Je vais vous parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.
Avant la loi de 1995, on pouvait entrer dans une armurerie et ressortir avec un pistolet 22lr a un coup, sur simple présentation d'une carte d'identité.
Le Drulov, c'était un pistolet de 50m libre !!! Pour les gens qui n'avaient pas trop d'argent :-)))
Le Merkuria DruLov 75 fut en son temps le pistolet d’initiation par excellence. Et il le reste.
Fabriqué dans l’ancienne Tchécoslovaquie pendant de longues années, ce modèle a permis la formation de nombreux champions internationaux au « pistolet libre », discipline qui se tire à 50 mètres avec des armes à un coup.
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DruLov (avec deux majuscules - c’est une abréviation!) est un fabricant tchèque d’armes à feu de sport.
L’entreprise a été fondée sous le nom de Lidové Druzstvo Puskaru Lov au début du XXe siècle, spécialisée dans les armes de précision et à air comprimé.
Elle a été nationalisée en 1948 et privatisée à nouveau en 1992.
Arme 22LR commercialisée en URSS et dans les pays de l’Est dès 1966, il est arrivé chez nous peu après au début des années 70.
A partir de 1970, le DruLov d’origine est modernisé avec une poignée type compétition à repose-pouce, repose-index et un bouchon de culasse qui suit les lignes du boitier. C’est le modèle Drulov 70.
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Vers 1975, apparait un modèle encore amélioré à détente réglable et hausse micro-métrique.
Un petit souvenir du Comecon qui tire bien droit pour ceux qui ont fait leurs classes de géographie dans les années 70 ou avant comme moi.
Le Drulov 75 est monocoup, donc point de magasin… Avec 82 cm, ce custom se veut extrêmement compact, tout en assurant la longueur minimale pour un classement en catégorie C.
Le boitier de culasse en acier est en position centrale. De forme rectangulaire, il rassemble l’ensemble des éléments de l’arme.
La fenêtre d’alimentation / éjection est en position supérieure.
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L’arme ne dispose pas de levier de sécurité, la seule commande présente à l’arrière droit du boitier est l’axe de démontage de la culasse.
Cette dernière est une pièce cylindrique se verrouillant par un verrou mobile disposant de deux tenons positionnés à l’arrière.
On y retrouve classiquement un percuteur lancé, son ressort ainsi qu’un extracteur.
C’est sur le verrou de cette culasse qu’est fixée une tige reliée au talon de crosse.
Comme sur l’arme originale, le canon est vissé dans le boitier de culasse. D’une longueur de 25 cm il permet une exploitation intéressante de la munition bien au-delà des 25 m, d’où son excellente réputation de précision à 50 m.
Ce canon n’est plus visible, puisque le silencieux vient le recouvrir sur 46 cm pour un diamètre de 30 mm.
La platine est un modèle du genre pour une arme de match, permettant des lâchers directs et pouvant être réglée à un poids de départ extrêmement léger.
Petite curiosité du Drulov 75, il n’y a pas à proprement parler de « queue de détente », mais un bouton que l’on pourrait apparenter à une tête de vis. Perturbant au départ, mais réellement performant.
Le système n’est pas armé par le mouvement et le verrouillage de la culasse, mais par un levier latéral disposé à gauche du pontet, qui s’apparente à un « Stecher » à armement séparé comme sur certaines armes de chasse.
Dans la pratique, ce système permet de transporter l’arme de manière sûre en dissociant l’approvisionnement de l’armement, ce qui est un point positif, même sur un pas de tir.
Le dispositif permet donc de palier à l’absence d’une traditionnelle sécurité par levier.
La poignée est en bois, fixée par une vis traversante au boitier de culasse. Une peinture noire la recouvre et renforce la sobriété de l’arme.
La crosse est donc constituée d’un tube accueillant une tige en acier directement reliée à la culasse, une plaque de couche en acier l’équipant à son extrémité.
La plaque de couche permet de déverrouiller la culasse par une rotation antihoraire d’un sixième de tour (et inversement pour le verrouillage).
Ayant destiné l’arme à être équipée d’une visée optique (ou optronique), l’arme ne dispose plus d’éléments de visées métalliques.
La partie supérieure du boîtier a été fraisée et filetée, une embase Picatinny mise en place.
On peut donc rapidement et facilement installer la quasi-totalité des montages optiques du marché.
Notons que le corps du silencieux, de diamètre 30 mm permet l’utilisation de colliers pour lunettes du marché afin d’installer des accessoires en option.
L’ensemble de l’arme reçoit une finition Cerakote « Midnight Bronze » du plus bel effet.
La mise en œuvre et l’alimentation sont simples, quoiqu’assez inhabituelles.
La main faible, en l’absence de fut, tient le tube du silencieux à l’avant du boitier pendant que la main forte passe de la poignée à la plaque de couche pour ouvrir la culasse.
Le chargement est pratique, il suffit de déposer la cartouche dans son berceau et de verrouiller la culasse.
L’extraction est fiable, l’éjection demande une action un peu plus franche à l’ouverture, mais en inclinant latéralement l’arme l’étui vide tombe au sol.
En somme des habitudes à prendre.
À bras franc les groupements restent au 10 de la C50, la distance est courte mais permet de trouver ses repères et ses habitudes avec une carabine aussi courte et légère (à peine 1950 g).
Les groupements avec des munitions subsoniques restent groupés dans le visuel de 10×10 cm, ce qui vu la longueur du tube et le grossissement modéré de la lunette sont des résultats très satisfaisants.
Avec le temps, notre carabine a évolué : le point rouge « de secours » - finalement inutile - a disparu au profit d’un montage pour bipied plus léger et plus simple et la lunette Hawk a cédé la place à une lunette Shepherd 4-16×44 FFP installée sur un montage Warne Cantilever 20 MOA dans le but d’emmener la carabine SDS Drulov 75 à 200 et 250m.
Le point fort, en dehors du look et de la précision, demeure la discrétion des tirs.
En subsonique, le son produit est celui d’une petite carabine à air comprimé, sans le claquement « sec ».
Avec des munitions standards comme les Rifle Match, l’arme produit une nuisance sonore extrêmement réduite permettant le tir sans protection auditive, voire sans gêne aucune pour le voisinage.
Concernant l’entretien, comme évoqué, le silencieux n’est pas démontable afin de garantir le classement administratif de l’arme (à l’instar de la majorité des carabines .22 LR à silencieux intégré).
Ainsi, l’entretien cette arme va se réduire aux boîtier, culasse et canon.
Après s’être assuré qu’aucune munition n’est présente dans l’arme, retirer la goupille captive de démontage à l’arrière du boitier et reculer l’ensemble via la plaque de couche.
À l’arrière du tube de crosse, à l’aide d’une clé BTR, enlever entièrement la vis afin de libérer la bague de guidage captive de la crosse.
Une traction supplémentaire permet de sortir la culasse.
Avantage indéniable de ces mécaniques simples, le nettoyage s’effectue facilement.
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