Le rap français, souvent influencé par des univers sombres et des réalités sociales complexes, n'hésite pas à intégrer des éléments visuels forts, parfois controversés. L'utilisation du fusil à pompe dans les clips musicaux est un exemple frappant, suscitant à la fois fascination et critiques.
Le personnage d’Omar Little, interprété par le regretté Michael K.Williams dans la série The Wire, a marqué le rap français par son charisme et son gros fusil. Le rap français, déjà très influencé par l’univers de The Wire, a régulièrement affirmé son admiration pour ce personnage au grand cœur et au gros fusil. Les fameuses scènes de braquage de dealers ont traumatisé bon nombre de spectateurs, en particulier parmi les rappeurs.
Extrêmement charismatique quand il arrive sur le terrain, Omar fait fuir tout le monde, apparaissant comme un loup au milieu de dealers transformés en agneaux.
Le fait qu’il arrive seul (avec son fusil, certes) sur des terrains bien gardés impressionne d’autant plus. S’il est parfois épaulé par ses acolytes pour tendre une embuscade, il n’hésite pas à s’aventurer en solo sur des territoires pas franchement accueillants.
Comme un personnage de western, Omar annonce parfois son entrée en sifflant l’air de Farmer in the Dell, une ritournelle enfantine que tout le monde reconnaît (en français : Le fermier dans son pré). Une façon de montrer qu’il avance en toute confiance, totalement détendu, prêt à braquer des dealers comme il se préparerait un café.
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L’orientation sexuelle d’Omar a contribué à en faire un personnage atypique. Avant lui, peu de rôles de gangsters ouvertement homosexuels avaient véritablement marqué les esprits. Omar est par ailleurs très éloigné des clichés de la télévision qui précèdent The Wire : selon Monica Michlin, autrice de The Wire : L’Amérique sur écoute le fait “qu’Omar soit gay est d’emblée surcompensé par une accumulation de codes signifiant l’hypermasculinité”.
Dans le petit monde du rap français, qui n’a pas toujours défendu la cause LGBT, a parfois versé dans l’homophobie, et qui a encore beaucoup de progrès à faire de ce côté là, l’admiration pour le personnage d’Omar peut sembler surprenante.
Le clip de « Laisse-nous faire notre biff », de Djadja & Dinaz, deux rappeurs se présentant comme originaires du quartier de la Pierre-Collinet, à Meaux, ne manque pas d'énergie. Entrecoupé de coups de fusil, de carabine et de pistolet tirés par des hommes cagoulés, le clip de « Laisse-nous faire notre biff », de Djadja & Dinaz, deux rappeurs se présentant comme originaires du quartier de la Pierre-Collinet, à Meaux, ne manque pas d'énergie.
Mais s'il a été visionné par des dizaines de milliers de personnes depuis sa mise en ligne, au mois de novembre, il a également éveillé la curiosité des forces de l'ordre. Tournée dans le quartier de Beauval, la vidéo, qui avait été vue un peu plus de 28 500 fois hier soir sur YouTube, montre des tirs répétés dans un parking souterrain et des impacts de balle sur les murs. Ce qui laisse penser que les armes utilisées dans le clip ne sont pas factices.
C'est sur la base de ces éléments que le parquet a décidé d'ouvrir une enquête début décembre, qui a débouché hier, à 6 heures, sur l'interpellation de cinq personnes dans un petit périmètre autour de Beauval. Les enquêteurs précisent que l'analyse de la vidéo leur a permis de « déterminer précisément qui faisait quoi ». Si les arrestations n'ont pas été accompagnées de saisies d'importance -- seulement quelques pistolets à impulsion électrique, un peu d'argent et du matériel lié au trafic de stupéfiants ont été retrouvés --, « des éléments qui prouvent l'infraction » ont été retrouvés chez les suspects.
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La police précise également qu'elle s'apprête à contacter YouTube pour faire retirer la vidéo incriminée. Et, surtout, que l'affaire ne va pas s'arrêter là. « On a quand même des armes à l'image, il est légitime de s'interroger sur leur origine et leur localisation.
Une rixe a eu lieu dans le quartier des Hautes-de-Mardelles, à Brunoy, en Essonne. Un homme de 20 ans a été tué et un autre a été placé en garde à vue. Il s'agirait du rappeur YKM, rapporte Le Parisien. Le jeune homme de 18 ans est soupçonné d'être le meurtrier de son meilleur ami. Il est actuellement entendu par la police judiciaire de Versailles.
Selon le quotidien, les forces de l'ordre ont été appelées pour mettre fin à une rixe entre jeunes de la cité des Hautes-de-Mardelles vers 22 h 45. Une fois sur place, les policiers découvrent un homme au sol pris en charge par les pompiers. Ce dernier a reçu une balle au thorax. Deux autres victimes sont à déplorer : une prise en charge par ses amis et une autre, blessée à l'arme blanche, retrouvée à Villecresnes, dans le Val-de-Marne.
Au téléphone, YMK explique alors qu'au cours de la rixe il a brandi un fusil à pompe pour donner un coup de crosse à l'un de ses agresseurs et que le coup est parti, blessant mortellement son meilleur ami. L'homme âgé de 18 ans appelle à l'aide la police alors qu'un groupe le cherche pour le lyncher.
Le délégué syndical Alliance Claude Carillo a signifié que « l'intervention sur les lieux de l'homicide a été très difficile pour les policiers, qui devaient faire face à des individus qui voulaient se faire justice eux-mêmes ».
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Placés en garde à vue pour « port d'arme de catégorie A ou B, apologie de crime ou de délit, et dégradation volontaire de bien public par arme à feu », les mis en cause ont usé de leur droit de garder le silence durant leur première journée d'audition.
La police précise également qu'elle s'apprête à contacter YouTube pour faire retirer la vidéo incriminée. Et, surtout, que l'affaire ne va pas s'arrêter là. « On a quand même des armes à l'image, il est légitime de s'interroger sur leur origine et leur localisation.
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