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L’attention des médias est braquée sur le Hamas depuis son attaque brutale du 7 octobre, mais on ne cherche pas beaucoup à comprendre comment ce groupe a émergé.

Origines Historiques et Idéologiques du Hamas

Le Hamas a été fondé en décembre 1987, à Gaza, dans le camp de réfugiés de Shati, au cœur des soulèvements massifs de la première Intifada palestinienne. Vingt ans s’étaient écoulés depuis l’occupation initiale par Israël de Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie et, en presque quatre décennies après la fondation d’Israël par des colons juifs, la Nakba avait expulsé des centaines de milliers de Palestiniens au-delà des frontières de ce qui est devenu l’État juif.

Les Motivations des Fondateurs

Ce moment-là a été précédé par environ une décennie de réflexion interne, entre les leaders du Hamas. Pour fournir quelques éléments historiques afin de contextualiser cette période de 1987 : les Frères musulmans, fondés en Égypte en 1928, avaient des antennes en Palestine. Les Frères musulmans ont une idéologie très particulière, centrée sur l’islamisation. L’accent est mis, essentiellement, sur la création d’une société vertueuse, fondée sur l’islam, respectant les valeurs morales que l’islam met en avant.

C’est ainsi que les Frères musulmans investirent beaucoup de temps et de ressources dans la mise en place d’une infrastructure d’éducation, de fondations de bienfaisance, d’établissements de santé, de toutes les formes de protection sociale qui sont intégrées aux valeurs islamiques.

Évolution Idéologique et Montée de la Résistance

Puis, dans le courant des années 1980, quelque chose commença à changer. Les Palestiniens sous occupation - Cisjordanie, Jérusalem-Est et Bande de Gaza - commencèrent une agitation contre les forces d’occupation israéliennes. Au lieu de croire à l’islamisation en tant que chemin vers la libération, ils ont pris une autre position : la seule manière de réaliser la libération, ont-ils dit, c’est la résistance, la lutte armée. Et ce n’est que lorsque nous aurons obtenu la libération que nous pourrons nous centrer sur la société islamique et développer cette société vertueuse à laquelle nous aspirons tous.

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Alors que, dans le passé, ils étaient tout à fait d’accord pour demander des autorisations d’activité aux forces d’occupation, et reconnaissaient même ouvertement leur dépendance, ils en sont venus, au cours des années 80, à envisager une résistance plus ferme à l’occupation. Ce fut une période de résistance populaire et de désobéissance civile massives. Et à ce moment-là, il est devenu évident que l’idée de l’islamisation, d’un mouvement lent, allait devoir laisser place à un positionnement plus conflictuel.

Le mouvement a cru initialement qu’il allait se scinder des Frères musulmans pour créer le Hamas, Mouvement de résistance nationale islamique. Mais ce qui s’est produit, finalement, c’est que le Hamas a pris la forme d’un mouvement qui s’est inclus dans son organisation parente.

Le Fatah et l'OLP : Un Contexte Indispensable

Je voudrais juste revenir à ce moment-là, parce que nous ne pouvons pas comprendre le Hamas et sa fondation sans comprendre le Fatah et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), plus vaste, que le Fatah allait diriger. Le Hamas a été fondé en tant que projet visant à ressusciter l’engagement sans compromis en faveur de la libération nationale par la lutte armée.

La Fondation du Fatah et le Contexte Anticolonial

Parlez-nous de la période historique de la fondation du Fatah, de la forme que lui a donnée le contexte mondial de la révolution anticoloniale du Tiers-Monde- un contexte, à mon avis, qui paraît très éloigné pour beaucoup de gens, au moins dans les États-Unis d’aujourd’hui. Ce que le Hamas a fait en 1987, c’est donc de rompre avec ces courants. Mais, comme vous dites, cette rupture s’était produite auparavant dans un contexte de nationalisme séculier, plus précisément sous le Fatah, qui avait alors pris son essor pour s’emparer de l’OLP.

Et le Fatah a vraiment démarré en tant qu’organisation enracinée dans les communautés de réfugiés. Ce mouvement a été fortement impulsé par l’existence d’autres mouvements anticoloniaux qui recherchaient la libération de leur terre. La différence - et c’est une différence déterminante - c’est qu’ils étaient, eux, hors de leur mère-patrie. À la différence d’autres mouvements anticoloniaux qui combattaient leurs colonisateurs sur leur terre, les Palestiniens étaient dispersés, et ils livraient ces attaques contre Israël depuis des camps de réfugiés.

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Cela a créé une situation dans laquelle le Fatah est parvenu à la prééminence en tant que mouvement capable de mener une attaque à partir de communautés de réfugiés éparpillées - d’attaquer ce qui était devenu un État établi.

L'OLP et les Concessions

À ce moment-là de l’histoire, le Fatah - et non seulement le Fatah, mais d’autres groupes, comme le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) - menaient une résistance révolutionnaire armée contre Israël depuis des lieux situés hors des frontières de l’État. C’était une période où l’anticolonialisme était en plein essor, et de nombreux mouvements anticoloniaux connaissaient la victoire.

Mais, à la fin des années 70 et au début des années 80, on a vu apparaître deux questions. La seconde question était la suivante : les communautés diplomatiques et internationales avaient imposé des conditions à l’OLP. Selon ces clauses, elle serait autorisée à rejoindre l’ensemble de la communauté diplomatique à condition de reconnaître l’État d’Israël et de renoncer à la résistance armée. Cette pression sur l’OLP et sur les dirigeants palestiniens augmentait. En 1988, l’OLP produit une déclaration faisant état de l’indépendance de l’État de Palestine, essentiellement équivalente à une concession historique faite au nom des Palestiniens. Essentiellement, l’OLP acceptait la perte de 78 pour cent du territoire historique des Palestiniens au profit d’Israël et acceptait la formation d’un État palestinien sur 22 pour cent du territoire.

Le Hamas - pendant que l’OLP sort de ce moment de bouillonnement révolutionnaire, dépose pratiquement les armes et concède que maintenant la diplomatie est un moyen d’avancer - fait figure de mouvement de contestation de ce compromis.

L'Impact de la Pacification de l'OLP sur le Hamas

Comment la pacification de l’OLP a-t-elle influé sur le Hamas à l’époque de sa fondation et de ses premières années ? Quelle vision alternative le Hamas proposait-il en arborant cette bannière de résistance ?

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À mon avis, la concession historique de l’OLP en 1988, qui allait déboucher sur les Accords d’Oslo, a été un élément dont le Hamas a tiré des leçons très profondes et de diverse nature au fil des années. Dans ses premières années, le Hamas croyait naïvement que la concession accordée par l’OLP ne pourrait pas être faite par le mouvement parce que, idéologiquement, le mouvement était opposé à la notion même de partition, de partage. Il croyait naïvement qu’il ne serait jamais placé dans une situation où il devrait, lui aussi, approuver la notion de partition.

J’emploie le mot “naïvement” parce que, à mon avis, le Hamas a compris, au fil des années, qu’il était bien plus difficile de maintenir cette position d’opposition à la partition qu’il n’avait pu l’imaginer au début. Et donc, pour revenir à votre question, je crois que la leçon tirée par le Hamas de la concession historique de l’OLP est la suivante : renoncer à la résistance armée et accepter la partition ne conduirait pas à la libération.

Par exemple, l’entreprise israélienne de colonisation s’est poursuivie, et les Palestiniens n’ont pas été récompensés de leurs concessions par la moindre forme d’autodétermination. À la place, leur concession a été utilisée pour étouffer toute voix palestinienne effectivement capable d’obtenir des concessions d’Israël. Et nous voyons cet enseignement revenir avec le Hamas dans les années ultérieures lorsqu’il envisage réellement des négociations avec Israël, mais continue à dire qu’il ne déposera pas ses armes tant que les négociations ne seront pas terminées.

À la différence de l’OLP, qui a fait des concessions puis s’est attendue à en être récompensée, le Hamas a vraiment compris que ces parties n’étaient pas de bonne foi dans la négociation et qu’aucune concession n’est possible à partir d’une position de faiblesse.

Les Accords d'Oslo et leurs Conséquences

Quand l’OLP a concédé la partition de la Palestine, cela l’a fait entrer dans la sphère des négociations diplomatiques. Sur le plan idéologique, nous pouvons nous opposer à la partition de la Palestine, mais il y a eu un moment précis où la concession de l’OLP aurait pu produire une souveraineté étatique palestinienne qui a été complètement sabotée par les Accords d’Oslo parce que, comme vous l’avez dit, les Accords d’Oslo constituent le moment où le gouvernement israélien a obtenu que l’État d’Israël soit reconnu par l’OLP.

Dans les Accords d’Oslo, aucune formulation ne s’est référée à un État palestinien, à l’autodétermination palestinienne, au droit au retour des réfugiés, à la cessation par Israël de son entreprise de construction de colonies. Et cela a constitué une grave défaite. Pour de nombreux Palestiniens, les Accords d’Oslo ont été la capitulation complète de l’OLP face aux exigences d’Israël.

La Création de l'Autorité Palestinienne

Ce qui a été institutionnalisé par les Accords d’Oslo, c’est la création de cette entité gouvernementale désignée comme l’Autorité palestinienne. Théoriquement, l’Autorité palestinienne devait être l’embryon d’un futur État palestinien, mais en réalité elle a plutôt constitué un Bantoustan. Elle est donc devenue une autorité assurant essentiellement la stabilisation des Palestiniens sous l’occupation. Les implications ont été multiples. Premier point, elle a dispensé Israël de devoir se préoccuper de la population civile placée sous son contrôle.

Cela constitue une violation du droit international, qui dispose que la puissance occupante doit toujours veiller sur les civils placés sous son contrôle. En assumant cette responsabilité, l’Autorité a soulagé Israël de ses devoirs de puissance occupante. Elle a persuadé faussement la communauté internationale que ce dispositif constituait le cadre d’un futur État palestinien, et non ce qu’il est en réalité : une autorité de gouvernement sous occupation, une sorte de Bantoustan.

C’est ainsi que les réfugiés palestiniens, les Palestiniens de la diaspora, les citoyens palestiniens d’Israël, ont été exclus. Loin de faire du mouvement de libération palestinien un mouvement agissant au nom de tout le peuple palestinien, l’Autorité palestinienne s’est transformée en autorité s’exprimant au nom des seuls Palestiniens placés sous occupation. Après des années de fonctionnement, nous voyons l’OLP, seule représentante légitime du peuple palestinien- ce mouvement anticolonial de libération qui, à son point culminant, lançait un appel à la libération complète de la Palestine - se fondre au sein d’une autorité qui gouverne un petit segment de Palestiniens sous contrôle israélien, et qui contribue même à la sécurité israélienne par le biais de la coordination sécuritaire.

L'Émergence de la Lutte Armée et des Attentats-Suicides

En 1994, sept ans avant que le Hamas lance sa première roquette sur Israël, son premier attentat-suicide a tué sept Israéliens. Comment et pourquoi cette tactique est-elle apparue à ce moment précis, juste après que l’OLP a signé les Accords d’Oslo ?

Le Hamas, évidemment, pouvait toujours répliquer que les stratégies alternatives avaient échoué, et cet argument serait confirmé, puisqu’Oslo, par exemple, finirait par être simplement un système reconfiguré de contrôle israélien. Des attentats-suicides, pourquoi ? Et quelle était la vision du Hamas concernant la lutte armée, notamment le ciblage de civils israéliens ?

Dans le contexte spécifique de l’entrée du Hamas dans la lutte armée, il y a une différence fondamentale avec ce qui se passe quand l’OLP lance des attaques depuis des lieux situés autour d’Israël. Mais même dans l’histoire de l’OLP, il y a eu des attaques contre des civils juifs, pas nécessairement israéliens, lors de détournements et dans d’autres contextes, mais le discours a toujours été que ce procédé, ou cette politique, était adoptée afin d’exercer une pression sur Israël et les membres de la communauté internationale pour qu’ils n’ignorent pas la question de la Palestine.

L'Influence du Hezbollah et la Tactique du Sabotage

Quant à la tactique spécifique de l’attentat-suicide, c’est une pratique acquise auprès du Hezbollah. En 1994, le gouvernement israélien a raflé des centaines de responsables et de membres du Hamas et les a déportés au Liban. C’était en fait un déplacement forcé de Palestiniens sous souveraineté israélienne hors des limites de l’État. C’est là que le mouvement a rencontré pour la première fois la tactique de l’attentat-suicide.

Quand le mouvement a adopté cette tactique dans les années 90, il se centrait sur un élément. Sa priorité était d’entraver les discussions d’Oslo, parce qu’il était convaincu, à juste titre, que ces négociations ne feraient pas progresser les droits des Palestiniens, qu’elles consolideraient les défaites palestiniennes. C’était donc en grande partie une tactique de sabotage, ce n’était pas une tactique franche.

Elle suscitait des questionnements moraux et stratégiques colossaux à l’intérieur du mouvement pour savoir s’il devait, ou pas, adopter cette politique. Il est très difficile de savoir si les négociations auraient pu produire un État palestinien sans les attentats-suicides. Personnellement, je ne le crois pas. Je pense que le gouvernement israélien était résolu à faire avancer son entreprise de colonisation quoi qu’il en soit. Et nous comprenons maintenant qu’Oslo était un projet qui visait à obtenir une autonomie palestinienne, pas l’existence d’un État.

La Deuxième Intifada et le Désespoir Palestinien

La deuxième Intifada est survenue lors d’une période de désespoir pour les Palestiniens. Nous avons là une dizaine d’années au cours desquelles les Palestiniens et les dirigeants palestiniens avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour accepter et reconnaître l’État d’Israël, et pour essayer de mettre en sécurité les territoires palestiniens occupés. Pendant ce temps-là, l’État d’Israël développe son entreprise de colonisation et renforce encore son occupation. Et l’échéance de la création d’un État palestinien arrive, puis elle est révolue.

Tensions Actuelles et Annulation des Élections

Depuis plusieurs jours, le monde a les yeux tournés vers le conflit israélo-palestinien. Voilà plusieurs années que le Proche-Orient n’avait pas connu une telle escalade. À Jérusalem-Est, après une semaine d’affrontements consécutifs à des menaces d’expulsion de familles palestiniennes, des tensions ont éclaté sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Suite à cela, plus de 1 000 roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza, par le Hamas, vers Israël.

Les Facteurs Déclencheurs

La colonisation, l’expropriation, le contrôle des territoires, les incarcérations massives sont des réalités quotidiennes des Palestiniens. L’administration Trump a donné plus d’une raison au peuple palestinien d’exprimer colère et frustration. Est-ce un hasard si cette résurgence des violences survient quelques jours après l’annulation des législatives prévues en Cisjordanie et à Gaza le 22 mai, qui auraient représenté le premier scrutin palestinien en quinze ans?

En 1993, l’OLP et Israël ont signé les accords d’Oslo : une déclaration de principe qui a créé l’Autorité palestinienne. Ces accords ont été accueillis comme une lueur d’espoir pour la paix. Seulement, la tragédie d’Oslo, c’est que l’accord prévoyait une période transitoire de cinq ans qui n’a jamais été surmontée. Pendant cette période, les sujets clés du conflit (colonisation, réfugiés, frontières…) devaient être traités ; aujourd’hui, presque 30 ans plus tard, tous ces aspects n’ont toujours pas été réglés. Par conséquent, l’expansionnisme israélien se poursuit, le problème des réfugiés est toujours le même, et l’Autorité palestinienne n’est toujours pas souveraine sur son territoire.

Le Statu Quo et ses Conséquences

Pourtant, Israël et la communauté internationale se sont plutôt bien accommodés de la situation. Est-ce réellement étonnant? Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou (en poste depuis 2009) poursuit ses objectifs sans faire de concessions ni rendre de comptes. L’annexion et la colonisation des territoires palestiniens s’amplifient sans obstacle et les forces israéliennes administrent la quasi-totalité du territoire relevant officiellement de l’Autorité palestinienne.

Être Palestinien aujourd’hui, c’est vivre sans État, sans passeport, sans monnaie, soumis aux contrôles quotidiens, aux réquisitions des terres exploitables et des réserves d’eau, aux expropriations.

Les Élections en Palestine : Un Espoir Déçu

La vie politique et les élections en Palestine sont des sujets peu abordés. Pourtant, ce sont des éléments clés des tensions qui éclatent aujourd’hui. Les dernières élections palestiniennes ont été organisées en janvier 2006 pour élire le Conseil législatif palestinien. À la surprise générale, ces élections surveillées par la communauté internationale ont été remportées par le Hamas, parti islamiste qui ne reconnaît pas Israël.

Depuis 2006, en Palestine, il n’y a plus eu d’élections. Aujourd’hui, les jeunes entre 18 et 33 ans n’ont jamais mis de bulletin de vote dans une urne. Cette situation a alimenté un sentiment de méfiance envers les dirigeants palestiniens qui perdent leur légitimité et une frustration vis-à-vis de ce qui est perçu comme de l’immobilisme politique.

Dans ce contexte, le peuple palestinien et surtout la jeunesse ont accueilli avec enthousiasme la nouvelle annoncée par Mahmoud Abbas début 2021 : des élections législatives seraient organisées le 22 mai 2021. Espoir déçu puisque le 30 avril 2021, Mahmoud Abbas annonçait le report des élections - officiellement parce que Israel n’autorise pas les Palestiniens de Jérusalem à voter ; officieusement, selon un certain nombre d’observateurs, parce qu’il savait que le Hamas sortirait vainqueur du scrutin.

Pas d’Élections, donc Intifada ?

Quand les perspectives politiques et diplomatiques disparaissent, il ne reste plus que les pierres. La perspective de la tenue d’élections législatives palestiniennes a allumé une espérance déçue par le report du scrutin à une date indéterminée. Les menaces d’expulsions dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem-Est et l’intervention des forces de l’ordre israéliennes sur l’esplanade des Mosquées auront été les humiliations de trop. À nouveau, les ingrédients sont réunis, si bien que nous sommes au bord de la troisième Intifada.

Premièrement, le déficit démocratique en Palestine permet à Israël d’affirmer qu’il n’y a pas d’interlocuteur pour entamer un processus de paix. Ainsi, la situation politique palestinienne est une excuse servie sur un plateau au gouvernement israélien pour repousser indéfiniment les discussions et justifier ses actions, d’autant que, aux yeux de l’opinion internationale, une Palestine divisée et non démocratique effraie davantage qu’une Palestine unie et démocratique.

Deuxièmement, l’échec du passage aux urnes a créé une situation dangereusement favorable au Hamas. Avec les élections, face à un Fatah divisé, le mouvement avait l’espoir d’intégrer le Conseil législatif palestinien aujourd’hui contrôlé par les membres du Fatah. Sans élections, il n’a plus d’autres solutions que de redevenir exclusivement comme un mouvement de résistance usant de la force.

L'Instrumentalisation du Désespoir par le Hamas

Historiquement, le Hamas ne reconnaît pas Israël et prône la violence contre l’État hébreu. Par conséquent, l’échec du processus politique donne raison au Hamas aux yeux de la population palestinienne. Ses militants ont d’ailleurs compris que la conjoncture leur était favorable. Ils se sont très rapidement mêlés aux confrontations sur l’esplanade des Mosquées et se sont imposés comme acteur principal de la confrontation en lançant une pluie de roquettes sur Israël.

Ainsi, la population palestinienne, lassée et désespérée, semble avoir cédé à la violence face à l’absence de solution politique ou diplomatique. Une situation idéale pour le Hamas qui instrumentalise ce désespoir pour affirmer sa légitimité autrement que par les urnes.

Stratégie d'Endiguement d'Israël et Réponse du Hamas

Tareq Baconi analyse les origines, la stratégie et l’évolution du Hamas qui ont conduit à l’attaque du 7 octobre. Son hypothèse est qu’il s’agit d’une réaction à la stratégie israélienne d’endiguement du mouvement et de confinement de son action à la gouvernance de la bande de Gaza, dans des conditions de plus en plus dégradées. Mise en œuvre depuis 2007, cette stratégie s’était pourtant révélée efficace en permettant une forme de coexistence avec l’État colonial dans le cadre d’une conflictualité asymétrique mais relativement contrôlée.

Résilience et Adaptation du Hamas

Malgré la poursuite des bombardements sur Gaza, les lourdes pertes et l’assassinat de nombre de ses dirigeants, le Hamas a réussi à reconstituer ses forces. L’adaptation de ses tactiques à un combat urbain que l’organisation maîtrise rend difficile pour les troupes israéliennes l’occupation de la bande, malgré leur nette supériorité militaire.

Tableau Récapitulatif des Événements Clés

Date Événement Conséquence
Décembre 1987 Fondation du Hamas Nouvelle forme de résistance palestinienne
1988 Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine par l'OLP Concession historique contestée par le Hamas
1993 Signature des Accords d'Oslo Création de l'Autorité Palestinienne et désillusion
1994 Premier attentat-suicide du Hamas Escalade de la violence et sabotage des négociations
Janvier 2006 Victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes Division politique et annulation des élections suivantes
7 Octobre Attaque du Hamas contre Israël Intensification du conflit et crise humanitaire

En somme, les lancements de roquettes par le Hamas sont le résultat d'une combinaison complexe de facteurs historiques, idéologiques et politiques. Le Hamas, en tant que mouvement de résistance, cherche à défier l'occupation israélienne et à faire entendre la voix des Palestiniens, souvent dans un contexte de désespoir et de frustration.

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