La chasse en montagne est une expérience unique et exigeante, particulièrement dans les Pyrénées. Elle nécessite une bonne condition physique, de l'expérience et une connaissance approfondie du terrain et de la faune locale. Cet article explore les différentes techniques de chasse au gibier de montagne dans les Pyrénées, en s'appuyant sur les expériences et les conseils de chasseurs locaux.
Parmi le gibier à poil fréquentant les Pyrénées, l'isard occupe une place de choix. L'isard ne fréquente que les contreforts des Pyrénées. La couleur de la robe de l'isard est légèrement plus rouge que celle du chamois et les taches noires de sa tête sont moins bien marquées. Dans les Alpes, les isards risqueraient de disparaître si les Espagnols ne se montraient plus sages que les Français en les protégeant rigoureusement.
En ce qui concerne les chamois, le mâle est appelé bouc, la femelle chèvre et les jeunes chevreaux, devenus éterlous (mâles) et éterles (femelles) lorsqu'ils atteignent l'âge de 2 ans. Les chamois portent des cornes comme les chèvres et non pas des bois comme les cerfs. La croissance des cornes est liée à la santé et à la forme de l'animal qui les porte. L'adulte arrive au seuil de la vieillesse à partir de ce moment, la base se déforme, des concrétions s'y accumulant qu'on appelle ordinairement des résines.
Il existe différentes techniques de chasse au chamois et à l'isard :
Le tir peut s'effectuer soit avec un fusil à canon lisse, soit avec une carabine.
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La chasse à l'approche, ne permet que rarement un beau tableau car le chamois ne se laisse que très difficilement approcher à la distance minimale pour espérer l'atteindre. Elle se pratique assez couramment dans les Pyrénées, plus rarement dans les Alpes où elle ne peut être pratiquée que par des sportifs accomplis, à cause des difficultés naturelles. Dans cette chasse, il faut avant tout découvrir le gibier et ce n'est pas le plus facile.
Si la recherche se trouve couronnée de succès, il reste à approcher. Elle s'effectue en rampant, en marchant courbé vers le sol, en progressant autant avec les mains qu'avec les pieds, en évitant tout bruit. Arrivé à l'endroit qu'il a repéré pour le tir, le chasseur doit alors se retrouver bien dans sa peau avant de penser seulement à régler la hausse de son arme. L'animal se présente en travers ou le poitrail s'il se présente de face.
La chasse à l'affût demande à la fois une connaissance approfondie des habitudes du chamois et une grande expérience de la montagne.
Comme dans toutes les chasses en battue, celle du chamois s'effectue en poussant le gibier sur les tireurs placés en des points fixes.
Les tireurs se placent à l'affût comme dans une battue, si possible vers le haut, alors que les chiens sont lancés du bas. Ils finissent par le pousser vers les chasseurs qui peuvent alors le tirer.
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Varron, lièvre changeant. Il doit son nom le plus courant, lièvre variable, à son changement de pelage au gré des saisons. Il vit généralement entre 2.500 et 3.000 mètres, montant l'été jusqu'à 4.000 mètres, là où il trouve certaines plantes qu'il aime brouter. Des pierres lui servent de gîte et, l'hiver, il creuse un tunnel sous la neige pour s'y blottir. Pourchassé, il n'hésite pas à se réfugier dans un terrier de marmotte. Habituellement seul, il ne recherche la compagnie de ses rares congénères qu'à la saison des amours. Sa rareté rend sa chasse exceptionnelle.
Autrefois commun dans les Alpes, il en a aujourd'hui quasiment disparu tant il a été chassé. Réfugié sur les plus hauts massifs, à plus de 1 500 mètres dans les Pyrénées et jamais à moins de 400 mètres dans les autres zones. Certains observateurs l'ont comparé à un dindon au plumage noir lustré; la femelle, plus petite, possède un plumage roux feuille morte. Il se nourrit essentiellement des baies et des fruits pendant l'été, des bourgeons résineux pendant l'hiver. Pendant la saison la plus froide, il se tient sur la partie basse des versants où il trouve encore la nourriture nécessaire à sa survie. C'est un gibier très difficile à surprendre car il possède une vue et une ouïe exceptionnelles qui ne font que se développer avec l'âge.
L'hiver venu, ils se dispersent et il ne faut plus guère espérer en lever un que très exceptionnellement. Celle-ci doit se pratiquer de très bonne heure car, dès qu'ils Ont mangé, les coqs se perchent sur les arbres touffus qu'ils affectionnent, voyant venir de loin le danger. De bonne heure donc, le chasseur doit parcourir à bon vent les clairières où ils ont été signalés, en compagnie d'un bon chien d'arrêt. Il faut le tirer avec du 2 ou du 3. Autre chasse du coq de bruyère, qui se pratiquait autrefois: la chasse au chant, à la période des amours, en février. Passé la nuit à lancer son chant d'amour. "tik... tik... tikout... tikout" de plus en plus accélérés.
On l'appelle très souvent perdrix blanche, alors qu'il n'appartient pas à la famille des perdrix mais à celle des tétras. Le lagopède présente la particularité de muer trois fois. L'oeil se présente alors entouré d'une tache noire et d'un sourcil rouge écarlate. Viendra ensuite la tenue postnuptiale, après la mue d'été: des plumes blanches font leur apparition parmi les plumes sombres et le sourcil pâlit. Contrairement aux autres tétras, le lagopède vit en terrain déboisé toute l'année, dans les Alpes et les Pyrénées, aux environs de 2 000 mètres d'altitude. Il se déplace le plus souvent en piétant mais, acculé, il prend son vol très rapidement pour se reposer, pas très loin. Il faut le tirer avec du 6 ou du 7.
En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées. Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation. Prenons l’exemple du vanneau huppé dont il a été montré scientifiquement que les prélèvements n’ont pas d’influence sur la dynamique de populations. Même logique du côté de Commission européenne dont le comité d’experts scientifiques (NADEG) fixe les statuts de conservations des espèces. Certaines de ces espèces sont chassables car ces experts considèrent que la chasse n’a pas d’impact significatif sur leur état de conservation.
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La chasse du grand tétras et du lagopède alpin reste, cette saison encore, techniquement suspendue dans les Hautes-Pyrénées : l’arrêté préfectoral du 26 septembre 2025 fixe le quota de prélèvements à zéro pour les deux espèces. Cette mesure s’inscrit dans la continuité de l’arrêté ministériel du 1er septembre 2022, qui suspend toute chasse du grand tétras en France métropolitaine pour cinq ans. Elle repose sur les données démographiques récentes de l’Observatoire des Galliformes de Montagne, qui constatent une faiblesse des indices de reproduction.
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