La balle Brenneke représente l’une des innovations les plus remarquables de l’industrie munitionière allemande du XXe siècle. Cette munition spécialisée, caractérisée par sa forme torpillée distinctive et son système de bourre de feutre intégrée, témoigne de l’évolution des techniques de chasse au tournant du XXe siècle. La société Wilhelm Brenneke GmbH & Co. est réputée pour ses innovations révolutionnaires dans le secteur de la chasse : de la première slug à la dernière munition universelle pour fusils.
L’émergence de la balle Brenneke s’inscrit dans le contexte de la révolution industrielle allemande de la fin du XIXe siècle. L’Allemagne wilhelminienne, en pleine expansion économique, voyait se développer une bourgeoisie industrielle friande de chasse sportive. Wilhelm Brenneke révolutionna cette approche en développant le concept de projectile unique (slug) pour fusil de chasse.
La conception technique de la balle Brenneke repose sur plusieurs innovations majeures qui en font un projectile d’exception. Le corps principal, coulé en plomb durci, présente des hachures longitudinales caractéristiques qui favorisent l’expansion contrôlée lors de l’impact. La bourre de feutre constitue l’élément le plus innovant du système.
L’histoire de Brenneke se caractérise par une innovation constante qui donna naissance à plusieurs gammes spécialisées. La TUG (Torpedo Universal-Geschoß), développée en 1935, marqua une nouvelle étape avec son noyau dur optimisé pour le très gros gibier. L’ère moderne vit naître la TOG (Torpedo Optimal-Geschoß) en 2003, puis la TAG (Torpedo Alternativ-Geschoß) sans plomb en 2007.
L’adoption de la balle Brenneke transforma radicalement les pratiques cynégétiques européennes du XXe siècle. Les sociétés de chasse française adoptèrent massivement cette munition dès les années 1920. L’influence culturelle dépassa le simple cadre technique. La balle Brenneke devint un symbole de modernité dans les milieux cynégétiques, représentant l’alliance parfaite entre tradition et innovation.
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Les balles Brenneke présentent des caractéristiques de conservation remarquables dues à leur composition et à leur design particuliers. La vis centrale en acier constitue souvent le premier élément affecté par la corrosion. Dans les sols acides, elle peut disparaître entièrement, laissant un trou cylindrique caractéristique au centre de la balle. Les hachures longitudinales demeurent généralement visibles même après plusieurs décennies d’enfouissement. La bourre de feutre, matériau organique, disparaît rapidement en milieu humide.
L’identification précise d’une balle Brenneke repose sur l’analyse de plusieurs critères morphologiques distinctifs. La forme de la pointe évolua significativement au cours du temps. Le diamètre de la vis centrale offre un critère de datation fiable : 2,5 mm pour les premiers modèles, 3 mm à partir de 1925, puis 3,5 mm pour les versions modernes. Les marquages éventuels sur la base constituent des éléments d’expertise précieux.
Les balles Brenneke authentiques présentent des hachures longitudinales caractéristiques, une vis centrale spécifique et souvent des marquages « BRENNEKE » gravés. Les balles Brenneke historiques utilisaient principalement du plomb durci avec de l’antimoine (2-5%), la vis centrale étant en acier au carbone.
Les balles Brenneke occupent une place significative dans les collections d’armement et d’histoire de la chasse des principaux musées européens. Le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris expose plusieurs spécimens historiques, dont des exemplaires de la première génération datant de 1895-1900. Les archives Brenneke de Langenhagen constituent une source documentaire incomparable.
Le moule à balle Cal 12 Lyman est un incontournable pour tout passionné de tir ou amateur de rechargement de cartouches. Avec des modèles disponibles en plusieurs grains, ce produit en acier mono cavité offre des balles de type slug de haute qualité.
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Pour choisir le bon moule à balle Lyman, il est essentiel de prendre en compte plusieurs critères. Le poids des balles, exprimé en grains, est un facteur déterminant. La description des caractéristiques techniques de chaque modèle permet de faire un choix éclairé. Les moules en acier mono cavité garantissent une production de balles de type slug de haute qualité.
Pour garantir la longévité de votre moule à balle Lyman, un entretien régulier est recommandé. Après chaque utilisation, il est conseillé de nettoyer soigneusement le moule pour éliminer toute trace de résidus. Il est aussi judicieux de lubrifier légèrement le moule avant de le ranger.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Diamètre (calibre 12) | Environ 18,5 mm |
| Longueur (calibre 12) | 35-40 mm |
| Poids (calibre 12) | 28-31 grammes |
| Matériaux | Plomb durci avec antimoine, vis en acier au carbone |
| Innovations | Hachures longitudinales, bourre de feutre |
L’étude des balles Brenneke révèle bien plus qu’une simple évolution technique : elle dévoile l’histoire de la transformation de la chasse européenne moderne.
AKAH fut créée le 24 septembre 1853 par Monsieur Albrecht Kind à Hunstig. BRENNEKE est réputé pour ses innovations révolutionnaires dans le secteur de la chasse : de la première slug à la dernière munition universelle pour fusils. L’histoire de l’entreprise et la tradition familiale sont étroitement liées. Le développement ultérieur des munitions de chasse de précision est notre privilège et notre responsabilité personnels. Nous sommes connus pour notre véritable innovation made in Germany.
Dans le cas de Wilhelm Brenneke ce phénomène aura été plutôt salutaire et c’est dorénavant son arrière-petit-fils qui entretient la légende car si la balle de chasse moderne telle que nous la connaissons est effectivement le fruit de plusieurs décennies de recherches et de révolutions technologiques (mais aussi de nombreux tâtonnements et débats passionnés), deux personnalités, l’une allemande, l’autre américaine, ont particulièrement contribué à l’avènement de la balistique cynégétique.
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Les inventions de Wilhelm Brenneke et de John Nosler sont en effet à l’origine de la plupart de nos projectiles actuels et bien que près d’un demi-siècle les sépare et que le premier débuta sa carrière armurière comme technicien de génie et le second comme tireur émérite, leur passion commune pour la chasse du grand gibier et la mécanique les incita à poursuivre le même but, à savoir développer de nouvelles balles à la fois plus précises mais surtout plus efficaces.
Précurseur aux multiples talents né en 1865, Wilhelm Brenneke a exercé de nombreux métiers parfois très différents (dans la serrurerie, la construction navale puis finalement l’édition) avant de pouvoir enfin, à 30 ans, combiner sa passion de jeunesse (la chasse, découverte avec son grand-père) à celle de l’armurerie et de la mécanique de précision. Son activité de vente par correspondance d’ouvrages de tourisme lui offrant une bonne assise financière, ce natif de Hanovre fonde ainsi en 1895 à Leipzig la « Fabrique d’armes et de munitions Wilhelm Brenneke » et se fait connaître par son innovant (mais coûteux) mécanisme d’armement et de sûreté automatique à destination des drillings de l’époque.
Si son brevet ne sera exploité par la (déjà) célèbre maison Heym de Suhl que durant sept années, ce premier succès allait lui offrir les ressources nécessaires au développement de trois inventions majeures entre 1897 et 1898, à savoir la première balle en plomb semi-chemisée en alliage pour armes rayées, le calibre 8x72R (première déclinaison « sportive » du 8x57R) et surtout la toute première balle en plomb durci à tête plate, rayures de guidage et bourre en feutre vissée destinée aux armes lisses (fusils).
Alors qu’il s’investit dans divers projets liés à l’industrie automobile et découvre l’urgente nécessité de proposer aux chasseurs des projectiles capables de garantir une mort plus propre et rapide au gibier, il invente un nouveau mécanisme d’éjection pour « Kipplauf » (carabines monocoups), un nouveau calibre (le 8x80) et en 1905 introduit sa fameuse balle « Ideal » qui constituera le point de départ de toutes ses balles conçues par la suite (pointe « molle » et base « dure » pour obtenir une forte expansion sans sacrifier à la pénétration).
La renommée qu’il acquiert au salon de la chasse de Vienne en 1910 va lui permettre d’accélérer le rythme de ses inventions et malgré la perte de ses deux fils lors des combats du Premier Conflit mondial (ce qui expliquera l’entrée de sa fille Elsa au sein de la société dès 1921), il restera très prolifique durant cette période (il crée les calibres 8x64 et 8x65R en 1912 et les fameux 7x64 et 7x65R en 1917).
Pendant les dix années suivantes, il va très régulièrement revoir la structure de son nouveau projet de balle (en diminuant puis en augmentant son coefficient balistique, en dotant sa pointe d’un insert de renforcement en cuivre, en plomb puis en bronze, etc.) et la doter de deux caractéristiques qui la rendront reconnaissable entre toutes : une ceinture en arête coupante et une base en forme de torpille.
Lancée sous sa structure définitive en 1927, sa « Torpedo Ideal Geschoss » contribuera de manière importante au succès des calibres que Wilhelm Brenneke inventera dans la foulée : le 7x72R (« petite sœur » de la 8x72R) et la 9,3x64 la même année (qui rentrera en concurrence avec la.375 de Holland & Holland) ainsi que la 9,3x65R en 1930.
Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les activités sont maintenues à Leipzig et la société Wilhelm Brenneke connaît son apogée ; les ateliers sont agrandis (avec au total plus de vingt employés). La balle pour fusil évolue à plusieurs reprises et prend la dénomination de « Original Brenneke » (il s’en vend plus de 750 000 par an à la fin des années trente), des modifications importantes sont initiées sur la Mauser K98 afin de la transformer en arme de sport à part entière, et enfin la « TUG » (« Torpedo Universal Geschoss ») fait son apparition sur le principe de la « TIG » avec cependant une structure de noyau inversée lui conférant comme principal atout une expansion plus importante et rapide, la destinant notamment à la chasse des gibiers les plus imposants.
Comme souvent l’immédiat après-guerre fut une période complexe et incertaine et entre les saisies répétées et l’intervention providentielle d’un général russe féru de la marque, le 50e anniversaire de la société put tout de même être (modestement) fêté.
L’invention d’un choke amovible rayé pour fusil en 1948 mise à part, Wilhelm Brenneke, désormais accablé par l’âge et les soucis matériels, doit envisager sa succession mais après un déménagement à Berlin Ouest, il décède subitement en novembre 1951 à l’âge de 86 ans. Sa fille Elsa reprend naturellement les rênes l’année suivante et à la faveur de cette liberté d’entreprendre enfin retrouvée, signe en 1955 un contrat de licence avec la « DWM » (« Deutsche Waffen und Munitions Fabriken, AG ») qui perdurera jusqu’à en 1972, année de fermeture de ce plus ancien encartoucheur allemand.
A partir de 1973 sa propre fille, Waltraud Mank, rejoint la direction et parvient à négocier un nouveau partenariat mais avec « RWS » (groupe Dynamit Nobel) cette fois.
L’histoire récente de la société Brenneke est ensuite connue de tous et sous l’impulsion combinée de Peter Mank (qui intègre l’entreprise en créant une division chargée uniquement de la commercialisation des cartouches à balles « Original Brenneke » en 1978) et de la marque « RWS », les « TIG » et les « TUG » profitent à travers toute l’Europe de l’engouement généralisé pour la chasse sportive du grand gibier.
En 1983, après leur retour sur leur terre natale (à Langenhagen près de Hanovre) Waltraud Mank puis sa mère Elsa Brenneke décèdent, c’est donc l’arrière-petit-fils, Peter Mank qui se retrouve seul aux commandes. A l’image du fondateur, il est lui aussi passionné de chasse et de faune sauvage (il n’hésite d’ailleurs pas à prendre part à des initiatives concrètes de protection de l’environnement, notamment en faveur de la loutre dès 1983) et en 1991 après avoir connu le succès avec sa marque d’accessoires (gamme « Venator ») et avoir conquis de nombreux marchés à l’export, il peut enfin rendre hommage à son aïeul en fêtant la 100 millionième « Original Brenneke » produite depuis 1971. En 2015, bien qu’un différend commercial l’oppose toujours depuis de nombreuses années à « RWS » (au sujet des droits d’exploitation de ses brevets) sa gamme de cartouches à destination des fusils mais aussi des carabines continue de s’étoffer.
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