Mardi, lors d’une visite à Tain-l’Hermitage, dans la Drôme, Emmanuel Macron a été giflé par un homme, Damien T. Sur une vidéo, devenue virale, on entend l’agresseur crier : « Montjoie Saint-Denis, à bas la Macronie ». La question se pose alors : l’agresseur d’Emmanuel Macron avait-il les références à l’esprit en prononçant ces mots avant de gifler le président de la République ce mardi, dans la Drôme ? Cela n’a pas encore été établi.
« Montjoie Saint-Denis » fait référence à un cri de guerre des armées royales au Moyen Âge, devenu depuis un slogan de ralliement royaliste. Ce cri des armées royales françaises remonte aux Capétiens. Il aurait été crié pendant la bataille de Bouvines en 1214, par les forces de Philippe II Auguste contre celles de Otton IV, l’empereur du Saint Empire romain Germanique.
« Montjoie » désigne la bannière derrière laquelle se rassemble l’armée médiévale, lorsqu’elle monte au combat. Une montjoie est une bannière, en l'occurrence le cri fait référence a l'oriflamme royal, conservé a Saint-Denis, où sont également enterrés les rois. Une légende citée par l’Encyclopédie Universalis rapporte par ailleurs que le roi Clovis aurait été victorieux à « Montjoye », près de Saint-Denis, grâce à un écu portant trois fleurs de lys d’or sur un fond azur. Un miracle qui aurait été commémoré par le cri de guerre « Montjoie Saint-Denis ! ». Cette bannière était dès lors devenue l’étendard du royaume.
Quant à l’origine du mot « mont-joie », elle est liée, selon l’Encyclopédie Universalis, aux mont-joies, ces petits tas de pierre que l’on trouve encore aujourd’hui au col d’une montagne. Au Moyen Age, ce mot désignait aussi une colline, un oratoire ou un territoire à protéger.
Le cri est abandonné à partir du XVIe siècle. Michel-Ange Mangourit le place en tête de son journal "Le Héraut de la Nation", au moment de l'ouverture des états généraux. Au XIXe siècle, il est redécouvert et réinventé. L’historien Jules Michelet en fait ainsi « le cri de la France ». Il s’agit d’une « vision évidemment anachronique qui surestime largement l’importance de ce cri, mais comme bien souvent les idéaux nationalistes de l’époque », estime Florian Besson.
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Plus récemment, l’expression a été popularisée par le film « Les Visiteurs » (1993). Le chevalier Godefroy de Montmirail, joué par Jean Reno, y lance « Montjoie Saint-Denis, que trépasse si je faiblis », en chargeant des gendarmes. D’ailleurs pour Loïc Dauriac, l’un des amis de l’agresseur, il faut voir dans le slogan crié par Damien T. avant la gifle une simple référence au film de Jean-Marie Poiré.
Ce n’est pas la première fois que l’on entend « Montjoie Saint-Denis » dans la sphère politique. En 2018, déjà, le député La France Insoumise Éric Coquerel avait été entarté par trois étudiants, membres d’Action française, au cri de « Montjoie Saint-Denis ! ». La fédération francilienne du groupuscule nationaliste et royaliste d’extrême droite avait alors revendiqué l’action sur les réseaux sociaux.
« Ce slogan est celui de l’extrême droite royaliste. Exactement ce qu’est Papacito [NDLR : un YouTubeur d’extrême droite]. Ça y est, vous la prenez au sérieux la violence d’extrême droite maintenant ? C’est exactement sous ce slogan que j’ai été également agressé par des militants de l’Action Française il y a quelques années, un groupuscule royaliste également.
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