La destruction des stocks d’arme et de munitions présente des enjeux considérables, que ce soit d’un point de vue humain qu’environnemental et développement.
En période de guerre, nombreuses sont les populations contraintes de quitter leurs territoires pour se réfugier dans les zones sécurisées. Cependant, une fois que les hostilités prennent fin, les populations qui retournent dans leurs zones d’habitation d’origine n’en ont pas terminé avec les atrocités de la guerre. Les combattants ont disparu mais dangers demeurent. Ainsi, les zones d’affrontements et de bombardements sont infestées de stocks d’armes et de munitions. Le déminage est donc impératif avant que les habitants retournent dans leur village ou ville.
Détruire les stocks d’armes et de munitions est également un enjeu de taille pour l’environnement. Ces munitions et engins explosifs contiennent des agents toxiques et polluants qu’elles aient été ou non tirées. Les intoxications aux métaux lourds sont bien présentes même si on n’en parle pas forcément. La culture en est une victime, tout comme l’écologie chargée en mercure et autres éléments dangereux comme le plomb. Les animaux subissent également.
Geomines est spécialiste du démantèlement et de la destruction des stocks d’arme et de munitions. Geomines, experte en dépollution pyrotechnique vous propose ses services en destruction de stocks de munitions, vous garantissant des process réalisés en toute sécurité et en conformité avec les réglementations en vigueur. Ces dernières varient d’un pays à l’autre et peuvent également dépendre du type de munitions, de l’emplacement de la destruction et d’autres facteurs spécifiques, comme les lois relatives aux explosifs, les réglementations environnementales ou les normes de sécurité.
Une visite préliminaire des lieux de stockage est impérativement réalisée afin d’inventorier les munitions à détruire et analyser leurs conditions de stockage. Geomines identifie les mesures de sécurité pour le transport, le démantèlement et pour la destruction. Les équipes de Geomines préconisent généralement une destruction par fourneaux. Après chaque tir, les équipes contrôlent que tous les composants sensibles sont correctement détruits et qu’ils ne peuvent pas être réutilisés.
Lire aussi: SCAR H PR : Analyse Complète
Geomines procède au démantèlement des munitions lorsqu’elles ne peuvent pas être détruites nominalement : présence par exemple de matériaux nocifs (amiante) ou de munitions intransportables.
Les équipes de Geomines sont constituées d’anciens plongeurs-démineurs de la Marine nationale ou de démineurs de l’Armée de terre. Enfin, Geomines propose des formations au profit de nouveaux démineurs grâce à un réseau d’experts et de formateurs EOD 3+.
Lancé en « urgences opérations », le plan d’acquisition de corps de bombes de 250kg a permis à la France de maintenir le niveau des stocks de munitions, alors qu’un rapport d’information publié par deux députés de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale fin 2015 faisait état d’une baisse des réserves françaises. Interrogé en janvier 2016, l’état-major des armées indiquait ne pas être « en manque de munitions », mais plutôt « en phase de re-complètement » des lots.
La discrétion autour de l’identité des fournisseurs est restée de mise jusqu’à récemment, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen ayant précédemment « botté en touche » au cours d’une séance de questions au gouvernement en juillet dernier. A la question du député Philippe Meunier, qui s’interrogeait sur la gestion du stock de bombes et les mesures en cours pour les renforcer, Jean-Marie Le Guen s’est contenté de répondre : « Vous ne manquerez pas de poser cette question à Jean-Yves Le Drian », renvoyant le député aux travaux d’audition en commission.
Cela étant, la plus grande partie du stock de corps de bombes a été acquise « sur étagère » auprès d’alliés étrangers, et ce « dès début 2015 » selon le général Jean Rondel, sous-chef activité de l’état-major de l’armée de l’air. Il s’agissait alors de « puiser dans leurs stocks », directement sur le théâtre d’opération, notamment auprès des Canadiens, mais également d’autres nations européennes (non-citées).
Lire aussi: Utilisations tactiques du fusil à pompe
Par ailleurs, la Suède a fait part en décembre 2015 de sa capacité à « aider la France avec du matériel militaire », en vertu de l’article 42 (7) du Traité de l’Union européenne et à la demande de la France. La décision avait été approuvée par le parlement suédois en mai 2016. Pas plus les ministères suédois que français de la Défense, ni la DGA, n’avaient souhaité détailler la nature des équipements au Journal de l’Aviation, évoquant le « secret défense ».
Les munitions tirées par les chasseurs dans le cadre de l’opération Chammal en Syrie et en Irak comprennent majoritairement des bombes guidées GBU-12, GBU-49 et AASM, ainsi que des missiles de croisière SCALP et, depuis octobre 2015 pour la première fois en opération, des bombes « à faibles dommages collatéraux » BLU-126.
Le dernier point des opérations de l’état-major des armées du 10 novembre faisait état de 981 frappes au Moyen-Orient, pour « plus de 1 600 bombes et missiles » tirés par les Rafale et Mirage 2000, selon le décompte effectué à la mi-octobre par le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général André Lanata. Le tir de missiles SCALP a par ailleurs « été accru en raison de la perspective inéluctable de leur démantèlement en 2016 pour cause d’obsolescence programmée », confirmant ainsi les hypothèses évoquées dans les médias depuis le début de l’année.
Concernant les kits de guidage, des mesures ont également été prises en 2015 pour ne pas faire face à une pénurie des stocks, les kits de guidage laser ont été fournis par les États-Unis, les kits de guidage de l’AASM (GPS, IR ou laser) commandés auprès de Sagem, avec une nouvelle commande de la DGA attendue avant la fin de l’année.
Selon la Cour des comptes, la dépense en munitions par l’armée de l’air a été multiplié par 26 entre 2012 et 2015, passant de 2,4 millions d’euros en 2012 à 63,5 en 2015, l’augmentation étant particulièrement nette entre 2014 et 2015 (de 8 millions à 63,5) en raison du déclenchement de l’opération Chammal.
Lire aussi: Pistolets de l'armée américaine : un aperçu historique
Pour l’année 2015, l’armée de l’air et la marine nationale totalisent un engagement de 83,3 millions d’euros de munitions tirées dans le cadre de Chammal. Enfin, et ce n’est pas une surprise, « l’usage des munitions a des conséquences de nature politique », expose la Cour des comptes.
Alors que se pose la question de la dépendance de nations alliées - mais surtout des États-Unis - pour la fourniture de ces équipements sensibles, le général Lanata a livré une piste de réflexion lors de son audition par les députés : « Peut-être qu’aujourd’hui, au moment où notre consommation augmente, il serait intéressant de se reposer la question d’une capacité de production nationale ».
Le rachat de Manhurin par le groupe émirati EDIC en 2018 est un cas d’école. Leader mondial dans les machines de production de munitions petits et moyens calibres, Manhurin exportait 100% de sa production. L’État français lui préférait une logique « off the shelf » de munitions 5.56mm. Alors que la société affichait des résultats bénéficiaires en 2013, 2014 et 2015, aucune banque privée ou publique ne lui accordait de crédits.
L’État français, premier actionnaire de l’entreprise depuis 2012, décide de céder ses parts en 2016. Cette décision sera fatale pour Manhurin. En 2017, son chiffre d’affaire chutera de 12,1 millions d’euros. En juin de la même année, l’entreprise est placée en redressement judiciaire, et le tribunal de commerce de Mulhouse avalisera son rachat par EDIC en août 2018. Bruno Le Maire se félicitera de cette vente, considérant comme un avantage la présence d’un investisseur émirati sur le sol français, alors même que deux PME françaises et une entreprise belge avaient présenté des dossiers sérieux pour une entrée au capital de Manhurin.
Si la classe dirigeante ne considère pas le secteur des munitions petit calibre comme stratégique, les conséquences de son abandon sont bien concrètes, et touchent à l’autonomie opérationnelle du pays. Nous citerons ici deux exemples, non exhaustifs :
Les forces françaises sont aujourd’hui dépendantes d’ATK (États-Unis), MEN (Allemagne), BAE (Royaume-Uni) et CBC (Brésil), pour ses approvisionnements en munitions de petit calibre.
S’il s’agit bien d’une question d’indépendance et de souveraineté de nos approvisionnements, il est aisé de se rendre compte qu’il en va également de l’intégrité des forces armées, et du maintien en condition opérationnelle des personnels. Rappelons également qu’en relations internationales il n’existe pas d’alliés, mais uniquement des intérêts. En cas d’urgence, alliances et partenariats ne tiennent plus. En cas de conflit majeur, la seule constitution de stocks ne permettra pas d’assurer la défense et la sanctuarisation du territoire.
« Alors que les conflictualités s’intensifient, il nous faut aujourd’hui réévaluer nos ambitions », affirmait Emmanuel Macron, à la veille du 14 juillet lors de la réception donnée par le Ministre des Armées. « Notre ambition opérationnelle pour 2030 doit être revue à la perspective du retour possible d’un affrontement de haute intensité. »
La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 prévoit un passage à l’économie de guerre. Le chef d’état-major des Armées, Thierry Burkhard, affirmait lors de la commission de la défense de l’Assemblée mi-juillet qu’« une logique faible de stock a prévalu, considérant qu’on pouvait faire beaucoup à flux tendus, mais on s’aperçoit que c’est plus difficile avec les munitions ».
Seul le renouvellement des stocks de munitions est évoqué, alors même que Le général Burkhard, alors CEMAT, affirmait qu’ « en cas de conflit nos adversaires feraient tout pour nous empêcher de nous ravitailler en munitions et pièces de rechange ».
Le retour d’un conflit de haute intensité en Europe a un impact majeur sur la manière dont les pays de l’OTAN reconsidèrent leurs politiques en matière de stocks militaires, une question désormais au cœur des débats au sein de la communauté de la défense et de la sécurité.
Dans cette « guerre de nécessité », par opposition aux « guerres par choix » de l’après-guerre froide, l’OTAN ne « maîtrise plus l’agenda » et doit accroître son niveau de préparation afin de défendre correctement les territoires de ses membres si nécessaire.
Si l’OTAN revient à un défi semblable à celui de la guerre froide, l’infrastructure nécessaire pour soutenir une intensité élevée ne ressemble pas à celle qui prévalait après la Seconde guerre mondiale, lorsque les armées pouvaient s’appuyer sur de « vastes organisations logistiques ».
Aujourd’hui, « l’utilisation extensive du « Just in Time » pour éviter les inventaires et les stocks tout en externalisant constamment » a conduit à des capacités logistiques et de maintenance très faibles au sein des forces armées.
La gestion des stocks et des flux de munitions est indispensable pour éviter que la manœuvre s’enraye ou se fige. Cet article expose les rouages du Service interarmées des munitions (SIMu), qui permet d’entretenir les stocks de munitions françaises, et qui fournit les éléments d’appréciation pour appréhender la complexité ainsi que l’état de ces stocks.
Les activités de ces dépôts sont, en effet, encadrées très strictement (1). Les ressources contenant des matières actives sont protégées du risque principal qu’est l’incendie, ainsi que des actes de malveillance, par l’application du principe de défense en profondeur. Dans le cadre de la protection contre la malveillance, chaque dépôt du SIMu est implanté dans une Zone protégée (ZP), surveillée par des dispositifs matériels et humains.
Le SIMu est, en effet, un acteur incontournable du soutien « munitions ». Toutefois, il ne traite ni de l’acquisition des ressources nouvelles en phase amont, ni de la distribution en aval. À l’instar des banques centrales qui émettent des billets, les armées introduisent les munitions dans les coffres-forts du SIMu après les avoir acquises sur leurs budgets propres.
Positionné au centre de la Supply Chain, le SIMu réceptionne et stocke les munitions des forces. Ces stocks sont constitués sur la base des contrats opérationnels fixés aux armées, en déclinaison des choix politiques des Revues stratégiques, ainsi que des allocations d’entraînement.
Le SIMu remplit ainsi ses missions de réception, de stockage et de mise à disposition des munitions au profit des armées (5) dans des conditions de conservation optimales, tant pour leur préservation vis-à-vis de risques externes que pour en maîtriser les risques inhérents.
Les munitions stockées au sein du SIMu font l’objet d’une surveillance continue permettant de disposer d’une connaissance précise des niveaux des stocks ainsi que de garanties sur les niveaux de sécurité intrinsèque et de performances des munitions. Les experts de la Supply Chain accèdent de manière instantanée aux niveaux de stocks grâce à la base de données numériques des munitions.
Chaque munition qui entre en position de stockage est allouée à l’armée qui l’a acquise. Un travail itératif constant entre le SIMu et le Centre du soutien des opérations et des acheminements (CSOA, rattaché à l’État-major des armées) est réalisé pour transporter les munitions entre les dépôts principaux (équivalent des banques centrales) et les dépôts de proximité (équivalent des banques de détails), que ce soit en métropole - on parle alors de flux « inter-dépôts » - ou entre le territoire national et l’OME ou les Opérations extérieures (Opex) - on parle alors d’acheminement.
Le SIMu est donc le garant de la bonne gestion du patrimoine qui lui est confié par les armées. À ce titre, il suit en permanence le niveau des ressources, les répartit de la manière la plus équilibrée pour garantir la réactivité des forces, la résilience du dispositif global, ainsi que les activités de maintenance, qui contribuent à fournir des munitions aptes à l’emploi.
En effet, les munitions sont de dimensions particulièrement variées, certaines pouvant se glisser facilement dans une poche tandis que d’autres ne rentreraient pas dans un garage à voiture, notamment les missiles aéronautiques. À ces contraintes dimensionnelles s’ajoutent des restrictions relatives aux risques pyrotechniques : la Division de danger (DD) de chaque munition qui traduit l’explosibilité d’une munition se concrétise par des mesures plus ou moins sévères de stockage.
En outre, si la consommation des munitions est la voie principale de diminution des stocks, des munitions sont également éliminées lorsqu’elles arrivent en péremption ou subissent des problématiques de vieillissement, telles que des exsudats, des obsolescences ou trivialement en raison du retrait de service de l’armement qui les tire. Elles sont alors éliminées en régie par les artificiers du SIMu ou par des prestations externalisées, mettant en œuvre des circuits permettant de garantir leur dénaturation.
Les crises actuelles qui ont généré des problèmes de ravitaillement de matières premières et de transport affectent également les munitions et peuvent différer les réapprovisionnements ou mises en place initiales. Les stocks de munitions doivent donc être analysés sous une double perspective : d’une part, la gestion dynamique des flux, et d’autre part, l’entretien d’un équilibre autour des seuils définis par les contrats fixés aux armées.
En conclusion, les stocks de munitions des armées françaises sont constitués au sein des dépôts du SIMu qui en assurent de manière optimale à la fois la préservation, l’entretien et l’élimination le cas échéant. Et si la banque vient à se vider, il s’agit alors pour les armées - et surtout les décideurs politiques - de financer les approvisionnements permettant de générer les flux qui recompléteront les stocks. Tant qu’il y a du flux, il y a du stock.
tags: #armée #gestion #des #stocks #de #munitions