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Le droit de « porter et détenir des armes » ou de se « constituer en milice bien organisée » est autorisé par le deuxième amendement de la Déclaration des droits. Ce droit reste central dans la société états-unienne et fait régulièrement l’objet de débats animés notamment dans le cadre de la course à la Maison Blanche.

Les Chiffres Inquiétants de la Violence Armée aux États-Unis

Aux Etats-Unis, on compte davantage d’armes que d’habitants. Selon l’observatoire Small Arms Survey, 393 millions d’armes à feu étaient en circulation en 2017 pour 325 millions d’Américains. Ce qui fait 120 armes pour 100 habitants. C’est le pays où ce ratio est le plus important au monde.

On retrouve loin derrière le Yémen avec 52,8 armes pour 100 habitants et le Monténégro avec 39,1 pour 100 habitants. Ces armes sont de plus en plus fabriquées sur le territoire américain : 13,4 millions d'entre elles ont été produits dans le pays en 2022 contre 3,4 millions en 2002, statue le ministère de la Justice américain.

En 2023, plus de 43 000 Américains ont été victimes d’armes à feu, estime l’association Gun Violence Archive qui recense 655 fusillades (ayant fait au moins quatre morts et/ou blessés) et 40 tueries de masse.

L'Opposition entre Biden et Trump sur le Port d'Armes

Depuis le début de la campagne pour l'élection présidentielle américaine du 5 novembre 2024, Joe Biden, le démocrate, et Donald Trump, le républicain, s'opposent notamment sur le port d'armes.

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L’actuel président des Etats-Unis mène depuis son arrivée à la tête du pays une campagne de prévention des tueries de masse. L’administration Biden a notamment mis en place un renforcement du contrôle des armes à feu en obligeant les vendeurs à vérifier le profil des acheteurs.

La règle a été durcie en août 2023 : désormais, toutes les personnes «impliquées dans le commerce» d’armes sont concernées et pas seulement les magasins spécialisés et enregistrés. Cette loi renforce également le contrôle du commerce d’armes de collection.

En parallèle, plusieurs Etats américains ont pris des mesures pour interdire la vente de fusils semi-automatiques aux citoyens de moins de 21 ans ainsi que la vente de chargeurs de grande capacité. Le président américain a par ailleurs créé le Bureau de prévention de la violence armée de la Maison Blanche, supervisé par Kamala Harris, vice-président des Etats-Unis.

Au cours de la campagne électorale, Joe Biden a redit son souhait d’interdire les armes dites d’assauts et en particulier l’AR-15, régulièrement utilisé dans les tueries de masse. Il s’est aussi prononcé pour l’application des lois dites de «drapeau rouge» visant à autoriser une confiscation temporaire de l’arme d'une personne considérée comme menaçante.

Donald Trump : Un Candidat Pro-Armes Soutenu Par la NRA

À l’inverse, Donald Trump s’est de nouveau positionné comme le «meilleur ami que les propriétaires d’armes aient jamais eu à la Maison-Blanche». L’ex-président s’est exprimé lors du forum annuel des dirigeants de la National Rifle Association (NRA), un puissant lobby américain pro-arme, en mai dernier, à Dallas.

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Donald Trump s’est engagé à continuer de défendre le deuxième amendement qu’il a dit être «assiégé». «Toutes les attaques de Joe Biden contre les propriétaires et les fabricants d'armes à feu seront annulées dès ma première semaine au pouvoir, voire dès mon premier jour», a ensuite affirmé le milliardaire de 77 ans lors d’un salon en Pennsylvanie en février 2024, un événement organisé par la NRA.

Donald Trump et la NRA ont tissé des liens depuis plusieurs années. Le lobby a financé à hauteur de 54 millions de dollars la campagne électorale de l’ex-président en 2016 selon l’association Brady qui lutte contre la violence des armes. Sur son site Internet, la NRA note les élus américains de A à F selon le degré d’opposition au port d’armes.

L’association revendique 6 millions de membres à travers les Etats-Unis et appelle régulièrement aux dons. Devant le lobby pro armes aux Etats-Unis, Donald Trump défend le droit de porter armes, geste à l'appui. Donald Trump s'est exprimé devant la NRA (le puissant lobby pro-armes américain) pour la 4e année consécutive.

Vendredi à Dallas, lors de la convention annuelle, le président américain est venu dire aux adhérents de la National Rifle Association que, avec lui au pouvoir, le second amendement et le droit de porter une arme seraient toujours défendus. Cette prise de position intervient six semaines après de gigantesques manifestations à Washington et dans tout le pays pour réclamer un contrôle plus strict des armes à feu dans le pays.

Tableau Récapitulatif des Positions sur les Armes à Feu

Position Description
Joe Biden Souhaite interdire les armes d'assaut, application des lois de "drapeau rouge"
Donald Trump Défenseur du deuxième amendement, soutenu par la NRA

L'Attentat du Bataclan : Un Argument Récurrent de Trump

Donald Trump a même fait, une fois de plus, référence à l'attentat terroriste du Bataclan à Paris. Pour convaincre Donald Trump a mis en scène le geste de tirer sur des individus.

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"Personne n'a d'arme à Paris et on se souvient tous des 130 personnes (tuées) et du nombre énorme de personnes horriblement, horriblement blessées", a-t-il affirmé. "Elles ont été tuées brutalement par un petit groupe de terroristes qui avaient des armes. Ils ont pris leur temps et les ont tués un par un. _Boum, viens là ; boum, viens là ; boum, viens là__",_ a raconté le président, en faisant avec la main le geste d'un Djihadiste tirant au pistolet sur les victimes.

"Mais si un employé, ou juste un client avait eu une arme, ou si l'un de vous dans l'assistance avait été là avec une arme pointée dans la direction opposée, les terroristes aurait fui ou se seraient faits tirer dessus, et ça aurait été une toute autre histoire" Trump avait déjà utilisé cet argument lors de la campagne des primaires et de la présidentielle.

L'Évolution du Discours de Trump Après la Tuerie de Parkland

En l’espace de quinze jours, les déclarations du président américain sur les armes à feu, qu’il se dit désormais prêt à encadrer davantage, ont beaucoup fluctué. La tuerie du lycée de Parkland (Floride), le 14 février, au cours de laquelle dix-sept personnes ont trouvé la mort, a relancé une nouvelle fois le débat aux Etats-Unis entre ceux qui réclament un contrôle plus strict des armes et ceux qui y sont opposés, au premier rang desquels la National Rifle Association (NRA), le très puissant lobby des armes à feu.

Dans ce débat, le président américain, Donald Trump, fervent défenseur du deuxième amendement de la Constitution (qui garantit à tout citoyen le droit de porter des armes) et soutenu par la NRA durant sa campagne présidentielle, joue les équilibristes depuis deux semaines. S’il est resté prudent sur d’éventuelles modifications législatives dans la foulée de la tuerie, son discours a depuis connu des inflexions.

Retour sur les fluctuations du discours présidentiel depuis quinze jours. Dans les heures qui suivent le drame, c’est le silence de Donald Trump sur la question des armes à feu qui frappe : il présente dans ses premiers tweets le drame en Floride comme l’acte d’un déséquilibré mental, sans relever que le tireur, âgé de 19 ans, a pu s’équiper d’un fusil d’assaut.

Il faudra attendre dix-sept heures après l’annonce du bilan de la tuerie pour que le président américain s’adresse enfin avec gravité à la nation. Mais il passe alors sous silence la question des armes à feu et met plutôt l’accent sur la nécessité de repérer les personnes souffrant de problèmes psychiatriques.

Accusé par des lycéens présents lors du drame de ne pas en faire assez pour le contrôle des armes à feu, le président choisit de répliquer, le 18 février, en s’en prenant à son meilleur ennemi du moment : le FBI. Il accuse la police fédérale de n’avoir pas su empêcher cette tuerie, jugeant qu’elle passe « trop de temps » à enquêter sur les interférences russes dans l’élection présidentielle de 2016.

Face à la colère grandissante d’une partie de la population, Donald Trump commence à montrer des signes d’inflexion : le 19 février, le président américain se dit favorable à un renforcement du contrôle des antécédents lors de l’achat d’une arme à feu. Face à la vague d’indignation, M. Trump affiche, le 20 février, sa volonté d’interdire les mécanismes connus sous le nom de « bump stocks », utilisés par le tueur de Las Vegas en octobre 2017, qui permettent à un fusil de tirer en rafales quasi automatiques.

Après ses premiers signes d’inflexion, le locataire de la Maison Blanche émet des signaux opposés, destinés à rassurer le lobby des armes, en reprenant l’une de ses propositions : le 21 février, devant des étudiants et des proches de victimes de la fusillade de Parkland, il défend l’idée d’armer environ 20 % des enseignants, option controversée qui suscite une fronde dans le milieu éducatif et parmi la population.

Le président annonce vouloir aller au-delà d’une loi centrée sur le renforcement du contrôle des antécédents d’acquéreurs d’arme à feu. Il souhaite établir un plan d’ensemble, même si ce plan comprend des mesures auxquelles s’oppose la NRA. « Je la signerai », promet M. Trump à propos de cette éventuelle future loi.

Jeudi soir, le directeur de la NRA, Chris Cox, a laissé entendre, au sortir d’une réunion avec Donald Trump dans le bureau Ovale, que le président américain pourrait faire marche arrière concernant son surprenant soutien de la veille à des mesures d’encadrement des armes à feu. Le lobbyiste a ainsi tweeté que le président « soutient le second amendement et ne veut pas de contrôle des armes ».

Le 12 mars, Donald Trump revient sur sa promesse de relever l’âge légal d’achat d’une arme en un tweet. Elle est exclue d’une série de mesures présentées par l’exécutif, censées prévenir les fusillades en milieu scolaire qui endeuillent régulièrement les Etats-Unis.

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