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Les États-Unis paient un lourd tribut aux armes à feu. Selon une ONG de référence, elles ont causé 119 décès par jour depuis le début de l'année 2022, dans le pays.

Impact sur les enfants et les adolescents

Le chiffre fait froid dans le dos : 4 752 enfants sont morts en 2021 aux États-Unis à la suite d'une blessure par arme à feu. C’est une augmentation de près de 42 % par rapport à 2018, et cela fait de 2021 la deuxième année consécutive où les armes à feu sont la principale cause de décès chez les enfants et les adolescents de moins de 19 ans aux États-Unis ; devant les accidents de la route, les overdoses de drogue et le cancer.

Parmi ces victimes décédées, the Gun Violence Archive a recensé 140 enfants, âgés de 0 à 12 ans. 289 autres ont été blessés. Parmi les adolescents âgés de 12 à 17 ans, 507 ont perdu la vie par arme à feu en 2022 et 1.305 ont été blessés.

Cela représente près d'un décès par jour d'un enfant à cause d'une arme à feu, et plus de trois adolescents par jour. L'an dernier, 1.560 mineurs ont été tués et 4.132 blessés aux États-Unis.

Dans le détail, près de deux tiers de ces 4 752 morts par arme à feu étaient des homicides, et près de 30 % des suicides. Les victimes avaient entre 15 et 19 ans pour la plupart. Plus de huit sur dix étaient des garçons.

Lire aussi: Mortalité par arme à feu aux États-Unis : Chiffres clés

Lien entre législation et mortalité infantile

Une étude publiée dans la revue Jama Pediatrics révèle que les États ayant assoupli leur législation sur les armes ont connu une forte hausse du nombre de morts d’enfants, principalement par homicides et suicides. Entre 2011 et 2023, plus de 7.400 décès supplémentaires d’enfants liés aux armes ont été enregistrés par rapport aux tendances des décennies précédentes. Ce pic de mortalité infantile par arme à feu intervient alors que les décès d’enfants dus aux accidents de la route, auparavant en tête, ont eux diminué.

Tout est parti d’un arrêt de la Cour suprême en 2010 : le Deuxième amendement de la Constitution, garantissant le droit de porter des armes, pouvait désormais s’imposer aux États eux-mêmes. Conséquence : de nombreux États ont choisi d’assouplir leurs lois locales.

Les chercheurs ont comparé les décès réellement survenus chez les enfants depuis 2011 aux projections basées sur la période 1999-2010, en tenant compte de l’évolution démographique. Le résultat est évocateur puisque les États les moins stricts affichent à eux seuls plus de 6.000 morts supplémentaires. En revanche, les huit États les plus rigoureux n’enregistrent quasiment aucune surmortalité infantile.

Certains États font toutefois exception : dans l’Illinois et le Connecticut, les décès ont augmenté malgré des lois strictes. Une explication possible : la tuerie de Sandy Hook, dans une école du Connecticut en 2012, qui a fait 26 morts, dont 20 enfants.

Les homicides et suicides d’enfants par arme à feu ont bondi, alors que ceux sans arme ne montrent pas la même tendance. Si l’étude ne démontre pas un lien de causalité direct, elle souligne une forte corrélation.

Lire aussi: Armes à feu et mortalité infantile

Disparités raciales

Par ailleurs, les enfants noirs ont connu la plus forte augmentation, l’étude émettant l’hypothèse d’une disparité sociale dans l’emplacement plus ou moins sécurisé des armes dans les foyers. L’étude évoque un facteur aggravant : les armes mal sécurisées dans certains foyers, notamment dans les quartiers défavorisés. Les enfants afro-américains figurent parmi les premières victimes de cette hausse.

En analysant les homicides et suicides sans arme à feu, les chercheurs n’ont noté aucune hausse équivalente, ce qui renforce l’hypothèse du rôle des armes dans ces décès.

Dans l'ensemble, les Noirs et les Latino sont respectivement 13,7 et 2,4 fois plus susceptibles de mourir d'un homicide par arme à feu que les Blancs en 2021. En 2020, le taux d'homicides par arme à feu chez les jeunes adultes noirs était déjà 20 fois plus élevé que chez les jeunes blancs.

Il est possible que les facteurs de stress liés à la pandémie, qui ont frappé plus durement les communautés racisées dans de nombreux domaines aient pu contribuer à ces inégalités.

Autres facteurs contribuant à la violence armée

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation :

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  • Le droit d’accéder aux armes à feu est un droit constitutionnel.
  • Les armes à feu font partie intégrante de la culture américaine.
  • Le lobbying pour les droits des armes à feu est bien plus fort que celui pour le contrôle des armes à feu.
  • Un sentiment d’anarchie/de désordre qui découle notamment de la violence policière.
  • Un sentiment d’isolement et de frustration, sentiment qui a été exacerbé par la pandémie.

Mesures prises et perspectives d'avenir

Face à cette crise, des mesures sont envisagées ou mises en place :

  • Appliquer des « buyback programs » (programmes destinés à racheter les armes en circulation).
  • Vérifier plus efficacement les antécédents.
  • Joe Biden a durci la réglementation des armes dites « fantômes ».
  • Joe Biden a signé une loi qui permet de renforcer le contrôle des armes à feu dans le pays (renforcer la sécurité des écoles, assurer un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes, limiter l’accès des personnes dangereuses aux armes à feu et enfin à financer des programmes de soutien psychologique).

Le bilan au sujet des armes à feu est dans l’immédiat assez décevant. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir sur la question des armes à feu. Le climat de violence qui pèse actuellement sur le pays ne cesse de plonger de nombreux concitoyens dans l’inquiétude.

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