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Comme tous les pays de l’ex-Union soviétique, l’Ukraine a été abondamment pourvue de fusils d’assaut AK-47 et AK-74. Mais ces armes ne seront bientôt plus utilisées par l’armée ukrainienne : trois ans après le début de l’invasion russe, cette dernière est en train de doter ses unités de première ligne de carabines automatiques UAR-15 qui, de conception américaine, sont en grande partie fabriquées localement. C’est en effet ce qu’a rapporté le site britannique Forces News.

L'UAR-15 : Une Alternative Moderne

Cette décision a été prise après des essais de cette nouvelle arme effectués par les soldats de la 15e brigade de la Garde nationale ukrainienne. « Il est plus maniable, plus pratique et, une fois rodé, très précis », avait témoigné l’un d’eux auprès de l’agence Reuters, en juillet dernier. L’autre avantage de l’UAR-15 est qu’il est possible de lui ajouter des accessoires tactiques, comme des viseurs ou des dispositifs de réduction de bruit.

En outre, cette armée, de calibre 5,56 x 45 mm, pourra utiliser les munitions développées par Brave 1, la plateforme d’innovation ukrainienne dédiée à l’armement, pour la lutte antidrone. « La guerre a beaucoup changé. Les drones constituent désormais la plus grande menace, et ce sont eux qui frappent le plus nos positions, ainsi que l’infanterie lorsqu’elle est en mouvement », a expliqué un soldat ukrainien se faisant appeler « Yakusa » et dont les propos ont été rapportés par Forces News. Aussi, a-t-il ajouté, « nous nous exerçons à viser des drones avec l’UAR-15 ».

En outre, l’UAR-15 pèse 600 grammes de moins qu’un AK-47, ce qui peut permettre à un fantassin d’emporter éventuellement plus de munitions. « La logistique est très compliquée maintenant et on doit de plus en plus parcourir de longues distances à pied. Aussi, c’est incontestablement un avantage considérable. Comme on dit, même une aiguille est lourde en voyage », a fait valoir un autre soldat ukrainien. La carabine UAR-15 est presque entièrement fabriquée en Ukraine, seul son canon étant importé des États-Unis. Du moins pour le moment car il devrait être produit sur le sol ukrainien à partir de l’an prochain.

Le Trafic d'Armes : Un Enjeu Européen

Jean-Charles Antoine : Par nature, il est impossible de quantifier le trafic d'armes illégales. On ne peut qu'avoir une évaluation par rapport aux saisies. En France, 4 à 5 000 armes sont saisies chaque année, dont une part infime de Kalachnikovs (5%). On peut toutefois avoir une idée de la production d'armes sur un temps long.

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Une des sources de ce trafic illégal en Europe est la Transnistrie, une région située dans la partie orientale de la Moldavie à la frontière de l'Ukraine. En 1992, la Transnistrie s'autoproclame indépendante, russophone et russophile.

J-C. A. : Il faut partir de la Guerre froide, des rivalités internes au "bloc soviétique" et de la course aux armements face à l'Occident. La Yougoslavie a produit ses propres armes dans l'usine Zastava, sous contrôle serbe. Après les conflits dans les Balkans qui ont suivi la chute de l'URSS, celles-ci sont restées aux mains de la population qui avait combattu. Une partie importante des armes européennes a donc été concentrée dans les zones de conflits comme en Bosnie, en Serbie, voire dans des caches aux abords de la frontière serbe comme en Hongrie.

Egalement en rivalité avec Moscou et avec la Yougoslavie pendant la Guerre froide, l'Albanie a quant à elle importé puis produit des Kalachnikovs depuis la Chine.

Les Routes du Trafic

J-C. A. : En Transnistrie, en Yougoslavie et en Albanie, le grand banditisme a peu à peu récupéré ces armes. Dans la seconde partie de la décennie 1990, le trafic s'est étendu en Europe occidentale. Aujourd'hui, beaucoup sont encore dans des caches, en Europe centrale et orientale. Un certain nombre part en Ukraine, le conflit étant un appel d'air pour la vente d'armes comme auparavant dans les Balkans. Et comme cela risque d'être le cas dans les mois ou les années à venir en Macédoine, où les Albano-Kosovars sont au centre des tensions ethniques.

J-C. A. : Sur Internet on peut se procurer, de manière tout à fait légale, une arme démilitarisée, donc hors d'usage. Ce qui est illégal est de la rendre à nouveau utilisable par la suite. La France est le pays d'Europe où les normes de démilitarisation sont les plus strictes. C'est à Saint-Etienne (au banc d'épreuves) que les armes sont contrôlées et neutralisées, notamment pour les collectionneurs qui souhaitent les conserver. Les autres pays d'Europe font de même, mais avec parfois des standards moins drastiques. Donc une arme peut être considérée comme légale dans un pays et illégale dans le pays voisin.

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Mais avec l'espace Schengen on ne contrôle plus nécessairement leur circulation entre pays membres. La jurisprudence française (arrêt Barbe et Butel, 1996) stipule qu'au titre de la libre circulation des marchandises, une arme neutralisée n'est plus une arme et peut dès lors être importée en France, à condition toutefois que sa neutralisation ait été effectuée conformément aux normes françaises. Le seul moyen de le vérifier étant de faire contrôler son arme à Saint-Etienne, beaucoup "oublient" de le faire car l'opération est coûteuse.

J-C. A. : En Bulgarie, lors de la transition politique de 1989-90, plus de 5 000 sociétés de sécurité privée se sont installées à Sofia en quelques mois. Celles-ci ont récupéré des armes dans les arsenaux, qui peuvent circuler aujourd'hui facilement. Avec le grand banditisme, la Bulgarie et la Roumanie sont deux pays particulièrement touchés. La Belgique est un cas particulier. La proximité géographique avec de nombreux autres Etats (qui nécessite une coopération internationale plus importante), l'accès à la mer (le port d'Anvers est une plaque tournante du trafic d'armes), la division administrative du pays, la présence et la rivalité de clans albano-kosovars et tchétchènes qui ont mis en place des structures de grand banditisme (produits stupéfiants, prostitution, immigration clandestine)… tous ces facteurs facilitent la circulation d'armes dans le Royaume, et jusque dans la région lilloise. On l'a vu notamment avec les frères Kouachi et Amedy Coulibaly.

J-C. A. : C'est un autre cas particulier. Dans ce pays de chasseurs, 80% des armes sont des fusils de chasse et des fusils à pompe. La législation d'avant 1995 permettant d'en acheter plus facilement, leurs propriétaires les ont depuis conservées. Il faut y ajouter les armes conservées par les anciens résistants, en grande partie des Colt 45 américains, devenus l'arme mythique du grand banditisme jusqu'aux années 1990.

Qui Utilise Ces Armes ?

J-C. A. : En premier lieu, il s'agit des membres du grand banditisme. Enfin, le collectionneur qui veut vivre de sa passion sans nuire à la société. Une infime minorité se retrouve dans l'illégalité en remilitarisant une arme neutralisée, ou en revendant une partie de sa collection.

J-C. A. : Pas nécessairement. Tout porterait à croire que cette légalisation ne change rien. Les armes sont là pour protéger les filières de produits stupéfiants : en cas de légalisation, ceux qui tiennent ces filières trouvent d'autres produits illégaux à vendre, pour continuer à échapper à l'impôt notamment.

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La Lutte Contre le Trafic d'Armes

J-C. A. : Actuellement, tous y répondent avec des procédures judiciaires. Tant l'Union européenne avec des groupes d'experts, que les Etats en effectuant des saisies. Depuis plusieurs années, la coopération entre Etats et entre forces de police est de plus en plus efficace. Mais l'Union européenne devrait surtout travailler sur la coopération entre Etats et détenteurs légaux. Le danger, c'est de stigmatiser ces détenteurs : s'ils sont montrés du doigt ils auront plus tendance à agir dans la clandestinité.

La création d'une agence européenne dédiée à la lutte contre le trafic d'armes, comme il en existe aux Etats-Unis avec l'ATF, la protection des détenteurs légaux ayant des problèmes financiers pouvant les amener à revendre, ou qui sont dans l'illégalité sans le savoir, sont des pistes particulièrement intéressantes. Enfin, il faut plus d'harmonisation légale entre pays européens pour mieux définir les armes qui relèvent de la légalité et celles qui n'en relèvent pas, ou pour rendre les armes traçables comme le propose la Suisse. Mais on touche ici à un attribut fondamental de la souveraineté des Etats qu'ils ne sont pas prêts à abandonner.

Focus sur l'Artillerie : Le CAESAR de Nexter

Vu son succès commercial comme sur les champs de bataille ukrainien, le canon de 155 mm porté sur camion CAESAR de Nexter, est l'un des meilleurs systèmes d'artillerie du moment, alliant une importante mobilité à une grande précision et une portée étendue. Toutefois, le canon de Nexter est souvent incompris, notamment du point de vue médiatique. En effet, son objectif n'est pas de se substituer à l'artillerie automotrice sous casemate, comme le PZh2000 allemand, le K9 sud-coréen ou le M109 américain, mais de proposer une nouvelle approche pour l'artillerie tractée.

Comme le montrent les très importantes pertes de canons M777 américains livrés à l'Ukraine, l'artillerie tractée souffre de manière évidente de ses temps de latence pour la mise et la levée de batterie, rendant ces systèmes vulnérables aux tirs de contrebatterie ainsi qu'aux munitions rôdeuses.

C'est ainsi que 67 des 142 M777 envoyés en Ukraine ont été référencés détruits ou endommagés (50 % de pertes), contre seulement 4 des 30 CAESAR 6x6 envoyés par la France (13 %), et un unique Pzh2000 allemand sur 28 exemplaires livrés (3,5 %).

En effet, l'innovation soutenant le CAESAR, réside dans l'intégration dans un unique équipement de l'ensemble des dispositifs nécessaires à la mise en oeuvre d'un système d'artillerie, tout en se rapprochant le plus possible des couts d'un système comparable tracté.

En d'autres termes, le système d'artillerie français se veut bien davantage une alternative au M777 américain ou au TRF1 français, qu'au PZH2000, Krab et autres M109, dont il ne coûte le plus souvent que le tiers des couts, parfois encore moins.

Le CAESAR en Inde

C'est dans ce domaine que l'Armée indienne vient d'entreprendre de larges consultations industrielles en vue d'acquérir jusqu'à 1200 canons d'artillerie modernes et désignés tractés, pour remplacer les canons FH77 et M46 actuellement en service.

Jusqu'à présent, celle-ci devait se tourner vers le canon tracté Dhanush développé localement, 114 exemplaires ayant été commandés et en partie livrés à partir de 2016. Toutefois, l'état-major de l'Armée indienne semble désormais vouloir se tourner vers un système jugé plus fiable et plus performant que ce dernier, mais aussi que le nouveau Advanced Towed Artillery Guns (ATAGS) développé par la DRDO, l'agence de l'armement nationale.

Or, dans une telle compétition, le canon de Nexter a de nombreux atouts à faire valoir, même s'il va plus loin en termes de capacités que le cahier des charges indien ne semble le réclamer.

En premier lieu, le système d'artillerie français a largement fait ses preuves au combat, y compris face aux systèmes d'artillerie russes dont l'artillerie chinoise est fortement inspirée. Par son allonge, sa précision, et son intégration, il est capable de se mettre en batterie, tirer 6 obus et quitter la zone de tir en moins de 3 minutes, le préservant des ripostes adverses.

Le CAESAR en Ukraine : Efficacité et Vulnérabilité

Au total, l’armée ukrainienne a reçu 49 Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm [CAESAr], dont 18 lui furent donnés par l’armée de Terre en 2022. En janvier, Kiev en a commandé 12 autres auprès de Nexter [ou KNDS France], lesquels ont été prélevés dans l’inventaire de l’artillerie française afin de ne pas perdre de temps. Enfin, au même moment, le Danemark lui a remis les 19 qu’il avait acquis en version 8×8.

Selon un document qui répertorie les pertes subies par les forces ukrainiennes et russes depuis le début de la guerre déclenchée par Moscou le 24 février 2022,six de ces obusiers automoteurs ont été détruits [cinq CAESAr 6×6 et un CAESAr 8×8]. Dans la plupart des cas, ils ont été touchés par une munition téléopérée [MTO, ou drone kamikaze] de type Lancet qui, produite par une filiale du groupe Kalachnikov, a une portée maximale de 40 km.

Évidemment, cela pose la question de leur protection contre les drones, ce qui pourrait passer par l’ajout de capacités défensives ou bien par l’amélioration de leur camouflage.

Pour rappel, la portée d’un CAESAr est d’environ 40 km, avec une capacité de tirer six coups en une minute, la sortie de batterie se fait en moins de deux minutes, ce qui limite le risque d’un tir de contre-batterie.

Cela étant, selon le témoignage d’un officier ukrainien récemment rapporté par le quotidien Le M.nde, le CAESAr ne serait pas exempt de critiques. « Votre canon automoteur CAESAr tire très vite et avec une précision d’orfèvre. Mais je l’utilise très peu parce qu’il est très vulnérable et mal adapté aux réalités de la guerre », a confié le colonel Yan Iatsychen, commandant de la 56e brigade d’infanterie motorisée de l’armée ukrainienne.

La « taille importante » de l’obusier, avance Le M.nde, en ferait une « cible prioritaire » pour les drones russes. « Si je le sors en terrain découvert pour tirer, il devient la cible de tirs de contrebatterie au bout de trois à quatre minutes. Je n’ai pas le temps de l’évacuer hors de la zone de danger », a continué l’officier, qui a dit préférer le canon [tracté] américain M777… Or, 77 de ces pièces d’artillerie ont été détruites ou endommagées, sur environ une centaine …

Puis il a tenu des propos encore plus surprenants… « Cette dame [le CAESAr] aime trop la propreté. Ses opérateurs sont comme des chirurgiens, toujours avec des gants et des couvre-chaussures, contraints de dormir dedans pour ne pas la salir ».

Quoi qu’il en soit, le ministère ukrainien de la Défense ne partage pas la même appréciation du CAESAr que le commandant de la 56e brigade d’infanterie motorisée. Via un communiqué publié le 24 décembre, il a dit souhaiter en « acquérir davantage » pour répondre aux besoins » de ses forces armées.

« Les CAESAr ont démontré une grande efficacité et une grande précision au combat », a fait valoir le général Ivan Gavryliuk, le vice-ministre ukrainien de la Défense. « Il est très important pour l’Ukraine d’augmenter sa puissance de feu grâce à la fourniture de systèmes d’artillerie par les alliés », a-t-il ajouté.

Ce sera justement la raison d’être de la création, en janvier prochain, d’une « coalition artillerie » qui, devant être dirigée par la France, viendra ainsi s’ajouter à celles précédemment mises en place pour les avions de combat F-16, la défense aérienne et les chars Leopard.

Cela étant, l’armée ukrainienne entend améliorer la conduite de tir du CAESAr en ayant recours à l’intelligence artificielle.

Le CAESAR et la Colombie : Un Possible Retour en Scène ?

En mai 2022, à l’issue d’une âpre compétition l’ayant opposé à l’ATMOS israélien et au Yavus turc, le système d’artillerie sur roues CAESAR de Nexter était sorti vainqueur, le Général Carlos Moreno, commandant en second des forces armées colombiennes, s’était rendu en France pour négocier l’acquisition d’au moins quatre unités auprès de Paris.

Et, en décembre 2022, c’était au tour du ministre de la Défense colombien, d’annoncer la commande de systèmes CAESAR, concomitamment à l’échec des négociations autour de l’acquisition de 3 à 4 des Rafale que devait acquérir Bogota, dans un contexte budgétaire et politique très particulier.

Mais, petit hic, comme ce fut le cas pour Dassault au sujet du Rafale en Colombie, Nexter et les autorités du pays ne parvinrent pas à s’entendre sur la fenêtre de temps très réduite qui leur était offerte. En dépit de performances supérieures lors des essais, le CAESAR fut donc abandonné au profit de l’ATMOS de l’israélien Elbit, dont Bogota annonça la commande de 18 exemplaires.

Il est vrai que, contrairement à l’industrie de défense française dont la présence en Colombie demeurait relativement modeste, les équipements de défense israéliens étaient très présents au sein des armées colombiennes, dont les forces aériennes mettent en œuvre 24 avions de combat Kfir ainsi que l’ensemble des systèmes d’armes y attenant. Ce à quoi on peut ajouter que les forces terrestres colombiennes emploient le fusil d’assaut Galil israélien, ainsi que le missile antichar SPIKE,et prévoyaient d’acquérir le système antiaérien Barak MX de IAI.

Mais tout risque fort de changer : la récente brouille diplomatique sévère entre Bogota et Jérusalem, sur fond d’intervention israélienne à Gaza, et la décision israélienne de suspendre l’ensemble des contrats de défense avec la Colombie, est lourde de conséquences pour les armées colombiennes. En revanche, elle pourrait bien paver la voie pour un retour du CAESAR dans le pays.

Quelles sont les origines de la brouille israélo-colombienne ? Cette dispute, qui aboutit à la suspension des contrats de défense israéliens en Colombie, est la conséquence d’un échange houleux entre le président colombien Gust...

L'Héritage de Mikhaïl Kalachnikov

Il a inventé le fusil d'assaut le plus populaire au monde, mais il n'avait pas un sou. Le Russe Mikhaïl Kalachnikov, inventeur de l'AK-47, plus connu sous le nom de "kalachnikov", est mort lundi 23 décembre, rapportent des agences russes. Il était âgé de 94 ans et avait été hospitalisé cet été.

Qui était Mikhaïl Kalachnikov ?

D'après un portrait de la BBC, Mikhaïl Kalachnikov naît dans une famille nombreuse (18 enfants) de paysans pauvres, en Sibérie, dans le Sud-Est de la Russie, en 1919. En 1930, il est déporté avec sa famille dans la région de Tomsk, explique Le Monde. Les conditions de vie sont très dures dans son kolkhoze (une ferme collective).

Inventeur autodidacte, il est enrôlé dans l'armée pendant la seconde guerre mondiale. Rattaché à une division de chars, il invente d'abord un système permettant de compter le nombre de munitions tirées par la mitrailleuse. Blessé en 1941, il est évacué.

L'Avènement de l'AK-47

Son célèbre fusil d'assaut, le modèle Avtomat Kalshnikova, voit le jour en 1947, ce qui lui vaut l'abréviation d'AK-47. L'armée rouge en est dotée deux ans plus tard. Aujourd'hui, on estime qu'il y a 100 millions d'AK-47 en circulation dans le monde et qu'il est en service dans 80 armées.

D'après l'agence russe Ria Novosti, Mikhaïl Kalachnikov était "l'homme le plus décoré de la Russie". A lui seul, il a créé à peu près 150 armes diverses. Le constructeur avait confié à l'AFP en 2000 être très affecté par la fin de l'URSS et il n'hésitait pas à défendre le système communiste "où tout n'était pas si mauvais".

Pourquoi un tel succès pour son fusil ?

Le fusil AK-47 est "extrêmement simple, fait pour un soldat qui n'a pas de diplômes", a expliqué son inventeur. Robuste (elle survit à tous les climats, on peut même tirer sous l'eau), fiable, simple d'utilisation, et surtout pas chère, l'arme connaît un immense succès. La "kalach" vaut à son inventeur le respect de tous les spécialistes. Uzi Gal, l'inventeur israélien de la mitraillette Uzi (mort en 2002), avait confié à Kalachnikov : "Vous êtes un constructeur inégalé et le plus compétent."

Dans les conflits africains, on surnomme parfois l'arme "corne de gazelle", en raison de son chargeur recourbé, écrit Slate Afrique. Elle est souvent copiée et, selon l'inventeur lui-même, "la moitié sinon plus (des kalachnikov produites) sont des armes fabriquées en contrebande". Rebelles et guérilléros l'apprécient car elle ne nécessite pas vraiment de formation. "Son imprécision relative n'a guère d'importance dans les combats rapprochés, les affrontements de rues et les embuscades, qui sont les situations où l'arme est la plus souvent utilisée", explique Slate Afrique. Son expansion est telle, qu'elle a "réécrit les règles de la guerre moderne", écrivait Wired (en anglais). Signe encore de son influence, elle figure sur les armoiries de six pays.

En Europe aussi, l'arme fait florès. En France, après des braquages ou des règlements de compte, il n'est pas rare de retrouver sur le sol des douilles de 7,62 mm, le calibre de la kalachnikov. Importé d'ex-Yougoslavie ou d'anciens pays du bloc de l'Est, le fusil se négocierait entre 2 000 et 2 500 euros, selon BFMTV.

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