La perception des armes a considérablement évolué ces dernières décennies. L'utilisation des armes en milieu naturel n'est pas un simple privilège, mais un droit transmis de génération en génération, désormais acquis avec l'examen du permis de chasser. Ce droit confère des responsabilités et des devoirs, au premier rang desquels figure le devoir de sécurité.
Toute activité de loisirs en nature comporte des risques, et la chasse ne fait pas exception. C'est pourquoi les chasseurs ont développé une culture de la sécurité. La loi consacre plusieurs articles à la sécurité à la chasse, soulignant l'importance de la formation continue et de la sensibilisation.
Dans une logique de responsabilité, une commission peut demander au Préfet la rétention ou la suspension du permis de chasser en cas d'incident grave mettant en danger la vie d'autrui, ou en cas d'accident mortel ou ayant causé une atteinte grave à l'intégrité physique d'une personne.
Nos sociétés modernes cherchent systématiquement des responsables et veillent à réduire au maximum les risques d’accidents. Pour la chasse, cette évolution s’est traduite par l’examen pratique du permis de chasser, par des campagnes de sensibilisation à la sécurité, par l’établissement de règles et de codes, ainsi que par une analyse très fine des accidents de chasse.
Le nombre d'accidents de chasse diminue, un progrès notable, mais chaque accident reste inacceptable. Il est crucial de ne tirer que vers un gibier clairement identifié, en tenant compte de l'environnement et des autres usagers de la nature.
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La meilleure façon d'accroître la sécurité à la chasse est de ne pas causer d'accidents, ce qui représente la sécurité active. Cependant, la sécurité passive, comme le port de vêtements fluo, est essentielle pour prévenir les accidents en rendant les chasseurs visibles de loin.
En effet, nous avons tous particulièrement aimé un chapeau d’un noble tissu délavé par les pluies, une vieille veste aux teintes d’automne usée par les ronces, nous donnant la sensation de nous fondre dans la nature… Et nous voici affublés de vêtements industriels criards.
La moitié des accidents de chasse surviennent lors d'une battue de grand gibier. Nombre de ces accidents pourraient être évités en respectant une règle de base : celle des 30°. Pour matérialiser un angle de 30° vers la droite, le chasseur effectue 5 pas vers la droite puis 3 pas perpendiculairement et la même chose côté gauche. A la fin du troisième pas, il plante un repère (bâton ou autre). Le gibier sortant de l’enceinte traquée ne pourra être épaulé et tiré qu’après avoir franchi l’angle des 30°.
En cas d'accident, la responsabilité du chasseur ayant tiré dans l'angle des 30° est systématiquement engagée. Dans certaines situations, il est préférable de s'abstenir de tirer si les conditions ne sont pas optimales.
Tout acte de chasse pratiqué par plus d'une personne implique un responsable. Pour la chasse en battue, ce responsable doit énoncer clairement les consignes de sécurité et de tir à tous les participants lors d'un rituel précédant la chasse. Les consignes verbales sont maintenant de plus en plus souvent doublées par des consignes écrites, remises au chasseur qui reconnaît en avoir pris connaissance et s’engage à les respecter en signant le registre de battue.
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En cas d'accident, la responsabilité du responsable de chasse n'ayant pas donné les consignes est systématiquement engagée.
Depuis les années 1980, il s’est multiplié mais la fièvre du sanglier reste forte et conduit parfois les chasseurs à perdre leur sang-froid et à commettre des imprudences. Les chiffres sont éloquents : 69% des accidents en action de chasse au grand gibier concernent le sanglier alors qu’il ne représente que 49% des prélèvements.
Pour établir une comparaison, le chevreuil représente 46% des prélèvements, pour 25% des accidents.
« Méfiez-vous des jeunes chasseurs : ils manquent d’expérience et sont plus dangereux que les anciens ! » Cette affirmation péremptoire, nous l’avons tous entendue et pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire ! A cela deux raisons principales : les plus jeunes chasseurs ont passé le permis avec une épreuve pratique ; la majorité des plus de 62 ans n’ont passé aucune épreuve puisque l’examen a été instauré en 1976.
A la chasse comme au volant, l’expérience n’autorise pas la négligence.
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Pour prévenir les autres usagers de la nature, il est conseillé de poser des pancartes sur les chemins traversant les zones de chasse avec un message du type « Aujourd’hui, nous chassons : ensemble, soyons vigilants ». Elles doivent être posées le matin de la chasse et enlevées dès la fin. Vous pouvez également afficher le calendrier des jours de battues.
Plusieurs fédérations de chasseurs investissent dans des simulateurs de tir pour améliorer la sécurité et la pratique de la chasse.
Après avoir étudié différents concepts modernes pour améliorer la qualité des tirs et la sécurité à la chasse, la Fédération des Chasseurs de la Haute-Marne a fait le choix d’investir dans un cinématir. Il comprend un vidéo projecteur spécial, un ordinateur puissant, une arme factice et un écran de 5 m X 2 m.
La Fédération départementale des chasseurs du Var met à disposition de ses adhérents un simulateur de tir sans munition réelle pour s’entrainer au maniement des armes.
L’objectif est d’entraîner le chasseur et de l’aider à adopter les bons gestes sur le terrain. De plus, c’est un entraînement idéal pour se perfectionner et améliorer la sécurité lors des actions de chasse.
Le simulateur s’avère également être un excellent moyen pour améliorer son appréciation des distances et de la vitesse des animaux. Il permet de sensibiliser les utilisateurs au comportement du gibier et au pouvoir d’arrêt selon les armes et les munitions. En effet, l’entraînement sur le simulateur vous encourage à réaliser des tirs létaux afin d’éviter les souffrances du gibier en conditions réelles.
Le Cinétir, virtuel offre une expérience sans tir de munition. Cette séance très réaliste, qui peut être effectuée avec son arme équipée d’une caméra, face à un écran, où défile de vraies actions de chasse restitue le tir, prendra en compte tous les paramètres de la balle et de la situation.
Au-delà du simple exercice, le Cinétir fournit une analyse complète de chaque tir : point d’impact, trajectoire, vitesse. Ces données permettent à chaque chasseur de comprendre ses forces et ses axes d’amélioration, notamment sur la posture, la prise en main et la visée.
Un code de bonne conduite existe pour chasser en toute sécurité et des agents de polices rattachés à l’Office National de la Biodiversité (OFB) veillent à son bon respect. Les articles L.420-1 à L.420-4 édictent de grands principes : participation de la chasse à la gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats, équilibre des écosystèmes, respect du droit de propriété, exercice de la surveillance et de la police de la chasse par le gouvernement, définition de l’acte de chasse, etc.
Les dispositions pénales sont reprises aux articles L.428-1 à L.428-29 et R.428-1 à R.428-19 du Code de l’environnement. En outre, est puni des mêmes peines le fait de mettre en vente, vendre, acheter, transporter ou colporter du gibier en dehors des périodes autorisées en application de l’article L. Le permis de chasser, qui peut être retiré par le Tribunal ou suspendu à titre conservatoire jusqu’à l’audience dans certains cas.
Enfin, l’article L.428-29 stipule que : « Hors de leur domicile, les chasseurs et les personnes les accompagnant sont tenus d’ouvrir leurs carniers, sacs ou poches à gibier à toute réquisition des officiers et agents de police judiciaire, des inspecteurs de l’environnement mentionnés à l’article L. 172-1 et des agents mentionnés aux 2°, 3°, 4° et 5° de l’article L. 428-20, ainsi que les gardes des Fédérations Départementales des Chasseurs, mentionnés au troisième alinéa de l’article L.
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