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C’est par une nuit de décembre 1969, en plein réveillon de Noël, que s’écrivent les premières lignes de cette intrigue, amenée à tenir la France en haleine et à prendre, au fil des jours, les traits d’une affaire d’État ! Cette nuit du 24 au 25 décembre 1969, en effet, dans le port de Cherbourg : 5 navires de guerre, des vedettes lance-missiles flambant neuves, disparaissent du quai où elles étaient jusque-là amarrées ! Et comble de cette affaire : personne n’a rien vu, ni rien entendu…

Rendu public deux jours plus tard, le dossier est explosif et il embarrasse vite la classe politique française... D’une part, car le préjudice pour l’image du pays sur la scène internationale est immense ! D’autre part, car dans les médias on cherche déjà à établir les premières responsabilités dans ce fiasco.

Reste à savoir où sont donc passées ces 5 bâtiments de guerre ! Quelques jours plus tard, c’est finalement sur les ondes de la radio anglaise, la BBC, qu’on découvre qu’ils sont toujours en mer ! Repérées au large de Gibraltar, les vedettes poursuivraient leur route, à pleine vitesse en direction du Proche-Orient… Et très vite on découvre qu’à leur bord agissent sous couvert d’anonymat des hommes du service action d’un appareil de renseignements étrangers !

Contexte de l'Affaire

Les « Vedettes de Cherbourg » désigne l'une des affaires les plus rocambolesques de détournement de matériel militaire français. En 1965, la France passe un contrat d'armement avec l'État d'Israël pour la construction de six coques de vedettes lance-missiles, six autres sont demandées en 1966 (les bateaux devaient être armés militairement par l'état hébreu) [1]. Un chantier naval de Cherbourg, les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), est chargé de l'exécution de la commande. Une communauté israélienne s'installe à Cherbourg (150 marins en décembre 1969) [1].

L'Embargo et la Ruse

Mais après la Guerre des Six-Jours en juin 1967, le général de Gaulle décrète un embargo sur la vente d'armes à destination d'Israël. Une ruse est alors mise au point : une société norvégienne, la Starboat and Oil Drilling Company, créée pour la circonstance, demande à la France et à Israël de récupérer les vedettes car ces navires, sans armement, l'intéressent, prétendument pour faire de la recherche pétrolière en mer du Nord. L'État hébreu accepte d'autant plus facilement qu'il est à l'origine de la manœuvre par le biais de ses services secrets. Il fournit même les équipages.

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Le Départ des Vedettes

Dans la nuit du 24 au 25 décembre, vers 2 heures du matin, les vedettes prennent le large. Elles arrivent à Haïfa le jour de l'an. L'affaire est révélée le 26 décembre 1969 par une dépêche de l'Agence centrale de presse (ACP).

Réactions et Conséquences

Le ministre de la Défense Michel Debré, pressé de trouver des responsables, sanctionne le général Gazelles et l'ingénieur général Bonte, qui président le comité interministériel chargé de garantir l'exportation régulière des matériels de guerre, le CIEEMG, selon la dénomination officielle. Cela n'empêche pas le gouvernement d'être « quelque peu ridiculisé » [4] et la France d'être la risée des chancelleries.

Selon l'historien Pierre Razoux, le gouvernement français fut informé des intentions israéliennes par l'intermédiaire de ses services de renseignements mais laissa faire, saisissant ce prétexte pour officialiser des contrats d'armements préalablement conclus avec certains États arabes [6].

La construction des douze vedettes résultait de deux contrats signés les 26 juillet 1965 et 14 mars 1966 entre l'État d'Israël et les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), plus connus à Cherbourg sous la dénomination de Chantiers Amiot.

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tags: #lance #pierre #cherbourg #histoire

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