Le FAMAS, ou Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, a été un pilier de l'armement français pendant plus de quatre décennies. Cet article explore en détail le bouchon cache flamme du FAMAS, son fonctionnement et son utilité, ainsi que son contexte dans l'évolution des armements français.
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la France s'est lancée dans un ambitieux programme de modernisation de son armement léger. Durant les décennies 1950 et 1960, les armées françaises testent les armes en service à l'étranger. À la tête de ce projet, un homme joue un rôle déterminant : Paul Tellié, ingénieur en chef à la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS). Dès les années 1960, il travaille sur plusieurs prototypes de fusils d'assaut.
Le développement du FAMAS remonte à la fin des années 1960, et son adoption officielle par l'armée française intervient en mai 1977. La production de masse débute en juillet 1979 et le FAMAS équipe rapidement les forces françaises. Après plus de quarante ans de service, le FAMAS tire sa révérence. De la version F1 à ses itérations plus modernes comme le G2 ou le FAMAS Valorisé, il aura équipé des générations de soldats français, participant à la modernisation de l'armée et à la transition vers une infanterie mieux équipée et plus mobile.
L’arme est construite autour d’un boîtier de culasse en aluminium, qui est prolongé par un « tube-enveloppe » en acier. Ce tube-enveloppe fait bien partie de la carcasse de l’arme. Ce dernier enveloppe bien évidemment le canon sur sa portion arrière, sans le toucher, et permet ainsi l’installation de différents dispositifs de l’arme sans interagir avec ce dernier.
Cette spécificité du tube-enveloppe est à notre connaissance « unique » sur une arme d’assaut. Le tube-enveloppe du FAMAS comporte un vrai rôle structurel alors qu’un manchon de protection du canon, se limite bien souvent à éviter l’interaction du canon avec son environnement (tireur compris !).
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Le canon du FAMAS, martelé à froid, est vissé dans la carcasse en aluminium. Une rondelle, d’épaisseur variable, permet à l’aide d’un écrou vissé à l’intérieur du tube-enveloppe le réglage de la feuillure. Le canon du FAMAS F1 est originellement destiné à tirer la munition F1, qui est de type M193 (3,5 g). Il a donc un pas de rayure de 1 :305mm (1 :12 pouces). Les premières productions de canon sont originellement dotées de six rayures et les versions plus tardives n’en compteront que trois. Le canon du G2 permet le tir de la munition SS-109 (4 g), avec pas de rayure de 1 :229 mm (1 :9 pouces). Comme les versions tardives du F1, le canon de notre G2 d’étude compte trois rayures.
Le canon qui accueille la tourelle porte-guidon se termine par un cache-flamme. Les versions en dotation dans l’Armée Française se voient dotées d’une bague de réglage de la valeur d’enfoncement des grenades à fusil…mais nous reviendrons sur cette dernière disposition ultérieurement. Sa chambre est cannelée pour éviter, par adduction du carbone sur la jupe, les collages d’étuis. Contrairement à beaucoup d’autres productions militaires, son canon n’est pas chromé.
L’ensemble mobile circule sur deux rails usinés dans le boîtier de culasse en aluminium. Son guidage est complété par le tube du ressort récupérateur, lié à l’ensemble mobile par une goupille captive installé sur la masse additionnelle. Cet ensemble mobile est notamment composé d’une culasse, d’une masse additionnelle et du « Levier Amplificateur d’Inertie ».
Le principe de moteur de l’arme est donc celui de la culasse non-calée avec artifice de démultiplication. Lors de la mise à feu, la culasse, poussée par l’étui, prend appui sur le bras court d’un levier en « L » qui est calé dans le boitier de culasse sur un « coin d’appui » rapporté en acier. Le bras long du levier prend appui sur la masse additionnelle. Ainsi, le rapport de longueur génère un avantage mécanique pour la masse additionnelle qui voit son « inertie » être « amplifiée » (d’un facteur de 3,6 fois comme indiqué dans le manuel règlementaire TTA-150), c’est-à-dire l’effort nécessaire pour la mettre en mouvement, être multiplié.
Cet artifice permet, à l’aide d’un ensemble mobile non-calé dont la masse additionnelle pèse seulement 242 g, de simuler la présence d’une culasse de près d’un kilo (toutes masses comprises).
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La culasse présente l’originalité de voir la latéralité de l’éjection être changée sans le moindre remplacement de pièce, chose inédite à cette époque à notre connaissance (qui n’est pas absolue, rappelons-le !). Pour ce faire, il est possible de déposer la cuvette de tir par le simple retrait d’une goupille nommée « doigt de maintient « située sur le dessus de la culasse.
Le changement de latéralité est réalisé en remontant l’ensemble, mais en inversant la place de l’extracteur et de l’obturateur. On n’oubliera pas de changer aussi la latéralité de l’appui-joue, qui obstrue la fenêtre d’éjection du côté « visage » du tireur.
On peut donc ainsi, sur le terrain et en quelques minutes, convertir la latéralité de l’arme, chose généralement nécessaire pour une arme bullpup, au risque de voire l’utilisateur être blessé par l’éjection de la douille. Cela dit, il ne faut pas confondre les choses : l’arme n’est pas « ambidextre », mais bien « convertible en latéralité ».
L'adoption du HK416F par les forces armées françaises marque une étape importante dans la modernisation de l'équipement militaire. Un élément essentiel de son utilisation, notamment lors des exercices et des simulations, est le bouchon de tir à blanc (BTB). Cet article explore en détail le fonctionnement du BTB, son rôle crucial dans le tir à blanc, et son évolution à travers les différents modèles d'armes.
Le BTB est indispensable pour le tir à blanc, notamment en mode automatique. Il obstrue le canon, compressant les gaz produits par la combustion de la poudre des cartouches à blanc. Sans bouchon, la culasse ne recule pas, et l'extraction de la cartouche tirée doit se faire manuellement.
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Les dispositifs de tir à blanc ont évolué avec les types de cartouches utilisées. Pour le FM 24/29, plusieurs types de BTB ont été développés :
| Type de cartouche | Matériau de la balle | Diamètre de l'orifice (mm) |
|---|---|---|
| Anciennes | Bois | 4,3 |
| Modernes | Plastique | 3,8 |
Normalement, un fusil préparé pour tirer à blanc ne peut tirer des balles réelles. Si l’arme est bien conçue, on ne peut pas tirer une balle réelle avec un bouchon de tir à blanc. Les munitions réelles et d'exercice doivent être clairement différenciées. Les munitions réelles ont un étui kaki et une balle cuivrée, tandis que les cartouches d'exercice ont un étui couleur aluminium. Les deux types de balles doivent être rangés à des endroits différents pour éviter toute méprise.
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