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La protection des plantations est un sujet particulièrement sensible en période hivernale et printanière. En effet, que ce soit en milieu naturel ou en agriculture-élevage, la raréfaction de la nourriture pousse encore plus les animaux à s’attaquer aux jeunes plantations d’arbres et d’arbustes. Avant tout, il convient d’identifier clairement les risques pour choisir la protection la plus adaptée.

Types de prédateurs et dégâts

Petits rongeurs

Les lapins et lièvres sont susceptibles de s’attaquer aux racines superficielles, à l’écorce, aux bourgeons, au feuillage et aux rameaux des jeunes plantes.

Gros herbivores des bois

Les chevreuils, daims et cerfs ont pour cible principale les bourgeons, jeunes branches et feuillages. On appelle cela l’abroutissement. Pour des raisons encore mal comprises, certaines hardes de cerfs pratiquent aussi l’écorçage d’arbres adultes. Ils arrachent de grandes portions d’écorce qui engendrent une dévalorisation du bois pour les sylviculteurs, voire la mort de l’arbre. Enfin, le dernier type de dégât provoqué par les grands mammifères herbivores de nos forêts est le « frottis ». Au printemps, lorsque leurs bois ont atteint leur maturité, ils vont frotter ceux-ci sur les jeunes arbustes afin d’arracher le velours qui les recouvre. Ce faisant, ils arrachent l’écorce des jeunes plantations, mettant en péril la survie de ces dernières.

Herbivores d’élevage

Les lapins, chèvres, moutons, ânes, vaches, chevaux, ne sont pas les derniers pour faire des dégâts sur les jeunes plantations, comme sur les arbres plus âgés. Feuillages, tendres écorces, jeunes rameaux sont leurs cibles favorites.

Omnivores fouisseurs

Quant aux omnivores que sont les sangliers et les cochons, il faudra tenir compte du fait qu’ils ont pour habitude de puissamment « labourer » les sols pour chercher leur nourriture.

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Griffes, sabots, dents, langue, groin, cornes… toutes les parties du corps sont utilisées par les animaux pour arriver à leurs fins. Il convient donc de bien y penser avant d’investir dans une protection.

La hauteur, la largeur, la finesse et la résistance des protections devront donc être bien adaptées à la ou les espèces d’animaux rencontrées.

Types de protections

Manchons de dissuasion

Ces manchons sont posés dès la plantation du jeune arbuste. De plus, elle empêche les jeunes pousses de passer au travers. Son diamètre étroit (10 cm) incite à la croissance apicale. Sa densité (65g/m) lui confère une rigidité naturelle et une bonne résistance aux attaques des gibiers (n’accroche pas dans les bois des chevreuils). Hauteur 110cm. Nécessite la pose et l’agrafage d’un échalas ou de deux bambous pour un bon maintien au sol et en position largement ouverte. La réutilisation après le ramassage semble difficile.

Gaine de protection agroforesterie

Beaucoup plus résistante que la précédente (450g/m), cette solide gaine de 20cm de diamètre et 120cm de haut est faite pour durer. Elle est bien adaptée à la présence des petits rongeurs jusqu’aux chevreuils, moutons et chèvres. Astuce : avant la pose, écrasez la gaine dans le sens longitudinal, si nécessaire en utilisant un marteau afin de lui donner une forme carrée. Le passage des machines peut se faire à proximité sans craindre une destruction au premier écart. Sa solidité permettra une réutilisation éventuelle.

Gaines de protection "pulvérisation"

Ces manchons de Polyéthylène partiellement grillagés de différentes couleurs (verte, bleue ou brune) sont des protections de courte durée (3 ans), permettant aux jeunes plantes de bénéficier à la fois d’une protection climatique (contre le vent et les ardeurs du soleil), contre les petits rongeurs et contre les désherbants des cultures, sur une hauteur de 30 à 40 cm suivant le modèle choisi. Les chevreuils, chèvres et moutons étant déjà suffisamment grands pour dévorer tout ce qui en dépasse. Le bord du manchon étant assez abrasif, on peut replier légèrement le bord ce qui facilitera aussi le maintien de l’ouverture. Les tuteurs bambous suffiront.

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Gaines de dissuasion « Forest »

Ce sont des gaines en polyéthylène disponibles en deux hauteurs (120cm et 180cm) et en différents diamètres. Faciles à découper, ils s’adaptent facilement aux besoins de chaque arbre. Traités anti-UV, ils ont une durée de vie de 8 à 10 ans. En se déroulant, ils s’adaptent à la croissance du tronc, sans le blesser. Après quelques année la dépose est aussi très rapide !

Protèges troncs ventilés

Formé d’un tube rigide en plastique, ces protège troncs sont fendus sur toute leur hauteur afin de pouvoir être mis en place sur des arbres déjà plantés. Disponible en trois hauteurs, ils peuvent protéger le tronc des arbres des dégradations causées par les petits rongeurs jusqu’à celles des chevreuils, moutons et chèvres. Une mise en place facile et rapide sans lien ni tuteur. Les nombreux trous percés dans la coque rigide permettent la respiration du tronc sans nuire à la rigidité et la solidité de l’ensemble. Spécifiquement prévus pour les arbres sur tige. Attention aux abrasions et aux blessures infligées au niveau de la sortie du tronc qui peuvent survenir en cas de grand vent. Le protège tronc s’écartera au fur et à mesure de la croissance du tronc, avec une limite maximale de 8 cm de diamètre. Le protège tronc à une durée de vie de 5 à 7 ans sur le sujet, il peut donc être réutilisé.

Protecteur spirale pour tronc

Composé d’une spirale en PVC régulièrement perforée, ce protège tronc est efficace sur des troncs jusqu’à 3,5 cm de diamètre. Cette solution se révèle plus économique et plus simple à mettre en place.

TUBEX

C'est un abri-serre à double paroi en polypropylène comportant : un bord supérieur parfaitement évasé pour éviter les blessures des tiges à la sortie du tube, un renforcement linéaire pour une plus grande rigidité, une découpe laser sur toute la hauteur afin d’éclater quand le tronc est à plein, une perforation à la base pour la ventilation, des colliers de fixation à réouverture possible, un emboîtement par 4 et en colis de 60 unités, une protection très efficace contre le gibier, une protection de l’arbre contre le froid, le vent et les produits phytosanitaires lors des traitements, une protection des plus économiques à la pose, si l’on intègre les coûts de main d’oeuvre et le coût des accessoires, il favorise la croissance des plants grâce à l’effet serre, il facilite les opérations d’entretien et de suivi des plantations.

Les TUBEX « E » ÉQUILIBRE sont livrées prêtes à l’emploi. Elles sont dotées de deux sangles préinstallées en usine qui seront fixées sur un tuteur en bois dur de bonne qualité et de hauteur suffisante. Elles seront posées à la plantation.

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La hauteur de la protection doit être choisie en fonction de la faune présente, et ce, quelle que soit la hauteur du plant.

Clôtures

La clôture électrique constitue un moyen confirmé de prévention des dégâts du grand gibier. Son principe de fonctionnement est simple : suite au contact avec la clôture, l’animal ferme un circuit électrique et reçoit une décharge dissuasive et non mortelle. Il apprend rapidement que le contact avec le fil déclenche de la douleur. Par réflexe conditionné, la clôture devient une zone à ne pas toucher, un obstacle à ne pas franchir.

  • les électrificateurs sur secteur : ils permettent d'obtenir une sortie d’énergie plus élevée, d’électrifier de longues distances de fil pour des coûts de fonctionnement bas, ils nécessitent peu d’entretien.
  • les électrificateurs sur batterie, aussi appelés électrificateurs sur accumulateurs : ils sont plutôt destinés aux clôtures temporaires ou isolées (pas d’accès au courant secteur).
  • les électrificateurs sur pile : souvent moins puissants, ils sont destinés aux clôtures temporaires plus courtes ou aux applications nécessitant que l’on déplace très souvent l’électrificateur.

Il s’agit d’un dispositif mécanique tissé, tressé ou soudé, qui empêche les animaux d’accéder à la zone menacée. Les caractéristiques techniques du dispositif sont fonction de l’animal dont on veut se protéger. L’engrillagement contre les espèces grand gibier repose la plupart du temps sur la clôture avec treillis en « ursus » et piquets en bois. Le grillage, noué ou soudé, est conditionné sous forme de rouleaux de longueur variable, souvent 50 m. Le choix d’un grillage galvanisé est préférable car la galvanisation à base d’aluminium et de zinc garantit au produit une longue durée de vie. Le diamètre du fil varie de 2 à 3 mm pour le sanglier et le cerf, et de 1 à 2 mm pour le chevreuil. On préconise d’utiliser des grillages ayant un diamètre plus important des fils de rive afin de garantir une meilleure tenue et une plus longue durabilité.

Répulsifs

Ces produits ont un effet répulsif en agissant au niveau de l’odorat des animaux, du goût ou simplement de manière mécanique.

  • Il existe sur le marché un produit à base de graisse de mouton, qui, par sa mauvaise odeur, éloigne les cervidés des cultures. D’un emploi facile, ce produit, appelé Trico, est un répulsif d’origine naturelle catégorisé "produit de biocontrôle".
  • Il a été observé que le chevreuil ne sort pas sur les territoires parcourus par les troupeaux de moutons. Il semble incommodé par l’odeur ainsi que par l’important essaim de mouches qui accompagne les ovins. Il semble donc intéressant de disperser de la laine sur les végétaux.
  • Œuf : certains utilisent une solution à vaporiser à base d’œufs (80 % d’eau avec 20 % d’œuf). L’odeur de la décomposition de l’œuf dissuaderait les cerfs en associant les senteurs de décomposition et de pourriture aux prédateurs.

Effarouchement sonore et visuel

Par émission répétée de bruits divers, on crée un climat d’insécurité qui a pour but de maintenir à distance les animaux de la zone à risques. Malgré l’irrégularité des sons, les animaux sauvages sont assez doués pour comprendre après quelques jours qu’il n’y a pas de réel danger : c’est le phénomène d’accoutumance.

Il consiste en l’utilisation de divers objets pour effrayer les animaux : épouvantail (mannequin), objets miroitants (CD), sacs de matière plastique, etc. Le matériel est placé sur les parcelles à protéger ou à leur périphérie. Les dispositifs en mouvement présenteraient une meilleure efficacité mais les animaux s’y accoutument au bout d’un certain temps.

La pose de banderoles sur les clôtures permettrait de protéger temporairement des productions sensibles (céréales) contre les cervidés. Bien visibles, ces banderoles s’agitent et font du bruit au moindre souffle de vent.

Gestion des populations par la chasse

La chasse, qui permet la régulation des populations, est au cœur du dispositif de prévention des dégâts de gibier. Depuis 1979, les plans de chasse sont obligatoires. Ils sont pris par arrêté du Préfet de chaque département, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de faune sauvage, en cohérence avec le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique. Il est établi pour une période pouvant aller jusqu’à 3 ans, révisable annuellement.

La procédure d’indemnisation par la fédération départementale des chasseurs s’exerce dans un cadre bien précis.

Protections biodégradables

L’utilisation massive de protections gibier en forêt, sur routes et autoroutes, et dans l’environnement en général, est devenue obligatoire du fait de la prolifération des animaux de toutes tailles. La grande majorité de ces protections sont fabriquées en plastique polyéthylène ou polypropylène issu des dérivés du pétrole. C’est un matériel qui apporte depuis de longues années totale satisfaction au niveau de la résistance et de la durabilité.

Les avantages de ce procédé de fabrication deviennent un inconvénient dès que l’on arrive au terme de leur utilité. Les gaines se dégradent mal dans le temps et leur dépose, longue et fastidieuse, suscite des dépenses importantes. Les fabricants sont conscients de ce problème. Depuis plusieurs années, ils cherchent des matières dégradables respectueuses de l’environnement, tout en maintenant une protection efficace des végétaux.

La technologie évolue de jour en jour, mais reste extrêmement délicate dans l’application. Il convient de protéger l’arbre pendant 3 à 4 ans d’une façon correcte. Ensuite l’enveloppe protectrice doit disparaître complètement et si possible sans laisser de trace. Voilà une problématique pas vraiment facile à résoudre.

Toutes les protections biodégradables actuellement en expérimentation présentent des degrés de dégradation fort différents suivant les matières utilisées, le climat, l’humidité du lieu et bien d’autres facteurs. En l’état des recherches actuelles, il ne nous est pas permis de garantir une durée de vie pour ce type de protection. Par contre, nous souhaitons amorcer une utilisation de ces produits sur le terrain afin de les tester et les faire évoluer techniquement.

Tableau récapitulatif des protections et de leur efficacité

Type de protection Avantages Inconvénients Efficacité
Manchons de dissuasion Incite à la croissance apicale, bonne résistance Réutilisation difficile, nécessite tuteurs Petits rongeurs, chevreuils
Gaine de protection agroforesterie Très résistante, durable, réutilisable Nécessite d'être écrasée pour une forme carrée Petits rongeurs, chevreuils, moutons, chèvres
Gaines de protection "pulvérisation" Protection climatique, contre rongeurs et désherbants Courte durée (3 ans), chevreuils peuvent atteindre le haut Petits rongeurs, protection partielle contre le climat
Gaines de dissuasion « Forest » Adaptable, longue durée de vie (8-10 ans) Découpe nécessaire, matériau polyéthylène Variable selon hauteur et diamètre
Protèges troncs ventilés Installation facile, bonne ventilation Abrasions possibles, durée de vie limitée (5-7 ans) Petits rongeurs, chevreuils, moutons, chèvres
Protecteur spirale pour tronc Économique, installation simple Limite de diamètre (3,5 cm) Protection du tronc contre petits animaux
TUBEX Protection complète (gibier, climat, produits), favorise la croissance Matériau plastique, dépose coûteuse Très efficace contre le gibier
Clôtures électriques Dissuasive, apprend aux animaux à éviter la zone Installation et entretien requis, coût variable Grand gibier (cerfs, sangliers)
Répulsifs (Trico) Naturel, facile à utiliser Persistance limitée (45-60 jours) Cervidés
Effarouchement sonore et visuel Simple à mettre en place Accoutumance rapide des animaux Efficacité temporaire

Il est fortement recommandé au propriétaire ou au prestataire de service de passer régulièrement sur la parcelle afin de corriger, redresser, rectifier une protection mise à mal et remplacer le tuteur si nécessaire.

La nature est imprévisible et les populations de gibier sont fluctuantes et mobiles. Des conseils utiles peuvent être fournis en ayant toutes les informations sur le problème à traiter.

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