Henri Gibier est une figure notable dans le monde du journalisme économique en France. Sa carrière est marquée par son passage aux Échos, un quotidien économique de référence.
Mercredi 14 mai, les journalistes des Echos ont approuvé, conformément aux règles de gouvernance établies avec le nouvel actionnaire, la nomination d'Henri Gibier comme directeur de la rédaction. Cette nomination a été entérinée par 122 voix favorables. 43 personnes se sont prononcées pour le veto et il y a eu un vote blanc.
Agé de 57 ans, Henri Gibier assurait la direction de la rédaction par intérim depuis trois mois, date du départ d'Erik Izraelewicz pour La Tribune sur fond de dissensions avec Nicolas Beytout, ancien directeur de la rédaction du Figaro et PDG du groupe Les Echos depuis six mois.
Le vote est sans appel, la rédaction des Echos reconnaissant "les grandes qualités professionnelles, déontologiques et personnelles" de M. Gibier, selon un communiqué de la Société des journalistes (SDJ) des Echos diffusé jeudi à l'issue d'une assemblée générale.
Dans un éditorial paru jeudi dans Les Echos, M. Gibier rappelle que si les informations d'un quotidien économique "ne sont pas crédibles, si elles sont suspectes de défendre des intérêts particuliers ou des choix partisans, il perd son fond de commerce. L'indépendance de sa rédaction fonde sa raison d'être, (...) il s'agit donc d'un bien précieux".
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Sur trois colonnes, il explique, toujours jeudi, que "l'instauration de cette relation particulière entre celui qui crée les contenus (le directeur de la rédaction) et celui qui dirige l'entreprise est une condition sine qua non du succès d'un journal". En d'autres termes, le directeur de la rédaction et le PDG doivent travailler main dans la main.
La SDJ avait déploré début mai la nomination d'Antoine Arnault, directeur de la communication de Louis Vuitton, au Comité d'indépendance éditoriale du groupe Les Echos.
"Le choix du directeur de la communication d'une des principales filiales du groupe LVMH apparaît pour le moins surprenant compte tenu de l'objet de cette instance, qui a pour mission d'examiner les cas d'ingérence de l'actionnaire ou de ses représentants dans le contenu rédactionnel des publications des Echos", indiquait la SDJ.
Ce comité est composé de six membres : deux des trois membres indépendants du conseil de surveillance du groupe et deux de LVMH et deux de la SDJ.
Nicolas Barré, directeur délégué de la rédaction des Echos depuis 2008, remplace Henri Gibier à la tête de la rédaction. Henri Gibier pilotera l'étude et la réalisation de développements éditoriaux originaux, le benchmark éditorial des produits existants dans l’univers de la presse économique et financière en France et à l'étranger ainsi que la conception de cahiers spéciaux des Echos et la supervision des autres publications sous la marque Les Echos.
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Les craintes des journalistes des Echos, rachetés en novembre 2007 par LVMH pour 240 millions d'euros, ne sont guère apaisées. Les salariés ont mené une longue bataille contre le rachat du groupe de presse par l'homme le plus riche de France, craignant les conflits d'intérêts.
Mais la rédaction "déplore que la nouvelle direction n'ait pas créé le climat de confiance nécessaire à la bonne marche du quotidien", ajoute la SDJ. "Nous voulons travailler dans des conditions apaisées, sans défiance", confie un journaliste.
L'ambiance est morose au sein du groupe de presse. Depuis le rachat par le groupe Arnault, une vingtaine de personnes sont parties, dont M. Izraelewicz. François Lenglet et Marie-Paule Virard, respectivement directeur de la rédaction et rédactrice en chef du mensuel Enjeux-les Echos, ont annoncé leur départ le 21 avril, également sur fond de divergences avec la direction. Eric Béziat, rédacteur en chef de l'édition des Echos, rejoint La Tribune comme directeur artistique.
La clause de cession court pendant deux ans. La SDJ s'élève contre "l'ingérence" de la nouvelle direction dans les nominations de journalistes, notamment celle du futur numéro deux de la rédaction, et rappelle qu'"il est essentiel qu'Henri Gibier puisse constituer son équipe en toute indépendance".
"C'est évidemment moi qui constitue mon équipe, je veux aller vite pour clore cette période d'interrogations et de nervosité dans la rédaction", assure M. Gibier. Une nouvelle équipe va être constituée, avec des embauches à l'extérieur. M. Gibier veut faire "changer Les Echos à leur manière".
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Depuis le rachat par LVMH, une structure de gouvernance a été mise en place, "garantissant l'indépendance éditoriale du quotidien et du mensuel", assure M. Beytout.
Le Parisien Magazine, chaque vendredi donne de la couleur au week end des Français. On a voulu en savoir plus sur cette ligne éditoriale « grand public », qui affiche une singularité colorée et un positionnement de proximité. Laurent Guez, nommé Directeur de la Rédaction du Parisien Magazine fin 2016 nous explique ce choix.
Demain le Parisien Magazine deviendra le Parisien Week-End, c’est tout nouveau tout frais, la nouvelle formule sera imprimée le 13 octobre. Le Parisien Magazine, que la plupart des Français lisent avec plaisir chaque week-end, ne suit pas le modèle de ses homologues (Le Figaro Magazine, M le Monde, Les Echos Week-End…).
La formule est légère, positive et colorée. « Vous sous-entendez que nos confrères seraient négatifs et ternes, ce qui paraît très injuste ! Mais là où vous avez raison, c’est que Le Parisien Magazine assume son identité joyeuse et proche de ses lecteurs. Notre rédaction, qui est jeune, imaginative et très en phase avec la société, peut traiter tous les sujets… mais pas n’importe comment.
Nous adorons raconter les initiatives utiles, partager nos curiosités et notre enthousiasme, mais aussi rédiger des portraits très fouillés de personnalités aimées des Français, tout cela avec une place importante accordée à l’image. « Nous changeons de nom, et devenons « Le Parisien Week-End » (« Aujourd’hui en France Week-End » en dehors de l’Ile-de-France).
Ce nouveau nom laisse deviner le nouveau positionnement du magazine, davantage focalisé sur ce temps privilégié que constitue la fin de semaine. Du lundi au vendredi, nous le savons, nos lecteurs doivent gérer d’innombrables contraintes, au travail comme à la maison.
Mais dès le vendredi matin, lorsque paraît Le Parisien Week-End, ils peuvent commencer à se projeter dans une parenthèse de vraie liberté et de plaisir. Ce sera notre obsession, qui nous permettra d’être plus que jamais complémentaire du quotidien. La maquette va évoluer, vers une forme d’élégance accessible, tout comme le chemin de fer.
Au cœur du magazine, vous trouverez les enquêtes, reportages et interviews d’actualité, suivies d’un copieux « Guide week-end » qui proposera des idées de loisirs, d’activités à faire soi-même, et des coups de cœur décernés par la rédaction à des livres, des films, des séries télé ou des albums de musique. En fin de magazine, nous ferons rêver nos lecteurs et les guiderons dans leurs achats plaisir.
« Sans doute pas, mais aujourd’hui, de nombreux médias sont plutôt dans l’extrême inverse ! Tout se passe comme si, dans le monde, il n’y avait que des catastrophes et du malheur - ce qui est objectivement faux.
Voir aussi le verre à moitié plein, ce n’est pas faire du mauvais journalisme, c’est une forme de lucidité utile. Partout dans le monde, des gens connus ou anonymes lancent de formidables initiatives, artistiques, sportives, solidaires, entrepreneuriales, etc. Chaque semaine, nous les mettrons à l’honneur.
Nous publierons aussi des statistiques encourageantes ou des verbatims optimistes, et nous interrogerons une personnalité de premier plan sur « la liste de ses envies » : que rêveriez-vous d’avoir réalisé dans les dix ans qui viennent ? Entre nous, je me suis moi-même posé la question, et ma liste est longue.
Journaliste depuis plus de 25 ans, Laurent Guez, 53 ans, a rejoint Le Parisien en janvier 2017 pour relancer le « Le Parisien Magazine », le supplément vendu chaque vendredi avec « Le Parisien ». De 2012 à 2015, il a dirigé la rédaction du mensuel « Enjeux Les Echos », qu’avec Henri Gibier, il a alors transformé en hebdomadaire.
Il est alors devenu directeur délégué de la rédaction de ce nouveau titre, « Les Echos Week-End ». De 2008 à 2012, Laurent Guez était le directeur des rédactions du pôle Industrie du groupe Infopro Digital, où il était en charge de « L’Usine Nouvelle » et d’« Industrie et Technologies », ainsi que des sites et services numériques associés.
Auparavant, il a notamment dirigé la rédaction de la chaîne parlementaire Public Sénat (2006-2008), alors présidée par Jean-Pierre Elkabbach, et celle du « Figaro Entreprises » (supplément économique du lundi du « Figaro »), qu’il a conçu et lancé en 2001, et dont il fut nommé directeur général en 2004.
Auparavant, il animait le service économie-social-Bourse de « France-Soir », dont il fut rédacteur en chef de 1999 à 2001.
C’est une petite révolution pour les journalistes de la rédaction des Echos. Proche de Nicolas Beytout, passé par Le Figaro également au poste de directeur délégué de la rédaction, Nicolas Barré a été correspondant des Echos au Japon et aux Etats-Unis. Il est également chroniqueur à Europe 1 et à Radio classique.
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