L'histoire des familles Tir et Remadnia est une chronique poignante de violence, de trahison et de règlements de comptes impitoyables sur fond de trafic de stupéfiants à Marseille. Cette saga familiale, enracinée dans les montagnes des Aurès en Algérie, a basculé dans une spirale infernale de vendettas, laissant derrière elle un lourd tribut de morts et de vies brisées. Cet article explore les origines de ce conflit, les événements clés qui l'ont alimenté, et les conséquences dévastatrices pour les familles impliquées et pour la ville de Marseille.
Tout a commencé avec le cannabis, au début des années 2000. Dans la cité Font-Vert, des membres de deux familles, les Tir et les Remadnia, tous deux originaires des Aurès en Kabylie, se partageaient ce marché en plein essor. D'un côté, les Tir, autour de Saïd, figure emblématique du banditisme marseillais ; de l'autre, les Remadnia, dont Mehdi, dit « l'Ours de Font-Vert ». Ce partage de territoires de la drogue va rapidement dégénérer en une guerre ouverte entre ces cousins germains, autrefois unis par des liens familiaux étroits et des étés partagés en Algérie.
L'affrontement trouverait aussi son origine dans une légende urbaine persistante. En avril 2010, Farid Tir et sa femme enceinte auraient été séquestrés par des voleurs venus de Marignane, qui cherchaient à dérober une somme importante à leur domicile. La femme de Farid Tir aurait perdu son bébé à la suite de cette agression. Bien que cet événement n'ait jamais été corroboré par des preuves concrètes, il a alimenté la haine et la soif de vengeance entre les clans.
La vendetta entre les Tir et les Remadnia a été marquée par une série d'assassinats ciblés et de tentatives de meurtre, semant la terreur dans les quartiers nord de Marseille et au-delà.
Voici une chronologie des événements les plus marquants :
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Outre ces assassinats, plusieurs membres des familles Tir et Remadnia ont échappé de justesse à la mort.
La vendetta entre les Tir et les Remadnia est inextricablement liée au trafic de stupéfiants, en particulier au contrôle des points de vente de cannabis et de cocaïne dans les quartiers nord de Marseille. Ces points de deal, extrêmement lucratifs, sont sources de convoitise et de rivalités sanglantes.
La drogue, fléau des cités phocéennes, a corrompu le tissu social et familial, entraînant des jeunes dans une spirale de violence et de criminalité. L'appât du gain facile et le désir de pouvoir ont exacerbé les tensions entre les clans Tir et Remadnia, les poussant à s'entretuer pour le contrôle du territoire et des ressources.
L'histoire de la famille Tir est un mélange complexe d'intégration réussie et de dérive délinquante. Arrivés d'Algérie dans les années 1950, Mahboubi Tir et sa famille se sont installés dans le bidonville de Saint-Barthélemy, à Marseille. Mahboubi, surnommé « Monsieur Tir », était un homme respecté et aimé dans son quartier, connu pour sa générosité et son sens de la communauté. Il a ouvert un commerce d'alimentation qui est devenu un lieu de rencontre et d'échange pour les habitants du quartier.
Cependant, malgré cette intégration réussie, certains membres de la famille Tir ont basculé dans la criminalité. Saïd Tir, neveu de Mahboubi, est devenu une figure du banditisme marseillais, impliqué dans le trafic de stupéfiants et les machines à sous. Ses activités criminelles ont jeté une ombre sur la famille Tir, contribuant à la stigmatisation et à la marginalisation de ses membres.
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La vendetta entre les Tir et les Remadnia a créé un climat de peur et de suspicion généralisé dans les quartiers nord de Marseille. La logique de la vengeance alimente le conflit, chaque assassinat entraînant une riposte, créant ainsi un engrenage fatal de violence et de mort. Les policiers et les magistrats ont du mal à briser ce cycle, malgré les arrestations et les condamnations.
La vendetta entre les Tir et les Remadnia s'inscrit dans un contexte plus large de montée de la violence criminelle à Marseille. La ville est confrontée à une « mexicanisation » de la criminalité, avec des gangs de plus en plus jeunes et violents qui se disputent le contrôle du trafic de drogue.
Le déclin du marché du cannabis et l'essor de la cocaïne ont exacerbé les tensions entre les gangs, entraînant une augmentation des règlements de comptes et des assassinats.
| Date | Événement | Victime(s) |
|---|---|---|
| Avril 2011 | Assassinat | Saïd Tir |
| Juin 2011 | Assassinat | Akim Grabsi |
| Avril 2012 | Assassinat | Farid Tir |
| Juin 2014 | Assassinat | Karim Tir |
| Juillet 2014 | Assassinat | Zakary Remadnia |
| Août 2019 | Assassinat | Farid Tir |
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