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Certains des plus anciens bijoux régionaux françaises sont nés en Normandie au milieu du XVIIIe siècle et ont rapidement évolué pour prendre des formes nombreuses et distinctes.

L'Évolution des Croix Normandes

En 1801, Mr. Les croix bosses normandes, également nommées "croix relevées en bosses" ou croix "à la pointe de diamant", datent entre 1750 et 1820, bien que des rééditions aient été faites vers la fin du XIXème siècle.

Elles sont toujours biface et souvent très grandes (jusqu'à 13cm), creuses et faîtes en or ou en argent repoussé tandis que les coulants, connus sous le nom "coulants brodés", sont agrémentés par des filigranes ou par des reliefs en repoussé imitant les filigranes.

La fonction du coulant est de pouvoir ajuster la hauteur de la croix sans être obligé de défaire le ruban noué derrière le cou.

Les coulants portent généralement poinçons que les croix, ce qui prouve qu’elles ont été achetées en même temps que la croix, ce qui n’est pas toujours le cas avec les coulants d’autres croix.

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Comme pour beaucoup des grandes croix, la partie inférieure était articulée pour permettre plus de mouvement et réduire la tension sur les intersections.

Toutes les croix bosses ont un décor à base de facettes bien qu'il en existât au moins quatre types.

Bien que plusieurs références parlent de croix bosses remplis de plâtre ou de crin de cheval, je n'en ai jamais rencontré une seule fourrée ainsi, et je considère que leur existence n'est qu'anecdotique.

Par exemple, aucun exemplaire dans la collection du musée de Martainville n'est fourré.

Types de Croix Bosses

Double face et creux, le décor de la croix bosse type I est fait pour simuler des pierres à facettes afin d'en augmenter l'éclat.

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La partie inférieure de la croix est articulée.

Peut-être la plus ancienne des croix brosses, cette croix se distingue par les cercles de filigrane autour du centre.

L'exemplaire illustré comporte des poinçons de Caen de 1762 à 1768 tandis que l'exemplaire du musée de Martainville, plus grande (60 x 90mm, 9 grams) comporte des poinçons de charge pour Caen et Alençon de 1762 à 1768.

Similaire en forme des croix bosse types I et II, sur la croix bosse de type III tous les éléments sont décorés avec des lignes de petits sphères séparés par des zones en relief ressemblent au métal ciselé.

Sur la croix bosse type IV, similaire au type III, la patte de suspension en forme de fleur de lys ou de palmette est remplacée par un élément rond similaire aux autres éléments mais plus petit et le coulant est relié directement à la croix par cet élément.

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Les éléments sont reliés entre eux par des tubes assez longs et visibles.

Il est probable que ces croix sont des rééditions tardives, car les deux exemples dans le Musée des Arts et Traditions Normands de Martainville ainsi que celui en vermeil ci-dessous ont des poinçons utilisés entre 1838 et 1919.

L'exemplaire dans la collection du Musée National des Arts et Traditions Populaires est en argent et assortie d'une paire de pendants d'oreilles et comporte les poinçons de 1838 à 1919 ainsi qu'un différend de Brest.

Cette croix a été collectée par Lionel Bonnemère avant 1901.

L'Influence de l'Exposition Internationale de Londres

Il y avait une mode en Angleterre de porter des bijoux régionaux français et européens après l'exposition international de Londres en 1872 et il est probable que ces croix ont été rééditées pour le marché anglais et français après cette date par les mêmes fabricants parisiens, normands et bretons qui fournissaient les revendeurs en autres bijoux français.

La croix illustrée ci-dessous a même été trouvée dans un écrin anglais.

Suite à l’engouement du public pour les bijoux "paysans" stimulé par l’exposition international de Londres en 1872, les fabricants de bijoux rivalisaient en inventivité pour sortir des modèles.

Le musée Victoria and Albert à Londres possède tout une collection de bijoux paysans achetés lors des expositions internationales à Londres, y compris des croix bosse.

Il existe même des bijoux "normands" faits en Angleterre.

Dans l'article par Jane Perry (7) on découvre que des ceintures, boucles de ceinture, boutons, bracelets, colliers et broches ont été faits avec le motif des croix bosses pour le marché anglais.

Les croix de pierres sont quelquefois appelées quadrilles (surtout autour de Saint Lô).

Fabrication des Croix de Pierre (Quadrilles)

Leur nom vient de leur méthode de fabrication.

Une matrice est poussée dans un morceau d'os de seiche afin de former une impression en creux.

Ce moule est ensuite noirci avec la flamme d'une bougie pour le protéger et également pour le lisser en réduisant les petites nervures créées par la structure même de l'os.

Deux moules ainsi formés sont attachés ensemble puis le métal en fusion est introduit.

La croix, une fois démoulée, est corrigée et ajourée avec un outil appelé drille, d'ou son som quadrille (croix drille).

Les Diamants d'Alençon

Les "diamants d'Alençon" étaient trouvés dans les carrières de granit, notamment de Beauséjour, de la Cette, de la Butte du Pont-Percé, de Pont-Percé et de la Galochère, toutes situées sur la commune de Condé-sur-Sarthe proche d'Alençon.

Les carrières de Hertré n'ont pas fourni de "diamants," bien qu'elles soient citées par plusieurs auteurs.

Évolution et Styles des Croix Normandes

Si on regarde attentivement les croix normandes, on remarque une évolution avec le temps car elles deviennent de plus en plus travaillées et agrémentées de plus de strass.

La forme de la croix devient alors très stylisée, à tel point qu'on ne voit presque pas une croix en la croix de Rouen.

Si on compare les trois photos ci-dessous, on distingue l'étape intermédiaire entre la croix drille très travaillée à gauche et la petite et précoce croix de Rouen à droite.

En examinant la croix drille à gauche ci-dessous, on peut distinguer une sorte de forme carrée composée d’ajourées en or entre les bras de la croix.

Il est toujours visible sur la croix au centre mais sur la croix de droite, on constate que les ajourées se sont élargies pour ne laisser apparaître que de très petits coins du carré.

Et sur les croix de Rouen en bas, il ne reste aucune trace de la carrée.

La Croix de Rouen

Visiteurs à Rouen entre 1820-1880 étaient étonnés de voir les femmes portant les grandes croix de Rouen, spécifiques à la région.

Faite d'une plaque d'or légèrement bombée (pour la rendre plus solide) et ajourée par reperçage à la scie bocfil, la croix de Rouen est sertie de petits strass.

Habituellement la croix de Rouen était portée, avec son coulant, sur un ruban de velours noir, mais on la trouve quelquefois sur une chaîne jaseron.

La Croix de Saint-Lô

La croix dite de Saint-Lô était portée surtout en basse Normandie, moins prospère que l'haute Normandie, et est presque toujours faite en argent sertie de strass ou, pour les plus anciennes, avec du quartz des environs d'Alençon.

Des rares exemplaires se trouvent en or.

Le nom croix de Saint-Lô vient de leur lieu principal de fabrication, bien qu'elles aient été fabriquées dans d'autres villes.

Très similaires aux croix drilles en or, on remarque cependant que les croix de Saint-Lô sont agrémentées de cinq strass beaucoup plus grands que les autres et que l'anneau de suspension est caché derrière.

Ces croix sont faites en argent ou en or très fine, repoussé et fourré.

Vers le fin du XIX siècle, les bijoutiers parisiens qui fabriquaient des bijoux régionaux français faisaient de leur mieux pour les rendre aussi antiques en apparence que possible.

Sur les diamants et les strass anciens, le point de la culasse formée par la réunion des facettes, au lieu d'être en un seul point, était facettée, et donc pour que les pierres de taille modernes ressemblaient aux anciennes, les bijoutiers peignaient une tache noire sur la colette de la pierre.

La Croix de Caen

La croix de Caen est très similaire à la croix de Saint Lô, cependant on remarque une forme plus carrée dans le dessin autour du centre de la croix, similaire à la croix drille, et elle est suspendue d'un coulant en forme de nœud.

La croix de Caen n'a pas des grandes strasses comme les croix de Saint Lô.

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