Plusieurs incidents impliquant des lycéens blessés par des tirs de flashball ont suscité de vives réactions et soulèvent des questions sur l'usage de ces armes lors de manifestations.
Un lycéen de 17 ans a reçu un tir de flash-ball à la tête. Son pronostic vital n'est pas engagé. Un élève de 17 ans en terminale S est à l'hôpital après avoir reçu un tir de flash-ball ce mercredi matin lors d'un blocage mis en place par des lycéens. Ses jours ne sont pas en danger.
Dans le Loiret, devant le lycée Saint-Jean-de-Braye, un lycéen a été touché à la tête en début de matinée. Le lycéen, en classe de seconde, serait dans un état grave mais son pronostic vital n'est finalement pas engagé. Il est soigné à l'hôpital d'Orléans.
A Garges-lès-Gonesse, un autre lycéen a été gravement blessé à la gorge, là encore par un tir de flashball en réponse à des jets de mortiers devant le lycée Simone-de-Beauvoir.
Selon la famille de l'adolescente, qui a témoigné de l'incident au Dauphiné Libéré, la lycéenne âgée de 16 ans aurait été atteinte "par un tir de flash-ball venant d'une unité de CRS" aux prises avec de jeunes manifestants sur un carrefour du centre-ville.
Lire aussi: Lycéen blessé à Saint-Jean-de-Braye
Au lendemain du drame, le lycée Simone de Beauvoir de Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise) est à nouveau bloqué ce jeudi matin. Les élèves disent « stop aux bavures policières » en soutien à Issam, 17 ans, blessé à la bouche par un tir de flash-ball. Ils sont soutenus par leurs parents et leurs profs.
Plusieurs centaines de lycéens ont défilé dans les rues parisiennes ce vendredi 7 décembre 2018. Ils sont partis de la place de Stalingrad et ont marché jusqu'à la place de la République. Ils manifestaient contre les réformes du bac et du lycée.
Près de 200 jeunes se sont retrouvés à Aubervilliers ce lundi matin devant le lycée Timbaud. Des poubelles et une voiture ont été incendiées. Les forces de l'ordre ont dû protéger les pompiers pour qu'ils puissent éteindre les incendies. Sept personnes ont été interpellées.
Plusieurs dizaines de lycées ont été perturbés ou bloqués dans tout le pays au troisième jour de la mobilisation contre les réformes dans la foulée de la contestation des Gilets jaunes.
A Bordeaux, plus de 300 lycéens ont de nouveau manifesté dans le centre-ville mercredi, certains mettant le feu à quelques poubelles, avant d'être dispersés par les CRS.
Lire aussi: Fusillade au lycée de Parkland
Selon nos informations, les policiers ont fait usage de flashball en réponse à des tirs de mortiers. Selon un lycéen contacté par LCI, le blocage a débuté peu avant 8h00, et les forces de l'ordre sont arrivées une heure plus tard pour disperser les nombreux étudiants présents devant l'entrée de l'établissement. "Ils ont tiré des lacrymogènes pendant que O. était encore au sol", a raconté ce témoin, qui précise que ce sont les lycéens qui ont appelé les pompiers.
Suite à la déposition du père de la jeune femme mardi soir au commissariat de Grenoble, le parquet a indiqué avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour mener une enquête de flagrance et déterminer les circonstances de l'incident.
Les enseignants du lycée se disent "profondément choqués par les événements". Une assemblée générale s'est tenue entre élèves, syndicats et professeurs. Ce jeudi soir la moitié des professeurs exercent leur droit de retrait.
"Tout en comprenant parfaitement l’inquiétude légitime de la jeunesse pour son avenir, la Peep condamne fermement tout acte de violence, à ses yeux inacceptable. Elle dénonce les amalgames faits entre les différentes revendications, des Gilets jaunes et des lycéens, qui n’ont aucun lien les unes avec les autres", a condamné la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) ce mercredi après-midi.
Du côté de l'exécutif, on estime cette révolte étudiante n'a pas lieu d'être. "Ils se mettent en danger" alors que "la révolte des gilets jaunes n'a aucun rapport avec les réformes scolaires", a estimé Jean-Michel Blanquer.
Lire aussi: Impact du Flashball sur la santé
tags: #lycéen #blessé #flashball #témoignages