Un polype sur votre vésicule biliaire a été détecté par un chirurgien qui propose comme thérapeutique de faire une ablation après une échographie qui a montré une vésicule épaisse.
Les polypes de la vésicule biliaire sont généralement des surélévations muqueuses asymptomatiques qui se développent dans la lumière de la vésicule biliaire. C'est une petite excroissance qui se développe sur les muqueuses des cavités naturelles de l'organisme (utérus, intestin, vessie, larynx…). Leur aspect extérieur, macroscopique est variable.
La plupart ont un diamètre < 10 mm et sont composés de cholestérol et de triglycérides; la présence de ces polypes est appelée cholestérolose. Ils sont observés chez environ 5% des sujets lors d'une échographie. D'autres, beaucoup moins fréquents sont aussi des polypes bénins, qui comprennent les adénomes (entraînant l'adénomyomatose) et des polypes inflammatoires.
L’échographie abdominale est l’examen de première intention pour le diagnostic et le suivi d’un PVV. L’échographie reste l’examen de première intention et est orientée avant tout par la clinique dont la prise en compte est un élément fondamental de l’attitude diagnostique.
En échographie, la paroi vésiculaire normale est échogène, fine, régulière, d’épaisseur inférieure à 3 mm.
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L’échographie de contraste : peu coûteuse, elle consiste en l’association d’une échographie conventionnelle et d’une injection de produit de contraste ultrasonore non irradiant (microbulles) permettant une étude fine de la vascularisation. En échographie de contraste, un PVV présente une prise de contraste hyperéchogène en phase artérielle et iso-échogène en phase veineuse. Elle serait utile pour distinguer un PVV au sein d’une vésicule multilithiasique, pour le diagnostic différentiel avec d’autres FPV (adénomyomatose, polype cholésterolique) et pourrait même être utilisée en première intention.
La cholécystectomie [ablation de la vésicule biliaire] est parfois recommandée dans le cas de certains polypes de 6 à 9 mm de diamètre. Cependant, si le diamètre est > 10 mm, la chirurgie doit toujours être envisagée.
Afin de prévenir l’apparition d’un authentique cancer vésiculaire ou de traiter une dégénérescence à une phase précoce, tout PVV de plus de 10 mm, ou symptomatique, ou de plus de 6 mm associé à des facteurs de risque de cancer (âge supérieur à 50 ans, polype sessile, ethnie indienne ou patient atteint d’une cholangite sclérosante primitive) justifie une cholécystectomie. En dehors de ces situations, la surveillance échographique est recommandée pendant au moins 5 ans avec indication à une cholécystectomie en cas de croissance du PVV de plus de 2 mm.
Quand ils mesurent plus de 10mm, il est possible que le polype « dégénère » c’est-à-dire qu’il devienne cancéreux. On recommande donc de précéder à une cholécystectomie afin d’être certain de la nature du polype, et d’empêcher tout risque de dégénérescence.
La chirurgie consiste à̀ enlever la vésicule, toute la vésicule, et pas seulement les calculs. L’intervention s’appelle une cholécystectomie. Il s’agit d’une opération très fréquente et très codifiée. Néanmoins, il s’agit d’une véritable opération.
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Cette opération se fait par cœlioscopie (aussi appelé laparoscopie) c’est-à-dire par trois ou quatre incisions de 5 mm ou 10 mm, permettant le passage d’une caméra et d’instruments très fins. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Elle dure 30 à 70 minutes selon l’état de la vésicule. Les avantages de la laparoscopie sont notables : absence de grande cicatrice, moindres douleurs postopératoires, récupération rapide.
Les complications sont rares : difficultés de dissection d’une vésicule très modifiée par une inflammation chronique, blessure accidentelle du canal cholédoque (moins de 1%), hémorragie pendant l’intervention (exceptionnelle).
Elle n’est plus stockée dans cette sorte de réservoir mais le flux biliaire est préservé : il est plus continu, moins lié aux repas. En pratique, la digestion ne se trouve pas modifiée, d’autant que l’intervention est généralement pratiquée sur une vésicule dont la fonction est altérée, voire nulle. Comme l’écoulement de bile est préservé, la digestion se fait normalement. Il n’y a pas de régime alimentaire spécifique. L’alimentation reste normale.
Sauf nécessité de surveillance particulière liée à des pathologies spécifiques (problèmes cardiaques, anticoagulants…) l’intervention est réalisée en ambulatoire (entrée le matin et retour au domicile le soir). En cas d’intervention en urgences, la durée d’hospitalisation est variable selon la gravité initiales et les suites (2 à 6 jours). Les suites sont peu douloureuses, et la plupart des patients ne prennent pas d’antalgiques au-delà̀ des 24 à 36 premières heures. La reprise des activités habituelles est rapide (aux environs du 7ème jour) ; un arrêt de travail adapté à votre activité professionnelle vous sera prescrit. La reprise de l’alimentation se fait le soir même. Après les premiers jours durant lesquels un régime léger est recommandé, aucun régime alimentaire particulier n’est nécessaire.
Sauf dans de rares cas, le transit n’est pas modifié par l’ablation de la vésicule. Vous serez revu en consultation environ 1 mois après l’intervention.
| Taille du Polype | Facteurs de Risque | Action Recommandée |
|---|---|---|
| < 6 mm | Aucun | Surveillance échographique |
| 6-10 mm | Présence de facteurs de risque | Cholécystectomie envisagée |
| > 10 mm | Tous | Cholécystectomie |
| Toute taille | Symptômes présents | Cholécystectomie |
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