La chasse est un sujet brûlant en pleine élection présidentielle. Les candidats à la présidentielle ont été invités par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) pour un grand oral. L'occasion de faire un tour d'horizon des programmes des candidats concernant la chasse.
Si certains candidats de gauche veulent l'interdiction de la chasse à différents moments de l'année, d'autres, classés plutôt à droite, comptent bien défendre la pratique.
La candidate du RN Marine Le Pen ne veut pas interdire la chasse. Elle expliquait que la chasse était "une nécessité en même temps qu'un loisir" en ajoutant sur France Inter que "si vous empêchez les chasseurs de chasser le week-end, ils ne pourront pas chasser parce qu’ils travaillent quand même les chasseurs. Donc il faut réussir à trouver le moyen pour que les promeneurs et les chasseurs puissent en toute sécurité profiter de notre domaine extraordinaire"
Une position partagée par Valérie Pécresse, qui veut mieux partager l'espace entre les chasseurs et les promeneurs. Fin février, elle se disait "favorable à ce que dans les départements, les préfets avec les fédérations de chasse, travaillent sur une charte du bon partage de l'espace".
Lors du congrès des chasseurs, Valérie Pécresse et Éric Zemmour ont vu leur proposition d'un grand ministère de la ruralité, regroupant notamment agriculture et chasse, chaleureusement accueillie. Cette idée, également endossée par Fabien Roussel, fait directement écho à une revendication de la Fédération nationale des chasseurs.
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"Il faut remettre l'écologie dans un ensemble qui ne soit plus un ministère isolé qui tire, si j'ose dire, sur toutes les activités traditionnelles : agriculture, pêche, chasse, etc.", a argumenté Eric Zemmour.
En France, les chasseurs doivent payer les dégâts liés au gibier et donc indemniser les agriculteurs. Pour le Rassemblement National, ces charges "ne sauraient être supportées uniquement par les chasseurs". Éric Zemmour lui veut "mettre un plafond" à ces indemnités. Au congrès des chasseurs, Valérie Pécresse a suscité l'enthousiasme en réitérant sa proposition selon laquelle l'Etat prendrait en charge 50% du coût.
Fabien Roussel a été bien accueilli, après avoir également appelé de ses vœux à une "évolution" de cette loi qui date de 1968, avec la "construction d'un système global de protection de notre agriculture" contre les risques environnementaux. De son côté, Marc Fesneau, le représentant d'Emmanuel Macron, a rappelé le déblocage d'aides financières dans le cadre du plan de résilience, annoncé la semaine dernière pour faire face aux conséquences économiques du conflit en Ukraine. En effet, les indemnités à payer aux agriculteurs grimpent avec les prix des céréales, car elles sont basées sur le coût des pertes des agriculteurs.
A la tribune du congrès, le candidat Jean Lassalle a quant à lui insisté sur son opposition à l'introduction d'espèces prédatrices (ours, lynx, loup) afin de protéger le pastoralisme et la transhumance. Il a avoué être "moins enthousiaste sur les chasses traditionnelles". Ces chasses traditionnelles ont notamment été défendues tout au long du quinquennat.
Le montant des aides accordées à la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a connu une valorisation fulgurante au cours du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, passant de 27.000 euros à 6,3 millions d'euros en cinq ans, selon les comptes transmis par la FNC au Journal officiel.
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Cette augmentation massive vient notamment de la baisse du prix du permis national de chasse, rappellent nos confrères du Parisien. Accordée par le chef de l'État en 2018, elle divise son coût par deux (de 400 à 205 euros). La décision a par la suite permis d'attirer de nouveaux chasseurs, puisque le nombre de demandes de validation de permis de chasse a augmenté de près de 40% entre 2018 et 2019.
Les fonds alloués à la Fédération nationale des chasseurs ont explosé durant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Si certains s'insurgent et dénoncent des cadeaux, le gouvernement et les chasseurs évoquent une nouvelle organisation.
| Année | Aides accordées (euros) |
|---|---|
| 2017 | 27 000 |
| 2021 | 6 300 000 |
La sympathie d'Emmanuel Macron pour les adeptes de la chasse est bien connue. Le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen ayant déclaré lui-même officiellement son soutien au président-candidat.
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