Bonjour à tous, voici notre premier dossier historique. Il n'y a pas longtemps, j'ai regardé un film génial nommé Stalingrad (Enemy at the Gates), réalisé par Jean-Jacques Annaud, qui a réveillé ma passion pour les tireurs d'élite et m'a donné envie de faire des petites recherches sur le sujet.
Durant le second conflit mondial, un type de soldat particulier fût exploité lors des batailles et opérations qui opposèrent l'Armée rouge et la Wehrmacht sur le Front de l'Est. En effet, ils pouvaient tuer plusieurs officiers et soldats sans se faire repérer. Ils influençaient également beaucoup sur le moral des troupes ennemies ainsi que des Alliés.
L'armée soviétique comptait 2000 femmes tireurs d'élite comme Ludmila Mikhaïlovna Pavlitchenkova (1916-1974), certainement la plus célèbre d'entre-elles avec ses 309 victimes homologués. Enfin, comment ne pas parler du binôme féminin composé de Natalia Venediktovna Kovchova (1920-1942) et Maria Semionovna Polinovna (1922-1942) qui obtinrent à eux deux près de 300 victoires. Elles connurent une fin tragique le 12 août 1942, dans la région de Novgorod. Engagées dans un combat inégal contre des nazis, les deux jeunes femmes blessées furent prises en tenaille par l'ennemi.
Parmi les hommes, la liste est longue mais deux d'entre eux sortent du lot. Le premier est Vassili Grigorievitch Zaïtsev, le même Vassili interprété par Jude Law dans le film Stalingrad. Le second est Simo Häyhä, surnommé Belaya Smert (Mort Blanche) par les Soviétiques.
Vassili Zaïtsev (« lièvre » en russe) est né à Ieleniskoï (région de Tcheliabinsk) dans une famille de paysans. Étudiant dans une école de construction à Magnitogorsk, il intègre la marine soviétique en 1936 où il se spécialise dans la gestion. Affecté à la 284e division de fusiliers de Sibérie, il est sous-lieutenant de l'Armée rouge lorsqu'il traverse la Volga le 22 septembre 1942. En effet du 10 novembre au 17 décembre, il va abattre 225 officiers et soldats allemands, parmi lesquels 11 tireurs d'élite. Blessé très grièvement (il perd la vue après l'explosion d'une mine) en janvier 1943, il ne doit d'avoir la vie qu'à sa notoriété qui lui permet d'être alors soigné par l'un des meilleurs médecins à Moscou, le professeur Filatov. Le 22 février 1943, il devient l'un des 125 soldats de Stalingrad à recevoir le titre de Héros de l'Union soviétique. Une distinction accompagnée de l'ordre de Lénine.
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La bataille de Stalingrad terminée, il devient instructeur dans une école où il formera 28 snipers. Finissant la guerre avec le grade de capitaine, il rédigera ensuite 2 manuels sur sa spécialité. Sa méthode dite "chasse par 6" étant encore de nos jours enseignée. Il s'agit de couvrir un point du feu croisé de 3 binômes de tireurs/observateurs.
Donnant en 1960, une interview, il répondra ne pas avoir entendu d'histoire spécifique sur un sniper envoyé à Stalingrad pour l'éliminer personnellement. La "légende" parlant d'un colonel S.S.
Le fusil de Vassili Zaïtsev était un Mosin-Nagant, une arme emblématique de l'armée russe et soviétique. Voici quelques informations sur ce fusil :
Le Mosin-Nagant, souvent orthographié Mossine-Nagant en français, est un fusil militaire à répétition manuelle d'une capacité de 5 cartouches. Il a été utilisé par les forces armées de la Russie impériale, puis par l'Union soviétique et divers pays du bloc de l'Est.
Entre son adoption en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications ont été apportées aux fusils existants. Parmi ces modifications, on note le changement des organes de visée, l'implantation d'une culasse renforcée, la suppression des doigts d'acier derrière le pontet, un nouveau canon et l'installation d'un montage à galets.
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Avec l'entrée en guerre de la Russie en 1914, la production a été restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour des raisons de simplicité. Un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été utilisés dans les lignes arrière du front et dans la marine allemande.
Les changements incluent la réintroduction d'organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l'antique archine sur les armes du tsar, et le raccourcissement du canon de 5 mm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort a été conçue pour ce nouveau modèle. Dans les années 1930, le Mosin-Nagant a connu une version de précision (en 1932) et a été utilisé par les tireurs d'élite soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad, qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev ou Roza Chanina.
Dans les années de l'après-guerre, l'Union Soviétique a arrêté la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK.
Malgré cela, le Mosin-Nagant a été utilisé dans le bloc de l'Est et dans le reste du monde pendant plusieurs dizaines d'années, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer.
Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d'antiquités et de collectionneurs, car c'est aussi une arme fiable pour la chasse, assez précise et bon marché. On peut actuellement trouver des modèles standard à des prix aux environs de 80 dollars, grâce aux immenses excédents créés par les industries soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il existe de nombreux modèles pour snipers, mais ils sont beaucoup plus chers.
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Le Mosin-Nagant a été largement utilisé dans le monde entier, souvent modifié ou adapté aux besoins spécifiques de chaque pays. Voici quelques exemples :
Les exploits de Simo Häyhä se répandent comme une traînée de poudre, et la crainte qu’il suscite dans l’Armée rouge devient telle que les Frontoviki lui donnent un surnom : « Belaya Smert », la « Mort blanche ».
Son tableau de chasse hallucinant exaspère les généraux soviétiques, car il risque de miner le moral déjà bien bas d’une Armée rouge qui n’arrive toujours pas à percer le front finlandais et qui souffre de la tactique des « motti » (qui consiste successivement à dresser une embuscade contre une unité soviétique, à tronçonner ses éléments, à encercler ceux‑ci et finalement à les détruire un par un) imposée par les défenseurs.
En une centaine de jours, le Finlandais abat 259 soldats russes avec son fusil, un chiffre porté à 542 si l’on comptabilise les ennemis tués au pistolet-mitrailleur lorsqu’il est engagé comme simple fantassin lors de la bataille de Kollaa.
Le 6 mars 1940, la chance abandonne Simo Häyhä. Un sniper soviétique qui le traque finit par le débusquer et l’avoir dans sa mire. L’homme ne rate pas sa cible : sa balle frappe Häyhä en plein visage. Elle lui arrache la moitié gauche de la mâchoire et, déviée, ressort sous l’oreille, sans toucher le cerveau ni la carotide. Inconscient, baignant dans une mare de sang parsemée de fragments d’os, « Belaya Smert » est ramassé par des soldats finnois qui s’étonnent de le trouver encore en vie alors que, selon leurs propos, « il lui manque la moitié de la tête ».
Quelques semaines après la guerre d’Hiver, en récompense de ses formidables états de service, le maréchal Mannerheim le promeut directement au grade de Luutnantti (sous-lieutenant) ! Il est couvert d’honneurs et décoré notamment des quatre classes de la Croix de la Liberté, la plus haute distinction du pays.
Parmi les cartouches les plus emblématiques et durables de l’histoire de l’armement, le 7,62x54 mm R occupe une place de choix. Développée à la fin du XIXᵉ siècle pour l’armée impériale russe, cette munition a traversé plus d’un siècle d’évolutions technologiques, de guerres mondiales et de changements géopolitiques.
L’histoire du 7,62x54 mm R commence en 1891, lorsque l'Empire russe cherche à moderniser son armement après l’invention de la poudre sans fumée. À cette époque, les grandes puissances militaires s'équipent de fusils à répétition modernes et la Russie impériale ne veut pas être en reste.
Cette cartouche présente un calibre de 7,62 mm et une longueur totale de 54 mm. À l’origine, la cartouche utilise une ogive ronde qui était courante pour l'époque.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, diverses variantes ont vu le jour, y compris des cartouches avec des projectiles perforants, traçants, incendiaires et à blanc, adaptées à des usages spécifiques.
Une caractéristique notable de cette cartouche est l’utilisation généralisée de l’étui en acier, introduit par l’Union soviétique pour réduire les coûts de production et les besoins en matières premières stratégiques comme le laiton.
Le Mosin-Nagant 91/30 PU, produit à environ 380 000 exemplaires entre 1942 et 1944, est un exemple concret de cette recherche de précision. L'expérience de tir avec un PU est similaire à celle du 91/30 standard, avec une manipulation de culasse qui reste "virile" pour assurer une alimentation fiable. Le recul est modeste grâce au poids de 4 kg du fusil.
La prise de visée est confortable malgré la hauteur de la lunette et l'absence d'appui-joue. La lunette, avec un grossissement de 3,5 fois, facilite les tirs à plusieurs centaines de mètres sans accentuer les tremblements du tireur. Elle est réglable en hauteur et en dérive grâce à des tourelles qui déplacent le réticule dans l'optique. L'insertion des cartouches se fait manuellement, car la lunette empêche l'utilisation de lames-chargeurs, malgré la présence de l'encoche sur le boîtier de culasse.
Lors de l'acquisition d'un Mosin-Nagant 91/30 PU, il est crucial d'examiner attentivement le fusil pour vérifier son authenticité, car de nombreux remontages existent. Les préfixes des numéros de série ont été catalogués, facilitant l'identification des modèles authentiques. Les canons destinés aux fusils de précision portent des marquages spécifiques sur le tonnerre. Les caractères cyrilliques "CH" sur les modèles Tula indiquent un canon destiné aux fusils PU, tandis que chez Izhevsk, ce marquage est un "C" inscrit dans un cercle.
Le revolver Nagant M1895 est une autre illustration de l'ingénierie soviétique visant à optimiser la furtivité des armes à feu. Conçu à l'origine par les frères Nagant en Belgique, ce revolver à sept coups de calibre 7,62 mm se distingue par son principe mécanique unique.
Le système du Nagant M1895 supprime la déperdition de gaz entre le canon et le barillet, un phénomène inhérent aux revolvers classiques.
Lorsque le chien est armé, le barillet avance simultanément à sa rotation, insérant la cartouche de quelques millimètres dans le canon. La balle est ainsi logée à l'intérieur de la douille, dont l'extrémité est affinée, conférant à la munition une forme distinctive et une vélocité accrue.
Ce système d'obturation des gaz rend le Nagant M1895 particulièrement adapté à l'utilisation d'un silencieux, contrairement à la plupart des autres revolvers. Le silencieux Bramit, développé par les frères Mitin, était spécifiquement conçu pour être utilisé avec le Nagant M1895. Initialement, le silencieux était fixé à la mire avant par un système d'attache similaire à celui des baïonnettes sur les Mosin-Nagant 91/30. Une version filetée fut ensuite développée.
Cette combinaison du Nagant M1895 et du silencieux Bramit a été utilisée par les commissaires russes pour des opérations clandestines, exploitant la discrétion de l'arme. Le Nagant M1895, avec son système unique et sa capacité à être équipé d'un silencieux, témoigne de l'ingéniosité des concepteurs d'armes soviétiques et de leur souci de développer des solutions innovantes pour répondre aux besoins spécifiques des forces armées.
Le Mosin-Nagant est bien plus qu'un simple fusil. C'est un symbole de l'histoire militaire russe et soviétique, une arme qui a servi sur de nombreux fronts et qui a été produite en masse.
Le Mosin-Nagant est né d'un besoin de moderniser l'armement de l'armée russe à la fin du XIXe siècle. Lors du conflit russo-turc de 1877-1878, les troupes russes étaient principalement équipées de fusils Berdan à un coup, tandis que les Turcs disposaient de fusils à répétition Winchester. Cette infériorité en termes de puissance de feu a incité le ministère de l'armement russe à concevoir une arme à répétition.
En 1882, une "commission spéciale pour l'expérimentation des fusils à chargeur" fut créée pour tester différents modèles étrangers. En 1889, le capitaine Sergueï Ivanovitch Mosin de la fabrique de Toula présenta son projet de fusil à 3 lignes (7,62 mm), en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes des frères Nagant de Liège.
Après des essais comparatifs, le fusil Nagant fut initialement préféré par les testeurs. Cependant, par fierté nationale, des officiers influents ont plaidé pour un compromis : le fusil Mosin serait utilisé avec le système d'approvisionnement de Nagant. L'arme fut officiellement adoptée en 1891 sous le nom de "fusil 3 lignes, modèle 1891".
La production fut confiée à plusieurs fabricants occidentaux, tels que l'Osterreichische Waffenfabrick en Autriche et la Manufacture d'Armes de Chatellerault en France.
Le Mosin-Nagant est un fusil à répétition manuelle d'une capacité de 5 cartouches de calibre 7,62 x 54 mm R. Il est réputé pour sa robustesse, sa fiabilité et sa précision. Les modèles les plus courants sont fabriqués en bois et en acier, avec une crosse et un support en bois qui constituent sa marque de fabrique.
Bien que le Mosin-Nagant ne soit plus en service dans les armées modernes, il reste une arme populaire auprès des collectionneurs, des tireurs sportifs et des chasseurs. Sa disponibilité sur le marché de l'occasion et son coût relativement abordable en font une arme accessible à un large public.
Les tireurs sportifs apprécient la précision du Mosin-Nagant, en particulier les modèles de précision équipés de lunettes de visée. Les chasseurs utilisent le Mosin-Nagant pour chasser le gibier, en particulier les grands animaux.
Le Mosin-Nagant est une arme emblématique qui apparaît dans de nombreux films, jeux vidéo et romans se déroulant pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale.
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