Les appareils hybrides grignotent lentement le terrain des reflex, à l’image des hybrides Nikon haut de gamme sortis récemment. Nikon a annoncé des appareils à objectifs interchangeables qui représentent un tournant historique pour la marque nippone. Ce sont des appareils hybrides, une catégorie née dans les années 2000 et issue d’une idée audacieuse : se débarrasser de l’encombrant viseur optique des reflex. On trouve aujourd’hui des appareils de ce type chez tous les constructeurs à presque tous les prix, de 500 à 4 000 euros.
Vus de l’extérieur, les viseurs électroniques ressemblent beaucoup aux viseurs optiques. Mais lorsqu’on plaque l’œil dessus, on comprend que ce sont de tout petits écrans, mesurant environ un centimètre de large, abrités derrière une lentille grossissante, et protégés du soleil par un œilleton.
Les viseurs électroniques des premiers hybrides étaient franchement mauvais : trop petits, pas assez contrastés, ils manquaient cruellement de définition et affichaient des images saccadées. Ces défauts se raréfient, on les rencontre cependant parfois encore sur des hybrides premier prix, aux alentours de 500 euros. Il ne faut pas s’en formaliser car les viseurs des reflex bas de gamme souffrent eux-mêmes de problèmes fort gênants. Ils sont généralement trop petits, trop sombres, et rognent légèrement l’image.
Les viseurs électroniques gardent cependant toujours deux problèmes récurrents. D’abord, l’image qui s’affiche n’est pas fidèle à celle qu’on prend en pressant le déclencheur. Trop souvent, les parties les plus lumineuses de l’image sont brûlées : leurs détails disparaissent. Ces différences peuvent induire le photographe en erreur. En outre, à l’exception de quelques rares appareils hybrides, lorsqu’on prend une série de photos en rafale, le viseur vire au noir, et il devient impossible de suivre le sujet.
Selon Renaud Marot, chef de rubrique au magazine Réponses Photo, « ces défauts finiront par être corrigés. Le viseur des nouveaux Nikon est impressionnant, bien meilleur que celui des hybrides Sony », leur principal concurrent. En dix ans, la progression des viseurs électroniques a été fulgurante : « Le jour et la nuit », estime M. Marot.
Lire aussi: Viseurs optiques Nikon : guide complet
L’observation revient souvent chez les professionnels de la photo attachés aux reflex. « Les viseurs électroniques me coupent de la réalité, surtout quand je photographie des personnes : ils mettent encore plus de distance au réel comme à l’humain », estime Sylvain Leurent, photographe de publicité. Une sensation qui peut s’atténuer avec le temps, comme le constate Renaud Marot, qui manipule énormément d’appareils : « J’étais très réticent au départ, mais j’ai de moins en moins cette sensation de coupure. » En revanche, lorsqu’on passe beaucoup de temps à regarder un viseur électronique, une certaine fatigue visuelle peut se manifester.
Les viseurs électroniques n’affichent pas la réalité telle que l’œil la perçoit, mais telle que l’appareil photo la perçoit. Cela peut s’avérer précieux pour les débutants, qui se familiariseront plus vite avec la perception très particulière de la lumière par les appareils photo. Même pour un passionné, il demeure intéressant de voir en temps réel ce que l’appareil photo voit, car les surprises, heureuses ou malheureuses, ne sont pas rares.
Beaucoup de passionnés de photo n’ont pas pour objectif de saisir la réalité de façon transparente, mais plutôt de l’interpréter. Certains prennent des images à dominante très sombre, quand d’autres préfèrent les images exagérément lumineuses. Pour eux, voir le résultat en temps réel dans le viseur permet de trouver le bon réglage plus rapidement, et même de tâtonner facilement pour trouver des réglages créatifs. Même chose pour les amateurs de photographies floues « bougées » ou « filées ».
Les viseurs électroniques facilitent aussi la prise en noir et blanc, ainsi que la photo au format carré. On peut encore photographier directement avec des filtres Polaroid et choisir le cadrage en fonction des spécificités de ce rendu.
Le viseur électronique affiche plus d’informations qu’un viseur optique. Et ces informations sont personnalisables : on peut les réarranger. Certains photographes font disparaître tout ce qui les perturbe, d’autres feront ressortir les outils qu’ils préfèrent. Par exemple, ils gardent un œil sur la stabilité du cadrage en affichant un horizon artificiel. Ou ils contrôlent leur exposition grâce à un histogramme qui donne une représentation graphique de la lumière, ou aux zébras, qui révèlent les zones de l’image brûlées en les faisant clignoter.
Lire aussi: Guide de nettoyage du viseur Nikon
En éliminant le viseur optique, les hybrides se débarrassent du complexe jeu de miroir qui caractérise les reflex. Ils sont donc plus légers, plus compacts, et beaucoup plus silencieux, puisqu’ils ne subissent pas le claquement du bruyant miroir amovible des reflex. Dans certains contextes, comme la photo de spectacle, cette discrétion change tout.
L’autofocus des appareils hybride s’est énormément amélioré. « Il couvre désormais 90 % de l’image contre 20 % pour un reflex de gamme équivalente », détaille Renaud Marot. En revanche, la batterie des hybrides souffre de la présence d’un viseur électronique. Les photographes à la gâchette lourde seront contraints d’emporter plusieurs batteries avec eux.
Rares sont les photographes qui abordent cette discipline avec un esprit froidement rationnel. La personnalité et la vision du monde comptent beaucoup dans la façon dont on choisit son équipement. Sylvain Leurent, par exemple, regrette que les viseurs électroniques soient « un écran de plus, alors qu’on passe déjà tellement de temps derrière des écrans. Pour [lui], l’idéal est qu’une photo soit imprimée ».
D’autres photographes apprécient le décalage que produit le capteur photo lorsqu’on l’utilise en combinaison avec un viseur optique, favorable aux surprises, aux erreurs, aux accidents féconds. Certains s’échinent même à contempler le monde tel que leur œil le voit, en se désintéressant de la façon dont l’appareil le perçoit.
En utilisation, les EVF de Nikon offrent des images plus proches de la réalité que jamais, avec une résolution incroyable de 3,6 millions de pixels et une fréquence de rafraîchissement élevée qui permettent de profiter d’une expérience de création immersive en prenant des photos et en réalisant des vidéos à l’aide de l’oculaire. Le Nikon Z 9 vient plus que jamais parfaire la technologie d’EVF. L’écran Quad VGA lui-même offre une luminosité exceptionnelle de 3000 nits. Étant donné qu’il n’y a pas d’obturateur mécanique, il n’y a pas d’occultation de la visée pendant la prise de vue ou les rafales.
Lire aussi: Viseur Optique et Électronique chez Nikon
Parmi les nombreuses nouveautés du nouveau Nikon Z6III, l’une des plus remarquables est le viseur électronique (EVF). La luminosité d’un écran, par exemple d’un EVF ou d’un moniteur, est mesurée en nits où un nit est égal à un candela (l’unité SI d’intensité lumineuse) par mètre carré. Le viseur électronique du Z6III atteint la valeur étonnante de 4000 nits.
L’autre grande avancée pour le viseur électronique du Z6III est l’adoption de l’espace colorimétrique DCI-P3 (une autre première pour les appareils photo hybrides), qui est l’espace colorimétrique standard dans l’industrie cinématographique. Les critiques ont qualifié le viseur électronique du Nikon Z6III de « chef-d’œuvre à part entière » (Digital Camera World) et sa « luminosité extrêmement élevée » de point fort du nouveau boîtier (Computerbild.de).
Pour les possesseurs d'un Nikon F équipé d'un Photomic T, il est important de comprendre son fonctionnement. Une fois le Photomic T en place sur le F, le réglage des vitesses ne se lit plus par rapport au repère du boitier : un point blanc sur le Photomic sert de repère pour lire la valeur de la vitesse active. Il faut faire correspondre la sensibilité ASA choisie avec l'ouverture maxi de l'objectif utilisé en faisant tourner la platine des ASA par rapport aux valeurs de diaphragme gravées sur le haut de la couronne.
| Points forts ✅ | Points faibles ❌ |
|---|---|
| Colorimétrie et qualité d’image | Gamme de boîtiers plus limitée que Sony et Canon |
| Ergonomie bien pensée avec des boutons bien placés | Pas de boîtier dédié à la vidéo avec ND intégré |
| Viseurs de haute qualité avec technologie Dual Stream VF | Manque d’un plein format abordable type A7C II ou Canon R8 et d’un APS-C haut de gamme |
| Bonne protection du capteur avec le Nikon Shield | Autofocus en retrait par rapport à la concurrence |
| Objectifs Nikon optiquement très performants | Pas de pré-rafale en RAW et cadence limitée à 20 i/s en RAW (contre 40 i/s chez la concurrence) |
| Large gamme d’objectifs, notamment pour la photo animalière | Ergonomie parfois discutable |
tags: #viseur #Nikon #ste #fonctionnement