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L'utilisation du flashball, ou lanceur de balles de défense (LBD), suscite de vives préoccupations, notamment en raison des risques qu'il représente pour les jeunes lors des manifestations. Plusieurs incidents récents ont mis en lumière les blessures graves subies par des lycéens, soulevant des questions sur la légitimité et l'encadrement de l'usage de cette arme par les forces de l'ordre.

Témoignages de Victimes et Réactions des Familles

Doriana, 16 ans, fait partie des quatre lycéens blessés depuis lundi par des tirs de flash-ball. « J'ai perdu deux dents et je risque d'en perdre d'autres. J'ai été opérée pendant quatre heures. Les médecins ont été obligés de reconstruire ma mâchoire inférieure avec des plaques, des vis, des élastiques », confie, sur son lit d'hôpital, Doriana, 16 ans.

Cette élève d'un lycée professionnel de Grenoble (Isère) a été grièvement blessée par un tir de flash-ball mardi, lors d'une manifestation en centre-ville, en marge du mouvement de contestation lycéen et des Gilets jaunes. Les parents de Doriana ont porté plainte. Karima, la mère de Doriana, ne cache pas son émotion : « Ils l'ont défigurée. Aujourd'hui, j'ai de la colère, de la rage. » « On ira donc jusqu'au bout pour faire reconnaître cette erreur, promet Jean-Sébastien, le papa. Il y a eu une faute très grave de la police. On ne tire pas sur une enfant.

C'est également ce qui est arrivé à Oumar dans le Loiret. « Voir notre fils dans cet état, ça a dévasté la famille », se désole son père. « Il est conscient, il réagit à ce qu'on lui dit mais il est fatigué, souffle Mady Cissé. Et sa blessure est très impressionnante. »

« Il était juste là en spectateur, affirme son père. Je ne comprends pas comment les policiers ont pu tirer sur des gamins. Je vais aller porter plainte pour faire la lumière sur cette histoire. Je veux avoir accès aux informations et être partie prenante de l'enquête. »

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Selon son père, Oumar s'est fait prescrire trente jours d'incapacité temporaire de travail (ITT).« C'était affreux, j'avais un grand trou dans le menton »Doriana, l'ado de Grenoble, assure qu'elle n'a lancé aucun projectile contre les forces de l'ordre. « Ils se sont mis à charger. Et j'ai ressenti un grand coup dans ma bouche. C'était une balle de flash-ball. Ils ont tiré alors qu'ils n'étaient qu'à 4 ou 5 m. »

La jeune fille s'est réfugiée dans un restaurant. « J'étais en sang. Lorsque je me suis regardée dans le miroir, c'était affreux. J'avais un grand trou dans le menton par lequel je pouvais respirer, même avec la bouche fermée. »

« Je fais des études pour être commerciale, poursuit-elle, sur son lit d'hôpital. Comment je vais faire avec de telles cicatrices et des dents en moins ? »

À Lyon enfin, un lycéen a porté plainte avec ses parents contre la police pour "violences volontaires" . Ce jeune homme de 15 ans "risque à 90% de perdre son œil gauche", selon son avocat, qui attribue ces blessures à un tir de LBD.

Dans la nuit du 1er au 2 juillet, Jalil, 15 ans, a été éborgné à Chilly-Mazarin, en Essonne. « Les médecins m’ont dit que c’était un flashball. » Lui et sa famille ont porté plainte auprès de l’IGPN. Jalil M., 15 ans au moment des faits, « pensait que ça n’arrivait qu’aux autres ». Dans la soirée du 1er au 2 juillet 2023, alors que les nuits de révoltes s’enchaînent depuis la mort de Nahel, 17 ans, tué lors d’un contrôle de police, Jalil a été éborgné dans sa ville de Chilly-Mazarin.

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Enquêtes et Procédures Judiciaires

De son côté, le procureur a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée d'enquêter sur ce tir de flash-ball. Comme à Orléans, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête et saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

L'inspection générale de la police nationale a été saisie des faits par le parquet de Rennes. Une procédure judiciaire est en cours. Une enquête est également menée au sujet des violences envers les fonctionnaires de police.

Saisie, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) "devra déterminer si l'usage de l'arme a été conforme ou pas à la loi.

Encadrement Légal et Conditions d'Utilisation du Flashball

L’usage de ces armes dites de force intermédiaire, car non létales, est évidemment encadré par la loi. En théorie, "un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser restées sans effet".

L'emploi de la force est toutefois possible sans sommation dès lors que "des violences ou voies de fait" sont commises contre les forces de l’ordre ou que ces dernières "ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent".

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Les conditions, elles, sont strictement posées : les policiers doivent respecter une distance minimale de 10 mètres et n'ont pas le droit de tirer au-dessus des épaules ou dans "la région du triangle génital".

Condamnations Antérieures et Recommandations

Un policier qui avait gravement blessé un lycéen au visage avec un tir de Flash-Ball a été condamné, jeudi 2 avril, à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il n'aura par ailleurs pas le droit de travailler dans la police pendant douze mois, ni de porter une arme pendant deux ans.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon s'était déjà prononcé en janvier dernier pour l'interdiction des LBD , en raison de leur "dangerosité" et des "risques disproportionnés" qu'ils font courir.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a recommandé mardi l'interdiction du Flash-Ball lors des manifestations et a demandé un moratoire général sur son usage, quel qu'en soit le contexte, au vu de la "gravité des lésions" qu'il peut causer.

Réponse du Ministère de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur juge qu'il serait "contre-productif" de décréter un moratoire sur l'usage des armes de force intermédiaire, comme le Flash-Ball, une mesure réclamée par le Défenseur des Droits, a affirmé mercredi le porte-parole du ministère.

"Un moratoire sur les armes intermédiaires serait contre-productif et pourrait avoir des conséquences dangereuses: nous ne pouvons pas [...] nous permettre de désarmer nos forces de l'ordre" , a estimé Pierre-Henry Brandet.

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