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Une Rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Trois cents photos d'Henri Cartier-Bresson vont être exposées au Musée d'art moderne de la Ville de Paris du 12 novembre au 11 janvier. Beaucoup sont très connues, d'autres ont réchappé miraculeusement de vieilles planches-contacts ou de fonds de valise... Une rétrospective qui est aussi une remise en question de la consécration.

Les Débuts et les Influences de Cartier-Bresson

"QUAND j'étais gosse, raconte Cartier-Bresson, j'étais sans doute intolérant. Ma mère m'emmenait au concert parce que je mordais mes sœurs. Mon grand-père disait que je ferais un fruit sec. Je ne savais pas ce que je voulais faire, mais je savais très bien ce que je ne voulais pas : entrer dans les affaires. Je viens d'une famille de filateurs qui avait monté une usine de fil à coudre dans les années 1860-1870, au début de l'industrialisation. À cette époque, on reprisait encore les draps et les serviettes. J'étais gêné par le nom. Je disais Cartier tout court. Pour les vacances, j'allais à Rouen. De mon enfance, c'est peut-être ce qui m'a le plus marqué ; le port, les bistrots de marins, c'était formidable. Depuis, tout a été détruit."

J'ai commencé à peindre vers quinze, seize ans. Un frère de mon père, qui a été tué à la guerre de 1914, peignait ; il était un peu mon père mythique. J'ai toujours été hanté par la peinture. Quand je me suis évadé de captivité, en 1942, avec mon copain, nous nous sommes demandés : " Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ? ", il a dit : " Dessinateur de mode ", j'ai dit : " Moi, je serai peintre. " Toute mon enfance, j'ai vu de la peinture. Quand j'étais au lycée Condorcet, j'allais chez Rosenberg, rue d'Astorg, je faisais les galeries, j'allais voir les Poseuses de Seurat, qui étaient encore à vendre. En 1928, je suis entré dans l'atelier d'André Lhote, le peintre cubiste ; tout ce que j'ai appris en peinture, je le lui dois.

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La Transition vers la Photographie

"Je faisais des gouaches, depuis j'ai tout détruit. J'aime faire table rase. Je savais que je devais faire autre chose, mais c'est difficile d'arrêter. Je suis parti en Afrique. Je chassais à la lanterne, je vendais la viande. J'ai attrapé une bilieuse, et je suis rentré. J'ai commencé la photo. La peinture était toujours mon obsession, et la photographie était pour moi un carnet de croquis, des dessins immédiats, questions-réponses. Les premières photos que j'ai vues, par l'intermédiaire d'amis américains, sont les photos d'Atget et de Kertész. La photo de Munkacsi, des trois enfants noirs qui se jettent à l'eau, a été comme un coup de pied au cul : " Allez, vas-y ! " Encore maintenant, j'y trouve la perfection de la forme, un sens de la vie, un frémissement. Tout ça est lié au petit appareil, aux choses rapides. Pour moi, la photo sur trépied relève du passéisme.

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