La mitrailleuse Gatling, une arme à feu emblématique, a une histoire riche et un fonctionnement unique. Cet article explore son évolution, son utilisation dans divers conflits et son impact sur la technologie militaire moderne.
Dès l’apparition des armes à feu sur le champ de bataille, toutes les armées rêvent de posséder le lanceur de salves le plus meurtrier possible. À l’entame des années 1860, les progrès techniques réalisés sur le chargement par la culasse, la généralisation des âmes rayées et des projectiles ogivo-cylindriques, vont décupler l’imagination des inventeurs de tout poil, des plus farfelus aux plus sérieux.
Petite curiosité, on trouve, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, une justification de démarche humanitaire dans le développement des premières mitrailleuses. Ainsi, en France, la très réglementaire Instruction sur l’emploi du canon à balles précise « Le canon à balles fera peut-être, vu son emploi, plus de prisonniers que de victimes, et, malgré son apparence destructive, aura pour résultat de terminer la guerre avec moins d’effusion de sang. ».
Richard Gatling dépose son premier brevet en 1862. De l’avis même de spécialistes américains, il se serait inspiré du système Ager, pour les étuis de munitions et du projet Ripley pour le concept de fonctionnement de son invention. Si le brevet officiel est daté de novembre 1862, Gatling effectue déjà, au cours de l’été précédent, quelques démonstrations publiques de son arme, devant un parterre de notables, de journalistes et d’officiers.
Richard Gatling investit 6000 $ auprès de la Miles H. Greenwood & Co à Cincinnati, pour la fabrication de 6 exemplaires. En attendant, la Gatling Modèle 1862 Type II a la chance de taper dans l’œil du Général Benjamin F. Butler - à la fois homme politique et militaire, Butler fait partie des personnages les plus contestés de l’histoire des Etats-Unis, il sera surnommé « The Beast » (la Bête) par les Sudistes. Pour Richard Gatling, par contre, c’est une chance inespérée car il cède à Butler ses 12 mitrailleuses, plus 12 000 cartouches, contre la jolie somme de 12 000 $.
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Avant toute chose, il faut définir ce qu’est un canon Gatling. Le Gatling est une architecture. Ce sont des canons qui tournent autour d’un axe. Chaque « tube » possède sa chambre et son mécanisme de percussion. Dans un Gatling chaque opération de tir (chargement, verrouillage, percussion puis extraction et éjection de la douille) se fait simultanément pour chaque tube. Cette architecture est très sûre.
Elle permet de contrôler la température de l’ensemble en répartissant les frottements sur les tubes et en imposant un mouvement rotatif qui contribue à limiter la montée en température. La mitrailleuse Gatling fut la première mitrailleuse efficace combinant fiabilité, puissance de feu et facilité d'alimentation. Elle fut conçue par l'inventeur américain Richard Gatling en 1861. Gatling dépose en 1862 le brevet pour une arme à plusieurs canons rotatifs. Elle utilise initialement des cartouches en papier qui limitent sa fiabilité.
Les essais impressionnent néanmoins l'US Army qui achète plusieurs modèles en 1865. En 1866, elle est modifiée pour tirer des munitions à étui en laiton.
Le principe de fonctionnement repose sur plusieurs ensembles, chacun constitué d'un canon intégrant une chambre et un mécanisme de percussion. Lors du tir, l'une des opérations nécessaires (chargement, verrouillage, percussion puis extraction et éjection de l'étui ou de la douille) est ainsi à tout moment en cours sur l'un d'entre eux. Une manivelle imprime un mouvement de rotation à dix ensembles montés autour d'un axe central, de sorte que chacun tire successivement grâce à un système de cames qui ouvre et ferme les culasses. Le chargement est obtenu par gravité, les munitions tombant depuis le chargeur placé au-dessus de l'arme. La cadence de tir par minute atteignait 1 200 coups mais un tir utile dépassait rarement 400. Le calibre allait de 7,8 à 25,5 mm. Elle était servie par quatre opérateurs.
La Gatling conserve la taille d'un petit canon, et son caisson d'approvisionnement en munitions, qui affecta longtemps sa fiabilité, connut plusieurs versions.
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Au vu de l'usure des canons et de la fatigue du métal engendrée par des cadences de tir trop importantes, Gatling jugea que 150 coups minute permettraient un tir prolongé sans risque de casse pour l'arme.
Conçu par Gatling, un médecin voulant limiter le nombre de soldats sur les champs de bataille, les canons Gatling dotent l’armée US en 1865. Ce sera la guerre de Cuba qui va montrer les capacités de cette arme. Ce sont dans les guerres de colonisations avant la première guerre mondiale que les Gatling vont être utilisées avec succès. Robuste et fiables, elles sont parfaites pour défendre des avant-postes, des canonnières ou des trains face à des bandes armées sans artillerie.
Les Anglais qui furent impressionnés par les qualités de cette arme les utilisèrent contre les Zoulous, puis les Boers, les Boxers chinois et dans la plupart de leurs conflits coloniaux. Cependant, intégrée aux formations d'artillerie elle perdait sa capacité tactique de frapper au plus près des lignes ennemies et était facilement contrebattue par l'artillerie adverse.
La guerre de Sécession fut le premier vrai conflit moderne qui vit l'emploi du télégraphe des chemins de fer, des navires cuirassés, des sous-marins et de la première mitrailleuse. Inventée en 1862 par l'ingénieur Richard Gatling, cette arme à tir multiple consistait en 6 canons pivotants de calibre 0.58 autour d'un axe central, chaque canon possédant son propre système de mise à feu. L'alimentation en munitions se faisait au moyen d'un cylindre qui faisait tomber les balles par gravité dans les tubes. Une manivelle permettait le mouvement circulaire qui fermait alternativement les chambres, éjectait une douille, verrouillait la culasse ou tirait la munition.
Peu intéressé par cette arme novatrice, le gouvernement américain en acquit 12 pour 1000 dollars chacune pour effectuer un test au combat en 1864. Les militaires craignaient qu'une telle arme consomme bien trop de munitions pour un résultat relativement modeste au vu de la puissance d'impact de l'arme. Utilisée comme une pièce d'artillerie cela était vrai, mais mélangée au sein d'un bataillon d'infanterie son impact sur une ligne ennemie aurait été dévastateur. Employées lors du siège de Petersburg, des Gatling furent fixées sur des canonnières, une douzaine d'autres furent livrées au premier corps du général Hancock. Mais au final l'arme ne vit que peu de combats.
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Pendant la guerre de Sécession, la Gatling n'est pas encore en usage officiel dans l'armée de l'Union mais quelques exemplaires, achetés sur fonds privés, sont cependant utilisés. Deux de ces armes furent utilisées au siège de Petersburg et huit furent déployées sur des canonnières.
Un certain nombre de mitrailleuses Gatling ont été achetées par la France en Amérique et en Angleterre, au cours de la guerre de 1870-1871. Pourtant, un nouveau modèle de mitrailleuse Gatling sera mis au point par les ateliers du Puteaux, pour être monté sur un affût à roues et pour armer la première tourelle de mitrailleuse type GF3 modèle 1899 installée au fort de Manonviller près de Lunéville. Le modèle Puteau modèle 1895 est une mitrailleuse en bronze se chargeant en munitions sur le côté droit de la pièce.
Il y avait pourtant 190 canons à balle de Reffye à la fin 1868: 24 batteries de 144 pièces stockées à Meudon et 46 pièces tenues en réserve dans les forts de Paris. La bataille de Mars la Tour le 16 août 1870 contre la 38° brigade prussienne a néanmoins vu leur emploi avec un immense succès. La France acheta 25 mitrailleuses Gatling à la Gatling Gun Company. Ces 25 Gatling ne sont relatées dans aucun combat de ma connaissance, à part les 3 qui participèrent, encore avec un gros succès, aux combats du Mans les 11 et 12 janvier 1871.
Après guerre, la République ignora mitrailleuses et canons à balles, et les combats de l'été 1914 rappelèrent que des mitrailleuses convenablement utilisées étaient plus que meurtrières! Quant au canon révolver Hotchkiss 1879, il est le dernier avatar des mitrailleuses manuelles de l'Empire. D'après les commissions qui statuèrent sur leur sort, aucune doctrine d'emploi de ces canons à balle et mitrailleuses n'ayant été adoptée, elles avaient été reconnues justes bonnes dans un usage de flanquement des forts. De plus celles qui tiraient du petit calibre furent reconnues inexploitables. Tout l'arsenal des canons à balles et mitrailleuses fut donc restocké dans les places fortes. Le tout fut mis à la réforme en 1907 quand le stock de cartouches vieux de 25 ans s'avéra inutilisable.
Un minigun est une mitrailleuse à cadence de tir élevée, munie de plusieurs canons dont la rotation est entraînée par une source extérieure, sur le principe de la Gatling, et utilisant un calibre de munitions pour fusil inférieur à 20 mm. Le principe de fonctionnement est celui de la mitrailleuse Gatling, il présente les mêmes avantages et inconvénients.
Des ingénieurs de la compagnie General Electric modifièrent donc en 1960 le M61 Vulcan de 1959, passant son calibre de 20 mm à un calibre de 7,62 x 51 mm OTAN. L’arme qui en résulta, connue sous le nom de M134 Minigun, tire 1 500 coups à la minute. Plusieurs avions de grande taille furent équipés de miniguns, particulièrement pour l’appui-feu aérien rapproché.
Si bien d'autres mitrailleuses ont été inventées par la suite et notamment la Maxim 1908 des Allemands, la Gatling est considérée aujourd'hui comme l'arme ayant la plus grosse cadence de tir du monde. Les derniers modèles de Gatling peuvent tirer jusqu’à 6000 coups par minute. Tous les avions de chasse de l'US AIR FORCE sont aujourd'hui armés d'un canon vulcain rotatif descendant du système de Gatling tout comme le monstrueux A10 warthog et son canon rotatif à 7 tubes de 30mm capable de percer le blindage d'un char. Les modernes Gatling ont une telle cadence de tir, que chaque tir utilisant des balles traçantes donnent l’impression de voir un « rayon de la mort ».
Paradoxalement cette arme dont les différents successeurs furent les principaux pourvoyeurs de morts des conflits modernes avait été inventée par Gatling pour réduire le nombre de tireurs nécessaires au combat et réduire ainsi la taille des armées et donc le nombre de morts.
La Gatling conserve la taille d'un petit canon, et son caisson d'approvisionnement en munitions, qui affecta longtemps sa fiabilité, connut plusieurs versions. Considérée comme une pièce d'artillerie, elle est déployée loin des mouvements de l'infanterie, ce qui limite son effet sur le plan tactique à celui d'un canon tirant de la mitraille.
Si les nano technologies permettent la production de canon supportant mieux les fortes pressions et les fortes températures, ce sont les Gatling qui vont se retrouver dépassées. De fait, la technologie militaire est train de se modifier en profondeur. La mitrailleuse Gatling expérimentée en 1860 est l’une des première mitrailleuse mise au point par une firme américaine pendant la guerre de Sécession. Elle est actionnée à la main et la rotation des canons qui la composent se fait autour d’un axe. Elle tire seulement des cartouches avec balles pleines en plomb ou en fer variant suivant les calibres de cet engin, de 30 à 256 grammes.
Une maquette d’une mitrailleuse Gatling au musée de l’artillerie à Draguignan. La dispersion des balles dans les canons se fait pendant la rotation du faisceau. Le départ des coups a lieu successivement au moment où chacun des canons vient se présenter devant un percuteur. L’alimentation en cartouches se produit par l’action de la même manivelle assurant le fonctionnement du percuteur.
| Modèle | Calibre | Cadence de Tir | Particularités |
|---|---|---|---|
| Gatling Modèle 1862 | 7,8 à 25,5 mm | 1200 coups/minute (théorique), 400 (utile) | Première version, cartouches en papier |
| Gatling Modèle 1866 | 7,8 à 25,5 mm | 1200 coups/minute (théorique), 400 (utile) | Munitions à étui en laiton |
| Modèle Puteau 1895 | Inconnu | Inconnu | Mitrailleuse en bronze, chargement latéral |
| M134 Minigun | 7,62 x 51 mm OTAN | 1500 coups/minute | Dérivé du M61 Vulcan |
Une mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Un certain nombre de mitrailleuses Gatling ont été achetées par la France en Amérique et en Angleterre, au cours de la guerre de 1870-1871. Pourtant, un nouveau modèle de mitrailleuse Gatling sera mis au point par les ateliers du Puteaux, pour être monté sur un affût à roues et pour armer la première tourelle de mitrailleuse type GF3 modèle 1899 installée au fort de Manonviller près de Lunéville. Le modèle Puteau modèle 1895 est une mitrailleuse en bronze se chargeant en munitions sur le côté droit de la pièce.
Détail de la plaque constructeur de la mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Cette mitrailleuse Gatling ne sera pas retenue, elle sera remplacée par deux mitrailleuses Hotchkiss modèle 1900 et 1914 dans les autres tourelles de mitrailleuses du type GF4 modèle 1905. Une mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Détail de la mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Détail de la mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Détail de la mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris. Détail de la mitrailleuse Gatling modèle APX1895 au musée des Invalides à Paris.
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