Le Valmet 412S est une arme de fabrication finlandaise, réputée pour sa robustesse et sa modularité. Elle est en double calibre 7 x 65 qu’on ne présente plus. Il convient parfaitement à cette arme « mixte » à la fois express au sens français et carabine de chasse.
Le mot Express appliqué en France aux armes longues est à l’origine une initiative commerciale de Purdey en Grande Bretagne pour rapprocher, dans l’esprit des clients, ses fusils de chasse africains de la puissance des locomotives de la révolution industrielle et y assimiler sa puissante munition 500 Nitro « Express ». On était dans les années 1890.
Purdey savait faire des armes à canons doubles tirant ses grosses munitions 500 Express mais elles pesaient un âne mort et tout le monde ne chasse pas le Buffle dans le Yorkshire. Cela reste néanmoins conceptuellement l’explication fondamentale de l’une des caractéristiques essentielles de ces armes dans leur conception: le poids.
Inconvénient de principe, il est aussi souvent aussi gage de robustesse et surtout de maîtrise du recul sur des cartouches puissantes et donc, ultimement, de précision. Le terme d’Express s’est généralisé en France par anglomanie un peu comme Frigidaire est devenu tout ce qui était réfrigérateur.
En Germanie c’est Doppelbüchse ou « double carabine ». Chez les anglo-saxons c’est « double rifle » (rappel: rifle fait allusion aux rayures) et en russe, c’est très clair « fusil rayé à double canon ». Chez nous, c’est resté « Express ».
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Les fabricants y proposèrent très vite des carabines doubles dans une grandes variétés de calibres pour des chasses européennes. Vous comprenez donc pourquoi je préfèrerais plutôt parler de carabine double en ce qui concerne notre Valmet qui fait aussi l’Express au sens français.
Car c’est essentiellement une carabine double, un truc qui peut aussi tirer loin (lunette et point rouge bienvenus)et surtout avec une seconde balle disponible immédiatement sans reprise de visée après manipulation de culasse comme sur une carabine classique. Mais aucun problème pour faire l’express à 25 mètres aussi malgré ses deux tubes séparés destiné à une précision plus lointaine.
Le « secret » est une remarquable convergence - règlable - sur des balles très tendues types 7×65 ou 9.3x74R. Dans les chasses du Grand Nord, où pendant longtemps manger le gibier était une nécessité, ce type d’arme s’imposait même (cas d’un canon indisponible) et surtout si l’Orignal est un peu loin dans la tempête de neige naissante.
Ensuite, et cela est lié à ce caractère d’arme du Grand Nord, il fallait pouvoir tout tirer de l’oiseau passant par là à l’ours. Notre Valmet est donc aussi un ingénieux fusil qui permet l’usage de …. 14 jeux de canons différents dans une même arme y compris en canons mixtes (du 222 jusqu’au 9.3×74 y compris des canons lisses de 12 en chokes et longueurs différents!).
Une des caractéristiques de cette arme est justement des canons de type carabine puisqu’ils font 60 cm de long. Les bois sont en excellent état - aucun coups important ni manque - Très peu manipulés. Démontage fluide. Elle a peu servie. Il manque juste l’anneau d’attache arrière (standard) qu’on trouve partout.
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La mécanique est impeccable - percussion franche - détente de rêve. les canons sont très bons aussi à nettoyer comme le reste de l’arme mais très bons. Elle est directement équipable d’une lunette ou d’un point rouge (fraisage en dessus de chambres).
Une des particularité de ses Valmet, hors la qualité des aciers et leur robustesse, est un verrouillage de bascule en tuile comme en on trouve sur les Krieghoff. Le tout 100% acier sans concession.
Bref une arme originale de très grande qualité; aussi à l’aise à la traque qu’au poste, une arme d’opportuniste aventurier. Vous l’apprécierez autant illico que sur la durée. Une grande arme Made in Finland.
La question peut se poser puisque depuis 1911 (1), les brevets déposés par Boniface Petrik sont expirés depuis longtemps, et qu’il existe une véritable chronologie et une filière désormais aboutie se succédant sans interruption depuis des décennies. La technologie innovante avant-guerre (celle de 14 hein !) ne pouvait être prise en défaut : en théorie, plus le verrouillage est haut plus le verrouillage est robuste, ce qu’avait démontré à la même époque le premier superposé « industriel » de Merkel, toujours dans le prolongement du canon supérieur.
Celui en tuile coulissante offrait une grande surface de contact, la doublant quasiment par rapport au verrouillage bas qui suivit sur la majorité des superposés et l’idée géniale de J.M.Browning pour le futur B 25. La bascule haute et étroite donnait un design épuré, mais un mécanisme compliqué avec bien plus de pièces que la concurrence et donc un démontage-remontage complexe.
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Malgré le succès relatif du Damon-Petrik, repris à l’unité par certains artisans comme Guichard ou de petites séries (Darne, Charlin pour leurs superposés) l’archétype reste le K 80 de chez Krieghoff qui bénéficie d’un fort effet de mode aux Etats-Unis, du fait de sa parenté avec les Remington 32 et 3200.
Il n’est pas rare d’y rencontrer des armes ayant tiré trois millions de cartouches, prouvant la solidité de cette fermeture particulière, et sa facilité de réajustage de la cale mobile. Le K 80 dont la production en Europe démarra en 1981 avait une bascule cémentée donc dure à graver avec des outils traditionnels sauf après recuit et retrempe avec outils au carbure.
L’interchangeabilité des canons pouvait poser des problèmes du fait des tolérances faibles liées à ces traitements thermiques des boitiers modifiant très légèrement les dimensions et nécessitant parfois des réajustements à l’unité. En France sa distribution a toujours été compliquée (3), la production étant de 2500 armes par an, le délai de 18 mois, et le tout sur commande, même les modèles standard.
Ce que l’on sait moins, c’est que dès 1948, s’inspirant dès le départ d’un Damon-Petrik, calibre 16 (4) l’ingénieur finlandais Paavo Naarinen, de chez Valmet conçut le modèle « Leijona » (Lion) puis 412 dont on fit aussi des express ou des mixtes, tout ça étant bien sûr rendu possible par la solidité du verrou.
Si le Damon-Petrik était plutôt un fusil de chasse léger, Remington-Krieghoff étaient plutôt des fusils lourds où le verrou coulissant n’était qu’un des aspects d’une conception robuste et de tourillons remplaçables pour le tir. S’inspirer de certains systèmes (Perazzi pour Kemen, et récemment Yildiz) est plus facile que d’autres, et c’est surtout le service après-vente et d’entretien obligatoire qui bloquerait les firmes d’entrée de gamme avant de se lancer dans des « copies » dont le prix dépasserait plusieurs milliers d’euros ce qui n’est pas leur créneau.
Plusieurs utilisateurs ont partagé leurs expériences avec le Valmet 412S, soulignant sa finition, sa précision et sa polyvalence. Un utilisateur mentionne avoir réglé le canon rayé à 50m avec des sellier bellot 180gr scpe, obtenant un groupement impressionnant. D'autres apprécient sa capacité à être utilisé aussi bien pour le tir à balle que pour le tir à grenaille, en ajustant le point de visée en conséquence.
Des conseils sont également partagés concernant le démontage de la crosse pour l'entretien ou la personnalisation. Il est conseillé de vérifier la présence de vis cachées sous la plaque de couche ou le pontet, et de faire preuve de prudence pour ne pas endommager les têtes de vis. En cas de difficulté, il est recommandé de faire appel à un armurier professionnel.
Le Valmet modèle 412 a suscité de nombreuses discussions sur les forums de chasse et de tir sportif. Les utilisateurs partagent leurs connaissances, leurs évaluations et leurs expériences avec cette arme. Certains soulignent sa rareté et son attrait pour les collectionneurs, tandis que d'autres mettent en avant sa robustesse et sa fiabilité.
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