L'emploi chaque jour plus étendu et plus hardi des explosifs, a multiplié, dans une proportion incalculable, la puissance d’action de l’homme sur la matière et sur les obstacles qui s’opposent à ses desseins.
Pourtant, parmi tous les phénomènes naturels, il n’en est aucun qui apparaisse comme aussi déréglé, aussi « ingouvernable » qu’une explosion. Par quelle audace et par quelle clairvoyance l’homme a-t-il su asservir et diriger ces forces obscures et formidables ? Les explosions peuvent être de natures très diverses, mais elles offrent toutes un caractère spécifique : la formation, à l’endroit de l’explosion, d’une masse gazeuse à très haute pression et en général à très haute température.
Autrement dit, pour qu’une explosion soit possible, il faut et il suffit qu’il existe une masse gazeuse très comprimée. Il n’est point nécessaire qu’elle soit à haute température.
Fresque toujours l’explosion a pour cause une réaction chimique, violente et rapide, produisant brusquement une énorme quantité de chaleur en même temps qu’une masse gazeuse qui se trouve portée à très haute température (1 500 ou 2 000° par exemple) par la chaleur dégagée.
Nous pourrons comparer la puissance des divers explosifs en mesurant la pression des gaz dans la cavité après l’explosion. Appelons volume des gaz dégagés par l’explosion le volume qu’occuperaient ces gaz ramenés à la température et à la pression ordinaires. Plus ce volume est grand, plus la pression dans la cavité est grande après l’explosion.
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En définitive, pour qu’un corps ou un mélange puisse être qualifié d’explosif, il faut qu’il puisse être le siège de réactions très rapides, qui dégagent des gaz en abondance en même temps qu’une énorme quantité de chaleur.
Dans d’autres cas, l’explosif est un corps chimiquement défini, mais dont les molécules ont subi une sorte de mariage forcé, toujours prêt à se rompre brutalement. La contexture atomique de tels corps est comparable à un édifice instable.
Par exemplç, la vieille poudre noire est un mélange de charbon, soufre et salpêtre, dosé suivant la formule célèbre : as, as et six, c’est-à-dire une partie de charbon, une partie de soufre et six de salpêtre. Le salpêtre joue le rôle de réservoir d’oxygène; c’est un composé peu stable, très riche en oxygène et prêt à l’abandonner sous l’influence d’un allumage ou d’un amorçage convenable.
C’est l’art de la guerre qui a conduit, voici cinq siècles, à l’invention de la poudre noire. Ce jour-là marque une révolution dans l’industrie humaine. La poudre noire devait régner à peu près sans rivale jusque dans la seconde moitié du xixe siècle.
C’est elle qui lançait les projectiles hors des fusils et des canons, et c’est elle aussi qui, bourrée dans les projectiles creux, les faisait éclater dans les rangs ennemis.
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Aujourd’hui, le fusil de guerre et le canon lui échappent: les poudres à nitrocellulose l’ont détrônée pour des raisons que nous indiquerons plus loin. La mélinite et autres explosifs brisants l’ont remplacée dans les projectiles creux.
Ces deux explosifs apparurent aussitôt comme ayant une puissance brisante extraordinaire. Ils disloquaient les masses de fonte ou de fer forgé, les roches tenaces sur lesquelles les anciennes poudres étaient sans action.
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