Bien que le « street-art » ait commencé officiellement à Philadelphie en 1960, l’art lui-même a littéralement commencé dans les « rues » préhistoriques de l’Indonésie. Des images figuratives d’animaux étaient peintes sur les murs, identifiant et marquant les communautés anciennes. Tout comme l’art, les révolutions ont commencé dans la rue, là où la vie urbaine fournit les moyens d’unir les individus et nous permet d’exprimer nos désirs pour le changement.
C’est pourquoi la présence de street art est si importante dans nos villes : il n’est pas prétentieux, et reste accessible à tous. Par conséquent, il a laissé une marque considérable dans le monde de l’art contemporain.
Banksy, artiste anonyme et figure emblématique de l'art de rue mondial, a toujours utilisé son talent pour soulever des questions critiques sur la société, la politique et, de manière particulièrement touchante, sur la guerre. En juillet 2005, l’artiste a réalisé neuf peintures sur le mur de séparation entre Israël et la Palestine.
Parmi les pièces les plus emblématiques de cet engagement, "Girl with Balloon" se distingue par sa poésie visuelle et sa charge émotionnelle puissante. Dans l'une de ses versions, l'œuvre montre une fille, figure d'innocence universelle, qui lâche un ballon rouge en forme de cœur. Ici, le ballon en forme de cœur symbolise l’amour et l’espoir, il flotte tout juste hors de portée de la silhouette monochrome d’une jeune fille.
Banksy décide de dépeindre des notions aussi cruciales à travers la forme éphémère d’un ballon. Cette image, apparemment simple, prend un sens profond lorsqu'on considère son contexte - un mur évoquant les divisions créées par les conflits.
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Tout aussi significative est l'œuvre "Bomb Hugger", où une jeune figure féminine serre une bombe contre elle. Cette juxtaposition de l'étreinte, geste d'amour et de protection, et de l'objet de destruction maximale reflète l'ironie tragique des conflits armés, où l'innocence est souvent sacrifiée sur l'autel de la violence. Ces œuvres ne sont pas seulement une condamnation de la guerre, mais représentent également un appel à ne pas perdre espoir, à rechercher la beauté et la pureté même dans les contextes les plus sombres.
L'art de Banksy est un rappel constant à la conscience, une invitation à ne pas rester indifférents face aux injustices et aux brutalités du monde.
L’œuvre « Beach Boys Banksy » a été réalisée en plein jour et a été filmée afin que ce dernier ne soit pas arrêté par les soldats israéliens. La construction de 700km, sur laquelle s’exprime l’artiste engagé, a été créé en 2002 par Israël.
Selon le ministre des affaires étrangères Israélien il permet « d’empêcher toutes tentatives d’intrusions terroristes en territoire israélien ». Banksy utilise une alternative non violente pour lutter contre l’injustice et ses illustrations, notamment celle nommée « Beach Boys Banksy », peuvent être meilleures que les armes.
Il a du talent, de la réflexion, de l’humanité et de l’intelligence. Ainsi, son importance culturelle, sa grande popularité et, certainement, le mystère de son identité ont contribué à la popularité de son art.
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L’œuvre reprend la technique du trompe l’œil qui illustre deux petits garçons en noir et blanc jouant par terre accompagnés de pelles et de seaux. Au-dessus d’eux, nous remarquons un faux trou donnant sur un paysage coloré et paradisiaque.
En arrière-plan, des palmiers dessinent le paysage accompagné, au premier plan, d’une sublime mère bleue. Les couleurs, ici, chaudes agissent comme un contraste avec la situation actuelle représentée par les enfants.
En effet, ces derniers aux couleurs neutres sont liés à cette image uniquement par le sceau coloré en jaune, essentiel pour profiter de la plage. Ce désaccord est davantage souligné par le traitement réaliste de ce rêve face à une représentation simplifiée des deux enfants. Les deux enfants se tenant à l’extérieur de ce décor de rêve, regardent le spectateur et semblent heureux.
Cependant, nous notons que la plage est inaccessible car le trou menant à cet endroit est trop haut. Ainsi, à travers « Beach Boys », Banksy expose la vie de deux jeunes enfants enfermés entre un mur révélant un monde enchanté et une véritable barrière.
De cette manière, l’artiste a voulu mettre en avant deux opposés : la tristesse, la peur et le désespoir qu’engendre cette situation, face à la joie, la liberté et le bonheur que provoque cet univers parfait dépeint au second plan.
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Cette œuvre, ainsi que les huit autres, sont réalisées dans le cadre du projet « Santa’s Ghetto ». Il s’agit donc d’un message d’espoir et de paix dédié aux populations civiles. Celles-ci, bien que dénonciatrices et provocantes, ne font pas référence à la violence.
En outre, le graffeur défend le droit de chaque humain à espérer un avenir meilleur. Les destinataires principaux de ce graffiti sont, bien sûr, les Palestiniens et les Israéliens, mais également les médias internationaux.
L’œuvre « Beach Boys » a un plan de demi ensemble. Représentée sous forme de photographie frontale, le mur en béton obstrue la vision que pourrait avoir le spectateur sur l’île paradisiaque. Ce dernier, venant littéralement fermer l’espace de l’image et bloquer sa profondeur transmet un aspect dramatique. Dans le domaine de l’art contemporain, nous parlerons d’illustration « IN-SITU ».
En effet, « Beach Boys » est une création non-transportable et dédiée à son lieu d’accueil.
En effet, le sionisme désigne le désir des Juifs de retourner en Palestine. Les revendications territoriales de ces derniers sont donc fondées sur cette idée. Le sionisme cherche une patrie pour le peuple juif comme promis à Abraham dans la Bible. Il vise ainsi à rassembler la diaspora dans le lieu d’origine c’est-à-dire la Palestine.
Par ailleurs, avant la Première Guerre mondiale, la Palestine et la plupart des territoires arabes faisaient partie de l’Empire Ottoman, autrement dit de l’Empire Turc. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les combats entre les Arabes et les Juifs se sont multiplié à tel point que la Grande-Bretagne a dû renoncer au mandat de la Palestine. Finalement le 14 mai 1948 est publiée la déclaration d’indépendance d’Israël.
Les relations entre Israël et deux pays arabes (la Syrie et l’Egypte) sont tendues. En effet, Israël accuse la Syrie d’héberger et d’aider les terroristes palestiniens. Cela engendre la guerre des Six Jours qui provoque l’expansion du territoire israélien : Sinaï, Gaza, Jérusalem, Cisjordanie et plateau du Golan. L’ONU imagine alors une nouvelle résolution.
L’objectif est la reconnaissance de tous les Etats du Moyen-Orient et le retrait d’Israël des territoires occupés. Le 10 juin 1967, un cessez-le-feu est conclu. Puis, en octobre 1973, c’est la guerre du Yom Kippour.
Les États-Unis, autrefois acteur et supporter d’Israël, ne peuvent se permettre d’offenser les pays Arabes car il s’agit des premiers producteurs de pétrole.
C’est en 1987, lors de l’Intifada (première manifestation impliquant la population civile), que les médias occidentaux ont transmis des images de la brutalité israélienne.
Enfin, cette période a débuté par une étape positive grâce aux accords d’Oslo de 1993. Les responsables israéliens et l’OLP se rencontrent. Des négociations de paix sont menées secrètement.
Arafat reconnaît le droit d’Israël de vivre en paix et en sécurité. Tandis que Rabin reconnaît l’OLP (Organisation de la Liberté de la Palestine) comme « représentant du peuple palestinien », et dit accepter de traiter avec elle pour des négociations de paix. Néanmoins, il y avait le point de friction des colonies de Cisjordanie.
Il s’agit d’une zone résidentielle construite par Israël sur les territoires palestiniens occupés par les colons juifs. Mais ces colonies sont illégales selon les lois internationales. Ainsi, Israël veut s’assurer qu’il reste en possession de ces terres et il ne négociera que s’il peut conserver les colonies ; tandis que la Palestine ne veut négocier qu’une fois les colonies retirées. Les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie voient leur vie contrôlée.
La cause initiale de cette excursion en Cisjordanie, afin de réaliser notamment l’œuvre « Beach Boys Banksy », est l’anniversaire de l’avis rendu par la Cour International de Justice de La Haye. Cette dernière a en effet, le 15 septembre 2005, condamné la barrière de séparation israélo-palestinienne.
C’est donc dans ce contexte que l’artiste, soutenu de confrères du milieu Street Art comme l’artiste Américain Ron English, réalise neuf illustrations afin de contester contre le mur de Gaza. Malgré cette action risquée, les soldats de force de sécurité n’interviennent pas. Lors de la conception de ces chefs-d’œuvre, un homme âgé appréhenda Banksy et complimenta le graffeur sur le fait que ses graffitis rendaient le mur beau et spectaculaire.
Mais le Palestinien développa sa réflexion : pour lui, le mur de Gaza est synonyme de haine, de tristesse et de guerre. Il s’agit d’une barrière au sens propre du terme. Il lui précise alors que cette construction n’a pas à être belle, qu’elle ne pourra jamais réellement l’être car elle représente une séparation franche et insurmontable entre deux peuples.
Nul ne doutait de la venue de Banksy sur le théâtre du conflit ukrainien. On n’est pas surpris bien sûr par l’atmosphère de fin du monde qui règne dans les lieux choisis par l’artiste, faits de murs noircis et délabrés, d’immeubles éventrés par les missiles, de décombres et de ruines calcinées qui tiennent lieu de décor.
Et dans ce paysage de désolation ce sont pas moins de sept pochoirs qui viennent d’être découverts et attribués à l’artiste (*). Ils représentent -comme souvent chez Banksy- des enfants jouant ou dansant, personnages décalés mis en scène en toute légèreté et portant un message fort de solidarité avec le peuple ukrainien.
L’humour tendre (mais parfois vache ou provocateur) comme la prise de distance restent pour Banksy les meilleures armes de résistance dans un tel environnement cauchemardesque.
Cette femme munie d’un extincteur devant un bâtiment incendié, la prise de judo du petit David ukrainien terrassant le Goliath russe sous les traits de Poutine, les enfants se balançant sur une défense anti-char, ces jeunes danseuses évoluant avec grâce sur fond de ruines … ou ce « gros missile » prêt à l’emploi sont autant de messages de soutien.
Est-ce parce qu’à force de vivre sous le soleil d’Adélaïde, Peter Drew (né en 1983) n’a plus froid aux yeux ? Ou parce que, lassé de voir aux médias le nombre de morts par fusillade augmenter, l’artiste a décidé d’agir à sa manière ?
Peter Drew, adepte des créations distillant des idées de tolérance sociales, est déterminé : début août, il s’envolera pour San Francisco, Los Angeles et New York. Pour être entendue de tous, la déclaration de foi de Peter Drew contre les armes à feu se révèle aussi simple que limpide.
Un poster à fond neutre, une illustration de AK-47 et un lettrage noir clamant : «Australia, it works». Traduction : «en Australie, ça marche». Une phrase concise faisant écho à la politique sévère menée par le pays des kangourous envers les carabines, mitraillettes et autres revolvers.
Il faut dire que depuis 1996 et le massacre de Port Arthur, qui a profondément endeuillé l’Australie, le gouvernement se montre particulièrement rigoureux sur la question. Et ce grâce à une loi de John Howard, Premier ministre de l’époque, promulguée douze jours seulement après le drame.
L’artiste est connu pour ses actions militantes. Un durcissement qui a fini par payer puisque le taux de morts par balle pour 1 million d’habitants est 21 fois inférieur à celui des Etats-Unis.
L’Oncle Sam a d’ailleurs connu près de 273 tueries de masse en 2017 et déjà plus de 130 en 2018, alors que l’année n’est pas terminée. La dernière en date : celle dans un lycée de Santa Fe, au Texas, le 18 mai, qui a emporté dans son sillage sanglant une dizaine de personnes, principalement des jeunes.
Des chiffres insupportables qui soulèvent le coeur et suscitent la révolte de plus en plus d’Américains. Même si une frange à la gâchette facile pèse encore de tout son poids sur l’opinion publique, confortée par le président Trump lui-même.
Plus qu’apposer des affiches, l’artiste souhaite cependant entamer le dialogue avec les habitants qu’il croisera, qu’ils soient en accord avec ses convictions ou non.
Car «Il y a beaucoup d’émotion dans le débat et je veux faire appel au pragmatisme américain», confiait-il au site ABC.net. Et on espère que ses oeuvres survivront plus de 24 heures à l’ire vandalisatrice des pro-armes.
Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lançait son armée sur l'Ukraine. Un an de guerre plus tard, Kiev continue de résister après avoir repousser une partie de l'offensive russe. Dans les ruines, conséquences des bombardements continuels des troupes de Vladimir Poutine et du passage de son armée, les artistes de rue tentent de réinvestir l'espace public en diffusant des messages de paix. Balade en images avec Tvboy, Banksy ou encore C215, dans quelques villes d'Ukraine.
Sans doute l’un des collages les plus vus de l’artiste. La fillette en noir et blanc voit s’envoler son ballon rouge en forme de cœur. À côté, un message inscrit “there is always hope” (il y a toujours de l’espoir). Un message poétique qui apparait en 2002 sur les murs de Londres dans le quartier de la South Bank.
est devenu une véritable icône. Réalisé au pochoir, cette œuvre de rue est peinte pour la première fois en grand format, en 2003, à Jérusalem, sur le mur qui sépare la Palestine d’Israël. Comme un appel à la paix, ou les cocktails molotov deviennent des fleurs. En 2005, Banksy en conçoit une nouvelle version, toujours visible, sur le mur d’une station-service, à Bethléem, en Cisjordanie.
Le graffiti au pochoir apparait en mai 2010 dans une zone à faible revenu de Chinatown à Boston dans le Massachusetts. “Follow Your Dream” (suis tes rêves) est une sorte de mantra que l’on aime se répéter comme si tout était possible.
«Kissing Coppers» (Policiers s’embrassant) voit le jour en 2004. Ce graffiti en noir et blanc, représente grandeur nature deux policiers britanniques s’échangeant un baiser passionné. Peinte à la bombe en 2004, le gay baiser fait parler de lui.
«Well Hung Lover» (L’Amoureux bien accroché) ou «Naked Man Hanging From Window» (Homme nu suspendu à la fenêtre), est un collage réalisé en juin 2006 sur le mur d’un centre de santé sexuelle, à Bristol, sa ville natale. Elle représente une scène d’adultère sur le point de mal se terminer, digne d’un vaudeville (ou d’un épisode de Game Of Thrones).
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