Envie de participer ?
Bandeau

Depuis plus d’un siècle, Carl Walther GmbH incarne la précision, la fiabilité et l’innovation dans le monde des armes à feu. Fondée en 1886 par Carl Wilhelm Freund Walther, la firme Allemande a marqué l’histoire avec des modèles légendaires et continue d’influencer l’industrie des armes modernes.

Les Origines de Walther

Pendant des siècles, les régions riches en gisements de minerais ont été des foyers de fabrication d’armes à feu. La région de Suhl et de Zella-Mehlis dans le Land de Thuringe en Allemagne actuelle en est un exemple emblématique. August Theodor Walther, l’un de ces descendants, épousa la petite-fille du réputé armurier Gustav Wilhelm Pistor, originaire d’Asbach-Schmalkalden. Leur fils, Carl Wilhelm Freund Walther, fonda les bases de l’entreprise Walther.

Né en 1858, il établit sa propre entreprise de fabrication de fusils en 1886. Au départ, Walther se consacre à la fabrication de fusils de chasse et de sport. Cependant, au début des années 1900, l’entreprise élargit son horizon grâce à l’initiative de Fritz, le fils du fondateur, qui oriente les efforts vers le développement de pistolets semi-automatiques. Ainsi, en 1908, Fritz et son père dévoilent fièrement le prototype de leur pistolet Modèle 1. L’entreprise continue de lancer de nouveaux modèles de pistolets, et la série se termine en 1920 avec le Modèle 9.

À l’automne 1921, elle conçoit un fusil de chasse à chargement automatique qui connaît un véritable succès commercial. Ce succès encourage la création, en 1932, de plusieurs autres fusils destinés à la chasse, cette fois équipés d’un double canon.

Les Modèles Emblématiques

Walther PP et PPK

Mais le réel coup de maitre de l’entreprise apparait sur le marché en 1929 quand Walther introduit le Modèle PP « Polizeipistole ». Une arme de poing révolutionnaire pour les forces de l’ordre et les tireurs civils. En 1931, Walther lance le PPK « Polizeipistole Kriminalmodell ». Conçu pour être encore plus compact que le PP, ce pistolet devient un incontournable pour les forces de l’ordre et les services de renseignement grâce à sa petite taille et à sa fiabilité.

Lire aussi: Carl Zeiss : histoire et innovation des lunettes de tir

Le Walther PPK et James Bond

Dans les films de James Bond, le Walther PPK fait sa première apparition dans Dr. No en 1962. Dans une scène mémorable, M (interprété par Bernard Lee) ordonne à l’agent 007 (Sean Connery), initialement réticent, d’abandonner son Beretta qu’il utilisait depuis dix ans, au profit du Walther PPK. Bien que plus compact, ce dernier offre une meilleure puissance d’arrêt. L’immense succès mondial des films de James Bond a élevé le Walther PPK au rang d’icône de la culture pop.

Walther P38

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Walther développe le P38 pour l’armée allemande. Un pistolet conçu pour remplacer le célèbre Luger P08. Le Walther P38 innove en matière de sécurité et devient une arme standard de la Wehrmacht.

L'Évolution Post-Guerre

Après la guerre, Walther se relève et se réinvente. D’ailleurs l’entreprise développe le P5 dans les années 1970, ainsi que le P88 en 1988, destinés aux forces de l’ordre et aux tireurs civils. Aujourd’hui, Walther propose des modèles contemporains comme le pistolet PPQ, appréciés pour leur qualité de tir et leur ergonomie. Ces pistolets modernes combinent des matériaux avancés et un design ergonomique.

Aujourd’hui, Walther propose, des modèles adaptés à l’airsoft, au tir de loisir et à la défense. Umarex, grâce à qui Walther a évité la faillite dans les années 1990, a permis le développement de ces variantes.

Pour la défense, il existe des variantes du Walther PDP comme le pistolet de défense T4E Walther PDP Compact calibre .43 qui est une arme non-létale. Cette dernière est idéale pour l’entraînement et la protection personnelle. Dotée d’une capacité de 8 coups, elle fonctionne au CO2 et tire des projectiles en caoutchouc, peinture ou poudre.

Lire aussi: Hommage à Carl Brashear par Oris

Pour le tir au plomb, le pistolet airgun WALTHER PPQ M2 4.5 Blowback avec un chargeur à chaîne pouvant accueillir jusqu’à 21 plombs est proposée par Umarex. Cette version plomb 4,5 mm à culasse mobile du Walther PPQ M2 est entièrement fabriquée sous licence. Confortable et élégant, ce pistolet à plomb constitué d’une carcasse en polymère ravivera les fans de la marque et les tireurs sportifs par son haut niveau de réalisme.

Enfin, pour l’airsoft, le Walther PPK/s en version Gaz Blowback sous licence a été reproduit avec le plus grand soin pour les aficionados de cette arme mythique. Livré avec un silencieux en métal et un chargeur de 13 billes, il se manie, se démonte et fonctionne comme l’arme réelle.

Acquisition de Hämmerli

En 2006, la société WALTHER acquière les marques du fabricant d’armes sportives Suisse Hämmerli fondée près de 150 ans plus tôt. Aujourd’hui, les deux entreprises travaillent ensembles pour produire et innover dans le domaine des armes du tir sportif.

L'Héritage Culturel

La renommée de Carl Walther dépasse le domaine des armes. Les produits Walther, comme le PPK, sont devenus des icônes culturelles, apparaissant dans des films et des œuvres littéraires.

Les Rolling Block suédois

Le Rolling Block suédois s’avéra le fusil à chargement par la culasse au calibre le plus imposant jamais adopté par une puissance européenne. Avec un calibre de 12,17mm il ne fut dépassé que par le Remington « Pontificio » utilisé par les Gardes suisses du Vatican.

Lire aussi: Histoire et performance du Carl Gustaf M96

Le RB suédois (et norvégien) est connu sous diverses variantes dont les différences peuvent s’avérer très « pointues ». Une complication supplémentaire réside dans les exceptions aux standards réglementaires ainsi que dans les échanges de pièces comme les baguettes de nettoyage ou les canons.

Origines des Rolling Block suédois

De 1814 à 1905, la Suède et la Norvège n’étaient qu’une seule et même nation : le Royaume Uni de Suède et de Norvège. Le conflit prusso-danois de 1864 démontra, s’il en était besoin, la supériorité du fusil Dreyse sur les fusils à chargement par la bouche danois. Cet épisode décida la Suède et la Norvège à hâter la mise en service d’une arme à chargement par la culasse.

De 1865 à 1867, la Suède a mené des essais avec des fusils Remington, Peabody, Spencer et Henry. Le premier système avait les faveurs de la commission en charge de ce projet. En 1866, le norvégo-suédois des armes à feu portatives se mit d’accord sur le calibre optimum : il devrait être compris entre 10,5mm et 11mm. Cependant, la Suède avait en inventaire quelques 30 000 fusils de calibre 4 linjer (12mm) à percussion et à chargement par la bouche.

Les norvégiens avaient, de leur côté, 12 000 armes en calibre 4 linjer (la plupart des M1860 Lund and Landmark convertis en chargement à culasse). Afin de limiter l’impact budgétaire d’une telle entreprise, il fut décidé d’un commun accord d’adapter ces lots importants de canons sur des mécanismes Remington (Rolling Block). Il est quand même important de remarquer que les linjer suédoises (2,969mm) étaient légèrement différentes des linjer norvégiennes ! Finalement, un accord fut trouvé pour le calibre des RB : 4,1 linjer suédoises, soit 3,88 linjer norvégiennes. D’où l’origine du 12,17mm.

Remington et le Rolling Block

La firme Remington fut fondée, comme tout le monde le sait, à Ilion, Etat de New-York (eh oui New-York est aussi un des 50 Etats ) par Eliphalet Remington. Le concept de culasse connue de nos jours comme "rolling block" fut breveté en 1863 par Leonard Geiger. Remington demanda donc à son chef designer, Joseph Rider, de s'intéresser à ce brevet, nous étions alors à la toute fin de la guerre de Sécession en 1865. Rider optimisa ce système et aboutit donc au fameux "rolling block" (je ne vais quand même pas vous faire l'affront de traduire ces 2 mots). L'US Navy en fut le premier client en novembre 1866.

Le mécanisme s'avéra d'une résistance à toute épreuve et d'une simplicité extrême impliquant peu de pièces mobiles et surtout très facilement transformable en arme à percussion annulaire ou centrale. Il suffisait de changer le "block" contenant le percuteur, opération effectuée en 2 minutes.

En 1864 le gouvernement US avait commandé 15 000 carabines Remington à percussion annulaire en calibre .56. Cette commande fut suivie d'un autre lot en .46 annulaire. A ces commandes il fallut donc ajouter la commande de l'US Navy de 12 000 Remington. Le succès des RB fut avéré aussi à l'étranger et la firme d'Ilion vendit plus d'un million de RB dans des calibres aussi différents que 12,7mm, 11,7mm, 11,43mm, 11mm, 8mm (Lebel of course! ), 7mm, .50-70, .44, .43 et enfin en .303. A l'époque un RB N°1 coûtait entre $10 et $12.

Le système RB fut adopté en Suède et en Norvège le 8 mai 1867; c'était un dérivé du RB N°1 US. Comme vu plus haut le calibre fut donc le 12,17x42mm (.47) et était appelé localement "kaliber 410".

Le développement du modèle suédois se déroula en 4 phases:

  • l'achat initial de RB complets et de pièces aux USA à la firme Remington
  • la production suédoise de RB
  • la conversion par les suédois de leur vieux fusils à chargement par la bouche
  • la conversion des RB en 8mm

Au final, le RB suédois a été décliné en 11 variantes significatives! Mais en comptant les sous-variantes et adaptations mineures il est impossible d'en connaître le nombre exact.

En général, on reconnait un RB suédois à ces caractéristiques:

  • ils ont tous 6 rayures à droite
  • leurs crosses sont souvent en bouleau teinté "foncé"
  • les plaque de couche 100% suédoises sont en acier
  • les plaques de couche des conversions venant d'armes à chargement par la bouche sont en laiton
  • certains guidons sont en laiton
  • les hausses sont graduées en "pieds" et souvent re graduées en mètres
  • le modèle m/1867 est soit prévu pour la baïo à douille des fusils précédents, soit pour la baïo m/1867 longue (à l'exception des modèles m/1867/1889 qui disposent de leurs propres baïo à douilles raccourcies).
  • les conversions au système RB ont conservé leurs baïo originales (m/1860 ou m/1864)

Les Marquages sur les RB militaires scandinaves

Les RB militaires scandinaves sont généralement marqués comme suit:

Fabricant Marquages Production
Carl Gustav Stads Gevärsfaktori C sous couronne de 104 000 à 124 000
Stockholm Gevärverkstad S et couronne Quantité limitée
Husqvarna Vapenfabriks AB H 83 000
Karlborgs Tygstation Cb et couronne Petite quantité
Hovedarsenalet Christiana, Norvège A et couronne inconnu
Kongsberg Vapenfabrik, Norvège K et couronne 24 000
Kristianstads Tygstation Ch inconnu

Le "H" de Husqvarna n'est pas surmonté d'une couronne étant donné qu'il s'agit d'une entreprise privée.

"Gevärverkstad" correspond à un atelier de l'Armée de Terre et "Tygstation" est un arsenal. Les 3 endroits ayant droit à ces 2 appellations avaient donc les qualifications nécessaires pour entreprendre des réparations lourdes, mais n'étaient logiquement pas qualifiées pour la production de fusils. Néanmoins, les archives suédoises établissent que Stockholm et Karlborg ont produit un nombre limité de fusils et de mousquetons.

Certains RB militaires possédaient un disque de cuivre d'unité (pas encore le modèle connu des M96), voire l'unité était gravée sur la crosse ou sur le dessus de la plaque de couche. Enfin, certains n'étaient pas identifiés du tout.

Unités de production suédoises

L'arsenal d'Etat à proximité d'Eskilstuna, plus connu sous le nom de Carl gustav Stads Gevärsfaktori et situé sur une île sur la rivière Eskiltuna, a fabriqué la grande majorité des RB suédois produits sur place (les m/1867). L'arsenal a été fondé en 1813 à cet endroit pour 2 raisons : la ressource énergétique locale très importante grâce à la rivière citée plus haut, et la tradition locale du travail du métal.

En 1943, la fabrication et la maintenance de tout le matériel militaire fut regroupé au sein d'une entité baptisée Försvarets Fabrikverk (FFV). De nos jours ce qui était Carl Gustav Stads Gevärsfaktori est devenu une petite unité de production appartenant au groupe SAAB. Actuellement elle produit des AK5 en 5,56mm pour les forces suédoises. Elle est sise à 5km à l'Est de son ancienne implantation; il est prévu qu'elle soit à nouveau délocalisée.

L'usine Husqvarna, à côté de Jönköping, au Sud du lac Vättern, a débuté la conversion et la production de RB pour la Norvège à hauteur de 5 000 fusils. La première dotation de RB suédois prit effet en 1868. L'apogée de la production fut atteinte en 1872 avec 18 000 fusils. La dernière commande militaire de RB fut terminée en 1877 pour un total de 79 000 fusils et 2 984 mousquetons sortis de l'usine Husqvarna.

Entre 1874 et 1876, la chute des volumes de commandes militaires a forcé Husqvarna à se diversifier dans des domaines tels que : les machines à coudre, les vélos, les poêles à charbon, les hachoirs à viande ainsi que quelques fusils de chasse civils. En 1877, le premier RB civil en 12,17x44R fut produit à l'usine Husqvarana comme Bakladdningsstudsare N°1, la série continuant jusqu'au type N°27 en 1895. Ces armes de chasse étaient marquées d'un "B" (logique au vu de l'appellation suédoise du modèle).

Husqvarna ne produisit plus de fusils militaires jusqu'au contrat pour les mauser m/96 dans les années 40. Vers 1970, Husqvarna transfèra ses compétences armuriéres au FFV. les locaux sont maintenant devenus un musée.

Conclusion

Carl Walther GmbH illustre l’excellence dans l’industrie des armes à feu grâce à une histoire riche en innovations et à une réputation mondiale. Dès ses débuts, l’entreprise se concentre sur la fabrication de fusils de chasse avant d’évoluer vers des modèles modernes adoptés par les forces de l’ordre et les tireurs sportifs.

tags: #carl #gustav #poudre #noire #histoire #fabrication

Post popolari: