L'utilisation de silencieux, ou plus précisément de réducteurs de son, sur les armes à feu, y compris les pistolets 9mm, est un sujet qui suscite un intérêt croissant. Bien que souvent entourée de mythes véhiculés par le cinéma, la réalité de leur fonctionnement et de leurs avantages est bien différente. Cet article vise à démystifier le fonctionnement des silencieux pour pistolets 9mm, en abordant leur conception, leurs avantages et leurs limites, ainsi que les considérations légales et pratiques liées à leur utilisation.
L'arrêté du 2 janvier 2018 modifiant l'arrêté du 1er août 1986 autorise l'utilisation de dispositifs silencieux destinés à atténuer le bruit au départ du coup, motivé par le souhait de protéger l'audition des chasseurs des dégâts sonores causés par les tirs. Les réducteurs de son, bien que souvent appelés "silencieux", ne rendent pas une arme totalement silencieuse, mais atténuent considérablement le bruit de la détonation.
Un réducteur de son fonctionne en modifiant le flux des gaz pour réduire cette variation de pression, c’est-à-dire, en diminuant l’onde de choc qui se produit à la sortie du canon. Lors d’un tir, les gaz chauds en expansion créent une onde de pression, produisant un bruit intense. Cette onde agit sur les organes ORL (oreilles, nez, gorge) par transmission solidienne. Cela peut entraîner des dommages auditifs cumulés. Même avec des protections passives, comme des casques ou des bouchons, ces risques persistent. Les nuisances sonores d’un tir affectent également les personnes à proximité.
La majorité des silencieux consistent en un tube en acier, en aluminium ou en titane, à l’intérieur duquel sont creusées des chambres d’expansion successives qui vont ralentir et refroidir les gaz libérés à l’extrémité du canon lors du tir. Le nombre de ces chambres varie entre quatre et quinze selon les silencieux, en fonction de leur diamètre, de leur longueur et du type de munition pour lesquels ils sont conçus. Les silencieux intégraux tirent leur nom du fait qu’ils entourent la totalité du canon, lequel dispose d’ouvertures permettant aux gaz de s’échapper tout au long de la course vers l’extrémité du tube. Le pistolet-mitrailleur Heckler & Koch MP5SD ou le VSS Vintorez russe figurent parmi les plus connus.
Les modérateurs de son prennent l'apparence d'un tube faisant office de chambre de décompression dans laquelle le niveau de pression des gaz va diminuer de manière progressive. Les gaz issus de la combustion de la poudre, suivent la balle dans le canon et une fois dans le silencieux, vont être dirigés contre des chicanes contenues à l'intérieur du silencieux.
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L'efficacité d'un réducteur de son va être beaucoup influencé par le type de balle que l'on va utiliser. Les munitions dites "subsoniques" sont fabriquées pour passer sous la vitesse du son. Couplées à un réducteur de son, on peut diminuer le bruit d'un coup de feu de 20 à 45 décibels, sachant que la détonation d'un coup de feu produit, selon le calibre, un bruit entre 130 et 200 dB. Pour maintenir un niveau sonore acceptable en opérations, il faudra adapter ces caractéristiques à la vitesse initiale de l’ogive et au volume de poudre de la munition utilisée.
Ainsi, un pistolet en .22 LR ou en .45 ACP sera plus discret qu’en 9 mm supersonique, de même que la détonation d’un fusil en 5,56 mm OTAN sera plus facile à réduire que s’il est chambré en .338 Lapua Magnum ou en .50 BMG.
Outre la suppression du bruit des coups de départ, le modérateur de son offre deux avantages au niveau individuel pour le tireur.
L'un des principaux avantages est la protection auditive. Les détonations peuvent être extrêmement bruyantes et nuisibles pour l'ouïe. En utilisant un modérateur de son, vous réduisez considérablement ce risque, ce qui peut être bénéfique lors de longues sessions de tir. Les armes automatiques génèrent des bruits de grande intensité lors des tirs, ce qui peut entraîner des traumatismes auditifs (perte de l’audition et effets sur la zone O.R.L.) à cause de l’onde de pression (effet de blast) générée à chaque départ de coup. Ce phénomène peut entraîner des dommages irréversibles à l’audition, et l’usage prolongé peut mener à des problèmes de surdité.
Premièrement, il participe à la réduction du recul, d’une part à travers l’absorption des gaz en sortie de canon (responsables de 30 à 50 % du recul) et d’autre part parce que l’extrémité de l’arme est ainsi alourdie, en moyenne et selon le calibre, de 500 g à 1 kg, ce qui contribue à la stabiliser vers l’avant. En réduisant le recul et le bruit, le tireur peut se concentrer davantage sur sa cible. En atténuant cet effet, le silencieux permet au tireur de mieux contrôler son arme, particulièrement lors des tirs en rafales ou des séquences rapides. De plus, le RDS limite l’effet de dépointage, c’est-à-dire la tendance de l’arme à se déplacer et à perdre sa visée lors du tir.
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La réduction du recul dû au silencieux est mesurée à hauteur de 15 % pour les munitions subsoniques, et entre 20 et 30 % pour les calibres à haute vélocité, ce qui est loin d’être négligeable. Le RDS joue un rôle clé dans l’amélioration de la précision de tir, notamment en réduisant le recul de l’arme.
Deuxièmement, il réduit aussi considérablement la flamme de départ lors du tir en conservant à l’intérieur du tube une grande partie des gaz et en retenant la poudre non brûlée qui s’échappe habituellement du frein de bouche et brûle à l’extérieur, produisant une flamme à basse température, très repérable de loin, y compris le jour. Le fantassin devient donc beaucoup plus difficile à localiser par sa cible, qui peut moins se reposer sur le son ou les flammes pour riposter. En réduisant le bruit, le RDS rend beaucoup plus difficile la localisation du tireur par l’ennemi. Lors d’un affrontement, l’ennemi règle souvent son tir sur le bruit généré par le départ des coups. Grâce au RDS, le bruit du tir est considérablement atténué, portant à 300 mètres au lieu de 2000 mètres pour une arme sans silencieux.
Les inconvénients du modérateur de son résident dans le niveau de maintenance relativement élevé qu’il requiert, avec des nettoyages rigoureux. Il a également tendance à se dévisser du canon si l’on n’y prend pas garde. Il atteint rapidement une température élevée, ce qui peut occasionner des brûlures aux mains et aux vêtements en cas de contact inopiné, sans oublier la signature thermique, visible à travers une optronique adaptée. Enfin, il accroît la longueur totale d’une arme individuelle, ce qui peut devenir handicapant pour progresser en milieu urbain. Aucun de ces inconvénients n’est toutefois suffisant pour annuler tous les avantages tactiques offerts en contrepartie.
Un silencieux, c'est une masse non négligeable (plusieurs centaines de grammes au bas mot) en bout de canon. Celà a la même incidence qu'un contrepoids ou qu'un frein de bouche. Un canon n'est pas une barre rigide (enfin, en théorie si) mais vibre et "fouette" lorsque la pression et la balle passe à travers à grande vitesse. Vibrations invisibles à l'oeil nu et que le corps humain est incapable de percevoir, comme les radiations par exemple. Du coup, le fait d'ajouter ce poids en bout de canon change l'amplitude et la fréquence de la vibration. Quand la balle quitte le canon, silencieux en place, la bouche du canon ne se trouve plus dans le même plan que sans silencieux en place.
Du coup, facile de comprendre que si la balle ne part pas du même endroit, elle va avoir du mal à taper au même endroit sur la cible. Dans les faits, le tir avec silencieux implique de régler la visée par rapport au tir sans silencieux. Certains, par flemme ou recherche de la facilité, laissent le silencieux en place de façon à n'avoir qu'un seul réglage. Par contre, si le groupement change d'emplacement sur la cible, il ne change pas (on ne disperse pas plus avec un bon silencieux, contrairement à une légende tenace véhiculée par le cinéma ou l'industrie du jeu vidéo) et s'améliore même parfois, grâce à l'effet "frein de bouche" qui aide à diminuer le recul sur les gros calibres.
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Les forces spéciales ont employé des silencieux depuis la Seconde Guerre mondiale, avec les contraintes de la technologie de l’époque, notamment la faible durabilité : le Mk3 devenait inefficace après 24 tirs. Cette faible durabilité, problématique pour une utilisation de masse, a été améliorée au fil des décennies : si un modérateur de son de piètre qualité tient entre 1 500 et 2 000 tirs, les meilleurs modèles proposés actuellement sur le marché ont une durée de vie annoncée de 30 000 coups, qui tend toutefois à se réduire prématurément si l’on tire par rafales prolongées. Ce problème est résolu sur certains modèles par l’emploi d’aluminium ou d’alliages à haute température dans la réalisation du silencieux.
L'industrie du cinéma a tendance à donner une fausse image des silencieux.
Pour monter un modérateur de son sur votre arme de poing, nous proposons un adaptateur silencieux pour pistolet sur mesure. À vous de le configurer selon vos besoins, et nous le fabriquerons avec le même soin que nous apportons à tous nos accessoires custom. Notre catalogue compte déjà de nombreux adaptateurs pour arme de poing. Mais il est aussi possible que celui dont vous avez besoin ne s’y trouve pas. Nous vous proposons donc ici de configurer votre propre adaptateur silencieux pour pistolet sur mesure. Il transformera le filetage d’origine de votre arme vers le filetage du silencieux envisagé, résolvant votre problème de compatibilité. L’adaptateur silencieux pour pistolet sur mesure, c’est aussi un bon moyen de réduire vos coûts, en n’utilisant qu’un seul modérateur sur plusieurs armes.
Imaginons que vous soyez le propriétaire d’un Glock 19 fileté en M13.5×1 à gauche. Vous avez donc acheté à son intention un silencieux dans ce standard. Mais vous avez ensuite été séduit par le Beretta M9A3, fileté lui en 1/2×28 TPI. Vous avez alors besoin d’un adaptateur silencieux pour utiliser votre modérateur de son calibre 9 mm dessus. Les carabines de tir ou de chasse présentent généralement des filetages différents des pistolets. En longueur comme en pas. Le schéma représenté sur cette page figure l’adaptateur silencieux pour pistolet type. Le filetage du canon est celui qui est déjà réalisé sur votre arme. Celui que vous souhaitez transformer. Le filetage de l’accessoire est celui du silencieux ou du frein de bouche que vous envisagez d’utiliser. Le diamètre de corps sera le diamètre extérieur de l’adaptateur, sans grande importance sur une arme de poing. En ce qui concerne ce dernier point, qui peut le plus peut le moins. Ceci sans perte d’efficacité, puisque c’est le diamètre interne de votre silencieux qui fera le travail d’obturation.
L'efficacité d'un réducteur de son va être beaucoup influencé par le type de balle que l'on va utiliser. Les munitions dites "subsoniques" sont fabriquées pour passer sous la vitesse du son. Couplées à un réducteur de son, on peut diminuer le bruit d'un coup de feu de 20 à 45 décibels, sachant que la détonation d'un coup de feu produit, selon le calibre, un bruit entre 130 et 200 dB.
Il est conseillé de nettoyer régulièrement son réducteur de son afin d'en assurer le bon fonctionnement et la durabilité.
Voici un aperçu des résultats d'un test comparatif de silencieux 9 Para, incluant les équipements et munitions utilisés :
Les mesures sono ont été faites à 1 mètre à droite de la bouche de l’arme et les vitesses sont en mètres par seconde mesuré à environ 3m de la bouche de l’arme. La plage de mesure du sonomètre était sur la bande large de 30Hz à 10 000Hz. La température de la pièce était constante à 16°C et l’hydrométrie fut également constante à 70%. Le bruit ambiant était de 65 db.
Pour information, dans la brochure du B&T MP9/TP9, ils donnent les chiffres suivants pour leur silencieux:
33dB de réduction, c'est impressionnant, ça fait un bruit plus de 2000 fois plus faible.
Bien que les données complètes ne soient pas disponibles ici, un tableau récapitulatif typique inclurait des mesures de décibels (dB) avec et sans silencieux, ainsi que les vitesses des projectiles en mètres par seconde (m/s) pour chaque type de munition testée.
Il y a des pistolets à canons filetés et il y a des réducteurs de son qui s’y adaptent. Il me semble donc tout à fait justifié de connaître quel est l’efficacité de ces silencieux. L’intérêt d'utiliser un réducteur de son c'est de pouvoir tirer dans un stand ou il y a des contraintes au niveau des nuisances sonores. Ca se fait. C'est probablement interdit dans les disciplines ISSF, mais dans d'autres il n' y a aucune interdiction.
Personnellement, un bon modérateur couplé avec la bonne arme, donne une meilleure précision et moins de recul, tester et approuver sur beaucoup d'armes et calibres. Par contre canon mal fileté ou très usé donne un carnage en résultat à déjà 25m, tester aussi. Idem modérateur très sale ou mal usiné, au niveau alignement, c'est un carnage en cible, tout de travers et risque d'explosion du modérateur surtout si on entend un bruit métallique de frottement.
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