Ce 1er juillet 1949, le Parti communiste chinois compte déjà vingt huit ans d’existence. De même qu’un être humain, un parti politique a son enfance, sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse. Le parti communiste chinois n’est plus un enfant ni un adolescent, mais un adulte.
Nous sommes reconnaissants à Marx, Engels, Lénine et Staline de nous avoir donné une arme. Les communistes dans le monde entier sont supérieurs à la bourgeoisie, ils connaissent les lois de l’existence et du développement des choses et des phénomènes, ils connaissent la dialectique et ils voient plus loin.
Comme tout le monde le sait, le Parti n’a pas traversé ces années dans la paix, mais au milieu des épreuves: nous avons eu à combattre des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur et des ennemis au sein et en dehors du Parti.
Si la bourgeoisie n’applaudit pas à cette vérité, c’est qu’elle ne veut pas être renversée. Etre renversé ; comme la clique réactionnaire du Kuomintang vient de l’être par nous, comme l’impérialisme japonais l’a été par nous et par les peuples d’autres pays, c’est quelque chose de douloureux, d’effroyable à envisager pour ceux qui doivent l’être.
Pour la classe ouvrière, le peuple travailleur et le Parti communiste, la question n’est pas de se voir renversés, mais de travailler dur pour créer les conditions auxquelles les classes, le pouvoir d’Etat et les partis politiques disparaîtront tout naturellement et l’humanité entrera dans le monde de la Grande Concorde.
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Dans son ouvrage La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), écrit en 1920, Lénine relate comment les Russes ont cherché une théorie révolutionnaire. Ce n’est qu’après plusieurs dizaines d’années d’épreuves et de souffrances que les Russes ont découvert le marxisme.
Beaucoup de choses étaient identiques ou semblables en Chine et dans la Russie d’avant la Révolution d’Octobre : même oppression féodale, semblable retard économique et culturel. Les deux pays étaient arriérés, la Chine encore plus. Depuis la défaite de la Chine dans la Guerre de l’Opium de 1840, les hommes de progrès chinois ont passé par d’innombrables épreuves alors qu’ils recherchaient la vérité auprès des pays occidentaux.
A l’époque, les Chinois aspirant au progrès lisaient n’importe quel livre, pourvu qu’il contînt les idées nouvelles de l’Occident. Le nombre des étudiants envoyés au Japon, en Angleterre, aux Etats-Unis, en France et en Allemagne était impressionnant.
Pendant longtemps, ceux qui avaient appris cette science nouvelle restèrent convaincus qu’elle pouvait sauver la Chine. A part les adeptes de la vieille école, la nouvelle école ne comptait guère de partisans qui en doutaient. Le seul moyen de sauver le pays était de le moderniser, et pour le moderniser il fallait se mettre à l’école des pays étrangers.
Parmi les pays étrangers de l’époque, seuls les pays capitalistes occidentaux représentaient le progrès : ils avaient réussi à édifier des Etats bourgeois modernes. Les Japonais avaient obtenu de bons résultats en se mettant à l’école de l’Occident, et les Chinois souhaitaient également apprendre auprès des Japonais. Aux yeux des Chinois de cette époque, la Russie était un pays arriéré, et rares étaient ceux qui voulaient s’instruire auprès d’elle.
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L’agression impérialiste brisa les rêves des Chinois qui s’efforçaient de s’instruire auprès de l’Occident. Chose étonnante : pourquoi les maîtres commettaient-ils toujours des agressions contre leurs élèves ? Les Chinois avaient appris beaucoup de choses de l’Occident, mais ils se heurtaient à la pratique, leurs idéaux ne se réalisaient toujours pas. Leurs luttes répétées, y compris le mouvement à l’échelle nationale que fut la Révolution de 1911, aboutirent toutes à un échec. La situation du pays empira de jour en jour et la vie devint impossible. Des doutes naquirent, grandirent et se développèrent.
Les Russes firent la Révolution d’Octobre et créèrent le premier Etat socialiste du monde. Alors, et alors seulement, une ère toute nouvelle apparut dans la pensée et la vie des Chinois. C’est par l’intermédiaire des Russes que les Chinois découvrirent le marxisme. Avant la Révolution d’Octobre, non seulement Lénine et Staline, mais Marx et Engels étaient inconnus des Chinois. Les salves de la Révolution d’Octobre nous apportèrent le marxisme-léninisme.
La Révolution d’Octobre a aidé les hommes de progrès de la Chine comme ceux du monde entier à adopter, en tant qu’instrument pour l’examen des destinées d’un pays, la conception prolétarienne du monde pour reconsidérer leurs propres problèmes. S’engager dans la voie des Russes, telle a été leur conclusion. En 1919, la Chine vécut le Mouvement du 4 Mai. En 1921, le Parti communiste chinois fut fondé.
Au plus profond de son désespoir, Sun Yat-sen rencontra la Révolution d’Octobre et le Parti communiste chinois. Il salua la Révolution d’Octobre, il salua l’aide des Russes aux Chinois et il salua la coopération proposée par le Parti communiste chinois. Puis, Sun Yat-sen mourut et Tchiang Kai-chek arriva au pouvoir.
Au bout d’une longue période de vingt-deux ans, Tchiang Kai-chek avait entraîné la Chine dans une situation sans issue. Pendant cette période, dans la Seconde guerre mondiale, antifasciste, où l’Union soviétique était la force principale, trois grandes puissances impérialistes ont été abattues, deux autres affaiblies, et une seule est restée intacte : les Etats-Unis d’Amérique.
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Ainsi, la civilisation bourgeoise occidentale, de même que la démocratie bourgeoise et le projet d’une république bourgeoise ont fait faillite aux yeux du peuple chinois. La démocratie bourgeoise a fait place à la démocratie populaire dirigée par la classe ouvrière, et la république bourgeoise à la république populaire.
Kang Yeou-wei a écrit le Livre de la Grande Concorde, mais la voie menant à la Grande Concorde, il ne l’a pas trouvée et il lui était impossible de la trouver. La république bourgeoise, qui existe à l’étranger, ne peut exister en Chine, car la Chine est un pays opprimé par l’impérialisme. Toutes les autres voies ont été essayées et toutes ont abouti à l’échec.
Parmi ceux qui s’y étaient attachés, certains sont tombés, d’autres ont pris conscience de leurs erreurs et d’autres encore sont en train de changer d’esprit. Les événements évoluent avec une rapidité telle que beaucoup en ont été surpris et éprouvent le besoin de recommencer à apprendre.
L’avant-garde du prolétariat chinois s’est initiée au marxisme-léninisme après la Révolution d’Octobre et a fondé le Parti communiste chinois. Il est entré aussitôt dans la lutte politique et ce n’est qu’après une marche de vingt-huit années sur un chemin sinueux qu’il a remporté la victoire fondamentale.
De l’expérience accumulée durant vingt-huit années, comme de « l’expérience accumulée durant quarante années » dont Sun Yat-sen parle dans le testament qu’il a fait à son lit de mort, nous avons pu tirer la même conclusion : nous sommes profondément convaincus que pour remporter la victoire, « nous devons éveiller les masses populaires et nous unir, en une lutte commune, avec les nations du monde qui nous traitent sur un pied d’égalité ».
Vingt-quatre années se sont écoulées depuis la mort de Sun Yat-sen, et la révolution chinoise dirigée par le Parti communiste chinois, a fait d’énormes progrès en théorie comme en pratique, et cela a changé radicalement la physionomie de la Chine.
« Vous penchez d’un côté ». C’est exactement cela. Pencher d’un côté, voilà ce que nous enseignent les quarante années d’expérience de Sun Yat-sen et les vingt-huit années d’expérience du Parti communiste chinois ; et nous sommes profondément convaincus que, pour remporter la victoire et la consolider, nous devons pencher d’un côté. L’expérience accumulée au cours de ces quarante années et de ces vingt-huit années montre que les Chinois se rangent ou du côté de l’impérialisme ou du côté du socialisme ; là, il n’y a pas d’exception. Impossible de rester à cheval sur les deux, la troisième voie n’existe pas.
« Vous provoquez par trop ». Nous parlons de la manière de traiter les réactionnaires de l’intérieur et de l’extérieur, C’est-à-dire les impérialistes et leurs valets, et personne d’autre. A l’égard de tels réactionnaires, la question de les provoquer ou non ne se pose pas. Qu’on les provoque ou non, cela revient au même, puisqu’ils sont des réactionnaires.
Ce n’est qu’en traçant une ligne nette entre réactionnaires et révolutionnaires, en dévoilant les intrigues et complots des réactionnaires, en éveillant la vigilance et l’attention dans les rangs de la révolution, en affermissant notre volonté de combat et en abattant l’arrogance de l’ennemi que nous pourrons isoler les réactionnaires, et les vaincre ou prendre le pouvoir à leur place. Devant une bête fauve, il faut se garder de montrer la moindre timidité. L’histoire de Wou Song sur la colline de Kingyang doit nous servir d’exemple.
Aux yeux de Wou Song, le tigre de la colline de Kingyang était un mangeur d’hommes, qu’on le provoquât ou non. « Nous voulons faire du commerce ». C’est tout à fait exact, le commerce se fera toujours. Nous ne sommes contre personne, à l’exception des réactionnaires de l’intérieur et de l’extérieur qui nous empêchent de faire du commerce.
Tout le monde doit savoir que ce sont les impérialistes et leurs valets, les réactionnaires de la clique de Tchiang Kai-chek, et personne d’autre, qui nous empêchent de faire du commerce, voire d’établir des relations diplomatiques avec les pays étrangers.
« On peut remporter la victoire même sans l’aide internationale ». C’est là une idée fausse. A l’époque où existe l’impérialisme, il est impossible qu’une véritable révolution populaire puisse, dans quelque pays que ce soit, remporter la victoire sans l’aide, sous différentes formes, des forces révolutionnaires internationales ; et même si la victoire était remportée, elle ne pourrait être consolidée.
Cela est vrai pour la victoire et la consolidation de la grande Révolution d’Octobre, ainsi que Lénine et Staline nous l’ont dit il y a longtemps. C’est vrai également pour l’écrasement des trois puissances impérialistes pendant la Seconde guerre mondiale et pour la création des Etats de démocratie populaire. Et C’est vrai également pour le présent et l’avenir de la Chine populaire.
Réfléchissez : sans l’existence de l’Union soviétique, sans la victoire sur le fascisme dans la Seconde guerre mondiale, sans la défaite de l’impérialisme japonais, sans la naissance des Etats de démocratie populaire, sans la lutte des nations opprimées d’Orient qui se lèvent, et sans la lutte des masses populaires des Etats-Unis, d’Angleterre, de France, d’Allemagne, d’Italie, du Japon et d’autres pays capitalistes contre les réactionnaires qui les dominent, sans le concours de tous ces facteurs, les forces réactionnaires internationales qui pèsent sur nous auraient certainement été on ne sait combien de fois supérieures à ce qu’elles sont.
Aurions-nous pu remporter la victoire dans de telles conditions ? Evidemment non. Et même s’il y avait eu victoire, elle n’aurait pu être consolidée. Le peuple chinois en a fait plus qu’assez l’expérience.
« Nous avons besoin de l’aide des gouvernements britannique et américain ». A l’heure actuelle C’est là aussi une idée puérile. Les dirigeants actuels de l’Angleterre et des Etats-Unis sont toujours des impérialistes; vont-ils aider un Etat populaire?
Pourquoi avons-nous des relations commerciales avec ces pays, et, à supposer qu’ils veuillent à l’avenir nous prêter de l’argent sur la base de l’avantage réciproque, quelle en sera la raison ? C’est que les capitalistes de ces pays veulent gagner de l’argent et leurs banquiers toucher des intérêts pour sortir de leur propre crise ; il ne s’agit pas de venir en aide au peuple chinois.
Les Partis communistes ainsi que les partis et groupements progressistes de ces pays sont en train de presser leurs gouvernements d’établir avec nous des relations commerciales et même diplomatiques. Voilà de la bonne volonté, voilà de l’aide, mais les actes de bourgeoisie de ces pays ne peuvent être mis sur le même plan.
Que de fois au cours de sa vie Sun Yat-sen s’est-il adressé aux pays capitalistes pour obtenir de l’aide ! Ce fut toujours en vain, et il essuya d’impitoyables rebuffades. Sun Yat-sen ne reçut d’aide étrangère qu’une fois dans sa vie et ce fut l’aide soviétique. Que les lecteurs se reportent au testament du Dr Sun Yat-sen ; ce qu’il y recommande instamment, ce n’est pas de tourner les regards vers l’aide des pays impérialistes, mais de « nous unir avec les nations du monde qui nous traitent sur un pied d’égalité ».
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