Samedi soir, lors de la huitième journée de mobilisation des « gilets jaunes », les réseaux sociaux ont été inondés de témoignages rendant hommage à « Coralie », une manifestante belge qui aurait été tuée par un tir de flash-ball. Des messages tels que « Merci aux CRS d’avoir tué une mère de famille », « morte pour défendre ses droits », et « RIP » ont circulé massivement.
La « nouvelle » a circulé rapidement sur les réseaux sociaux : Coralie, une « gilet jaune » mère de deux enfants, venue à Paris depuis la Belgique, aurait succombé à « un traumatisme crânien » causé par « les CRS ».
Une manifestante au bonnet rouge a partagé une vidéo sur les Champs-Elysées, affirmant : « Je vais vite résumer au sujet de la dame qui est morte d’un coup de flash-ball dans la tête au niveau des quais de Paris. Donc je confirme, c’est strictement la vérité. Ça a été confirmé par les services médicaux, les street [medics], qui sont toujours sur les manifestations, qui étaient avec nous. »
Cependant, l’une des personnes ayant témoigné de sa disparition s’est rétractée et a reconnu qu’il s’agissait d’une intox. Il s'agit du « retour sur l’itinéraire d’une rumeur sans fondement devenue virale grâce à de simples témoignages jouant sur l’émotion ».
Ce premier démenti, au milieu de la soirée de samedi, intervient bien avant celui, officiel, du ministre belge des Affaires étrangères, dimanche matin.
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L’homme, qui soutient « [avoir] été manipulé », explique : « J’ai perdu tous mes moyens car j’étais en état de choc et les infos que je recevais sur le tas se sont mélangées et se sont révélées être fausses ».
Dans un témoignage, une personne explique : « Quand on a appris la nouvelle, on leur a posé la question. Ils ont appelé tout leur petit réseau de soins sur la manif de Paris et ils ont confirmé. […] On a reçu l’information de la part d’une cinquantaine de personnes, on a reçu des messages et des messages et des messages. On s’est dit "wow, il se passe un truc, c’est chaud" et je me suis dit "ça doit être vrai" parce que j’ai vu la vidéo de ce monsieur qui pleurait, qui disait que sa copine était décédée, etc. Du coup j’ai failli publier le truc, et en parlant avec mon équipe, ils m’ont un peu tempéré ».
Elle ajoute : « J’ai remonté la piste, j’ai vu cette dame avec le bonnet rouge poster une vidéo en disant qu’elle était avec les street médics. J’ai rappelé les contacts que j’ai […] La personne que j’ai eue au téléphone m’a dit qu’il n’y avait pas eu de décès aujourd’hui. »
Il est essentiel de se rappeler les conseils prodigués par Guillaume Brossard, co-fondateur du site de fact-checking Hoaxbuster.com : « Sur les réseaux sociaux, dès lors qu’on se trouve dans la conviction, l’émotion ou la réaction, on est à peu près sûr de se tromper. Il ne faut surtout pas faire confiance à ses émotions : cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir de compassion ou d’empathie, mais il faut fortement douter de tout ce qui cherche à déclencher une réaction plutôt qu’une réflexion. »
Chaque manifestation de « gilets jaunes » s’accompagne de son lot de blessés par des tirs de LBD, une arme qui a remplacé les Flash-Ball. Le nombre de plaintes liées à leur usage reste inconnu.
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Samedi 1er décembre 2018 à Paris, lors de l’acte III de la mobilisation des « gilets jaunes », David a reçu un tir de lanceur de balles de défense (LBD) en pleine tête, rue Paul-Valéry, à quelques mètres de l’Arc de triomphe. Il était venu des Yvelines, montrer une manifestation à sa compagne - « j’avais gardé un très bon souvenir des manifs contre le CPE [contrat première embauche, en 2006] ».
Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", les violences sont inédites. Plus de 1 500 personnes ont été blessées. Œil crevé, main arrachée... des blessures hors du commun pour des manifestations. "Envoyé spécial" a rencontré Antoine, le jeune homme de Bordeaux dont la main droite a été déchiquetée par une grenade, rendant toute greffe impossible.
Un intérimaire belge d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil, mercredi, au cours des affrontements avec les forces de l’ordre devant le Parlement européen. L’employé du site ArcelorMittal de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles, âgé de 25 ans, a été victime d’un tir de flashball. Il souffre de multiples fractures faciales, selon le quotidien l’Alsace, et reste hospitalisé à Strasbourg.
Si l'utilisation des armes de "force intermédiaire" fait encore débat en France, leur usage est totalement prohibé par les forces de police Allemandes, Britanniques et Belges. Comment nos voisins européens gèrent-ils les mouvements de contestation et pour quelle efficacité ?
En cause, l’usage disproportionné d’armes dites « de force intermédiaires » telles que le LBD-40 (successeur du flash Ball) ou les grenades de désencerclement. Si les effets parfois mortels de ces armes fait encore débat en France, leur usage est lui totalement prohibé par les forces de polices Allemandes, Britanniques, Belges ou suédoises, reléguant ainsi les français au fond de la classe avec les polices Italiennes et Espagnoles accusées de nourrir la colère et la violences de leur manifestants.
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