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Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire mardi 4 juillet pour faire la lumière sur le décès de Mohammed, 27 ans, mort dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille. Le parquet de la ville a ouvert une information judiciaire, mardi 4 juillet, pour "coups mortels avec usage ou menace d’une arme" suite à la mort de ce père de famille, chauffeur Uber, en marge des émeutes survenues dans la cité phocéenne, quelques jours après le décès du jeune Nahel, dans un contrôle routier à Nanterre.

Selon les premières informations délivrées par le parquet de Marseille, Mohamed serait décédé probablement en raison d’« un choc violent au niveau du thorax causé par le tir d’un projectile de type flash-ball ». Le parquet de Marseille a estimé « probable » que son décès ait été « causé par un choc violent au niveau du thorax causé par le tir d’un projectile de type Flash-Ball » et ouvert une information judiciaire pour « coups mortels avec usage ou menace d’une arme ». La police judiciaire et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été cosaisies de l’enquête.

Circonstances du décès

Mohamed, 27 ans, marié, père d’un enfant et dont la veuve attend un deuxième enfant, a perdu la vie dans la nuit de samedi à dimanche, après avoir fait un malaise alors qu’il circulait à scooter au cœur de Marseille. La ville était alors secouée par de violentes émeutes dans le sillage de la mort de Nahel à Nanterre, et un dispositif policier fortement renforcé avait été déployé. Selon France 3 Provence-Alpes , la victime serait décédée à l’hôpital après avoir été découverte cours Lieutaud, dans le centre-ville de Marseille.

C'est depuis son appartement situé cours Lieutaud que Manon a "tout vu". Elle a assisté à l’arrivée de Mohammed, 27 ans, dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille. Sur franceinfo, la jeune femme raconte la scène. Vers une heure du matin, en pleine soirée avec des amis, elle fumait une cigarette à sa fenêtre. "J’ai vu ce scooter arriver à une allure très basse, qui chancelait un peu. Je pensais qu’il voulait faire demi-tour mais en fait, il a décidé de tourner par la droite pour se garer. Il s’est pris le poteau d'un lampadaire et il est tombé. Il avait l’air de ne vraiment pas aller très bien. Manon voit ensuite la mère de la victime descendre de chez elle porter secours à son fils.

La victime se rend en scooter au domicile de sa mère puis s'effondre une fois arrivée au pied de l'immeuble. "Arrivé en bas de chez sa mère, il a enlevé son casque et il est tombé direct, c'était le choc", confie une amie. À l'hôpital, les médecins ont identifié une plaie au thorax.

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Réactions et témoignages

« On est sous le choc », confie-t-elle. « Depuis qu’il a eu un enfant, il a tout arrêté. Il n’est pas de ce genre qui casse. Il ne faisait rien, il regardait les gens, prenait des photos. C’est tout ce qu’il faisait » cette nuit-là, a assuré son épouse jointe au téléphone par RMC. En sanglots, elle poursuit : « Il m’a laissée avec un enfant en bas âge et je suis enceinte d’un mois. Vous imaginez quand il va grandir ?

Quatre jours après les faits, la famille de la victime attend des réponses. « J’ai la vidéo qui prouve que mon mari n’a rien fait. Même la procureure m’a dit que mon mari n’était pas avec les émeutiers. À mon avis, c’est le policier qui a tiré dessus. Il l’a vu en train de le filmer, il a tiré avec un flash-ball.

« Sa mère dit que son fils n’était pas dans les émeutes, qu’il filmait à côté de Foot Locker (un magasin du centre de Marseille pillé dans la nuit de samedi à dimanche), et après, on n’a plus rien », a ajouté Kaouther Ben Mohamed, rapportant les propos de la mère du jeune homme. « Elle a demandé via ses conseils qu’on retrace son chemin avec les caméras de vidéosurveillance pour comprendre ce qu’il s’est passé ».

« La famille est touchée par cet élan de solidarité », a déclaré à la presse Kaouther Ben Mohamed, présidente de l’association « Marseille en colère ! ». « On parle d’un papa qui ne va pas voir naître un de ses enfants et qui ne verra pas grandir ses enfants », a-t-elle martelé, relayant notamment l’appel au calme et à la justice de la mère de Mohamed.

"On est choqué parce que c'est mon collègue, c'est comme mon frère, confie un autre ami. On veut la vérité, comment il est mort", exige-t-il. Pour l'heure, le parquet de Marseille affirme qu'il n'est "pas possible de déterminer le lieu où le jeune homme a été touché par ce 'probable' tir de LBD", ni même de dire s'il a pris part aux émeutes. "Non, rien à voir [avec les émeutes], il a un enfant et sa femme est enceinte ! Une amie secoue la tête et avance le même argument : "Ah non ! Il est marié, il a un enfant, bientôt un deuxième.

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Un autre proche se montre plus prudent et veut "laisser l'enquête suivre son cours : on ne sait pas, ce n'est pas à nous de dire si c'est volontaire, s'il était en train de manifester, de casser, il n'y a personne qui peut le dire", explique cet ami.

Mobilisation et appel à la justice

Quelque 200 personnes se sont rassemblées ce jeudi en fin d’après-midi cité Air Bel, à Marseille, au pied de l’immeuble où vit la veuve de Mohamed, mort dans la nuit de samedi à dimanche, possiblement victime d’un tir de LBD policier. Un appel à une marche blanche avait été lancé et relayé sur les réseaux sociaux, notamment par des associations et des collectifs citoyens, sans que la famille de Mohamed en soit à l’origine.

« Pour qu’il y ait apaisement, il faut qu’il y ait justice, l’un ne pourra pas aller sans l’autre », a-t-elle conclu.

« On demande des éclaircissements, on ne veut pas que ça passe à la trappe comme le cas de Souheil », a souligné de son côté Mohamed Benmeddour, éducateur dans les quartiers nord, faisant référence au cas d’un jeune de 19 ans mortellement blessé par un policier à la Belle-de-Mai à Marseille en août 2021 lors d’un refus d’obtempérer. Présent lui aussi, le père de Souheil, Issam El Khalfaoui, voulait « soutenir la famille » de Mohamed : « Encore un jeune tué par un policier, certainement », a-t-il déclaré. « Et je suis aussi venu dénoncer le fait qu’a priori l’IGPN commence à dire que (les faits) n’ont pas été filmés. Tout a été filmé, sauf le tir, comme par hasard.

« Il faudrait que ça change, il y a eu trop de morts, trop de jeunes qui partent pour un oui ou pour un non. C’est toujours la même chose, comme une cassette qui répète toujours la même chose », a témoigné Zoulika Zemmar, mère de famille, venue au rassemblement de jeudi d’un quartier voisin.

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Comparaison avec d'autres affaires

Cette affaire rappelle d'autres incidents impliquant des tirs de la police, comme le cas d'Elodie D. à Bordeaux et de Zineb Redouane à Marseille. Ces événements soulèvent des questions sur l'usage de la force par les forces de l'ordre et la nécessité d'enquêtes transparentes et impartiales.

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