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Le Smith & Wesson Modèle 28, souvent surnommé "Highway Patrolman", est bien plus qu'une simple arme à feu. C'est un symbole d'une époque révolue, un flingue de cinéma, une image. Un peu comme ceux immortalisés par la série « Chips ».

Origines et Conception

Qu'est-ce donc le modèle 28 de Smith & Wesson ? Et bien c’est en fait un… modèle 27! Un modèle 28, c’est juste un modèle 27 qui serait plus adapté à un travail de justicier de la route. Ce modèle 28 est parfois dit utilitaire car « simplifié » par rapport au 27. Mais c’est surtout des marquages différents. Car les excellentes finitions de l’époque, inatteignables aujourd’hui sont exactement les mêmes que celles du modèle 27.

Le marquage essentiel est celui de « Highway Patrolman » en coté droit de canon. A savoir que les premiers exemplaires de pré-séries du M-28 ne portaient que la seule mention « Patrolman » en canon. C’est la jolie Madame Florence Van Orden, l’épouse du Général de Marine à la retraite, George Van Orden (qui lui même tenait une armurerie de gros située à Quantico, proche du FBI, et spécialisée dans les commandes de Police Fédérale et de l’Armée) qui suggéra à Carl Hellstrom, le PDG de Smith, ce changement de dénomination. Pour la plus grande gloire commerciale de l’arme en vérité.

Production et Rareté

Ce Smith 28 ne fut produit que de 1954 à 1986 et pas en masse, concurrencé qu’il était par son frère 27. Il est donc globalement assez rare. Et encore plus sous nos climats car il alla effectivement prioritairement à des forces de police US. A chaque fois des commandes de 4 ou 5.000 armes au maximum, souvent beaucoup moins et qui rendent ces armes assez désirables.

Les 28-3, eux, sont d’après 1980 et de fabrication déjà simplifiée par rapport à nos 27 et 28-2 de la grande époque de Smith. Les 28-1 sont introuvables (un seul recensé). C'est faux. La Florida Highway Patrol, par exemple, eut des 5 pouces. Comme d’habitude, les coquins de chez Smith jouèrent pas mal avec les numéros de série.

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Caractéristiques et Finitions

Les Smith & Wesson Modèle 28 sont normalement bronzé « Satin Blue ». Notre arme de ce jour est un superbe Highway Patrolman M28-2 de 1979. C’est une rare arme d’importation en finition nickel satiné (et pas un dé bronzé, les doigts n’y laissent pas de traces d’oxydation!). Il y en a eu très peu de produites ce qui en fait une rare et même très rare variante du Smith & Wesson Modèle 28 Highway Patrolman.

Outre leurs remarquables qualités d’ajustement, inatteignables sur les exemplaires récents de la marque et encore plus chez ses concurrents (sauf peut-être Ruger - les anciens - et Korth), ces productions sont aussi les toutes derrières à posséder les finitions « pinned and recessed ».

"Pinned and Recessed"

C’est un goupillage. En plus d’un vissage classique du canon dans la carcasse commun à tous les revolvers, les canons de cette génération sont en plus goupillés en carcasse quasiment au niveau de la cage de barillet. Ce système, qui nécessitait un usinage particulier du canon et un travail complémentaire en carcasse, a été abandonné en 1982 par Smith pour des raisons de coûts. Mais il est certain qu’il contribuait à augmenter la durabilité de l’arme. Cet usinage particulier procurait en effet un surcroît de rigidité en carcasse et permettait une dispersion supplémentaire des efforts (surtout en 357). Tout ça rendait la carcasse encore plus indestructible en canonnerie. Aucun usage intensif ne parvenait pas à créer le moindre entrefer « d’usage excessif » propres aux armes de moindre qualité. Smith d’avant 1982, c’est du béton !

Je me suis d’ailleurs amusé à sortir mes cales pour mesurer l’entrefer barillet canon de cette superbe arme qui a pourtant tiré. A peine un dixième. Une valeur usine. Ce sont vraiment les dernières armes qu’on vous vendait pour qu’elle vous durent 40 ans ou 50 ans d’usage intensif. Pour « votre fils et votre petit-fils ». Un autre monde. Plus le notre en tous cas !

« Recessed »? Les chambres du barillet sont munies de drageoirs à l’ancienne permettant d’introduire entièrement le bourrelet de l’étui à l’intérieur du barillet et non en affleurement de ce dernier. Cette prouesse d’ajustage est non seulement belle à regarder mais elle permet une solidité optimale par inclusion de 100% de la cartouche dans la masse d’acier du barillet ainsi qu’un meilleur calage de la cartouche ce qui contribue encore à la précision.

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Examen d'un Modèle Spécifique : Le M28-2 de 1979

Notre très beau revolver Modèle 28-2 de cette grande époque possède une jeunesse incomparable malgré ses 46 ans passés. Certes, il a tiré et son barillet porte une marque de rotation. Mais, pour le reste, cette arme, impressionnante et lourde, est quasiment parfaite.

Sa qualité commence avec sa poignée enveloppante et ses plaquettes d’époque et d’origine en noyer américain de première qualité. Poignée munie de son ovale de pouce et non d’une simple découpe comme sur les modèles plus récents. A part de très légers manques de vernis en dessous de crosse (il y en a quasiment toujours), cette poignée porte très peu de marques et reste superbe. La carcasse est de type « square butt », finement striée (10 striures après 1961 au lieu de six avant ). C’est celle popularisée par le 1917 en K.

La carcasse est bien sûr ornée sur sa face droite du célèbre sigle de la firme de Springfield. La rare finition nickel satiné de cette carcasse est quasiment parfaite. Elle porte juste de très légères taches comme d’habitude TRES EXAGEREES par mes plans macroscopiques. Les infimes griffures visibles en gros plans (dues sans doute à un nettoyage trop appuyé) ne se voient pas en main. Regardez juste les photos d’ensemble de l’arme pour vous en convaincre. Cela nécessite juste un traitement patient au WD 40 et à la paille 0000 pour les maniaques dont je fais partie.

A l’examen de la bouche, l’arme ne parait pas avoir été portée en holster. Aucune usure. La carcasse ne comporte aucune piqûre ou oxydation. Vraiment beau. Le déverrouillage du barillet est extrêmement fluide, sans à-coups. Il rentre en place d’un très léger coup de poignet qui sera encore plus léger après nettoyage. Cette souplesse mécanique permet un rechargement rapide et sans défaut, idéal pour le tir de vitesse. Pour mémoire, il ne faut que trois secondes (2,99 exactement) à Jerry Miculek sur un Smith&Wesson pour tirer deux barillets !

Comme sur le 27, la tige d’extraction est protégée par un carénage fort comme une banque. Ce canon 6 pouces « pinned » est en plus fluté (encore un luxe de fabrication). Il est aussi miroir de chez miroir avec de splendides rayures bien nettes. Toujours un très gros potentiel. Ces armes de cette fabrication peuvent encaisser 300.000 coups en 357… Et celle-là est très loin de les avoir faits.

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Fin des Finitions de Luxe

Après 1982, Smith mettra fin à tout cela pour des raisons de coûts et parce que plus personne ne voulait d’un vrai revolver avec ces détails « luxe » et qui dure « pour le fils ou le petits-fils ». On pouvait faire moins cher. Mais dans la main cela n’a rien à voir. La pente fatale était amorcée et, à mon sens, elle sera plus raide encore chez Colt.

Le Guidon Baughman

Le guidon penté de type “baughman” est encore, à cette époque, taillée dans la masse du barreau et mesure plus de 3 mm d’épaisseur sur ce modèle. Pour info, ce Franck Baughman, inventeur de ce type de guidon, était un camarade de chambrée de Hoover au lycée. Ce dernier l’avait parrainé au FBI en 1919 après que son ami Franck ait quitté l’armée sans boulot. Baughmann deviendra un pilier (n°3) de la « firme Hoover ». Il est l’un des deux hommes chargés par Hoover de créer le fameux centre de formation du FBI à Quantico. Encore mieux, il est l’auteur de son 1er programme de formation aux armes à feu qui date de 1933. Le 27 et le modèle 28 sont les armes des ces gens là.

Visée et Ajustement

Toujours du point de vue de la visée, le sens pratique des américains nous offre ici une hausse réglable en site et en dérive par l’utilisateur lui même au moyen d’un simple tournevis plat. L’indexation est parfaite.

L’armement de ce vieux « Smith » est d’une souplesse et d’une douceur qui confirme que les contacts des pièces de connexion et du chien étaient ajustées à la main par de véritables pros. Ces As travaillaient « à l’oeil », aux reflets. Les 15/25 minutes que prenaient ces ajustements « à la mano », selon les modèles, étaient encore trop pour le monde moderne. On les a viré et on ne sait plus faire. Mais jamais un découpage laser n’arrivera à ce résultat. Ici aucune usure ou aucun jeu sur notre arme. Souplesse d’exception. Mécanique comme neuve.

C’est avec ce genre d’armes que je fais avec quelques clients privilégiés ce que j’appelle la « Smith expérience ». Cela consiste à comparer, à l’aveugle, mécaniquement à plusieurs niveaux (chien, barillet, armement) plusieurs générations de Smith.

Les Smith & Wesson M-28 sont en outre des armes très précises. Notre peu courant M-28 en finition nickel satiné de ce jour a été importé, j’imagine, vers 1979/1980.

Conclusion

Tant pour ses capacités de précision que pour sa qualité de fabrication, ce revolver Smith et Wesson ne peut être juste qualifié de « bonne arme ». Il est l’incarnation de l’excellence de l’industrie armurière, à une époque où un client ne revenait pas pour faire jouer sa garantie sur une pièce cassée mais pour racheter un second revolver de la marque tant le premier lui avait plu.

J’avoue ne même pas comprendre comment on peut aller chercher un 686 neuf à 2400 euros et plus, quand il reste encore sur le marché quelques vraies armes de cet acabit en état de quasi neuf et à moitié prix. Et cette très belle arme n’attend plus qu’une chose: commencer à 46 ans une toute nouvelle carrière de bonheur et de points entre vos mains !

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