Alors que le taux de mortalité infantile remonte depuis dix ans, l’observatoire national de la mort inattendue basée à Nantes alerte.
Depuis 2012, la mortalité infantile augmente en France, toutes causes confondues, alors qu’elle baissait auparavant depuis quelques années, d’après une étude parue dans le journal scientifique The Lancet, début mars 2022. Et elle est supérieure à certains pays européens.
Parmi ces décès, il y a environ 350 morts inattendues du nourrisson par an (90 % ont moins de un an, plus de 50 %, moins de six mois). « Cela représente une dizaine de classes de maternelle tous les ans », image le Pr Christèle Gras le Guen, pédiatre au CHU de Nantes et présidente de la Société française de pédiatrie.
« C’est la première cause de mort infantile en France. La mort inattendue du nourrisson c’est le décès subi d’un enfant de moins de un an qui jusqu’alors était bien portant.
« Plus les bébés ont une immaturité, neurologique, respiratoire, cardiaque, plus ils sont fragiles », note le Dr Karine Levieux, médecin référent de l’observatoire national de la mort Inattendue du nourrisson, implanté à Nantes.
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Mais « il y a aussi les facteurs de risques extérieurs sur lesquels agir. L’environnement de couchage peut être inadapté. Le bébé va être couché sur le ventre, sur un canapé, au milieu d’oreillers, de couettes.
« Des décès pourraient être évités, s’exclame le Pr Christèle Gras le Guen. Dans les années 90, trois années de suite, une campagne nationale a été faite pour inciter les parents à coucher les bébés sur le dos et dans un bon environnement. Avec des résultats, puisque le nombre de morts inattendues du nourrisson est passé de 1 500 avant 1993, à 200, les années suivantes. Aujourd’hui il est donc remonté à 350. La France est un des pays ou le taux de mort subite est le plus important en Europe. Ce n’est pas normal.
Les 37 centres de référence de la mort inattendue du nourrisson en France agissent à leur niveau, font de la pédagogie, mais, il faudrait un élan national. « La santé, ce n’est pas une préoccupation majeure des adultes. On l’a vu pendant la pandémie. Le deuxième facteur de risque, c’est l’exposition au tabac.
« Au-delà, pour certains cas, on suspecte des causes cardiaques, rajoute le Dr Karine Levieux. D’où l’intérêt de faire des études scientifiques, de la recherche. Avec l’observatoire de la mort inattendue du nourrisson, créé en mai 2015, la France a un outil envié dans le monde entier. Il collecte les données des 37 centres français de références et des échantillons des prélèvements effectués lors des examens (sanguins, d’urines, de selles, ponction lombaire) après le décès de l’enfant.
Mais, paradoxe, faute de financement, l’observatoire risque de fermer ses portes en 2023 ! « Pour le lancer en 2015, nous avons bénéficié d’argents de l’industrie pharmaceutique qui est très sollicitée, et se tourne aujourd’hui vers d’autres cause. Si en lisant cet article au petit-déjeuner, un généreux mécène est intéressé », soupire le Pr Christèle Gras le Guen. Et l’État français ? « Le gouvernement est à l’écoute mais les différents financeurs publics se renvoient la balle.
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Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté, et Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, ont pris connaissance de l’étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2019.
Depuis 2006, la Délégation aux victimes (DAV), structure commune à la police nationale et à la gendarmerie nationale, produit l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple recensées sur une année civile. Au-delà de la commission des faits en eux-mêmes et de leur simple qualification pénale, la Délégation aux victimes analyse chaque décès individuellement.
En 2019, 173 personnes ont été tuées par leur partenaire ou leur ex partenaire de vie (contre 149 en 2018). Parmi ces victimes, on dénombre 146 femmes (contre 121 en 2018) et 27 hommes (contre 28 en 2018). En moyenne, un décès est enregistré tous les deux jours.
L’étude précise également les circonstances du passage à l’acte, à savoir que l’auteur des faits est le plus souvent un homme (88 % des cas) et que le recours à une arme, quelle que soit sa nature, est largement majoritaire (68 % des cas). La dispute et le refus de la séparation demeurent les principaux mobiles du passage à l’acte (51 % des cas).
A ces données s'ajoutent 25 enfants victimes en 2019 contre 21 en 2018.
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En hausse par rapport à 2018, ces actes sont, chaque année, trop nombreux. Ils conduisent les pouvoirs publics et les forces de l’ordre à se mobiliser sans relâche, au quotidien, pour prévenir ces violences et favoriser une meilleure prise en charge des victimes.
Ce sont précisément ces morts qui ont conduit le Gouvernement à organiser le Grenelle des violences conjugales, lancé à Matignon le 3 septembre 2019 et qui a mobilisé, à travers onze groupes de travail, élus, associations, experts, victimes et proches de victimes… Il s’est clôturé le 25 novembre 2019, à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et a donné lieu à deux lois et à plusieurs dizaines de mesures, toutes en cours d’application.
Depuis lors et en complément des actions déjà développées, un important travail interministériel a été conduit dans lequel le ministère de l’Intérieur est pleinement engagé.
La lutte contre les violences conjugales est une priorité du gouvernement et chaque ministère est mobilisé. Avec un budget de 230 millions d’euros, le ministère de l’Intérieur fournit 80% du budget interministériel de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ; il est le principal contributeur en moyens financiers et humains.
Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté, déclare : « C’est pour agir concrètement contre les féminicides que le gouvernement a organisé de septembre à novembre 2019 le Grenelle des violences conjugales. Il a permis une vraie prise de conscience et une mobilisation de toute la société face aux violences conjugales. Avant le Grenelle, 8% de la population connaissait le 3919 : c’est désormais plus de 64%. Il a donné lieu à une révolution sur le terrain, en mobilisant dans un travail collectif expertes, associations, victimes de violences conjugales, justice et forces de l’ordre autour de la création de nouveaux outils précis. Deux lois issues de ce Grenelle des violences conjugales ont notamment permis la création du bracelet anti-rapprochement du conjoint violent, la saisie des armes à feu (premier mode opératoire des féminicides) dès la plainte, des outils de prise de plainte, la meilleure protection des enfants... Les policiers et gendarmes du ministère de l’Intérieur, désormais formés, sont pleinement engagés pour mieux protéger les femmes face aux violences conjugales et ne rien laisser passer.
Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, déclare : « Les morts violentes au sein du couple sont un véritable fléau qui, chaque année, fait de trop nombreuses victimes. Parce qu'il s'agit de la grande cause du quinquennat, avec l'ensemble du Gouvernement, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales ainsi qu'avec les acteurs publics et associations parties prenantes, je suis pleinement déterminée et mobilisée pour réduire leur nombre.
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