Depuis sa première campagne en 2016, le slogan de Donald Trump "Make America Great Again" est omniprésent. Il couvre pancartes, t-shirts et surtout casquettes, au point d’être devenu une marque.
C’est un "détail" qui interpelle de nombreux internautes.
Sur plusieurs images relayées par les médias américains et les réseaux sociaux, on peut voir que Thomas Matthew Crooks, 20 ans, portait un t-shirt de la chaîne Youtube Demolition Ranch, ce samedi 13 juillet, lors de sa tentative d’assassinat de Donald Trump.
Suivie par 11,6 millions d’abonnés, cette chaîne Youtube a été créée par un passionné des gros calibres.
Sur le devant, le slogan Demolitia. Sur la manche droite un détournement du drapeau américain. Dans ses vidéos, on peut le voir tester toutes sortes de revolvers, de fusils et autres mitraillettes dans des mises en scène spectaculaires, teintés d’humour noir.
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Presque banal dans un pays où en dépit des fusillades à répétition, une majorité de citoyens restent attachés au droit de posséder une arme à feu garanti par le deuxième amendement de la Constitution.
"Hier soir, c’était la folie", a écrit Matt Cariker dimanche sur le réseau X, alors que sa marque était associée à Thomas Matthew Crooks. "Des chaînes d’information m’ont appelé pour savoir si j’avais déjà parlé au tireur. L’enfer ! Ça craint de voir des articles où on nomme trois personnes, le tireur, Trump et moi", ajoute-t-il, promettant à ses abonnés une vidéo sur le drame à la Une de l’actualité.
Dans une vidéo récente, Matt Cariker s’insurge contre la décision récente de Youtube de restreindre l’accès de ses contenus aux mineurs, regrettant une époque où, à moins de tuer quelqu'un dans une vidéo, la censure n'existait pas. Dévoilant les statistiques de ses vidéos vues sur la période du 22 mai au 18 juin dernier, il montrait qu’elles n’avaient touché que 2,6% de 13-17 ans. Son public majoritaire : 34% de 25-34 ans et 27,8% de 18-24 ans, la tranche d’âge de Thomas Matthew Crooks.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le jeune homme est issu de la classe de la moyenne et ne souffrait d'aucun trouble mental spécifique. Des camarades de classe décrivent un garçon "calme" et "discret" et affirment qu’il faisait l’objet de moqueries et de harcèlement, notamment en raison des tenues de chasse qu’il portait à l’école. L’arme qu’il a utilisée samedi lors du meeting, un fusil semi-automatique de type AR-15, a été achetée légalement par son père.
En l’espace de quinze jours, les déclarations du président américain sur les armes à feu, qu’il se dit désormais prêt à encadrer davantage, ont beaucoup fluctué.
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La tuerie du lycée de Parkland (Floride), le 14 février, au cours de laquelle dix-sept personnes ont trouvé la mort, a relancé une nouvelle fois le débat aux Etats-Unis entre ceux qui réclament un contrôle plus strict des armes et ceux qui y sont opposés, au premier rang desquels la National Rifle Association (NRA), le très puissant lobby des armes à feu.
Dans ce débat, le président américain, Donald Trump, fervent défenseur du deuxième amendement de la Constitution (qui garantit à tout citoyen le droit de porter des armes) et soutenu par la NRA durant sa campagne présidentielle, joue les équilibristes depuis deux semaines.
S’il est resté prudent sur d’éventuelles modifications législatives dans la foulée de la tuerie, son discours a depuis connu des inflexions. Au point que Donald Trump a pris tout le monde de court mercredi 28 février, lors d’une réunion avec des membres démocrates et républicains du Congrès, en déclarant : « Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir. »
Très rapidement, dans sa communication suite à la fusillade de Parkland, Donald Trump a mis de côté le rôle des armes à feu pour focaliser son attention sur celui d'Internet, des films violents et des jeux vidéo.
Une petite semaine après la tragique fusillade de Parkland qui s'est déroulée le 18 février dans l'enceinte du lycée Marjory Stoneman Douglas en Floride, Donald Trump avait expliqué au procureur général Pam Bondi qu'il était urgent de s'intéresser "au rôle d'Internet", à ce qu'y voient "les jeunes et leurs esprits en formation", et aussi "aux jeux vidéo".
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Suite à ce terrible drame, beaucoup de militants anti-armes ont invité Donald Trump à adopter de nouvelles législations en la matière, ce qui semble peine perdue face à un président républicain très largement soutenu par les membres de la très puissante NRA (National Riffle Association).
Dans ce contexte, les réactions et agissements de Donald Trump au sujet des armes à feu sont évidemment scrutés à la loupe, et nombreux sont les Américains à s'agacer de la manière dont le président s'attaque au problème.
Le fait est qu'il existe de nombreuses études démontrant qu'il n'existe pas de corrélation directe entre la popularité des jeux vidéo et le nombre d'homicides par armes à feu déplorés dans un pays. Au contraire, certains des pays dans lesquels les habitants dépensent le plus d'argent chaque année dans leur pratique du jeu vidéo affichent des statistiques dérisoires au niveau des fusillades perpétrées (on pense notamment au Japon ou à la Corée du Sud).
Malgré ces dernières, aux États-Unis, on ne compte plus le nombre de fois où politiques et médias abordent le phénomène des fusillades de masse en blâmant les jeux vidéo.
En 2012, après la tuerie de l'école primaire de Sandy Hook qui avait fait 28 morts, Wayne LaPierre, alors patron de la NRA, n'avait pas hésité à déclarer en conférence de presse : "Les armes ne tuent pas les gens. Les jeux vidéo, les médias et les réformes d'Obama tuent des gens".
Rappelant que le modèle actuel d'autorégulation qui s'applique dans l'industrie du jeu vidéo "a survécu à de nombreux événements dramatiques similaires et récits de causalité explicatifs", ce dernier estime que "passé le choc et le deuil, le récit tombera à l'eau et aucune remise en cause ne sera entreprise".
La NRA avait apporté 30 millions de dollars à Trump lors de la présidentielle de 2016.
La réaction de Donald Trump aux fusillades du week-end montre que le message de la National Rifle Association (NRA) reste dominant à Washington.
Lundi, le président Donald Trump a, une nouvelle fois, réduit les drames à un problème de « jeux vidéo » et de « maladie mentale », reprenant l’argumentaire de la NRA pour qui « ce ne sont pas les armes mais les hommes qui tuent ».
Pour le sénateur Bernie Sanders, un des favoris de la primaire démocrate, le président était « face à un choix », mais il « a décidé de rester du côté de la NRA, dont les lobbyistes et les contributions financières contrôlent le parti républicain ».
À l’inverse, les produits officiels de la candidate démocrate sont bien made in USA. C’est écrit en description de tous les produits dont la fameuse casquette camo de la candidate.
Un emblème de sa campagne depuis le 6 août 2024 et une vidéo de Tim Walz, lorsque Kamala Harris lui a demandé d’être son vice-président. Ce jour-là, il portait une casquette au motif camouflage et dans la foulée de la vidéo, l’équipe de la candidate démocrate a mis en vente une casquette camouflage à 40 dollars estampillée HARRIS et WALZ en lettres orange.
En moins de 24 heures elle était en rupture de stock et aurait généré près de 2 millions de dollars.
Le choix du motif camouflage n’a rien d’anodin puisqu’il est associé à l’idéologie conservatrice, à l’armée et à la défense des armes à feu. L’idée était de se réapproprier les codes de l’électorat républicain. En utilisant le motif camouflage, Harris rappelle qu’elle aussi possède une arme à feu tout comme Tim Walz, vétéran de l’armée, et chasseur.
| Date | Événement/Déclaration |
|---|---|
| 14 février | Présente la tuerie de Parkland comme l'acte d'un déséquilibré mental. |
| 18 février | Accuse le FBI de ne pas avoir empêché la tuerie. |
| 19 février | Se dit favorable à un renforcement du contrôle des antécédents. |
| 20 février | Affiche sa volonté d'interdire les "bump stocks". |
| 21 février | Propose d'armer environ 20% des enseignants. |
| 28 février | Invite les parlementaires à "ne pas avoir peur de la NRA". |
| 12 mars | Revient sur sa promesse de relever l'âge légal d'achat d'une arme. |
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