Attention, cette critique contient des spoilers d’Avengers : Endgame. Si vous n’avez pas encore vu le film, il est conseillé de fermer cette page.
Pour se lancer dans l’écriture, rien de tel que cet excellent clip. Ça met la patate et il me fallait bien ça pour sortir de ma torpeur post-Endgame.
Deux arcs sont au cœur d’Avengers : Endgame : Iron Man et Captain America. Ils incarnent le début et la fin d'une ère pour le MCU.
Quand Marvel Studios a proposé à Robert Downey Jr. d’incarner le génie, personne ne se doutait où allait se terminer cette aventure. Le rôle d’une vie. C’est encore plus fort que dans mes rêves les plus fous. Néanmoins, après une superbe entrée en matière, il fallait une sortie digne de ce nom.
La première heure frappe par sa dépression ambiante. En ultime symbole, ce Tony Stark squelettique et dépressif. Il a ce je ne sais quoi d’effrayant. Il était l’homme fort du MCU et le voilà, avec la peau sur les os, à en vouloir au monde entier. Mon sang s’est glacé.
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Il est également au cœur de la scène ayant déclenché les premières de mes nombreuses larmes. La surprise n’en fut qu’encore plus grande quand on le retrouve des années plus tard avec Morgan. Ce passage n’a l’air de rien, mais c’est l’un de mes préférés du film avec l’une de ses plus belles répliques : « Je t’aime trois fois mille. ».
Il prouve que Tony Stark est un des plus grands héros que la Terre n’ait jamais porté. Il avait tout et il est prêt à tout sacrifier. Certes, la perte de son protégé est un moteur, mais même sans, Tony l’aurait fait. On le sait. Il a fini comme il a toujours été. En héros.
J’ai dégusté sévère en faisant les adieux. Une scène marquée au fer rouge par la superbe performance de Tom Holland et la vision du corps meurtri de Tony. Heureusement qu’auparavant, il nous aura offert la plus belle sortie qu’on aurait pu lui imaginer. Tout était parfait. L’enjeu. La puissance. Le regard de Strange avec l’index levé (la seule solution possible sur 14 000 605). La posture. Et surtout LA réplique.
Si j’aime beaucoup Iron Man, je lui préfère largement Steve Rogers. Question d’affinité. Les Russo avaient pénétré dans l’univers cinématographique Marvel avec lui via Le Soldat de l’Hiver et ils en ressortent avec lui (en bouclant au passage la galerie de caméos de la série Community). La perfection de sa fin. À mes yeux, ils ont conclu son arc de la meilleure des manières possibles. Ils m’ont surpris. Je m’attendais à une fin classique, mort au combat, dans un ultime sursaut héroïque. Mais, il n’y en avait qu’un qui pouvait y avoir droit. Iron Man ayant pris cette place, que restait-il alors à Steve ?
Cette PUTAIN de FIN MAGIQUE. J’ai pris une claque, car je ne l’ai pas vu venir. C’était la fin de mes rêves. C’était trop beau pour qu’ils le fassent, mais ces cons, ils l’ont fait. Je frissonne encore rien qu’en repensant à ce sublime plan où la caméra s’approche de la maison pour nous faire découvrir les deux amoureux en train d’entamer cette danse qu’on attendait depuis 2011. Marvel Studios a un peu triché en retirant Sharon Carter de l’équation, mais je ne leur en veux aucunement, car Steve n’avait qu’un seul grand amour et c’était Peggy. La plus grande histoire d’amour du MCU.
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Le passage dans les années 70 est juste magique. Non seulement, pour la rencontre entre Tony et son père, pour le caméo du Jarvis de la série Agent Carter (que ça fait du bien de pouvoir enfin dire adieu à la série), mais surtout pour ce plan très chargé en émotions où Steve retrouve son amour sans qu’elle ne le remarque. J’en chiale rien que de l’écrire. Il n’y a rien à d’autres à dire que parfait.
Et le Captain America au top de sa forme durant le combat final alors ? J’en profite pour m’attaquer à cette bataille de malade. On n’atteint certainement pas le haut niveau de celles de Peter Jackson dans la saga de l’Anneau. En même temps, le temps qui y est consacré est bien moindre. L’aspect stratégique est différent, à l’échelle de l’unité plutôt que de la troupe. Mais quel kif. J’étais tellement dans un rêve. Simplement. J’en ai chialé de joie. Tu imagines quand même. Des années durant, en lisant les comics, tu rêves de voir ça porté à l’écran. De voir une armée de super-héros contre le plus grand vilain de tous les temps. D’une bataille dantesque où on ne compte plus les actes de bravoure. Des décennies ont passé, tu vas voir le dernier Avengers et tu vois tous tes fantasmes prendre vie.
Cap, avec son bouclier brisé, qui brandit le marteau de Thor. Valkyrie qui parcourt le champ de bataille à bord de son destrier. La A-Force. Captain Marvel qui découpe l’énorme vaisseau de Thanos. Les Sorciers. Les Wakandais. Tous ces morceaux de bravoure. Il y en a trop pour que je me souvienne de tout sur la base d’un seul visionnage.
Au cœur de cette bataille était cet ancien homme frêle devenu le cul de l’Amérique. J’ai gravé dans ma mémoire ce magnifique plan (le jour où le Blu-ray sort, j’en fais une capture d’écran et je la fous en fond d’écran de tous mes PC) où Steve se dresse face à l’armée de Thanos. Alors que tout espoir semblait avoir disparu, l’appel de Sam réchauffe le cœur. Pour couronner le tout, la réplique légendaire « Avengers Assemble » qui achève cette magnifique réunion. Des années qu’on attendait cette phrase et ils l’ont sorti au meilleur des moments possibles. Jamais la morale de la fable Le Lièvre et la Tortue de La Fontaine n’aura été aussi vraie. C’est aussi la preuve qu’il ne faut pas toujours écouter les fans. Il faut savoir être patient.
Dernier membre de la Trinité. Thor. Lui, ça a été la surprise totale. J’aurais pu imaginer des milliers de trucs, mais jamais ça. Personne n’aurait pu. Chris Hemsworth livre une performance monstrueuse faisant étalage de son talent à passer du drame à la comédie en une fraction de seconde. Son passage dans le passé n’est pas le plus spectaculaire du lot, mais il est magique. Mention spéciale à Frigga. Drôle et émouvant.
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Je me rappelle que certains avaient critiqué Thor: Ragnarok car le dieu du tonnerre y semblait impassible aux morts qui s’accumulait autour de lui. Pire, il continuait même à plaisanter. Quel bonheur. Je suis plus que ravi de voir que Chris Hemsworth ne s’arrête pas là. Mais l’avenir s’annonce encore plus radieux car il semble intégrer les Gardiens de la Galaxie. Je ne m’en suis pas encore remis de l’hilarant échange entre Peter et Thor à propos du leadership. Quand j’imagine que James Gunn, producteur exécutif sur Endgame, va les reprendre en main, je ne peux pas m’empêcher de sautiller d’excitation.
La trinité abordée, il reste encore Hulk, Black Widow et Hawkeye. Sans atteindre les sommets du trio, ils nous réservent de jolis morceaux. Déjà, l’ouverture du film avec Clint Barton était parfaite pour rappeler le contexte dramatique où nous avait laissé Infinity War. La suite prolonge le kif et c’est un vrai plaisir de retrouver le meilleur archer de l’univers Marvel. Surtout en un Ronin qui n’a rien à envier au Punisher pour un duel au sabre inattendu et malheureusement trop court.
Black Widow est plus en retrait malgré un joli passage avec Captain America où elle montre sa détresse émotionnelle. Quant à Hulk, c’est sans réelle surprise, mais amusant tout de même. On peut aussi compter sur Rocket, Nebula, War Machine et Ant-Man. Quel kif d’avoir Ant-Man (c’est mon petit chouchou) qui interagit avec les autres (la scène du taco) tout en étant vraiment impliqué. À noter également le passage très émouvant où il retrouve Cassie. Ça m’a foutu un choc.
Le bonheur avec le film du jour, c’est qu’il se sera vraiment attaché aux membres fondateurs. Tous les nouveaux ont été mis de côté. Notamment Captain Marvel. Elle n’avait pas le droit de gâcher la sortie de Tony, Steve et Natasha. Elle aura été parfaite en jouant le poids lourd et en se mettant en retrait (ça donne le temps d’aller chez le coiffeur).
Point qui avait été deviné depuis belles lurettes. La faute aux photos prises furtivement sur le tournage. Le voyage dans le temps. Au début, j’étais un peu déçu de voir que Marvel Studios n’avait pas réussi à garder la surprise. Mais à la fin, comment ne pas kiffer le voyage ? J’ai adoré le passage faisant suite aux évènements d’Avengers. C’est vraiment un point de vue inédit. Inédit, je m’enflamme un peu, car ça rappelle Retour vers le futur, mais ça reste absolument génial.
Par exemple, reprendre au plan culte où les Avengers se retrouvent face à Loki pour lui faire comprendre qu’il a perdu puis découvrir la suite. Assez cocasse. De même, comment ne pas plébisciter le faux remake de la scène de l’ascenseur de Le Soldat de l’Hiver avec, comme point d’orgue, cette réplique juste parfaite de Steve ? Sans oublier, la Sorcière Suprême. Toujours dans l’envers du décor, la démystification de l’introduction culte de Les Gardiens de la Galaxie. Juste magique. Tout comme l’hommage à Terminator avec Nebula peu après.
Reste alors le remake du « A soul for a soul ». Là, on délaisse la déconne pour un moment tragique. Si, au départ, j’étais déçu devant la prévisibilité de l’intrigue « machine à voyager dans le temps ». J’ai fini par me rendre compte de son importance, car elle apporte beaucoup à la conclusion des premières années du MCU en ravivant la flamme nostalgique du plus bel effet. Avec la bataille finale, c’est la récompense ultime pour avoir suivi tous les films Marvel Studios.
Mais c’est vraiment le fan de Thanos qui parle. Infinity War était un pur orgasme car son héros était son méchant. Thanos. Dès lors, j’avais envie que sa suite prolonge le délire. D’un autre côté, en raisonnant, c’était impossible. Sinon, on ferait un film de cinq heures. Je n’aurais rien contre, mais les vessies du monde entier, si. De plus, Endgame est sensiblement différent d’Infinity War. Cela commence avec un choc. Bam. Décapité. La vengeance d’Infinity War réglée en cinq minutes. T’es limite là, à te dire, mais en fait, c’est une merde, le chauve violet. Ce serait quand même oublier ce qu’il avait en face. En plus d’être sacrément amoindri (on le voit boiter). Heureusement, la bataille finale où il tient tête à une armée d’Avengers, Captain Marvel compris, est là pour rappeler que le Titan Fou reste une force de la nature. Le plus grand méchant du MCU.
J’ai adoré son regard désemparé quand il se rend compte qu’il a perdu. C’est une jolie fin qui renvoie à sa vulnérabilité exposée dans son film. À noter aussi sa subtile réflexion concernant sa solution qui n’a pas marché.
Dans l’opus précédent on comprenait, à défaut d’approuver, la politique de Thanos (si les ressources d’une planète sont limitées, la vie doit l’être également). Logique à défaut d’être moral. De plus on pouvait reconnaître à l’Alien violet une certaine grandeur dramaturgique. Son attitude était dictée par la disparition de son propre peuple et pour arriver à ses fins il était prêt à tout sacrifier (y-compris à tuer la personne qu’il aimait le plus). Hélas il ne reste plus rien ici de ce titan tourmenté. Cette fois, constatant « l’ingratitude » de ses victimes, il change son fusil d’épaule et décide de détruire complètement l’univers pour le recréer à son image ! D’un personnage digne d’une tragédie Grec, Thanos devient ici un bourrin généocidaire sans aucune ampleur. Un méchant lambda « qui veut détruire l’univers ». Devenu une brute mégalomane Thanos perd tout charisme.
Malgré le soin apporté à la réalisation, Avengers : Endgame n'est pas exempt d'erreurs et d'incohérences. Voici quelques exemples :
Si Avengers : Endgame est une conclusion, il est également une porte ouverte sur l’avenir et celui-ci s’annonce sacrément prometteur. On peut déjà constater quelques éléments des séries Disney+ à venir comme WandaVision (mais où est Vision ?), Falcon & Winter Soldier et Hawkeye.
Lors des funérailles de Stark… On peut retrouver Harley (Ty Simpkins qui a sacrément grandi), le gamin d’Iron Man 3. Est-ce lui qui va reprendre l’armure ? C’est ma (légère) déception d’Endgame.
Tous ces éléments font que malgré ces quelques défauts, ENDGAME est un film indispensable pour tous ceux qui se sont pris d’intérêt pour cet univers qu’est le MCU.
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