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Bandeau

Après l’annexion de l’Alsace et de la Moselle en 1871, l’armée allemande a fait établir de nombreuses constructions à vocation défensive ou de stockage à proximité des nombreux ouvrages d’infanterie et de la place forte de Neuf-Brisach.

Casemate Mixte de Vogelsheim

A proximité de la Caserne Abbatucci de Vogelsheim, une casemate mixte a été établie pour le stockage de munition et l’hébergement de quelques soldats chargés de sa surveillance. Sa construction date de 1897 comme l’atteste le cartouche présent sur la façade. Cette casemate enterrée en direction du front adopte un plan trapézoïdal. Elle présente une plateforme d’accès au nord-est desservant neuf zones de stockage numérotées au dessus des niches d’accès extérieures. L’accès à la casemate est assurée actuellement par plusieurs portes extérieures. Le bâtiment présente une façade réalisée en pierre de taille dans un style austère allemand sans fioritures. Il est réalisée en grande partie en béton. Après guerre elle a été transformée en un entrepôts pour vins et spiritueux. Aujourd’hui la casemate est un lieu privé et n’est en l’état non accessible. En 2018, elle était désaffectée et mise en vente. L’établissement est situé à 45 Km au N.E.

Création et Développement du Dépôt de Leyment

C’est le 12 octobre 1917, qu’une décision ministérielle prescrivait la création près de la gare de Leyment, petite commune du département de l’Ain, d’un entrepôt de munitions dépendant du parc d’artillerie de Lyon. Les travaux ont été rapidement entrepris et, dès le 7 avril 1918, les munitions arrivaient. Le 12 avril, on comptait déjà 382 wagons de 155mm et de 75mm. Les obus étaient stockés en plein air et dans des hangars en bois. Dans l’été de 1918, il y eut jusqu’à 520 000 obus de 155mm. A cette époque, 4 trains de munitions partent chaque jour vers le front. Après l’Armistice de 1918, on décidait de faire subsister le dépôt en temps de paix et de construire des installations définitives.

L’acquisition des terrains « terre des Fromentaux » est décidée en février 1919 après que l’entrepôt ait reçu son autonomie le 5 juillet 1918. En 1919, le dépôt de Leyment, maintenu définitivement, prend le nom d’ ENTREPOT DE RESERVE GENERALE DU TEMPS DE PAIX. Les principales constructions qui constituent l’infrastructure actuelle sont réalisées de 1920 à 1930. Dès juin 1920, l’entrepôt compte déjà 18 km de voies ferrées. La caserne destinée à la batterie d’artificiers en support de l’entrepôt, la cité-cadres et les premières poudrières dans la zone orientale datent de 1925.

Aménagements et Infrastructures

Le camp des Fromentaux, ancien dépôt de surface, est un site clos qui s’étend sur 116 hectares. Il est longé à l’est par la départementale 77, au sud par la voie ferrée Lyon-Genève et surplombé par l’autoroute A 42. Le dépôt comprend deux zones de stockage EST et OUEST s’étendant de part et d’autre d’une zone CENTRE plus particulièrement utilisée pour la direction et la vie courante. Enfin en 1995 et 1996 le bâtiment vie des militaires du rang et son extension au profit des cadres (Bât 0199) sont inaugurés.

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L’entrepôt a une forme très allongée. Le grand axe, orienté sensiblement Sud-Ouest / Nord-Est mesure 3 Km 200. La largeur varie de 120 mètres au centre, à 750 mètres aux extrémités. Il est traversé au milieu de sa longueur par la route reliant le hameau de Martinaz à la gare de Leyment, et dans sa partie Sud-Ouest par une route allant de Martinas vers la nationale 84 (Lyon-Genève). Ces deux routes le divisent donc en trois parties : Est, Centre, et Ouest. Le terrain est très plat et dénué.

Description des Installations

  • Enceinte pyrotechnique grillagée de 28 hectares : constituée de 111 magasins en maçonnerie légère, 20 poudrières, 4 hangars légers démontables, 3 magasins en maçonnerie légère, 2 hangars de tôles et un bâtiment abritant 1 bureau avec poste de sécurité.
  • Enceinte pyrotechnique grillagée de 42 hectares : constituée de 64 magasins à munitions, 1 poste de sécurité, 1 Atelier de Remise en Etat (ARE) des munitions et ses annexes, 1 Atelier de Visite et Surveillance Technique (AVE) et son annexe, une chambre à sable, un parking composé de deux îlots merlonnés, un poste de transformation mis en service en 1987, un bureau d’exploitation et son hangar. L’ensemble des magasins munitions est en bon état général.
  • Zone vie : où sont implantés de part et d’autre du chemin communal les bâtiments administratifs et de direction, les ateliers et hangars des moyens généraux, l’emplacement d’un ancien parc à ferraille, une station de stockage et de distribution de carburant, et un bâtiment “poste de transformation / groupe électrogène”. La partie “poste de transformation” est équipée de deux transformateurs de 150 et 160 kVA mis en service respectivement en 1989 et 1991.
  • Logements : logements de la troupe et des cadres, un bloc alimentation, un bâtiment de sécurité, bureaux, salle polyvalente, un hangar de stationnement des véhicules légers, un bâtiment de gestion et de stockage des approvisionnements courants, un bâtiment de stockage des ingrédients, un chenil de 16 courettes et sa partie bureaux et magasins et 21 magasins munitions non sensibles.Les bâtiments, constituant les bureaux, la zone vie, les différents ateliers, garages et chenil, et les magasins, sont en bon état général.

Évolution et Transformations du Dépôt

En 1948, l’entrepôt devenu autonome prend l’appellation d’ ENTREPOT DE RESERVE GENERALE MUNITIONS (ERGMu) et poursuit sa mission de stockage. L’aménagement de l’infrastructure par la construction de hangars et de magasins dans la partie occidentale voit son achèvement en 1955. Le 30 juin 1964, la 734ème Compagnie est dissoute.

De 1984 à 1989, l’infrastructure est valorisée en conséquence par la construction d’un atelier de visite et d’entretien, la réalisation d’un parking « gros porteurs » et la restructuration de l’atelier de remise en état. De 1990 à 1993, les travaux d’entretien de l’infrastructure se poursuivent afin d’améliorer la qualité des stockages (réfection toitures), d’assurer la sécurité pyrotechnique (parafoudrage, merlonnage) ainsi que la viabilité du site (réfection de quais VF, VR, réalisation de 4km de route). Le 1er janvier 1994, il prend l’appellation d’ ETABLISSEMENT DU MATERIEL (ETAMAT) DE LEYMENT et reçoit confirmation de ses missions.

De 1995 à 1998, les travaux de modernisation destinés principalement à la sécurité et à l’échange d’informations se poursuivent (système radio de sécurité rondier MOTOROLA, sas d’entrée, poste de sécurité; nouvelle cabine TM60, raccordement NUMERIS du central téléphonique, installation et fiabilisation de GTSM). La dernière opération d’infrastructure d’importance intervient en 1996.

Insignes et Bataillons d'Ouvriers d'Artillerie

Le 7° Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie (B.O.A.) avait un écu français ancien outremer au lion couché d’or, timbré de deux canons croisés en sautoir d’argent, sommés d’une grenade d’or, la bombe quadrillée, les canons surchargés d’un petit écusson en forme de losange, rouge à numéro 7 d’or. Cet insigne évoque Belfort, la garnison principale, par le lion de Bartholdi, le petit écu en forme de patte de collet rappelle que celle-ci était, pour les B.O.A.

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Le 14° Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie (B.O.A) avait un écu de forme triangulaire vieil argent représentant sur un fond de montagne, avec rayons de soleil issant de cette dernière, chargé d’un motif constitué par deux canons croisés en sautoir chargé d’une enclume, le tout dans une roue dentée brochante sur la bombe d’une grenade et accompagnée en pointe du numéro 14 en relief, surmonté d’un cartouche portant le mot ” SERVIR ” en relief, chef portant en relief l’inscription : ” BATAILLON D’OUVRIERS D’ ARTILLERIE “. Le bataillon était en garnison de Lyon, Grenoble, et Valence, mais rien n’évoque ces villes.

L’insigne de l’ERGMu “moderne” était un écu français moderne d’argent aux contours du département de l’Ain échiqueté d’azur et d’or coupé de gueules broché d’un missile d’argent placé en barre accompagné d’une louve de sinople. Le tout surmontant une grenade stylisée aux flammes du second métal.

L'Ain Pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pour la guerre, l'Ain voit naître une école d'aviation à Ambérieu-en-Bugey, une station-magasin à Ambronay, un contrôle postal à Bellegarde-sur-Valserine puis à Bourg-en-Bresse, un hôpital militaire à Bourg et un dépôt de munitions à Leyment.

La Libération de Bourg-en-Bresse

La Résistance n’a pas relâché sa lutte contre les Allemands et leurs collaborateurs que sont les miliciens et les Groupes mobiles de réserve. Ces trois composantes œuvrent au sein des Troupes d’opération (T.O.) pour traquer les maquisards. Ceux-ci ne disposent guère que d’armes d’infanterie mais ils entretiennent un haut degré d’insécurité permanent envers les Allemands. Peu après le débarquement du 6 juin 1944, Philippe Pétain n’a pas souhaité engager ses "troupes" dans une guerre fratricide mais les luttes demeurent, avec de nombreuses victimes de part et d’autre.

Après les épisodes de juin et juillet 1944, les Renseignements généraux (R.G.) écrivent, le 25 juillet 1944, au préfet de l’Ain : « les opérations de police effectuées par les T.O. ont causé une vive terreur dans tout le département de l’Ain. Les communes éprouvées manifestent actuellement une nette hostilité à l’égard du Maquis qui vient les piller pour s’enfuir dès l’apparition des T.O. Toutefois, depuis le départ d’un fort détachement des T.O. et de la Milice le 16 juillet, un regain d’activité de la Résistance semble se manifester.

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Les espoirs de la Milice de créer « une sorte de garde nationale pour la défense de la population » sont anéantis par le débarquement des Alliés sur les côtes de Provence le 15 août 1944. À l’ironie affichée succède rapidement l’inquiétude car la plupart des miliciens quittent Bourg le 19 août 1944 pour se regrouper à Belfort. Le débarquement de Provence est une réussite. Les Allemands tentent bien de garder les ports de Toulon et de Marseille mais ceux-ci sont conquis les 23 et 29 août. Parallèlement à ces batailles, les Alliés ont progressé dans l’arrière-pays pour libérer Gap le 20 août et Grenoble le 22 août. Après la bataille de Montélimar du 21 au 28 août, Valence est conquis le 31.

Le lendemain, toujours à Pont-d’Ain, deux avions allemands lâchent quelques bombes sur les quartiers du port et de la gare et, dans l’après-midi, une colonne allemande arrive et détruit complètement le pont routier vers 16 heures. Les Allemands incendient des immeubles et poursuivent leurs destructions le 1er septembre. Les Américains arrivent en force le 2 septembre. Un autre affrontement se déroule à Meximieux le 1er septembre 1944 mais, malgré leurs pertes, les Allemands ont gagné suffisamment de temps pour évacuer, en ordre, Lyon, libéré le 3 septembre.

À partir du 25 août, les Allemands imposent l’état de siège à Bourg et les rassemblements de plus de trois personnes sont interdits. Ils se positionnent route de Pont-d’Ain et sécurisent le quartier de la gare par des chevaux de frise et des postes renforcés. Toutefois, la ville de Bourg n’est pas au cœur des diverses stratégies militaires, les Américains ne le souhaitant pas. Ils installent de l’artillerie sur les hauteurs de Revermont d’où ils effectuent quelques tirs sur la cité, détruisant une batterie allemande près de l’église de Brou. La Chambre de commerce, au centre-ville est atteinte, provoquant des victimes. Les F.F.I. sont aux aguets dans les alentours, prêts à intervenir. Ils guident les Américains et leur indiquent la position des Allemands.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1944, des explosions se produisent en forêt de Seillon en deux séries, d’abord à La Réna en soirée, puis à Seillon où elles cessent vers trois heures du matin. Peu après, une dernière explosion est entendue, celle qui endommage le Pont-de-Lyon à l’entrée de Bourg. Les Allemands se retirent alors nuitamment. Un calme étrange règne à l’aube du lundi 4 septembre.

Le 4 septembre 1944, les Américains impressionnent par leur équipement et, surtout, par les chewing-gum ou sachets de café soluble qu’ils distribuent à profusion. La France se libère du joug allemand. La Résistance est née dès 1940, dans le sillage du général de Gaulle, mais beaucoup n’ont rejoint ses rangs qu’après le débarquement de Normandie. Tous, en ce 4 septembre 1944, sont du côté des vainqueurs.

Découverte de Munitions et Opérations de Déminage

En juin 2021, un stockage de munitions potentiellement explosives datant de la Première Guerre mondiale avait été découvert dans un champ de Levergies dans l’Aisne. Les opérations de déminage ont lieu dans le champ où ont été découverts les 27 tonnes d'obus de la Première Guerre mondiale. "L’enjeu, c’est d’enlever les obus en toute sécurité et que les personnes ne soient pas impactées par une éventuelle explosion", explique le maire de Levergies, Bernard Nuttens.

Ce sont des fouilles pyrotechniques réalisées pour trouver des engins de guerre avant l'agrandissement d'une route destinée à accueillir des convois éoliens qui ont révélé ce trésor historique. Pour le moment, on se contente de la terre autour, ensuite ça sera plus risqué notamment quand on entrera dans le cadeau.

Un Arsenal Découvert au Petit-Abergement

Ce n’était plus une maison mais un dépôt militaire, un stock d’armes de guerre. Un véritable arsenal. L’ancien marin vivait là avec sa femme et ses trois enfants. Ou il faudrait plutôt dire que cette maison en pierre du Bugey, que les anciens de ce village du Petit-Abergement surnommaient à juste titre « la caserne », était littéralement « habitée » par les armes et les munitions. Il y en avait partout. Dans trois pièces spécialement aménagées dans la cave, du sol jusqu’au plafond. Maniaquement rangées sur des étagères ou alignées au sol. Mais aussi dans chaque pièce de la maison, et même jusque dans la chambre des enfants.

Un bon millier de munitions diverses, des simples cartouches jusqu’aux obus, en passant par les grenades et les mines antipersonnelles. Et puis des armes. Des centaines d’armes. Des fusils, des mitrailleuses, des revolvers, de toutes sortes et de toutes les époques. L’ancien marin, lui, avait été écroué pendant trois mois.

Base Aérienne d'Ambérieu-en-Bugey

La base aérienne d'Ambérieu-en-Bugey est principalement un centre d'approvisionnement et de réparation d'équipements électroniques de bord d'avions et matériels de détection de télécommunications au sol et d'aide à la navigation et centre de fabrication d'équipements simples. Elle assure aussi l'étalonnage et la réparation de tous les dispositifs de mesure de la force aérienne ainsi que la fabrication et la réparation d'équipements de sécurité, de sauvetage et de survie des pilotes.

La base aérienne a été construite pendant la Seconde Guerre mondiale comme terrain temporaire tous temps par l'United States Air Force XII Engineer Command fin août 1944, après que les forces allemandes se soient retirées de la zone. Avec la fin de la guerre en Europe en mai 1945, les Américains ont commencé à retirer leurs avions et personnel.

En 1945, la compagnie de réparation n°91 s'installe sur le terrain jusqu'à sa dissolution en 1946. Elle devient alors un entrepôt de l'armée de l'Air sous la désignation EAA 11-601. Elle change de nouveau de nom en 1951 pour devenir EAA 11-611. De 1945 à 1957, la base aérienne mène plusieurs activités liées à la logistique et au soutien : stockage de pièces détachées, réparation de certains aéronefs tels les Republic P-47 Thunderbolt. En 1957, l'EAA 11-611 devient atelier de réparation de l'armée de l'air n°624 (ARAA 624)pour devenir quelques années plus tard, en 1959, atelier de révision de l'armée de l'air n°624.

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