Dans le monde des armes à feu, le terme "bruit de canon de super gros calibre" évoque une puissance et une complexité qui méritent d'être explorées. Cet article vise à définir ce concept et à examiner les facteurs qui influencent la précision et les performances des canons de ce type, en particulier en ce qui concerne l'utilisation de munitions subsoniques.
Partant du fait que nous avons bien souvent entendu des tireurs critiquer la capacité du .22 à performer au delà de 50m, nous avons décidé de “redresser un peu la barre”. Nous allons commencer par définir ce que voudra dire : “ Plus de 50m” ici, et dans ce contexte, pour ce calibre. Et encore, en l'occurrence pour le .22, nous allons rester "modestes" et annoncer 300 mètres. Pour ceux qui "méprisent" la capacité à tirer loin avec une .22, c'est déjà une vaste blague, pour les autres, ceux qui savent, ce peut être encore inférieur à la réalité. Ne désirant donc pas lancer une polémique sur le sujet, nous allons nous borner à décrire nos expériences de terrain : de 0 à 300m.
Bizarrement et contrairement aux gros (.338 à .50) et moyens / "normaux", calibres, compris entre le 6.5 et tous les .308, qu'ils soient "magnums" ou standards, les paramètres habituels concernant la vitesse et la précision sont différents en cal .22 . En effet, tous les calibres militaires ou de chasse, sont largement et plusieurs fois supersoniques. Pour ces calibres, l'idéal pour tirer loin, est de trouver la munition utilisant le meilleur projectile possible, (ayant le plus grand coefficient balistique possible), et la vitesse la plus élevée, tout en restant le plus précis possible.
Ceci dit, même dans ces calibres, la plus grande vitesse, n'est pas forcément celle qui donnera les meilleurs résultats en termes de précision. Ouvrez votre "Sierra Reloading Book" et vous vous apercevrez que les rechargements "précision" et les rechargements "chasse", (souvent, les plus puissants), ne sont pas les mêmes et que si les chasses sont les plus rapides, puissants et vulnérants, ils ne sont pas recommandés dans un but de précision. Nous dirons donc, que vitesse & puissance ne sont pas obligatoirement liées au terme “précision”.
Or pour tirer loin, justement, nous avons besoin du maximum de précision, de la meilleure vitesse possible et de la portée la plus importante utile, pour le calibre utilisé. Qualités toutes - en principe - liées à un coefficient important, (conservation de la vitesse à la distance) et donc, à la vitesse elle-même. Coefficient important car il retarde le moment où le projectile "sortira" des vitesses supersoniques: Un projectile qui passe au-dessous de la vitesse du son est déséquilibré et commence à osciller voire, basculer.
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Raison pour laquelle il est important de déterminer, pour la portée utile d'un calibre, quelle est la distance à laquelle, il va devenir subsonique. Ceci bien entendu, en fonction de l'emplacement de tir (altitude), pression, hygrométrie, température ambiante. Vous avez donc intérêt à définir une enveloppe de tir pratique pour un calibre donné. Exemple, vous savez que vous ne tirez que par beau ou mauvais temps, qu'en montagne ou qu'au bord de la mer ... En fonction de ceci et de la météo moyenne de la région et d'un bon simulateur balistique, vous allez pouvoir déterminer la possibilité maximale de portée précise de votre projectile.
Personnellement, en-dessous de 400 m/s, je ne tire plus, car les conditions entre la mesure et le tir ayant pu changer, je considère être dans la mauvaise "zone" de vitesse.
Données :
Test à une température de 15° / Pression amb. de 1010 mb / 50% d'humidité / sec. Tiré à une température de 4° / Pression 1014 mb / 87% d'humidité / pluie. Logiciel Balistique Strelok Pro.
Je tire souvent avec ce fusil jusqu'à 1150m mais si j'applique les raisonnements corrects :
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Pour vous donner une idée de la trajectoire : Correction 38.17 Moa en élévation ou 111 k d'un cm (10cm à cette distance) donc 11m10. Correction Spin drift 40cm - Rajouter le vent, s’il y en a.
Sur cible mobile: Limite correcte: je ne dépasse pas un TOF d'une seconde pour des raisons de calcul simplifié. Soit: 650m (476m/s) TOF 1.03 sec. de vol.
Voilà, Donc si je devais chasser le nuisible aux USA, je ne tirerais pas plus loin qu’à 650m, sur une cible en déplacement et pas plus loin que 825m, si je respecte ma limite de 400 m/s afin de ne pas tomber dans une zone d'instabilité de projectile, en cas de variation de météo.
Toutes ces données sont compliquées à réunir, et comme tout le monde, nous aimerions bien acquérir si possible, le fusil "à tout faire", (comprendre: permettant de tirer précisément de 0 à 2.000m), léger, avec le moins de recul possible, etc., etc. Bien entendu, ce fusil n'existe probablement pas, du moins, il n'aura jamais la précision souhaitée à TOUTES les distances, et jusqu’ici, nous n’en avons jamais entendu parler. Sans compter qu’il faut encore jouer avec les pressions à supporter par l'arme, en fonction du calibre ET des vitesses, qui deviennent prohibitives, pour l’usure du couple arme / canon, la liste des besoins liés à la perfection est longue.
Etant donc supposé que le fusil parfait “toutes distances” n'existe pas, que l’on peut - aussi - s’entraîner au moyen de calibres modestes et bons-marché comme le .22.
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Mais revenons donc au sujet principal: Essayer d’expliquer comment obtenir cette précision, tant souhaitée, avec ce calibre, sur lequel on aura bientôt tout écrit, en bien comme en mal: Contrairement aux gros et moyens calibres, la .22 ne semble pas répondre tout à fait aux mêmes critères. La .22 atteint le maximum de sa précision aux alentours de 310 m/s soit à la limite du supersonique. Ce ne sont pas les “matcheurs petit calibre” qui critiqueront cette affirmation.
Depuis des années, les fabricants produisent des cartouches “High speed” qui - selon les canons - peuvent atteindre des vitesses de l’ordre de 400m/s, voire plus. Ces cartouches peuvent être extrêmement précises, mais ceci, tant qu’aucune perturbation ne vient déranger le coup. Des trous, les uns sur les autres, ...en salle... ou dans des conditions optimales et ceci, sur une cinquantaine de mètres. Mais en extérieur, un coup de vent, des conditions météos imparfaites et, il y en a partout ! Des cartouches que d’ailleurs aucun tireur sérieux n’utiliserait dans une Anschutz match.
La technique de fabrication du canon d’une Anschutz match fait appel à un rôdage d’usine AU PLOMB. Toutes les erreurs d’usinage, les “porosités”, les “inégalités”, sont comblées par ce rôdage, jusqu’à ce que le canon soit à la cote parfaite décidée. Si vous tirez des “hautes vitesses” dans ce genre de canon, vous détruisez ce travail. Je n’ai pas réussi à obtenir ni, à trouver la description exacte du procédé mais ceci m'a été appris par un armurier des plus respectés, spécialisé dans ce domaine.
PIRE, si vous nettoyez ces canons avec des produits destinés à enlever “l’emplombage” provoqué par vos tirs, vous détruisez aussi, le traitement. Emplombage ? Encore une exagération, je n’ai jamais vu de réel “emplombage” avec des cartouches standards et subsoniques, dans une carabine 22Lr et je ne me souviens pas non plus, de ce genre de chose, avec des “hautes vitesses”, ces dernières étant d’ailleurs souvent “chemisées” par électrolyse au cuivre, (un simple plaquage et non une véritable jacquette) et qui empêche le contact direct plomb/canon. Là nous aurions un dépôt de cuivre et non de plomb. Les rechargeurs de calibres tels que le .357 mag qui tirent du “plomb” et qui on certainement déjà essayé d’obtenir une haute vitesse pour des tests, voient parfaitement ce que je veux dire par “réel emplombage”.
Les brosses métalliques n’arrangent rien non plus... Mais alors, comment nettoyer ? Simplement passer l’écouvillon de coton avec ou sans huile PAR DERRIERE, évitez les aller et retour, et basta. Bien des tireurs match se plaignent, qu’après nettoyage, il faut un certain nombre de coups pour retrouver la “précision”...évidemment tout dépend du nettoyage, surtout si vous faites ce que je vous ai déconseillé ci-dessus. La majeure partie d’entre eux ne “nettoient” que si leur canon devient “irrégulier”. Par principe, tant que votre arme “tire droit”, un coup d’écouvillon coton vers l’avant, démontage de l’écouvillon avant de retirer la baguette et c’est tout. Vous ne verrez jamais un canon Anschutz piqué à l’intérieur ... le plomb ne rouille pas ;-)
La .22 subsonique, en principe plus lourde, est plus précise parce que moins sensible au vent et aux perturbations qu'une .22 supersonique, généralement plus légère se déplaçant à par exemple +/- 400m/s (Stinger ou autre .22 de même poids en général 36 grains et « boostées ») CE QUI EST L'INVERSE DES "GROS et MOYENS" CALIBRES. Ces informations sont vérifiées, validées par de nombreux tireurs UIT 50m et il vous suffira de poser la question autour de vous, pour vous voir confirmer ce fait.
Par “moins précise” nous voulons également dire que par vent latéral, par exemple, une cartouche subsonique groupera, par exemple à gauche, si le vent souffle depuis la droite. Alors qu’une supersonique, elle, dans la majorité des cas, ne se contente pas de “suivre le vent” mais se met à disperser. Donc, une 40 ou une 60 grains subsonique est plus à même de vous satisfaire de 0 à 300m qu'une 36 grains ultra rapide... FORT BIEN, MAIS QUELLE EN EST LA RAISON PRINCIPALE ?
En premier lieu et après de multiples discussions avec plusieurs armuriers et tireurs versés dans la balistique, je pencherai pour les raisons évoquées plus haut, à savoir la sortie de la zone supersonique et ses perturbations. Etant peu rapide, le .22 en sort très vite (comprendre sur une courte distance) et donc le projectile est rapidement déstabilisé par la moindre perturbation dès qu'il est hors du canon. Une munition subsonique n'atteint pas cette vitesse et est donc affranchie de ces perturbations.
Cette question nous pousse à développer avant de continuer, une parenthèse liée : LES LONGUEURS DE CANON Bien des gens posent la question suivante : De combien puis-je couper mon canon sans trop altérer ma vitesse et ma précision?
NB: Je parle ici de ceux qui veulent raccourcir leur canon, à la suite par exemple, d’un achat d’occasion et constatant - ce qui est destructeur pour la précision - que la bouche est abîmée, veulent par ce biais, redonner une seconde vie à leur achat. Je précise qu’il est périlleux de prendre une scie et de couper, puis de chanfreiner, ne le faites pas. Allez chez un mécanicien de précision, faites couper au burin puis planer et chanfreiner au tour et, ce sera parfait. Ce n’est pas une opération compliquée ni couteuse.
NE PAS OUBLIER QU'EN DESSOUS D'UNE CERTAINE LONGUEUR DE CANON, UNE ARME CHANGE DE CATEGORIE LEGALE. CECI EST VRAI POUR LA FRANCE, ENTRE AUTRES.
En réponse à cette question : Un canon "court" est aussi précis qu'un canon long. Un canon court "perd" simplement de la vitesse s’il est en dessous de la longueur permettant de brûler TOUTE la poudre contenue dans l’étui. Selon un fabricant connu "Le premier tiers de la longueur d'un canon assure les 2/3 de la vitesse" ! Qui n’a pas vérifié cela au moins une fois ? Je ne m’étendrai donc pas sur le sujet.
Encore un fait facile à vérifier personnellement, avec un vieux canon « sacrifiable ». Donc, théoriquement, "pas de problème avec la précision" en fonction de la longueur. C’est "FAUX" du moins avec la .22. FAUX entre guillemets, car en fait, si le canon devient imprécis, (dispersant) en .22 quand il est trop raccourci, ce n'est pas du fait d'être réellement long ou court, c'est simplement une question de vitesse ... et voici que l'on est de retour sur ce qui précède ...
Une munition de .22 brûle très peu de poudre, et la vitesse maximum dont le projectile est capable, est atteinte après seulement environ 35cm de course, puis, le projectile commence à ralentir aux environs des 50cm, ceci pour un pas, (presque général en .22), de 16.0”. Du coup, un projectile propulsé et donné pour une vitesse de, par exemple, 360 m/s (donc largement supersonique), atteint les 360m/s à partir de 35cm, puis il “ralentit” au delà de 50cm ; toute la poudre étant brûlée et la pression cessant de se “développer”.
RESULTAT: Un canon de 50 cm est PLUS rapide qu'un canon de 61cm (24 pouces) voire, plus comme il est d'usage sur certaines carabines de match...
Donc si nous récapitulons: Plus le projectile est rapide et léger (en.22), plus il est sensible aux éléments extérieurs, donc instable, donc imprécis/dispersant en cas de perturbation et hors d'une vitesse supersonique, qui survient rapidement et sur une courte distance.
Mais comment donc avoir, pour une carabine de match, une vitesse subsonique alors que bien des marques de cartouches produisent des "standards" qui sont souvent légèrement supersoniques ? La solution est de rallonger le canon et on RALENTIT ainsi le projectile, on en BAISSE artificiellement le potentiel de coefficient balistique puisque le coefficient baisse avec la vitesse (revoir votre Sierra book qui donne 3 coefficients différents pour chaque projectile et ceci, à trois vitesses différentes - Section balistique extérieure), rendant ainsi une majorité de munitions supersoniques, subsoniques ou au moyen d'un canon “TROP LONG”. Conséquence: on “groupe” mieux.
Nous ignorons si ce choix est volontaire (au départ) ou non.
Pour une meilleure compréhension, voici un tableau récapitulatif des calibres et des distances recommandées pour différents types de gibier :
| Calibre | Distance Recommandée | Type de Gibier |
|---|---|---|
| .22 LR | Jusqu'à 50 verges | Marmotte (tir à la tête) |
| .17 HMR | Moins de 150 verges | Marmotte (par temps peu venteux) |
| .223 | Jusqu'à 400 verges | Marmotte, coyote |
| .22-250 | Jusqu'à 400 verges | Marmotte, coyote |
Il est important de noter que ces recommandations sont des avis personnels et peuvent varier en fonction des conditions de tir et des préférences individuelles.
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