Que vous soyez néophyte ou tireur depuis quelques années, il peut être difficile de s'y retrouver dans le vocabulaire du tir. Dans cet article, nous allons explorer en détail la chevrotine, une munition controversée, mais qui a récemment obtenu une autorisation dans 30 départements français pour la saison 2024/2025.
CHEVROTINE, subst. fém. Gros plomb pour la chasse au gros gibier (cf. biscaïen). La chevrotine est une munition composée de grenaille de plomb. Généralement, elle désigne les cartouches contenant moins de 28 projectiles (en calibre 12), organisés par lits de trois, quatre ou sept projectiles. Le diamètre de ces projectiles varie de 5,65 à 8,65 mm, et leur masse de 1,1 à 3,7 g.
Une définition plus précise est qu'il s'agit d'une cartouche de chasse chargée de billes de plomb de gros diamètre. Contrairement aux plombs fins destinés au petit gibier, ces projectiles, plus lourds et espacés, sont conçus pour délivrer une forte énergie à courte distance. Chaque cartouche contient un nombre limité de billes - souvent entre 6 et 12 selon le calibre et la charge - qui se dispersent à la sortie du canon pour former une gerbe compacte et percutante.
Bien que redoutable à courte distance (moins de 20 mètres), notamment pour la chasse au sanglier dans des milieux fermés, la chevrotine a mauvaise réputation. En effet, elle est souvent critiquée pour ses risques de ricochets et de blessures du gibier. Elle s’utilise dans des situations très particulières, au saut d’un chemin forestier très dense par exemple, quand le tir à balle s’avère impossible.
On emploie la chevrotine principalement pour des tirs rapprochés, dans des environnements où la visibilité et les distances sont réduites : sous-bois, zones broussailleuses ou battues serrées. Sa dispersion rapide et sa puissance de frappe en font une munition efficace pour le tir d’arrêt, à condition d’être utilisée dans le strict respect des règles de sécurité et de la réglementation en vigueur.
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Il est essentiel de distinguer la chevrotine des autres munitions utilisées à la chasse. Les plombs fins, plus légers et plus nombreux, sont réservés au petit gibier (perdrix, faisan, pigeon, etc.) où la densité de tir prime sur la puissance. Les balles, à l’inverse, ne contiennent qu’un seul projectile et sont destinées au grand gibier (sanglier, cerf, chevreuil), lorsqu’une frappe précise et pénétrante est nécessaire.
La chevrotine se caractérise d’abord par la taille et le nombre de billes contenues dans la cartouche. À charge et calibre équivalents, une plus grosse bille signifie généralement moins de projectiles par cartouche mais une énergie d’impact supérieure par bille ; inversement, des billes plus petites sont plus nombreuses et offrent une couverture plus homogène.
Le choix de la charge dépend surtout du gibier visé. Pour le sanglier, par exemple, on privilégiera des billes plus lourdes et une charge plus « consistante » afin d’assurer un pouvoir d’arrêt suffisant à courte distance - c’est typiquement le cas en battue. Pour le renard ou les nuisibles, des billes plus petites, plus nombreuses, offrent une probabilité de toucher plus élevée et un étalement contrôlé.
La performance d’une chevrotine dépend aussi fortement de la distance de tir et de l’architecture du fusil. À courte portée (la plupart du temps sous 30-35 m), la gerbe reste compacte et efficace ; au-delà, la dispersion augmente et l’efficacité diminue rapidement. L’« ouverture » du canon (choke) joue un rôle majeur : un choke serré concentre la gerbe, allonge la portée utile et favorise une meilleure pénétration des billes ; un choke plus ouvert élargit la couverture mais réduit la portée et la pénétration.
L’utilisation de la chevrotine en France est strictement encadrée par la réglementation. Contrairement à d’autres munitions de chasse, elle n’est pas autorisée partout ni pour tous les gibiers. En règle générale, son emploi est réservé à certaines battues ou opérations de régulation spécifiques, notamment lorsque la distance de tir reste très courte et que les conditions de sécurité sont pleinement maîtrisées.
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Certaines régions françaises interdisent purement et simplement l’emploi de la chevrotine à la chasse, principalement pour des raisons de sécurité balistique. Les projectiles multiples peuvent en effet présenter une trajectoire imprévisible au-delà de leur portée utile. Dans ces zones, seule la balle unique reste autorisée pour le tir du grand gibier.
Pour le grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier), le tir à balle unique est la norme obligatoire dans la plupart des situations. La chevrotine n’est admise qu’à titre exceptionnel, sur autorisation locale et pour des tirs de très courte distance.
La chevrotine, comme toute munition, doit être conservée avec soin. L’humidité et les variations de température peuvent altérer la poudre et les composants internes, ce qui influence directement les performances et la fiabilité du tir. Il est donc recommandé de stocker les cartouches dans un endroit sec, tempéré et à l’abri de la lumière directe. Une armoire métallique fermée, ou un coffre adapté, reste la solution la plus sûre pour protéger vos munitions de toute dégradation ou manipulation non autorisée.
En France, la détention et le stockage des munitions sont encadrés par des textes précis. Pour les cartouches de chevrotine (catégorie C), leur conservation doit se faire dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Les munitions doivent être séparées des armes et stockées dans un lieu fermé, hors de portée des enfants et des personnes non autorisées. Le respect de ces règles n’est pas qu’une question de conformité légale : il s’agit avant tout de responsabilité.
La sécurité reste la priorité absolue lors de toute manipulation de munitions. Ne jamais forcer une cartouche à l’introduction dans la chambre, éviter les chocs et ne jamais exposer les munitions à une source de chaleur. Avant chaque séance de tir, vérifiez la compatibilité entre le calibre du fusil et les cartouches utilisées.
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Pour tirer de la chevrotine, les fusils de chasse à canon lisse restent la référence. Leur conception favorise une dispersion maîtrisée des billes et une robustesse adaptée à l’usage chasse. Les doubles canons (juxtaposés ou superposés) et les semi-automatiques sont fréquemment choisis selon le style de chasse : battue, affût ou chasse accompagnée.
Le *choke* et la longueur du canon conditionnent directement le comportement de la gerbe. Un choke serré concentre la gerbe, augmente la portée utile et améliore la pénétration des billes. À l’inverse, un choke plus ouvert élargit la couverture, pratique pour des tirs très proches en battue. La longueur du canon influence la vitesse initiale et donc l’énergie transmise.
En conclusion, la chevrotine est une munition qui, bien utilisée, peut s'avérer efficace dans des situations de chasse spécifiques. Cependant, il est crucial de respecter scrupuleusement la réglementation et de privilégier la sécurité à tout moment.
Il peut être difficile de s'y retrouver dans le vocabulaire du tir, voici quelques définitions utiles:
Ame : Désigne l'intérieur du canon. Elle peut être rayée (droite ou hélicoïdale) ou lisse.
Amorce : Capsule amovible sertie au fond de l'étui d'une cartouche à percussion centrale (9x19 mm, .223 Remington, 7,62x39 mm...) contenant le mélange inflammable qui, au choc du percuteur, vient enflammer la poudre. Dans une cartouche à percussion annulaire (.22 LR, .44 Henry Flat...), la matière inflammable se situe dans le bourrelet au fond du culot de l'étui.
Arme à répétition manuelle : Arme qui, après chaque coup tiré, est rechargée manuellement par introduction dans le canon d'une cartouche prélevé dans un magasin et transportée à l'aide d'un mécanisme.
Arme automatique : Toute arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui par une seule pression sur la queue de détente permet le tir de plusieurs munitions en rafale.
Arme semi-automatique : Toute arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui par une seule pression sur la queue de détente ne permet pas de tirer plus d'un seul coup.
Balle (ou ogive) : C'est le projectile. Il est généralement en plomb. Il peut être nu ou chemisé (recouvert d'une couche de laiton ou cuivre). Son poids est le plus souvent exprimé en grains (gr).
Balistique : La science qui étudie le comportement d'un projectile depuis le canon jusqu'à la fin de sa course.
Barillet : Magasin cylindrique que l'on trouve sur les revolvers. Le barillet tourne sur un axe parallèle au canon pour placer successivement les cartouches en position de percussion.
Bronzage : Oxydation artificielle et volontaire des surfaces métalliques sur une arme. Le bronzage protège l'arme de la rouille. Attention : Une arme bronzée peut s'oxyder.
Canon (ou tube) : Partie de l'arme qui guide le projectile.
Calibre : Désigne le plus grand diamètre des projectiles pour une arme à feu. Les calibres européens sont exprimés en mm et comporte toujours deux nombre : le premier désigne le diamètre du projectile et le second la longueur de douille (9 x 19 mm, 5,56 x 45 mm, 7,62 x 39 mm...).
Carabine : La définition exacte est la suivante : Arme d'épaule à canon rayée qui tire exclusivement des munitions métalliques (.223 Remington, 7,62 x 39 mm, 5,45 x 39 mm...).
Cartouche : Ou munition. Désigne l'ensemble que compose l'amorce, l'étui, la poudre et l'ogive.
Chargeur : Boîtier contenant les cartouches. On parle aussi de système d'alimentation. Il peut être amovible ou non. Il peut aussi faire partie intégrante de l'arme, dans ce cas on parle de magasin.
Chien : Il est apparent sur les revolver, carabines à levier de sous-garde et certains pistolets semi-automatique. Lorsque le percuteur dessus, on appelle cela le chien.
Crosse : Partie de l'arme qui permet sa préhension. Dans le cas d'une arme d'épaule, c'est la crosse qui va permettre l'épaulement.
Culasse : La pièce assurant la fermeture et regroupant certaines fonctions clés d'une arme à feu. Elle peut être à verrou ou non et contient le percuteur et l'extracteur.
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