Envie de participer ?
Bandeau

À l'occasion des commémorations des 80 ans de la Libération, les Archives de Montpellier proposent une évocation des événements qui ont marqué l’été 1944, depuis les bombardements qui ont rudement frappé le sud de la ville le 5 juillet jusqu’au défilé de l’armée française de libération commandée par le général de Lattre de Tassigny dans les rues de Montpellier le 2 septembre. Après quatre années de guerre, le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie marque un tournant.

L’occupant allemand est débordé au nord, et bientôt au sud par le débarquement en Provence le 15 août, tandis qu’il est harcelé de l’intérieur par la Résistance qui intensifie ses actions, soutenue par la pression des bombardements anglo-américains. Pour la première fois, la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie semble inéluctable.

Le Südwall : Un Rempart Illusoire

Il en existe des vestiges à Port-La Nouvelle. Le mur de la Méditerranée ou Südwall était un système extensif de fortifications côtières mis en place par le Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1944, de Cerbère (66) à Menton (06). L'objectif initial était d'empêcher le débarquement des Alliés. En août 1944, ce rempart littoral était constitué d'environ 500 ouvrages utilisables, et de 200 en construction.

Il en existe des vestiges notamment à Port-Vendres, Collioure, au Cap Leucate, Narbonne-Plage, au Cap d'Agde, à Sète et Port-La Nouvelle. Il y a une dizaine de blockhaus au Cap del Roque, sur les hauteurs de la commune. Voilà quelques années, dans le cadre des activités de l'association 'Musée Südwall Languedoc-Roussillon', deux jeunes du cru, Rémi Cervello et Damien Llaoneta avaient participé à les remettre en état, les déblayer. "Pour préserver le patrimoine et permettre aux gens de les visiter, de les découvrir. Ils font partie de notre histoire , ces blockhaus", souligne Rémi Cervello.

Les blockhaus sont reliés par des tranchées, voire des souterrains taillés dans la roche. On trouve des casemates camouflées, ou de simples postes d'observation dans des creux de falaise. Si les canons ont bien été installés, ce mur littoral n'a jamais eu aucune utilité défensive pour les Allemands…

Lire aussi: "Coup de fusil": Définition et utilisation

Construction et Légende

En 1942, Berlin a ordonné à Vichy de lancer la construction du mur. Des prisonniers de guerre, le STO (service du travail obligatoire) ont œuvré à l'édification de cette ligne Sud. Durant des années, il s'est dit qu'avant leur départ, les Allemands avaient dissimulé sous-terre, des véhicules, de l'armement, de la nourriture au Cap del Roc… En clair, un petit trésor. Ce qui s'avéra finalement faux.

Occupation et Fortifications à Port-la-Nouvelle

De la fin 1942 à l'été 1944, les soldats cantonnés dans le secteur de Lapalme-Leucate s'occupent à fortifier l'espace maritime compris entre les unités d'artillerie côtière installées à Gruissan au nord et Collioure au sud. Le port et les plages de la Nouvelle sont l'objet d'une attention toute particulière, disposés sous le feu de huit puissantes batteries de 105 mm, installées sur les hauteurs du Pla de Guiraud et des Romandils.

Ces détachements, codifiés sous l'indicatif Bttr 2 et 3 / HKAR. 920 puis 1290 (à partir de la restructuration de décembre 1943), sont composés chacun de près d'une centaine d'hommes dont quelques supplétifs italiens. Des soldats vont vivre là pendant près de deux années, "enterrés" dans leurs impressionnants ouvrages de combat, à guetter un ennemi qui ne viendra jamais.

Malgré les destructions opérées par les Allemands eux-mêmes lors de leur retrait et complétées par le Génie militaire à la Libération, il reste de nombreux vestiges significatifs de ces infrastructures : casemates camouflées qui défient les ans dans leur coffre de béton, nombreux abris et soutes, postes d'observation dans des creux de falaise, plateformes où se dressaient batteries marines, mortiers lourds, tourelles de char, projecteurs... l'ensemble relié par des tranchées, des souterrains taillés dans la roche, garnis d'une volée de marches, plongeant parfois vers quelques salles d'habitation ou de stockage qui semblent attendre on ne sait trop quoi, au coeur de la colline.

A partir de janvier 1944, ces garrigues côtières sont parcourues de frémissements, le temps jusque là étale, s'accélère. Plusieurs changements de compagnies agitent le secteur de La Nouvelle-Leucate. Fin juin, la 227.ID installée seulement depuis quatre mois file sur le front nord, en direction d'un autre mur, l'Atlantikwall, qui vient tout juste de rompre. Elle est remplacée par l'ultime force d'occupation, descendue du front de l'Est pour se ressourcer au soleil du Midi.

Lire aussi: Plongez dans le passé du stand de tir de Port-Louis

Vestiges et Mémoire

Les combats n'ont pas affecté le grand Mur du Sud. Il s'étiole doucement mais malgré une apparente désolation, il n'est pas oublié de tous. Plusieurs générations d'enfants et d'adolescents s'y sont succédé pour des initiations amoureuses ou pour y cultiver le mystère. Car le lieu fait rêver, l'imagination aidant, il s'est rapidement hissé au rang de légende.

Ils racontent l'histoire banale et pathétique d'hommes entrainés souvent malgré eux dans des conflits aveugles et meurtriers. Sur des dalles de ciment, des constructeurs ont laissé pour la perpétuité le blason d'un corps d'arme ou l'empreinte de leurs chaussures, abandonnant dans leur sillage comme le parfum subtil d'une présence. Malgré la guerre, face à ce grandiose paysage littoral, des soldats ont rêvé.

Lire aussi: Tout savoir sur le Stand de Tir à Port la Nouvelle

tags: #port #la #nouvelle #depot #munition #allemand

Post popolari: