corps touchée. Voici quelques éléments clés :

  • Rapidité d'évacuation : La rapidité d’évacuation vers un centre de traumatologie doit être la priorité et demeure le pivot de la prise en charge.
  • Soins immédiats : Des soins adaptés, incluant des gestes de sauvetage immédiat doivent être délivrés sur un blessé « mobile ».
  • Parage cutané : Enlever les tissus qui vont mourir.

Types spécifiques de plaies et leur gestion

Plaie superficielle

Une plaie superficielle est caractérisée par le fait de se refermer rapidement lorsqu’un minimum de soins sont apportés pour favoriser la cicatrisation.

Parmi les plaies superficielles, on compte notamment :

  • Les écorchures qui atteignent les couches supérieures de la peau et qui ne provoquent pas de saignement ;
  • Les éraflures touchent les terminaisons nerveuses ;
  • Les égratignures sont des déchirures superficielles de la peau souvent produites par des éléments pointus ;
  • Les coupures qui saignent souvent un peu plus ;
  • Les griffures ;
  • Les abrasions produites par un frottement ;
  • Les gerçures ;
  • Les brûlures…

La spécificité des plaies superficielles est que le derme n’est pas atteint, ce qui permet une cicatrisation facile.

Plaie profonde

À l’inverse des plaies superficielles, les plaies profondes sont identifiées quand il y a une lésion profonde traumatique ou chirurgicale, c’est ce qui provoque un risque de cicatrice permanente.

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La plaie peut être aiguë ou devenir chronique, lorsqu’elle est installée depuis 4 à 6 semaines.

Plaie bourgeonnante

Le bourgeonnement d'une plaie fait partie d'un processus normal de cicatrisation. On l'appelle aussi la phase de granulation. Le bourgeonnement correspond à la formation de bourgeons de derme qui comblent progressivement la plaie. Il est le signe d'une bonne vascularisation. L'aspect est rouge.

La conduite à suivre pour une plaie bourgeonnante dépend de la présence ou non d'exsudat. Cet aspect fera varier le type de pansement. Lorsque qu'une plaie est en bourgeonnement, le nettoyage est réalisé au sérum physiologique ou à l'eau stérile avant de poser un pansement.

Il faut noter que dans une phase de bourgeonnement, une plaie doit être laissée en milieu humide, contrairement aux idées reçues.

Plaie exsudative

Une plaie exsudative rejette ce qu’on appelle des exsudats (ou de l'exsudat). On les reconnaît à leur couleur jaune pâle et à leur aspect liquide. Ils sont produits par des plaies aigües ou chroniques.

Les exsudats sont des substances liquides suintant des vaisseaux sanguins au moment d’une phase inflammatoire et lorsqu’ils deviennent davantage perméables.

La présence d’exsudat est normale et elle est d’autant plus élevée que la blessure est importante. Il s’agit même d’un bon signe puisque les exsudats participent au processus de cicatrisation :

  • L’exsudat empêche que la plaie se dessèche ;
  • Il apporte des éléments nutritifs essentiels ;
  • Il aide à la migration des cellules réparatrices ;
  • Il participe à l’élimination des tissus inutiles (abîmés ou morts)

Lorsque la plaie est exsudative de manière trop importante, des soins infirmiers sont nécessaires avec un choix de pansement adapté.

Plaie fibrineuse

Une plaie fibrineuse est aussi appelée plaie jaune. Il s'agit d'une plaie plus ou moins profonde qui se recouvre d'une substance jaunâtre qui est plus ou moins visqueuse.

Une plaie fibrineuse est une plaie qui se recouvre d’un film jaunâtre, plutôt visqueux et fibreux dû à la présence de fibrine. La fibrine est révélatrice de la présence de bactéries, de globules blancs ou de résidus cellulaires qui peut être provoquée par une infection. Elle est, en effet, pas présente naturellement dans le corps.

Le type de pansement utilisé pour cette étape dépend de la quantité d’exsudat produit par la plaie. Attention néanmoins, la fibrine joue aussi un rôle au cours de la cicatrisation des plaies et il est important de ne pas en retirer une quantité trop important. Tout est une question d'équilibre.

Les types de pansements en cas de plaie fibrineuse

Quantité d’exsudat Types de pansements conseillés
Pas d’exsudat Compresse non adhérente après application d’hydrogel
Peu d’exsudat Compresse absorbante non adhérente ou absorbante
Milieu humide ou très humide Compresse absorbante non adhérente Hydrofibre en mèche ou en plaque avec pansement absorbant ou super absorbant

Plaie infectée

Une plaie est infectée lorsque des micro-organismes échappent aux mécanismes de défense de l’organisme et arrivent à pénétrer les tissus. Ils se multiplient et provoquent une inflammation locale et/ou systémique. C'est le résultat d'interactions entre un hôte, un germe pathogène et un environnement.

Une plaie infectée s’accompagne de symptômes révélateurs d’une infection :

  • la plaie est entourée d’une rougeur, d’un gonflement et d’une chaleur ;
  • une douleur est ressentie ;
  • un écoulement de pus peut être observé ;
  • de la fièvre apparaît si l’infection s’aggrave.

Plaie nécrotique

La nécrose est sans doute le stade le plus avancé d’évaluation de la mauvaise cicatrisation d’une plaie.

Une plaie nécrotique montre des cellules nécrosées, c’est-à-dire mortes, mais restant dans un environnement vivant. L’aspect est une plaie recouverte d’une plaque noire sèche ou humide.

Les soins d’une plaie nécrosée visent à débrider la croute noire empêchant le processus de guérison (sauf si la plaie a une origine artérielle). Nettoyer la peau nécrosée en rinçant abondamment (à l'eau ou au sérum physiologique). L'idéal est une douche de 15 à 20 minutes.

Plaie cancéreuse

La plaie cancéreuse ou plaie tumorale est une plaie qui apparait en raison de la présence d'une tumeur cancéreuse primitive ou d'une métastase cutanée (généralement à un stade avancé). Le cancer du sein et le mélanome (cancer de la peau) sont particulièrement concernés.

Facteurs influençant la cicatrisation

De nombreux paramètres influencent la vitesse et la qualité de la cicatrisation :

  • Pathologies associées : problèmes vasculaires, diabète, hypercorticisme, insuffisance rénale, déficits immunitaires.
  • Facteurs médicamenteux : corticothérapie, chimiothérapie, anticoagulants, anti-inflammatoires, radiothérapie.
  • Dénutrition : déficit en oligo-éléments.
  • Traitements locaux inadaptés : utilisation non justifiée d'antiseptiques ou d'antibiotiques locaux.

Techniques de chirurgie réparatrice

Tout l’art de la chirurgie réparatrice réside dans les différentes techniques réparatrices. Parmi celles-ci, on retrouve :

  • Dermabrasion
  • Laser CO2

Complications potentielles

Une plaie chronique augmente le danger de cancérisation. En effet, il ne faut pas laisser évoluer une plaie pendant très longtemps, car il y a un risque de cancérisation de la plaie après plusieurs années.

Conclusion

Une plaie doit être refermée d’une façon ou d’une autre. Tout l’art de la chirurgie réparatrice réside dans les différentes techniques réparatrices.

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