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Le musée Stainville, aussi appelé musée des Diables Bleus de Lorraine, est un lieu de mémoire à Lunéville. Durant l’été, découvrez cinq bonnes raisons d’aller à la découverte de ce musée.

Un Gardien Passionné et des Anciens Militaires

Ancien militaire, Daniel Desmasures est le gardien du musée des Diables Bleus qu’il fait visiter à la demande. D’abord Roger Seeleuthner, puis maintenant Daniel Desmasures, les hommes qui font visiter le musée connaissent parfaitement l’histoire militaire puisqu’ils étaient eux-mêmes militaires à Lunéville durant leur carrière professionnelle. C'est un plus non négligeable.

Des Objets Récents et Historiques

Chaque année, le musée s’enrichit de nouveaux objets. Derniers en date : des fanions et une gourde obtenus grâce à une donation d’un Nancéien, ancien du 30e groupe de chasseurs de Lunéville, dissous en 1990. « Ce sont des choses qu’on ne trouve plus maintenant », explique Daniel Desmasures, gardien du musée et également président de l’amicale de la Sidi Brahim de Lunéville.

Le musée Stainville possède tous les écussons des bataillons, mais également ceux des bataillons dérivés. Une fierté pour Daniel Desmasures.

L'Histoire de la Cavalerie à Lunéville

La cavalerie de Lunéville, unité militaire créée au XVIIe siècle, participe à de nombreuses batailles et campagnes militaires. Lorsque Léopold fait son entrée à Lunéville, le 15 mai 1698, il y est reçu par deux compagnies françaises, l’une de 60 cavaliers, l’autre de 80 buttiers (ou arbalêtriers), envoyées de Nancy sur ordre du roi Louis XIV pour lui rendre les honneurs. Le régiment des gardes forme avec ses compagnies l’essentiel de l’armée lorraine. Il est créé 16 compagnies en 1698 dont trois détachées à Lunéville.

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En 1699, Léopold fonde à Nancy une académie militaire pour les jeunes gentilshommes. Celle-ci est transférée à Lunéville en 1709. Du temps de Léopold, les élèves viennent de l’étranger (Angleterre, Allemagne). À l’arrivée de Stanislas Leczinski (1737), l’Académie militaire formant les cadets est remaniée : Stanislas n’accepte que des Lorrains et des Polonais. L’institution devenant purement militaire, il établit une compagnie de cadets gentilshommes, tous issus de la noblesse.

La discipline y est très stricte, d’après Arthur Benoît dans son ouvrage Les Gendarmes rouges à Lunéville (1892). Aux prescriptions communes à l’armée s'ajoutent celles propres au corps. L’école des cadets fournit à l’armée française beaucoup d’officiers de valeur que l’on retrouve en Allemagne, en Amérique, en Vendée et dans les guerres de la République et de l’Empire.

En 1766, à la mort de Stanislas, l’école des cadets gentilshommes disparaît. Celle-ci est dispersée et les élèves versés dans l’école militaire du roi de France, fastueuse fondation que Louis XV fit élever à Paris. Ces Gendarmes rouges compensent la perte du duc et de sa cour dans la cité. Les dix compagnies de gendarmerie sont réunies à Lunéville, et se distinguent par leur uniforme de couleur écarlate.

L’uniforme était de couleur écarlate, doublé de velours noirs aux brandebourgs, ceinturon et boutons d’or, cocarde noire, veste couleur chamois (...). Par ordonnance du 24 février 1776, les Gendarmes Rouges eurent le rang officiel d’officiers. (...). Les cavaliers sont casernés au Château, dans le quartier de l’Orangerie, les hôtels des Cadets et des Gardes.

Quelques mois après l’arrivée des gendarmes à Lunéville paru « l’ordonnance du Roi portant règlement concernant l’établissement du corps de la Gendarmerie à Lunéville, le 1er avril 1767 : Sa majesté ayant reconnu que rien n’est plus contraire à l’esprit militaire des compagnies de sa gendarmerie que leur dispersion dans différents quartiers et voulant continuer de donner à ce corps des marques particulières à sa satisfaction, en considération de ses services à la guerre et des exemples éclatants de sa valeur que présente l’histoire de la monarchie, elle a ordonné et ordonne ce qui suit : les dix compagnies seront réunies dans le Château et dépendances situé dans la ville de Lunéville et sa Majesté… ».

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Vers 1786, un magnifique manège vit le jour. Ainsi Lunéville est fière de posséder le plus ancien corps de la cavalerie française, qui prend rang à l’armée en faisant brigade avec la maison du roi et monte la garde devant les logements du roi.

Pourtant, le 2 mars 1788, Louis XVI voulant faire des économies fait paraître le licenciement de la gendarmerie. Le duc de Castries arrive le 8 mars 1788 afin de présider au désarmement. Le 11, les porte-étendards lisent l’ordonnance. En mai 1788, les Carabiniers de Saumur, dont le grand habit est de couleur bleue, stationnent au château (1er et 7e régiments). Chaque régiment compte quatre escadrons de 150 hommes.

Après une période trouble de 1790 à 1791, le 15e régiment de cavalerie séjourne à Lunéville. Napoléon traverse plusieurs fois Lunéville sans s’y arrêter. Un camp de cavalerie est inauguré le 22 mai 1824 : le prince de Hohenlohe obtient cette création pour les manœuvres et les revues d’inspection des unités de cavalerie.

Qui est donc ce Prince ? Il prend les armes au moment de la Révolution pour défendre la cause de Louis XVI et de son frère, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Ce dernier le nomme chevalier-commandant des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit et lieutenant général, colonel supérieur de la légion étrangère qui prend ainsi le nom de Hohenlohe par ordonnance du 9 juin 1816. De plus, il est nommé Inspecteur de l’Infanterie.

L’ordonnance lui attribue, pour toute sa vie, la partie du château de Lunéville non destinée au casernement des troupes. Le prince quitte Lunéville début 1823, pour prendre le commandement du 3e corps d’armée qui pénètre en Espagne pour rétablir le roi Ferdinand VII dans son pouvoir absolu. Il devient le premier gouverneur commandant le camp de Lunéville, où sont réunis 18 escadrons (soit 2400 cavaliers, chasseurs, dragons et cuirassiers) le 22 mai 1824.

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À cette époque, le ministre commande directement les régiments qu’il fait inspecter par des généraux désignés chaque année. Il les groupe en brigade, divisions ou corps temporaires.

Des grandes manoeuvres se tiennent à Lunéville... En 1833, cinq régiments de cuirassiers et six régiments de dragons sont rassemblés pour y tenir garnison, afin de prendre part à de grandes manœuvres. En août 1838, six régiments de cavalerie sont regroupés en deux brigades de cuirassiers, une brigade de lanciers et une de dragons.

Le camp est aussi l’occasion de grands travaux : restauration de la caserne des cadets, construction de nouveaux bâtiments derrière le manège et à L’Orangerie, installation d'écuries près de l’aile gauche du château. Le Second Empire voit encore quelques manœuvres à Lunéville et des rassemblements de cavalerie de moindre importance.

La statue du général de cavalerie Lasalle est réalisée en 1892 par le sculpteur Charles Henri Cordier et les fondeurs Thiébaut frères, et inaugurée le 29 octobre 1893. Commandée pour la ville de Metz, elle n'a pu, suite à l'Annexion de 1871, y être installée ; le choix s'est alors porté sur Lunéville, devenue ville frontière.

En 1900, la 2e division de cavalerie (D.C.) est à Lunéville. Le 3 août 1914, la 2e D.C. part « en couverture » à la frontière, et participe à tous les grands faits d’armes. Plusieurs unités de cavalerie hippomobiles sont en garnison pendant l'Entre-Deux-Guerres : 8e régiment de Dragons à la caserne de la Barollière, 31e régiment à Clarenthal, 17e régiment de Chasseurs à cheval au quartier Diettmann. Les autres unités de la 3e et 2e D.C.

De nouveau, en septembre 1939, la 2e D.C. se porte en Alsace puis dans les Ardennes. C’est une grande unité de cavalerie partiellement motorisée. La motorisation se poursuit pendant les hostilités et la 2e D.C. Après la guerre, Lunéville n’est qu’une petite garnison. L’armée française rentrant d’Algérie en 1965 grossit ses effectifs. La 8e brigade mécanisée est alors en garnison à Lunéville, et son état-major occupe le château. En 1977, des unités de la 4e division blindée augmentent encore la garnison. Le 3e régiment de cuirassiers à Chenevières perpétue le souvenir de la cité cavalière jusqu'en 1998.

Chaque été, depuis 2010, Lunéville accueille un festival d'art équestre."Les Rencontres équestres" se déroulaient au château de Lunéville et ses bosquets et depuis 2020, le festival Scènes en Selle, gratuit et ouvert à tous, envahit les rues de Lunéville le temps d'un week-end.

Le 30e Régiment d'Infanterie

Conformément à l'ordonnance du 1er janvier 1791, le Régiment du Perche, commandé par Olivier Victore de Beaudré, perd son nom et prend le titre de 30e Régiment d'infanterie qu'il conserve jusqu'en 1795. En 1792, commandé par Germain Félix Tennet de Lambadère, ce Régiment fait partie de l'Armée du Nord. Il fait la campagne de l'Argonne sous Dumouriez et assiste à la bataille de Valmy, à la suite de laquelle les Prussiens sont rejetés hors de notre territoire.

En 1793, sous le commandement de Alexandre Alexis Dumas, il passe à l'Armée de la Moselle et se trouve à la bataille de Pirmasens. En 1794, son 2e Bataillon est envoyé à la martinique. En 1795, le 30e est employé au blocus de Luxembourg.

Informations Pratiques pour Visiter le Musée

Dernière bonne raison et pas des moindre pour aller visiter ce petit musée : l’entrée est entièrement gratuite. Seul impératif : réserver sa visite auprès de Daniel Desmasures, le gardien du musée.

Musée du quartier Stainville. Prendre rendez-vous 48 h avant au 06 07 35 39 16. Entrée libre tous les jours de la semaine.

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