Une plaie, qu'elle soit provoquée par un traumatisme ou un processus pathologique, est définie comme une interruption de la continuité et de l'intégrité du recouvrement cutané. Ces plaies peuvent être aiguës (chirurgicales, brûlures, radiodermites) ou chroniques (escarres, ulcères, pied diabétique). Lorsque la peau est lésée, une réparation tissulaire se met en place, suivant des étapes bien caractérisées.
Les plaies par armes à feu sont des urgences médico-chirurgicales jusqu’à preuve du contraire. Leur prise en charge implique une coordination de l’ensemble des acteurs de la chaîne de soins, du primo-intervenant jusqu’au chirurgien et doit bénéficier d’une orientation spécifique dans une filière des traumatisés graves.
Les plaies se classifient en fonction de nombreux critères, notamment :
Les plaies peuvent également être classifiées selon leur état ou leur évolution :
On les définit généralement selon la cause de la plaie. Une plaie peut alors être :
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On parle de plaie chronique lorsque la cicatrisation n'a pas eu lieu au bout de 6 semaines. Les plaies chroniques résulte d'une situation pathologique. Les plus fréquentes sont :
Face à une plaie, il est crucial d'observer et d'analyser différents éléments pour déterminer le type de soins à apporter :
Une échelle colorimétrique (ou colorielle) est admise au niveau international et elle détermine le stade de cicatrisation de la plaie en fonction de la couleur dominante des tissus :
Il s'agit d'un calque avec une échelle et une règle graduée pour évaluer la largeur, la longueur et le périmètre de la plaie.
En prenant des photos et en les numérisant, il est possible d'évaluer l'évolution de la plaie au fil des jours. Il est important de prendre les photos dans les mêmes conditions à chaque prise, notamment à une distance et avec angle identiques.
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La prise en charge des plaies par arme à feu est complexe et dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de projectile, la vitesse d'impact et la zone du corps touchée. Voici quelques éléments clés :
Une plaie superficielle est caractérisée par le fait de se refermer rapidement lorsqu’un minimum de soins sont apportés pour favoriser la cicatrisation.
Parmi les plaies superficielles, on compte notamment :
La spécificité des plaies superficielles est que le derme n’est pas atteint, ce qui permet une cicatrisation facile.
À l’inverse des plaies superficielles, les plaies profondes sont identifiées quand il y a une lésion profonde traumatique ou chirurgicale, c’est ce qui provoque un risque de cicatrice permanente.
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La plaie peut être aiguë ou devenir chronique, lorsqu’elle est installée depuis 4 à 6 semaines.
Le bourgeonnement d'une plaie fait partie d'un processus normal de cicatrisation. On l'appelle aussi la phase de granulation. Le bourgeonnement correspond à la formation de bourgeons de derme qui comblent progressivement la plaie. Il est le signe d'une bonne vascularisation. L'aspect est rouge.
La conduite à suivre pour une plaie bourgeonnante dépend de la présence ou non d'exsudat. Cet aspect fera varier le type de pansement. Lorsque qu'une plaie est en bourgeonnement, le nettoyage est réalisé au sérum physiologique ou à l'eau stérile avant de poser un pansement.
Il faut noter que dans une phase de bourgeonnement, une plaie doit être laissée en milieu humide, contrairement aux idées reçues.
Une plaie exsudative rejette ce qu’on appelle des exsudats (ou de l'exsudat). On les reconnaît à leur couleur jaune pâle et à leur aspect liquide. Ils sont produits par des plaies aigües ou chroniques.
Les exsudats sont des substances liquides suintant des vaisseaux sanguins au moment d’une phase inflammatoire et lorsqu’ils deviennent davantage perméables.
La présence d’exsudat est normale et elle est d’autant plus élevée que la blessure est importante. Il s’agit même d’un bon signe puisque les exsudats participent au processus de cicatrisation :
Lorsque la plaie est exsudative de manière trop importante, des soins infirmiers sont nécessaires avec un choix de pansement adapté.
Une plaie fibrineuse est aussi appelée plaie jaune. Il s'agit d'une plaie plus ou moins profonde qui se recouvre d'une substance jaunâtre qui est plus ou moins visqueuse.
Une plaie fibrineuse est une plaie qui se recouvre d’un film jaunâtre, plutôt visqueux et fibreux dû à la présence de fibrine. La fibrine est révélatrice de la présence de bactéries, de globules blancs ou de résidus cellulaires qui peut être provoquée par une infection. Elle est, en effet, pas présente naturellement dans le corps.
Le type de pansement utilisé pour cette étape dépend de la quantité d’exsudat produit par la plaie. Attention néanmoins, la fibrine joue aussi un rôle au cours de la cicatrisation des plaies et il est important de ne pas en retirer une quantité trop important. Tout est une question d'équilibre.
Les types de pansements en cas de plaie fibrineuse
| Quantité d’exsudat | Types de pansements conseillés |
|---|---|
| Pas d’exsudat | Compresse non adhérente après application d’hydrogel |
| Peu d’exsudat | Compresse absorbante non adhérente ou absorbante |
| Milieu humide ou très humide | Compresse absorbante non adhérente Hydrofibre en mèche ou en plaque avec pansement absorbant ou super absorbant |
Une plaie est infectée lorsque des micro-organismes échappent aux mécanismes de défense de l’organisme et arrivent à pénétrer les tissus. Ils se multiplient et provoquent une inflammation locale et/ou systémique. C'est le résultat d'interactions entre un hôte, un germe pathogène et un environnement.
Une plaie infectée s’accompagne de symptômes révélateurs d’une infection :
La nécrose est sans doute le stade le plus avancé d’évaluation de la mauvaise cicatrisation d’une plaie.
Une plaie nécrotique montre des cellules nécrosées, c’est-à-dire mortes, mais restant dans un environnement vivant. L’aspect est une plaie recouverte d’une plaque noire sèche ou humide.
Les soins d’une plaie nécrosée visent à débrider la croute noire empêchant le processus de guérison (sauf si la plaie a une origine artérielle). Nettoyer la peau nécrosée en rinçant abondamment (à l'eau ou au sérum physiologique). L'idéal est une douche de 15 à 20 minutes.
La plaie cancéreuse ou plaie tumorale est une plaie qui apparait en raison de la présence d'une tumeur cancéreuse primitive ou d'une métastase cutanée (généralement à un stade avancé). Le cancer du sein et le mélanome (cancer de la peau) sont particulièrement concernés.
De nombreux paramètres influencent la vitesse et la qualité de la cicatrisation :
Tout l’art de la chirurgie réparatrice réside dans les différentes techniques réparatrices. Parmi celles-ci, on retrouve :
Une plaie chronique augmente le danger de cancérisation. En effet, il ne faut pas laisser évoluer une plaie pendant très longtemps, car il y a un risque de cancérisation de la plaie après plusieurs années.
Une plaie doit être refermée d’une façon ou d’une autre. Tout l’art de la chirurgie réparatrice réside dans les différentes techniques réparatrices.
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