Il y a plus de 13 ans, la police tirait au Flashball sur des manifestant·es venu·es soutenir les habitant·es expulsé·es d’une ancienne clinique occupée aujourd’hui détruite.
La récente relaxe aux Assises du policier qui a éborgné Laurent Théron en 2016 rappelle l’impunité judiciaire dont bénéficient les policiers au pénal.
Alors que l’État devra prochainement répondre de nombreuses mutilations perpétrées lors de la répression du mouvement des Gilets jaunes, les tribunaux administratifs ont pris l’habitude d’attribuer aux victimes de la police un certain pourcentage de responsabilité, diminuant d’autant le montant de l’indemnisation accordée.
Florent C. « Dans les années 2000 la police a réprimé systématiquement les luttes sociales (mouvement contre le CPE, révoltes dans les banlieues, soulèvements dans les Centres de rétention administratif…).
Ces années-là, à Montreuil comme ailleurs, la police occupe la rue.
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Des opérations organisées par la Préfecture pour traquer les étrangers, dans les transports en commun, aux abords des foyers, répondent aux annonces chiffrées du gouvernement Sarkozy en matière d’expulsion de sans-papiers.
Des assemblées de quartier s’organisent alors contre les rafles ; un numéro d’urgence est créé pour intervenir rapidement en cas d’opération policière ; des manifestations ont lieu régulièrement autour des différents foyers de travailleurs migrants.
D’autres formes d’entraide et de solidarité existent quotidiennement : occupation de logements vides ; actions collectives contre le contrôle social et administratif ; récup’ et redistribution de nourriture… La confrontation avec la police est de plus en plus fréquente.
Fin 2008, une ancienne clinique est occupée en plein centre-ville de Montreuil.
Une quinzaine de personnes y habitent.
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L’immeuble accueille un infokiosque, une cantine, un ciné-club, des permanences d’auto-défense sociales, des concerts, des assemblées, un magasin gratuit et une radio de rue les jours de marché.
Le 8 juillet 2009, à 6 heures du matin, la « Clinique » est expulsée.
La Préfecture mobilise le RAID et plus de deux cents flics, qui bouclent tout le quartier pendant plusieurs heures.
Le soir même, une cantine est installée à une centaine de mètres à l’entrée d’une rue piétonne.
A la fin du repas, nous partons en ballade jusqu’à la Clinique.
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Des policiers arrivent, s’équipent, se mettent en ligne.
Alors que nous sommes tous en train de nous éloigner, des rafales de tirs éclatent.
L’un d’entre nous tombe à terre.
Les flics continuent à pourchasser dans les rues de la ville le reste des manifestants, et à leur tirer dessus.
Trois policiers sont jugés à partir de lundi à Bobigny (Seine-Saint-Denis), poursuivis pour avoir blessé six personnes au Flash-Ball en 2009 à Montreuil.
Poursuivis pour violences volontaires, trois policiers de Seine-Saint Denis comparaissent à partir du lundi 21 novembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des blessures infligées à six personnes par des tirs de Flash-Ball.
L'affaire remonte au 8 juillet 2009, à Montreuil.
La commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a sévèrement mis en cause les forces de l'ordre après l'affaire de Montreuil, où un manifestant touché par un tir de flash-ball avait perdu un oeil le 8 juillet 2009.
Saisie par Jean-Pierre Brard, député de Seine-Saint-Denis et Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, la commission a estimé, dans un avis rendu public mercredi 10 mars, que "l'utilisation des flash-balls par [un brigadier et un gardien de la paix] n'était pas proportionnée à la menace" et réclame "l'engagemement de poursuites disciplinaires" contre le gardien de la paix et un lieutenant, son supérieur, pour "manquements professionnels graves".
Une information judiciaire est par ailleurs en cours, et un policier, le gardien, a été mis en examen à l'automne.
Pour la commission, le flash-ball présente "un degré de dangerosité totalement disproportionné au regard des buts en vue desquels il a été conçu", et recommande "de ne pas l'utiliser lors de manifestations sur la voie publique, hors les cas très exceptionnels qu'il conviendrait de définir très strictement".
Synergie, le second syndicat d'officiers de police , "constate avec écoeurement que la énième production téléguidée de la CNDS est encore plus nauséabonde que les précédentes".
Le syndicat affirme "relayer le dégoût des policiers face à ce qui ressemble plus à un procès stalinien qu'à une recherche de la vérité" et estime que la CNDS, dans l'affaire de Montreuil, s'est totalement discréditée en stigmatisant l'usage du flash-ball.
✔ flashball / les policiers utilisaient le flashball Superpro - projectile en gomme de la taille d'une balle de golf - vitesse ? un TGV.
"Les policiers sont arrivés avec beaucoup de calme et de détermination", raconte Joachim Gatti, l'un des manifestants.
Gravement blessé, il a perdu son œil droit lors de cette intervention.
"Les policiers sont sortis de leur voiture, poursuit-il.
Ils se sont équipés de leurs Flash-Balls.
Ils se sont alignés.
Et ils nous ont tiré dessus.
Sans sommation.
Moi j'ai reçu le tir dans l'œil.
J'ai eu l'œil crevé.
"Le fait d'être mutilé, c'est une petite mort", estime Joachim Gatti, sept ans après les faits.
Comme trois autres manifestants, il a déposé plainte et s'est porté partie civile.
Quant aux policiers, ils affirment que les victimes n'ont pas été blessées par des tirs de Flash-Ball, mais par des tirs de mortiers, des engins explosifs utilisés par les manifestants.
Durant la manifestation des « gilets jaunes » ce samedi à Paris, un manifestant a reçu un tir de lanceur de balle de défense (LBD) au niveau du ventre alors qu’il se tenait debout avec les bras levés face à une compagnie de CRS sur les Champs-Élysées.
La scène a été filmée par une journaliste indépendante présente sur place, puis postée sur les réseaux sociaux.
Sur ces images abondamment partagées par les internautes, on aperçoit un manifestant portant un gilet jaune se positionner face à une barricade de gendarmes sur les Champs-Elysées.
Le jeune homme se présente bras en l’air à quelques mètres des forces de l’ordre, puis reçoit soudainement un tir de LBD dans l’abdomen.
« Un homme bras en l’air reçoit un tir de flash-ball quasiment à bout portant.
Sophie L. a été blessée par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), en décembre 2018, alors qu'elle a croisé une manifestation de gilets jaunes dans les rues de Bordeaux.
Plus de quatre ans après, elle a été jugée en partie responsable pour "imprudence fautive".
Une femme blessée par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) en croisant une manifestation des gilets jaunes en 2018 a été jugée en partie responsable pour son "imprudence fautive", selon une décision du tribunal administratif de Bordeaux, dont elle a fait appel.
Selon la décision, rendue en février et révélée par le site Rue89 Bordeaux, Sophie L. a "très vraisemblablement" reçu un tir de LBD lors d'une intervention de police en marge de cette manifestation qui avait dégénéré, alors qu'elle se promenait avec sa fille le 8 décembre 2018, en sortant d'un restaurant.
Victime d'une fracture d'une vertèbre, elle a dû porter une minerve pendant trois mois.
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