La chasse aux petits gibiers à plumes représente une tradition cynégétique profondément ancrée dans la culture française. Ces espèces aviaires, prisées tant pour leur chair savoureuse que pour le défi qu’elles offrent aux chasseurs, jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes.
Diversité des Gibiers à Plumes
Les petits gibiers à plumes appartiennent principalement à l’ordre des Galliformes et des Columbiformes. Les Galliformes comprennent des familles comme les Phasianidae (faisans, perdrix) et les Tetraonidae (tétras), tandis que les Columbiformes regroupent les pigeons et les tourterelles. On observe des variations significatives en termes de taille, de plumage et de comportement entre les différentes espèces.
La France, avec sa diversité de paysages, abrite plusieurs espèces emblématiques de petits gibiers à plumes :
- La perdrix grise : Oiseau emblématique des plaines agricoles françaises, affectionnant les paysages ouverts avec une mosaïque de cultures céréalières, de prairies et de haies.
- Le faisan de Colchide : Avec son plumage flamboyant chez le mâle, il a été introduit en Europe il y a plusieurs siècles et s’est parfaitement adapté à nos écosystèmes.
- La caille des blés : Le plus petit galliforme d’Europe, migratrice, arrivant en France au printemps pour se reproduire et repartant vers l’Afrique à l’automne.
- Le pigeon ramier : Également connu sous le nom de palombe dans le Sud-Ouest de la France, est un oiseau robuste et adaptable.
Focus sur les Grives
Septembre arrive et les migrateurs aussi ! Des oiseaux migrateurs qui viennent des contrées nordiques et qui, pour certains, passeront l’hiver en France. Des grives, au pluriel ; c’est bien comme cela qu’il faut le dire car les grives, en France, ce sont 4 espèces habituelles et plusieurs espèces occasionnelles. Toutes sont reconnaissables d’abord à une poitrine et un ventre grivellé, densément ponctué de noir ou de marron foncé donc ! Voyons un peu plus en détail les grives habituelles.
- La grive litorne, une grosse grive que les chasseurs nomment » cha cha » ou » kia kia » en raison de son cri caractéristique. Cette espèce est peu commune dans les Maures où elle n’est abondante que lors des vagues de froids qui touchent le » nord » du pays.
- La grive draine, une grosse grive de plus en plus commune par chez nous, en profitant de l’expansion des forêts. L’espèce niche dans les Maures mais les effectifs sont nettement renforcés à partir de la fin septembre grâce aux hivernants.
- La grive musicienne, de taille modeste et de loin la plus abondante en Provence comme dans les Maures. Son cri de fuite » tchic tchic » lui vaut d’être nommer par les chasseurs » la chiqueuse « .
- La grive mauvis, de taille modeste et reconnaissable en vol à ses flancs couleur rouille. Son cri de fuite est un » tsii tsii » qui lui vaut d’être nommer par les chasseurs » la siffleuse « .
Les grives sont très appréciées - gastronomiquement parlant ! - et donc très chassées en France, particulièrement dans le Var. Ce fait est une source de polémique en Europe, entre les pays du sud et les pays du nord. Ces derniers estiment que les populations nicheuses de grive diminuent et que la première raison en serait la chasse excessive faite dans les zones d’hivernage. Mais rien n’arrête nos chasseurs car comme tout le monde le sait » faute de grives, on mange des merles !
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Techniques de Chasse
La chasse aux petits gibiers à plumes requiert des techniques spécifiques, adaptées aux comportements et habitats de chaque espèce :
- La chasse devant soi : Consiste à parcourir le terrain à pied, souvent accompagné d’un chien, pour faire lever le gibier. C’est la chasse de plaine par excellence, procurant de grandes émotions et de grandes joies. La chasse avec chien d'arrêt concerne essentiellement le gibier à plumes (perdrix, cailles, faisans, etc.). Le chien d'arrêt (Braques, Épagneuls, Pointers, Setters, Griffons, etc.….) prend l'émanation du gibier, l'approche, le marque et l'arrête jusqu'à l'arrivée du chasseur. Un grand chien d'arrêt est particulièrement appréciable en plaine.
- La chasse à l’affût : Consiste à attendre le gibier dans un poste fixe, soigneusement choisi en fonction des habitudes de l’espèce visée. On se dissimule dans des secteurs fréquentés par les animaux. Ce mode de chasse permet l'identification précise de l'animal. Elle se pratique essentiellement au lever du jour ou au crépuscule, souvent du haut d'un affût (mirador).
- La chasse à « la hutte » ou à « la tonne » consiste à faire poser les canards sur un plan d’eau, depuis un affût spécialement aménagé, afin de les tirer à portée. La « tonne » dans le sud-ouest (ou la « hutte » dans le Nord et la Picardie ou le « gabion » en Normandie) est une installation fixe ou flottante bien camouflée au bord d’un plan d’eau. Posté aux bords d’un étang, sans bouger, le chasseur attend que les canards viennent se poser. Des formes en plastique ainsi que des appeaux peuvent être utilisés.
- La battue : Une technique de chasse collective, particulièrement adaptée aux espèces comme le faisan ou la perdrix. La battue, ou traque, désigne un espace qui est encadré par des lignes de chasseurs postés souvent à intervalles réguliers. A l’intérieur de la battue, des rabatteurs avec des chiens poussent le gibier vers les lignes de chasseurs.
- La poussée silencieuse C'est une variante de la battue qui se développe dans un souci de meilleure gestion. Lors d'une poussée silencieuse, les traqueurs avancent sans bruit excessif, et sans chien. Les animaux sont dérangés mais ne sont pas pourchassés. Ils se présentent devant l'archer postés sans être en fuite, ce qui permet de bien les identifier pour mieux choisir les animaux "récoltés".
- La chasse avec chiens « leveurs de gibier » se pratique avec des chiens très vifs et très ardents comme le springer ou le cocker. Ils trouvent le gibier (le lapin, le faisan) mais ne l'arrêtent pas et le font partir sans le poursuivre. Ils peuvent travailler dans tous les types de milieux mais excellent dans les broussailles, fourrés, ronciers, etc.
Gestion Durable des Populations
La gestion durable des populations de petits gibiers à plumes est un défi complexe qui nécessite une approche intégrée, combinant connaissances scientifiques et pratiques de terrain. Les plans de chasse et les quotas sont des outils essentiels pour réguler les prélèvements et assurer la pérennité des populations. Cette approche permet d’ajuster les prélèvements en fonction de l’état des populations, assurant ainsi une gestion durable de l’espèce.
Le suivi scientifique des populations est indispensable pour une gestion éclairée. La réglementation de la chasse aux petits gibiers à plumes vise à concilier pratique cynégétique et préservation des espèces. Les périodes de chasse sont soigneusement définies pour chaque espèce, tenant compte de leurs cycles biologiques.
Tableau Récapitulatif des Espèces et de Leur Gestion
| Espèce | Habitat | Techniques de Chasse | Gestion |
| Perdrix Grise | Plaines agricoles | Chasse devant soi, battue | Plans de chasse, gestion de l'habitat |
| Faisan de Colchide | Forêts, zones agricoles | Battue, chasse devant soi | Lâchers, gestion des populations |
| Caille des Blés | Plaines, zones cultivées | Chasse devant soi | Réglementation des périodes de chasse |
| Pigeon Ramier | Forêts, zones agricoles | Affût, approche | Suivi des migrations, baguage |
| Grives | Zones boisées, campagnes | Chasse devant soi, à l'affût | Réglementation des périodes de chasse |
Lexique Cynégétique
La chasse possède un vocabulaire riche et spécifique, voici quelques termes :
- ABATIS et ABATTIS: Petits sentiers formés par les allées et venues des louveteaux autour de leurs liteaux ou repaires.
- ABATTURE: Empreintes laissées sur le sol par les cerfs.
- ACCOUER: Couper avec le couteau de chasse le jarret du cerf sur ses fins.
- ACCOURCIR: Rendre plus courte la laisse du chien.
- ACUL et ACCUL: Extrémité la plus reculée d’un terrier.
- ACHARNER: Faire manger à un chien de la chair d’un gibier pour exciter son goût à chasser.
- AFFAITER: Apprivoiser, dresser un oiseau de proie destiné à la chasse au vol.
- AGRAINAGE: Nourriture distribuée, soit régulièrement, soit au cours de la mauvaise saison au gibier pour le cantonner.
- ANDOUILLER: Ramification des bois d’un cerf.
- APPEAU: Instrument utilisé pour appeler le gibier.
- APPELANT, APPELANTS, APPELANTE: Oiseaux vivants retenus captifs et disposés pour attirer à portée de fusil le gibier par leurs cris.
- BABILLARD et BABILLARDE: Chien qui donne de la voix mal à propos.
- BAUGE, et le verbe BAUGER: Endroit où le sanglier se couche.
- BILLEBAUDE: Chasser à la billebaude, chasser au hasard des enceintes.
- BOUTIS: Empreintes laissées par les boutoirs des sangliers qui cherchent leur nourriture.
- BREHAIGNE: Se dit d’une femelle stérile de cerf, de chevreuil et de daim.
- BROCARD: Chevreuil mâle.
- CANARDIERE: Fusil très long et de fort calibre.
- CASEMATE: Accul du terrier du blaireau.
- CENDREE: Très petit plomb de chasse.
- CERVAISON: Période pendant laquelle le cerf est le plus gras.
- CLABAUD et CLABAUDER: Chien qui donne de la voix mal à propos.
- CLAQUET: Sifflement répété du limier qui s’échauffe sur la voie.
- COUARD: Chien poltron.
- CRECELLE: Instrument dont sont munis parfois les rabatteurs pour faire du bruit.
- DAGUER: Donner un coup de dague à une bête de chasse.
- DAGUET: Cervidé à sa première tête, c'est-à-dire dans sa seconde année.
- DEBUCHER nom et verbe: Se dit d’une bête de chasse lorsqu’elle sort du bois.
- DESACCOUPLER: Au retour du chenil on désaccouple les chiens.
- EPOI (S) - Ce sont les andouillers de l’empaumure.
- FAISANDEAU: Jeune faisan.
- FILANDRE: Toile d’araignée très fine qui se forme dans les voies des animaux.
- FORLONGER: Une bête de chasse qui prend beaucoup d’avance sur les chiens.
- FOUAILLE et FOUAILLER: La partie du sanglier qu’on abandonne aux chiens.
- GABION et GABIONNER: Petite hutte installée au bord d’une mare ou d’un marée.
- GIBOYER: Se dit familièrement pour chasser.
- HALLIER: Endroit composé de fourrés d’épines.
- HARPAIL et HARPAILLE: Harde.
- HOURVARI: Ruse de la bête de chasse qui revient sur sa voie pour mettre les chiens en défaut, on sonne le HOURVARI.
- JOUETTE: Commencement du terrier du lapin.
- LARMIER: Glande oculaire des cervidés.
- LEVRETTER (transitif): courir le lièvre avec des lévriers.
- LITEAU: Endroit où se couchent les loups.
- LOUVETER (intr.): Mettre bas en parlant de la louve.
- MALARD ou MALART: Canard sauvage.
- MERRAIN: Perche de la tête des cervidés d’où partent les andouillers.
- MUNTJAC: Petit cerf du sud-est asiatique.
- NASILLER: Le cerf nasille en enfonçant son boutoir en terre pour y chercher des racines.
- OISELEUR: Celui qui fait métier de capturer les oiseaux.
- OISELIER: Celui qui fait métier d’élever, de vendre des oiseaux.
- PANTENE ou PANTIERE: Filet vertical, utilisé surtout par les chasseurs de palombes dans les Pyrénées.
- PARIADE: Se dit de l’époque à laquelle les perdrix s’accouplent.
- PIQUEUX: Valet qui s’occupe des chevaux.
- PLACEAU: Préparer le placeau d’un piège.
- POUILLARD: Jeune faisan ou jeune perdreau.
- PYROXYLE et PYROXYLEE: Poudres sans fumée.
- QUARTANIER ou QUARTANNIER: Sanglier de quatre ans.
- QUINTEUX: Chien qui chasse tantôt bien, tantôt mal.
- REMBUCHER: Faire rentrer du gibier dans les bois.
- RESSUI: Lieu où se sèchent les bêtes.
- RETRIEVER: Chien qui rapporte le gibier.
- SAUVAGIN et SAUVAGINE: Ensemble des oiseaux au goût de sauvagin.
- SUITEE: Femelle suivie de ses petits.
- TAIAUT ! Et TAYAUT !: Cri du chasseur à la vue du gibier.
- TIERCELET: Mâle de divers oiseaux de proie.
- TROCHURE: Quatrième andouiller.
- VAUTRAIT: Equipage spécialisé dans le courre du sanglier.
- VENAISON: Le cerf, le chevreuil sont en venaison quand ils sont gras.
- VENERIE: Art de la chasse à courre.
- VENEUR: Celui qui dirige la chasse à courre.
- VERMILLER (intra.): Fouiller la terre avec le groin.
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