En Ille-et-Vilaine, plusieurs initiatives sont mises en œuvre pour favoriser le repeuplement du gibier, notamment du faisan, et pour assurer une gestion équilibrée de la faune sauvage.
Le groupement d'intérêt cynégétique (GIC) du Vendelais, près de Vitré, a mis en place une campagne de repeuplement du faisan. En 2022 et 2023, 3500 oiseaux ont été relâchés sur le territoire du groupement d’intérêt cynégétique du Vendelais, au nord de Vitré (Ille-et-Vilaine).
Le groupement d’intérêt cynégétique (GIC) du Vendelais regroupe 14 communes du nord de Vitré (Ille-et-Vilaine). Un groupement d’intérêt cynégétique est une association de détenteurs de droit de chasse (ACCA, associations communales ou propriétaires privés) qui se donne pour objectif de définir et faire appliquer par ses membres des règles communes de gestion de la faune et d’aménagement de leurs territoires de chasse.
Constatant la chute du nombre de faisans dans nos campagnes, le GIC du Vendelais a décidé la mise en place d’une campagne de repeuplement, associée à une interdiction de tirer sur cette espèce pendant une période de trois ans. Sept communes du GIC et deux communes extérieures, Parcé et Luitré, ont adhéré à ce programme. En 2022 et 2023, ce sont quelque 3500 oiseaux qui ont été ainsi relâchés sur le territoire du GIC, dans la proportion d’un coq pour cinq poules.
On a souvent fait le reproche aux chasseurs de lâcher des faisans d’élevage, inadaptés à l’environnement, entraînant des taux de mortalité très importants dans les semaines suivant les lâchers.
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C’est donc pour avoir une idée des résultats de cette campagne que le GIC du Vendelais a organisé un comptage des coqs chanteurs dans la semaine du 15 au 20 avril. « En début de saison de reproduction, de mars à juin, les coqs territoriaux émettent des chants audibles à plusieurs centaines de mètres, ce qui permet de les repérer. » Cédric Brissier, président du GIC du Vendelais.
Chasseurs du GIC ou des communes extérieures, amis, élus, ce sont entre 110 et 170 bénévoles qui se sont retrouvés, à 18 h, pour trois soirées de comptage (une a dû être annulée pour cause de mauvais temps). Chaque soir, une portion différente du territoire du GIC a été auscultée.
Chacune d’elles a été découpée en zones d’écoute d’environ 20 ha, attribuée à un binôme d’observateurs. Munis de jumelles, d’une montre, ainsi que d’un plan précis de la zone d’écoute, les observateurs notent l’heure exacte et la position approximative du coq chanteur.
« Nous n’avons pas été aidés par la météo. Si le temps avait été plus chaud, les chanteurs auraient donné plus de voix. Nous recommencerons l’année prochaine. Notre but, ce n’est pas de mettre un faisan au bout de chaque fusil. Pour cela, les prélèvements cynégétiques doivent rester compatibles avec la dynamique de population du gibier concerné. Le repeuplement ne fait pas tout. Il faut aussi entreprendre des actions d’amélioration des habitats de cette espèce.
« Nous devons obtenir la collaboration des agriculteurs pour répondre aux besoins de l’alimentation et de la reproduction de l’espèce. Les agriculteurs qui plantent des haies ou des couverts agricoles, notamment avec des espèces mellifères, et gèrent les bords de parcelles céréalières selon des méthodes propices à la biodiversité sont les garants de la réussite de ces campagnes.
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La semaine dernière, l’association communale de chasse agrée (ACCA) de Langon, en Ille-et-Vilaine, a effectué le lâcher de plus de 1300 faisans de souche sauvage afin de les réimplanter durablement sur son territoire. Ces volatiles ont été lâchés sur six secteurs référencés de la commune et ne seront pas tirés lors des trois prochaines saisons.
Interrogés par nos confrères Ouest France, Antoine Jouadé et Michel Fossé, respectivement président et secrétaire de l’ACCA de Langon, ont bien voulu donner des détails sur cette opération: « Les faisans lâchés le samedi pour être tirés le dimanche, ce n’est pas notre vision de la chasse […] Nous avons mis en place des agrainoirs et des points d’eau, un tous les vingt hectares, et nous serons vigilants quant aux espèces considérées comme nuisibles. Les agriculteurs laisseront également des bandes ensemencées. Des aménagements simples qui devraient permettre de favoriser les zones de reproduction.
Le projet est financé à deux tiers par la Fédération, puis un tiers par les sociétés. Les chasses privées paient aussi leur part. La FDC 35, partie prenante de l’opération, projette d’effecteur deux comptages par saison. Tout d’abord un recensement des coqs chanteurs au printemps puis un comptage des poussins éclos au mois d’août.
Les dirigeants de l’ACCA ont expliqué la suite du projet: « Après trois années, si les résultats sont bons, un quota de prélèvement pourra être autorisé. Dans le cas contraire, des lâchers de compensation pourront avoir lieu, jusqu’à 500 oiseaux.
Un grand bravo aux chasseurs de Langon, à leurs dirigeants ainsi qu’à la FDC 35 qui illustrent bien là le sens des responsabilités témoigné par les chasseurs dans la gestion des espèces composant la biodiversité au profit de sa protection et de son développement. Comme le disent Antoine Jouadé et Michel Fossé : « La nature est à tout le monde. Les chasseurs ont évolué. D’ailleurs, à Langon, le club des marcheurs participera au comptage.
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En Ille-et-Vilaine, comme partout en Europe, les agriculteurs souffrent de la prolifération des sangliers, que les chasseurs peinent à endiguer. Installé en bordure de forêt à Paimpont (Ille-et-Vilaine), l'éleveur et polyculteur a déjà perdu "huit hectares" cette année, soit 10 % de son exploitation: beaucoup d'argent "envolé, mais aussi "du fourrage destiné au bétail, qu'il faudra peut-être racheter".
Depuis une trentaine d'années, la population de sangliers explose en Europe. En France, 700.000 ont été abattus par les chasseurs en 2016-2017, contre 150.000 en 1990-1991, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
Avec 3.000 sangliers tués cette année contre 30.000 dans le Var, l'Ille-et-Vilaine n'est pas la plus touchée mais a vu leur nombre multiplié par dix en trente ans. Inquiets, les agriculteurs bretons espèrent encore endiguer le phénomène avant qu'il ne devienne "incontrôlable". Problème, selon eux: les chasseurs, traditionnellement chargés de la régulation du gibier et de l'indemnisation des dégâts, "n'arrivent plus à gérer la situation".
Réunis sous une pluie battante, dans un champ de maïs amputé d'un demi-hectare près de Saint-Malo, une quinzaine d'agriculteurs en colère en "appellent à l'Etat". "Il faut faciliter la chasse", plaide-t-il, alors que le plan départemental impose à tout chasseur bénévole, pour chaque sanglier tué, d'acheter à la FDC "un bracelet" à 50 euros, ce qui est "décourageant".
Auteurs d'une pétition, ces agriculteurs demandent à l'Etat de "multiplier les battues administratives", d'entretenir les abords des routes servant de refuges et de missionner des tireurs "volontaires", capables de répondre "toute l'année" aux "appels à l'aide". "Le sanglier doit être classé nuisible", martèle un éleveur.
"La chasse est un loisir, bénévole. Nous n'avons le pouvoir de forcer personne", tempère le président de la Fédération départementale et régionale des chasseurs, André Douard, assurant faire "tout son possible pour encourager la pratique".
Fondée en 1968, l’Association des chasseurs de Gibier d’eau d’Ille et Vilaine (ACGEIV, environ 450 adhérents) a pour objet d’organiser et de défendre la chasse du gibier d’eau en Ille et Vilaine sur le Domaine Public Maritime.
Les missions de L’ACGEIV :
Plusieurs types de Chasses sont proposées aux adhérents de l’ACGEIV :
L’Association des Chasseurs à l’Arc d’Ille-et-Vilaine regroupe et représente les pratiquants, débutants et expérimentés, de la chasse à l’arc dans le département. C’est en 1986, qu’une bande de copains, passionnés par le gibier d’eau, a souhaité créer une association de chasse au gibier d’eau sur le domaine fluvial et terrestre d’Ille-et-Vilaine.
L’A.D.C.F. 35 a pour objet :
Prendre la décision de prélever un animal est un acte important. Chaque animal perdu étant à inscrire comme un échec cynégétique et un gâchis des ressources naturelles.
Alors que le collectif Chers Woods sanctuarise un hectare à Tremblay pour y interdire la chasse dès 2026, cette décision unilatérale pose de graves problèmes de cohabitation avec le monde rural et ignore la réalité du terrain.
Le collectif écologiste « Chers Woods » vient de concrétiser son action militante par un achat foncier. L’objectif principal est radical : transformer cette parcelle privée en zone de libre évolution stricte. Les militants avancent un argument technique : laisser la nature en libre évolution permettrait à la forêt de mieux résister aux incendies.
Cette démarche solitaire est très loin de faire l’unanimité sur le terrain. Les premières critiques ciblent la non-gestion des populations animales, qui est une source majeure de préoccupation. Croire que la nature s’équilibre seule ici est une erreur fondamentale. Les sangliers traversent ce mouchoir de poche en quelques secondes.
Ce bois se trouve littéralement encerclé par des parcelles agricoles productives. Une surpopulation de gibier dans ce « refuge » provoquera mécaniquement des dégâts massifs. Créer volontairement un point de concentration du gibier sans régulation est irresponsable. C’est en quelque sorte organiser les problèmes pour les agriculteurs voisins.
En refusant la gestion cynégétique, ils s’exposent légalement à devoir rembourser eux-mêmes les dégâts causés par les animaux sortant de leur parcelle. En laissant proliférer la faune sans contrôle, ils forceront le préfet à ordonner des battues administratives brutales.
Si sanctuariser un hectare ne changera pas l’écosystème local, cela illustre la méconnaissance de notre rôle de régulateur. Ce collectif de militants écologistes a acquis une parcelle forestière d’un hectare en Ille-et-Vilaine via un Groupement Foncier Rural. La régulation de certaines espèces comme le sanglier ou le renard reste une obligation légale pour des raisons sanitaires et de protection des cultures.
Le SDGC précise qu’en application du plan de gestion « pigeon » la chasse des espèces autorisées (pigeon ramier et pigeon colombin) est soumise aux dispositions suivantes :
Un plan de soutien au faisan sauvage a été lancé par la Fédération d’Ille-et-Vilaine de chasse en 2015, dans la partie nord du pays rennais. Elle a concerné quatorze communes, de Saint-Brieuc-des-Iffs, au nord, à Gévezé, au sud, et d’Irodouër, à l’ouest, à Montreuil-le-Gast, à l’est. Au cours du mois d’avril 2025, dans le cadre de cette opération, les chants de coqs reproducteurs ont été recensés.
« Dans les quatorze communes, les 300 chasseurs et bénévoles ont enregistré 840 chants en cinq soirées, précise Nicolas Haigron. À la mi-mars 2025, les techniciens de la Maison de la chasse ont capturé vingt-six faisans (quinze coqs et onze faisanes) et les ont équipés de balises GPS. Pendant la période de reproduction, d’avril à fin juillet, un point de localisation est effectué six fois par jour, ce qui permet de connaître les déplacements des animaux.
La chasse est autorisée si deux conditions sont réunies : plus de cinq coqs chanteurs pour 100 ha et plus de quatre poussins en moyenne par poule, la norme étant à cinq. Dans ce cas, la chasse est autorisée en novembre pour quelques jours, avec un système de bracelets.
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