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La Première Guerre mondiale a été déclarée, privant le pays de ses hommes partis au front. Pour faire tourner l'industrie de l'armement, on a recours aux femmes.

Le rôle des femmes dans la production de munitions pendant la Grande Guerre

La romancière explore avec finesse le ressenti de son héroïne, Hélène, restée seule à Paris après le départ de son mari pour le front en 1914. Angoissée, comme tant d'autres, à l'idée qu'il ne revienne pas, elle s'engage dans l'usine de munitions d'André Citroën, quai de Javel.

Le rôle des femmes pendant la guerre de 14-18, et par conséquent le rôle de la guerre de 14-18 dans l'émancipation des femmes, est ici abordé avec finesse, parfois même avec un brin d'espièglerie, tant elles furent l'objet d'attitudes réactionnaires ou franchement misogynes.

Affranchies de la tutelle des hommes, soumises à des cadences de travail infernales, ces femmes s'organisent et engagent une lutte pour leurs droits, aussitôt jugée subversive, dans une ville désormais la cible des bombardements allemands.

Hélène et Lucien se sont mariés au printemps 1914. Après quelques mois de bonheur, la guerre a été déclarée et le jeune homme a été mobilisé. En effet, une femme mariée devait avoir l'accord de son mari. « Aborder la course aux armements dont elle serait l'une des héroïnes anonymes, c'était permettre à l'indicible de faire à nouveau irruption entre eux. » (p.

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Dès le premier jour, Hélène se lie à Germaine. Auprès d'elle, elle lutte pour les droits des ouvrières, les oubliées des organisations syndicales. Dans ce combat, elle est rejointe par son amie, Marguerite, qui travaille dans l'industrie textile. Elle se confie à ce sujet à Hélène. J'ai aimé découvrir cette époque à travers leur regard différent.

Hélène est réservée ; Marguerite est expansive. Cependant, elles partagent la nécessité de survivre financièrement, la volonté de soutenir les soldats, leurs droits restreints en raison de leur condition féminine et par-dessus tout leur désir que la guerre s'arrête.

Elles ont travaillé durement, pourtant, cela leur était reproché. « L'image de la femme prenant la place de l'homme lui était insupportable. » (p.23) Malgré les réticences masculines, ces femmes se sont battues pour changer leur condition. Cette période est une première étape dans leur libération. Pendant que les soldats étaient considérés comme de la chair à canon, elles étaient de la chair à produire.

Marguerite a un tempérament plus libre, elle papillonne. Quand la guerre éclate et que les hommes partent au combat, il faut quand que la France tourne et que les femmes participent à l'effort de guerre. Hélène va devenir munitionnette et fabriquer des obus. Un métier difficile pour une femme, mais elle ne lâche rien.

Lors de manifestations syndicales en 1917, elles obtiennent quelques droits. Mais après la guerre, elles doivent retourner au foyer, faire des enfants pour repeupler le pays et fournir de la chair à canon pour la prochaine.

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L'évolution de la production industrielle d'armement

Comme par un écho de la révolution industrielle du xixe siècle fondée sur le charbon et la sidérurgie, la Grande Guerre mobilisa le feu et l’acier par le truchement des obus et de l’armement. Les économies des nations belligérantes s’engagèrent donc dans un processus de production standardisée et massive de l’armement et des munitions.

Au seuil du conflit, la cadence de tir des mitrailleuses était de 400 à 600 coups par minute et la capacité des chargeurs fut régulièrement augmentée tout au long de la guerre. Si les tirs de mitrailleuses étaient particulièrement vulnérants, les bombardements d’artillerie sanctionnaient le plus souvent le premier contact des poilus avec le feu, car ce fut l’arme principale de la Grande Guerre.

En effet, alors qu’entre 1914 et 1918, l’artillerie française passait de 4 600 à 14 000 pièces, l’Allemagne augmentait considérablement ses propres moyens, les haussant de 7 700 à 21 000 pièces.

Ce canon de 75 millimètres, dont le modèle de 1897 équipait 61 régiments d’artillerie française sur 77, à hauteur de 3 900 pièces, pouvait tirer jusqu’à 30 coups par minute, propulsant 110 kilogrammes d’obus explosifs ou 145 kilogrammes d’obus shrapnel à une portée de 6 à 8 kilomètres ; ses obus avaient une efficacité proche de celle du 105 millimètres allemand.

En effet, dès l’instauration de la guerre de position, l’artillerie lourde domina toutes les autres formes de tirs, en développant une activité de feux gradués selon les tactiques visées : représailles, démonstration, encagement, concentration, harcèlement, barrage, destruction ou anéantissement.

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Après la pénurie de munitions qui avait frappé les armées française et britannique à l’automne 1914, le rôle nouveau de l’artillerie fut pris en compte et la production industrielle de munitions développée pour répondre aux besoins des belligérants.

Les exigences de l’état-major français furent croissantes au fil des années, passant de 50 000 coups par jour en septembre 1914 à 150 000 en 1915 et 200 000 en 1917. Mais, dès la mi-septembre 1914, la fabrication d’obus initialement prévue au rythme de 13 000 par jour s’avéra vite insuffisante, quand Joffre en demandait 100 000, obligeant l’économie de guerre à s’adapter aux nouvelles demandes du front.

Quelques statistiques permettent de mesurer la voracité en munitions d’un conflit, durant lequel un milliard d’obus furent tirés sur le front occidental, dont 331 millions par la seule artillerie française qui consomma également six milliards de cartouches.

La Première Guerre mondiale fut donc essentiellement le théâtre de batailles de matériel qui terrifiaient les soldats confrontés à ce qu’ils vivaient comme un déluge de fer, les soumettant à « un continuel dôme de feu et d’acier tissé par le sillage des obus, parmi les éclatements, les explosions, le déchirement des obus, des torpilles, des bombes, des minenwerfer, les rafales des balles21 ».

La mobilisation industrielle et l'organisation du travail

Lors de l'entrée en guerre au cours de l'été 1914, aucune mobilisation industrielle particulière n'avait été programmée en France. Les dirigeants français pensaient que le matériel stocké avant guerre, complété par la production de quelques arsenaux (Bourges, Tarbes, Le Creusot), devait suffire.

Une loi adoptée le 26 juin 1915 à l'initiative du député Victor Dalbiez permit de renvoyer à l'arrière comme "affectés spéciaux" dans les usines d'armement environ 500 000 ouvriers mobilisés.

Créé en mai 1915, le secrétariat d'Etat de l'Artillerie et des Munitions (qui deviendra un ministère à part entière en décembre 1916), dirigé par Albert Thomas, multiplia les commandes auprès d'entreprises ne produisant au départ pas forcement de l'armement afin qu'elles se reconvertissent en la matière.

L'Etat encouragea donc l'utilisation de nouvelles méthodes de travail qui avaient fait leur apparition au début du siècle mais à l'égard desquelles les entrepreneurs français étaient restés quelque peu méfiants du fait des nombreux investissements nécessaires. Le taylorisme fut appliqué au cours de la Guerre dans l'ensemble des industries d'armement et de constructions mécaniques.

C'est également à l'occasion de la Première Guerre mondiale que, pour la première fois, des entrepreneurs appliquèrent le système de la chaîne de travail, conformément aux théories développées par Henry Ford. C'est André Citroën qui adopta le premier ce système dans son usine de Javel où il se lança en 1915 dans la production d'obus.

La production quotidienne d'obus passa de moins de 10 000 à l'ouverture de la guerre à 300 000 en mai 1917, celle de fusils fut multipliée par près de 300 entre 1914 et 1918, celle de mitrailleuses par 170.

Les munitions non explosées et les risques environnementaux

15% des munitions tirées, mouillées ou larguées pendant la Deuxième Guerre mondiale n’ont pas explosé. Leur découverte et leur neutralisation s’étireront sur plusieurs siècles. Dans l’attente, elles constituent un risque majeur pour l’environnement et pour la sécurité publique.

Les masses explosives et incendiaires utilisées par les belligérants de la dernière Guerre mondiale étaient la penthrite, la thermite, le magnésium, le phosphore, le pétrole, le TNT, le naphtalène, les huiles inflammables, le RDX (Royal Demolition eXplosive) connu sous le nom évocateur de cyclonite.

La porte est fermée. En mer, la porte est souvent ouverte et les épaves ne font pas toutes l’objet d’un arrêté interdisant la plongée sous-marine et l’exploration. Partout dans le monde, ces fameux hotspots de plongée sous-marine participent à l’attraction touristique au mépris de la sécurité publique.

Le pétardage creuse un cratère sous-marin, met en suspension un mélange turbide de sédiments et de résidus d’explosion et disperse des macrodéchets métalliques. Les trous de bombes dans les fonds marins dévastent la biodiversité.

Les obus chimiques et leur fabrication

Le chargement des obus toxiques se composait d’un liquide et très souvent, d’un fumigène. Les liquides spéciaux que l’on souhaitait utiliser possédaient tous une grande réactivité chimique.

Au point de chute des obus lacrymogènes, après le tir, le projectile s’ouvrait et donnait à la fois un nuage blanc de fumigène imprégné de vapeurs du lacrymogène et une pluie de gouttelettes qui retombaient sur le sol (sur près de cinquante mètres carrés pour les calibres de 120A et 155F.A).

Trois spécialistes, le colonel Thouvenin, assisté du capitaine Schmidt et du lieutenant Pargond furent chargés de la mise en place de ces ateliers, l'un au Fort d'Aubervilliers pour les obus toxiques et un deuxième au fort de Vincennes pour les obus incendiaires et lacrymogènes.

L'atelier d'Aubervilliers fut équipé d'un système de refroidissement permettant de maintenir sous forme liquide le chargement et de maintenir également le corps de l'obus à des températures négatives. Le chargement en toxique s'effectuait ensuite sur des rampes automatiques équipés de système d'aspiration pour éviter les vapeurs nocives au sein de l'atelier.

Deux grands ateliers furent créés en 1918 et entrèrent en service au printemps, Pont-de-Claix et Salaise, dédiés essentiellement aux chargement d'Ypérite.

Pour réaliser rapidement la production des munitions chimiques, on ne put envisager la fabrication d’enveloppes appropriées. On du se résoudre à utiliser les enveloppes existantes, en les modifiant pour les adapter à cet usage et en sélectionnant celles qui s’y prêtait le mieux. L’amorçage se révéla un point essentiel et fut l’objet d’études méticuleuses.

Dans un premier temps, on calculait l’énergie nécessaire à la vaporisation du toxique (par exemple, pour l’obus de 75 mm n°4, 67 calories) a laquelle on ajoutait l’énergie nécessaire à la détente brutale puis à la diffusion du toxique (dans notre exemple, de 500 ml à 16 m3).

Les 25 g de mélinite de l’amorçage du 75 mm dégageaient ainsi 95 calories. Les expériences de tir réels montrèrent qu’il était nécessaire de diminuer légèrement la charge par rapport au calcul théorique ; ils démontrèrent également que les forces mécaniques dont le projectile était animé (une grande vitesse de translation et de rotation) avaient également une grande influence.

Le remplissage, effectué par un dispositif dit à niveau constant, faisant intervenir un manomètre, permettait de ménager un vide au dessus du niveau du liquide à peu près constant.

Dès août 1915, la Commission d'agression mise en garde par le professeur Urbain décida d'étudier la compatibilité des chargements avec les métaux. Au fond de la gaine d’éclatement de l’obus est soudé un tube (ou gaine centrale) en tôle mince qui recevra le liquide fumigène.

Le professeur Lebeau se chargea de l'étude de l'étanchéité au moyen de ciment et mastics spéciaux. Il proposa en février 1916 un ciment à base de kaolin, de silicate de soude et de glycérine.

Tableau récapitulatif des calibres d'obus

Calibre Types d'obus
75mm 4, 4B, 5, 7, 8, 9, 12, 14, 16, 20 et 21
105 mm 5, 7 et 20
120 et 145 mm 5, 7 et 20
155 GPF 4, 5 et 7

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