Le Panthéon, monument emblématique de la France, honore les grands hommes et femmes qui ont marqué l'histoire du pays. Parmi ces figures illustres, certaines ont des racines alsaciennes, témoignant de l'importance de cette région dans la construction de la nation française.
Frédéric Henri Walther, né à Obenheim (Bas-Rhin) le 20 août 1761, est un cavalier et général qui s'est illustré pendant toutes les campagnes napoléoniennes, d'Italie jusqu'en Russie. Engagé à 20 ans, il fait parler de lui à Austerlitz, Wagram ou Hanau. Il sera blessé de six coups de sabre et a son cheval tué sous lui lors de la bataille d’Eylau. A sa mort, Napoléon fera son nom sur l’Arc de Triomphe, au même titre que Alexandre-Antoine Hureau.
Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Etoile. Frédéric Henri Walther, Comte d’Empire (1811), participa à la campagne d’Espagne où il remporta la victoire de Sabugal. Commandant le corps des Saxons pendant la campagne de 1813, ceux-ci changèrent de camp et l’abandonnèrent à Leipzig aux mains de l’ennemi. Revenu en France grâce à un échange de prisonniers, il mourut à Paris peu après. Le 10 mars 1814, il fut inhumé directement au Panthéon.
Outre Frédéric Henri Walther, d'autres personnalités liées à l'Alsace reposent au Panthéon :
Le Panthéon a une place bien à part dans l’histoire des grands édifices parisiens, car nul autre que lui ne connut une telle volonté de se l’approprier par les partis au pouvoir au gré des déchirements et des évènements politiques du pays. Tout commença en 1744 lorsque Louis XV, gravement malade à Metz, fit le vœu, s’il survivait, de substituer à l’église à l’abbaye Sainte-Geneviève, alors fort délabrée, une somptueuse église plus adaptée au goût du moment. Louis XV guérit et fit appel à l’architecte Soufflot que protégeait François Poisson, marquis de Marigny surintendant des bâtiments du roi et frère de Madame de Pompadour.
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Le terrain fut pris sur une partie des jardins de l’abbaye Sainte-Geneviève, point culminant de la rive gauche. Les travaux commencèrent en 1755 mais furent ralentis par la découverte de centaines de puits creusés par les potiers gallo-romains, seize siècles auparavant, obligeant à une consolidation des fondations insoupçonnée. Le 6 septembre 1764 Louis XV vint poser la première pierre sous quelques maigres applaudissements. Soufflot avait prévu quatre groupes de trois colonnes pour soutenir les trois coupoles constituant le dôme. Loué par les uns, vilipendé par les autres qui hurlaient au manque de solidité de l’ouvrage, Soufflot connut de tels déboires et fut l’objet de telles polémiques qu’il finit par en mourir de découragement en 1780 avant d’avoir pu terminer son œuvre. Toutefois, il avait eu le temps de finir le projet de la percée de la rue qui porte son nom et qui mène du boulevard Saint-Michel au Panthéon. Les architectes Brébion et Rondelet continuèrent les travaux en modifiant le projet des fameuses colonnes. L’église ne fut achevée qu’au début de la Révolution.
Le 2 avril 1791, Mirabeau mourait. Le 4, sur la proposition d’un ci-devant marquis, l’Assemblée nationale constituante décida de transformer la nouvelle église et de consacrer ses cryptes, qui étaient destinées aux sépultures des génovéfains (abbaye Sainte-Geneviève), aux Français illustres par leurs talents, leurs vertus et leurs services à la patrie. L’abbaye Saint-Denis avait été le Panthéon des rois, les grands serviteurs de la Nation, reconnus comme tels par le peuple souverain, auraient dorénavant le leur ! Antoine Quatremère de Quincy fut chargé de transformer l’église en mausolée républicain: les tours-clochers disparurent, les baies et les portails latéraux murés. Après bien d’autres modifications, on plaça sur le fronton la fameuse inscription : « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Solennel, pompeux et froid, le Panthéon attendait ses premiers martyrs de la Révolution élus de la reconnaissance patriotique.
Le 20 février 1806, Napoléon Ier, soucieux de rompre tout lien avec la Révolution, rendit l’édifice au culte, sous la double invocation de sainte Geneviève et de saint Napoléon ! Il conserva les caveaux qu’il destinait aux dépouilles des grands serviteurs et dignitaires de l’Empire. En cela, il fut le seul à maintenir ensemble la vocation religieuse et la fonction de nécropole nationale de l’édifice. En 1811, un décret ouvrit la crypte aux dignitaires religieux de l’Empire: les cardinaux Erskine de Kellie et Mareri.
Sous la Restauration, par une ordonnance de 1821, Louis XVIII ordonna de faire disparaître tous les emblèmes de l’Empire. « Aux grands hommes… » disparut du fronton pour être remplacé par : « D.O.M.sub invocat. S Genovefae. Lud. XV dicavit Lud. XVIII restituit ». Toutefois, les anciens grands dignitaires de l’Empire qui venaient à décéder continuèrent à y trouver leur place. Le 21 janvier 1822, l’église qui n’avait jamais été consacrée l’était enfin officiellement par Mgr de Quélen, archevêque de Paris. Le 29 décembre précédent, pour éviter que les restes de Voltaire et Rousseau soient englobés dans le périmètre de la bénédiction, on les avait secrètement relégués dans une petite crypte cachée sous le portique.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, lors du siège de Paris, les Prussiens, persuadés que le Panthéon recelait un arsenal et une poudrière, ne cessèrent de le bombarder alors que les sans-abris du quartier se réfugiaient dans sa crypte. Le 31 mars 1871, la Commune plantait le drapeau rouge au sommet du fronton.
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Huit ans plus tard, le 26 août 1830, soit pratiquement un mois après la révolution de Juillet, Louis-Philippe décida que « le Panthéon serait rendu à sa destination primitive et légale » et fit agrandir la capacité d’accueil de la crypte. La valse des meubles recommença, Voltaire et Rousseau retrouvèrent leurs places et les « Aux grands hommes… » se réafficha au fronton.
Enfin, en 1885, la République prenait sa revanche. Le gouvernement de la IIIe République, qui faisait le grand écart entre une droite et une extrême gauche menaçantes, avait jusqu’alors éludé la question de la destination du Panthéon. La réponse s’imposa avec la mort de Victor Hugo intervenue le 22 mai 1885. Il fallait honorer autant l’homme politique que l’écrivain. Alors, prenant prétexte qu' à sa mort le tribun avait refusé « l’oraison de toutes les églises » , le Panthéon fut rendu à la laïcité au grand dam d’une partie des catholiques. Le 1er juin « le corbillard des pauvres » livra la dépouille du grand Victor. Depuis, l’inscription « Aux grands hommes… » est toujours à sa place comme la croix qui avait été réinstallée sur le dôme en 1873.
Le fait de reposer au Panthéon ne signifie pas obligatoirement avoir été « panthéonisé ». En effet, pour être reconnu comme tel, il faut un décret de « panthéonisation ».► Pendant la Révolution, le choix appartenait à l’Assemblée constituante. La Convention décida du transfert des restes de Rousseau et de l’éviction de Mirabeau et Marat.► Sous l’Empire le choix appartenait à Napoléon Ier► Sous la IIIe République les députés proposaient et décidaient.► De nos jours, le choix appartient au président de la RépubliqueLe centenaire, puis le bicentenaire de la Révolution furent l’occasion de l'inhumation et/ou de la panthéonisation
L'histoire des nations est d'un bout à l'autre l'apologie des papes. C'est à eux que l'humanité doit toutes ses conquêtes morales. Ils ont vaincu la barbarie, refoulé l'ignorance, aboli l'esclavage, relevé la dignité humaine, flétri la guerre, désarmé les despotes, protégé les faibles, tenu tête aux forts. Sur quelque point de la terre où l'homme souffre ou pleure, le Vicaire du Christ accourt : on le trouve partout où le droit réclame un défenseur, l'iniquité un juge, et le malheur un père. Les papes ont aboli l'esclavage. Cette question mériterait, à elle seule, un chapitre à part. Mais, ne pouvant, faute d'espace, la traiter ex professo, nous nous contenterons de quelques indications sommaires.
Commençons par dire qu'on chercherait en vain, dans le Bullaire des papes et dans la collection des Conciles, un décret qui supprime violemment l'esclavage. L'Église, en mère prudente, n'a pas cru devoir lancer les esclaves contre leurs maîtres, et livrer le monde à une lutte fratricide. Au lieu d'affranchir ex abrupto ces malheureux, elle préféra les préparer à la liberté par une émancipation sagement graduée. Elle les réhabilita, elle cultiva leur intelligence et leur âme; elle adoucit leur sort, elle leur ouvrit son sanctuaire et ses rangs, et deux siècles ne s'étaient pas écoulés depuis l'inauguration de ce régime, qu'un esclave, s'élevant au faîte des grandeurs de ce monde, s'installait dans la chaire de saint Pierre. C'était saint Callixte, le serviteur de Carpo- phore, le nom le plus illustre peut-être que nous offre, après celui de saint Clément, la liste des premiers papes.
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