La grippe aviaire gagne le Loir-et-Cher. Ce lundi 10 novembre 2025, la préfecture annonce la découverte de plusieurs cas d'Influenza Aviaire Hautement Pathogène. Une grue cendrée malade a été retrouvée à Chitenay et plusieurs volailles d'une basse-cour de Vineuil ont également été diagnostiquées.
Le Loir-et-Cher est désormais en vigilance renforcée après la détection de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) chez une grue cendrée à Chitenay et plusieurs volailles à Vineuil.
Une épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) touche actuellement les grues cendrées sur leur route migratoire. Depuis le 18 octobre 2025, la France connaît une vague d’IAHP le long du trajet migratoire des grues cendrées, du Nord-Est au Sud-Ouest, touchant les oiseaux sauvages dans plusieurs départements.
La préfecture annonce prendre des mesures. "Ces événements imposent de prendre des mesures de précaution supplémentaires", indique la préfecture de Loir-et-Cher.
Des mesures de précaution et de restriction sont donc mises en place dans 13 communes autour des lieux de découverte des oiseaux malades. Un arrêté préfectoral est ainsi pris pour mettre en place les mesures suivantes :
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La préfecture de Loir-et-Cher rappelle également qu’en cas de découverte d’un oiseau sauvage malade ou mort, il est impératif de ne pas toucher l’animal.
Depuis le 9 novembre 2024, compte tenu de la situation sanitaire internationale, la France métropolitaine est placée en niveau de risque élevé vis-à-vis de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Cette décision est motivée par l’augmentation du nombre de cas d’influenza aviaire hautement pathogène dans la faune sauvage dans plusieurs pays voisins, ainsi que la dynamique forte et persistante de l’infection dans les couloirs de migration.
Conséquences du passage au niveau de risque élevé : L’élévation du niveau de risque IAHP en France métropolitaine vise à protéger les élevages de volailles et de gibier à plumes en rendant obligatoires :
Ces mesures renforcées viennent en complément des mesures de biosécurité à appliquer de manière permanente, notamment la protection de l’aliment et de la boisson.
Jacky Théret, éleveur de gibiers à Soings-en-Sologne, est formel : « Ça va faire mal. » En cause, l'interdiction de livrer, transporter du gibier depuis les zones figurant dans la liste. « On peut chasser, mais pas lâcher le gibier, ni le livrer », résume Jacky Théret : « On a encore 7.000 - 8.000 gibiers, qu'est-ce qu'on va en faire fin janvier, quand ce sera terminé ? ».
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Selon l'éleveur de Soings, les conséquences pourraient s'avérer « catastrophiques pour la Sologne »: « Les actionnaires ont déjà payé, ils vont demander le remboursement de leurs actions. Tous les acteurs de la filière seraient touchés ».
Éleveur à Neung-sur-Beuvron, Thomas Delepine va plus loin encore : « Non seulement, on n'aura pas d'entrées d'argent, mais en plus, il va falloir nourrir les oiseaux. Cela va nous coûter de l'argent ».
Éleveuse de volaille et militante syndicale de Vernou-en-Sologne, Blandine Terrier suit, elle aussi, la situation de près. « Déjà qu'on est en train de mourir, le confinement des oiseaux vivants et l'interdiction de circulation pour le gibier va encore étrangler le monde agricole », craint-elle d'ores et déjà.
La stratégie de vaccination préventive contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), basée sur la vaccination des canards en élevage et débutée début octobre 2023, est reconduite cette saison. Elle a contribué à limiter le nombre de foyers en élevage (seulement dix pour la campagne 2023/24, contre plus de 400 sur la saison précédente).
La vaccination est ainsi obligatoire pour les élevages détenant plus de 250 canards (Barbarie, mulard et Pékin) dont les produits (viande et foie gras) sont destinés à la commercialisation.
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