La baïonnette Chassepot modèle 1866 est une arme emblématique de l’histoire militaire française. Bien qu’il soit assez ancien, le M-1866 se retrouve assez facilement en bourses aux armes, ou sur certains sites de vente. Il remplace à la fois la baïonnette à douille et le glaive des troupes à pied M-1831 vulgairement appelé « coupe-choux ». « Une arme de main commode et puissante dans un corps à corps, fixé au canon, il devient baïonnette. Porté dans son fourreau d’acier, il flatte le soldat bien plus que ne peut le faire la baïonnette à douille dans son fourreau de cuir mince.
Fabriquée principalement en acier forgé, la lame est longue, droite et dotée d’une gorge centrale caractéristique pour renforcer la structure sans l’alourdir. La poignée en laiton moulé est munie de quinze rainures, elle intègre un mécanisme de verrouillage avec bouton-poussoir avec lame ressort en acier fixée par un rivet. La croisière comporte une bague avec fermeture ajustée à l’arsenal au diamètre du canon du fusil auquel la baïonnette était attribuée. Un petite encoche a été réalisée afin d’intégrer le tenon à l’extrémité du canon pour améliorer la fixation de la baïonnette.
La lame de type (yatagan), à un tranchant et contre-tranchant et pan creux de 430 mm de long sur chaque face convient parfaitement pour les travaux de bivouac. « Yataghan » est dérivé du mot turc pour « celui qui se couche » pour décrire le profil de la lame à double courbe de descente. La double courbe ajoute de la résistance et de la rigidité, tout en gardant la poignée et le point d’alignement pour une efficacité de poussée.
Le pommeau en laiton, marqué par une jolie patine d’époque, conserve les traces du temps, preuve de son authenticité. La baïonnette proposée ici est en bel état pour son âge : la lame conserve une bonne partie de son poli d’origine, avec quelques marquages d’arsenal visibles. Le fourreau n’est pas fourni sauf mention contraire.
Toutes les baïonnettes possèdent un matricule situé à gauche qui se compose d’une lettre de préfixe (indiquant l’arsenal de la combinaison fusil / baïonnette) et d’un nombre de 1 à 99 999. Les lettres de A à E, en combinaison AB, AC, AD, AE, BC sont réservées aux fusils fabriqués à Châttelerault, de D à E à Mutzig, de F à Q, en combinaison FG, FH, FJ à Saint-Etienne sauf I et O, de R à T, en combinaison RS, RT, ST à Tulle. Les lettres U ou V suivi du matricule, très rarement inscrites sur le fourreau, indiquent que celui-ci est d’importation. En effet, après la fermeture de la manufacture de Mutzig, celles de Tulle, St Étienne et Châtellerault ne pouvant satisfaire à la demande, la firme Cahen-Lyon fut mandaté par l’état pour importer ces armes de l’étranger.
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Le premier est imputable à son ajustage particulier pour chaque arme. Afin de mieux faire comprendre au soldat, que désormais la baïonnette fait partie intégrante de l’armement et non de l’équipement, il est décidé d’adapter en manufacture chaque baïonnette à un fusil précis. Le deuxième inconvénient vient de la position du sabre-baïonnette sur le coté droit du canon. Cette disposition nuit fortement à l’équilibre de l’arme et contrarie les vibrations du canon. Enfin troisième reproche fait à la baïonnette, son fourreau métallique poli-blanc brille et reflète les moindres lueurs. Il cliquette et signale la présence des patrouilles à l’ennemi.
Il est très facile de différencier les porte-baïonnettes Chassepot, Gras et Lebel, mais encore faut-il connaître leurs différences :
Les deux premiers sont décrits dans le règlement de 1879.
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